HISTOLOGIE
vésicules s'affaissanlsur elles-mêmes sans croûles el s'exfoliant Btî pellicules blanchâtres.
L'éruption était donc évidemment ici sous la dépendance de l'état général. L'autopsie, en révélant une congestion delà muqueuse de plu? en plus prononcée vers le cœcum, avec une iruplion conduente de petites saillies arrondies comme une tôle d'épingle ou une graine de millet, dures, jaunâtres dans une étendue de 1 0 centimètres, et de plus en plus discrète en s 'éloignant du gros intestin, a confirmé ce fait d'une manière aussi certaine que peuvent être les démonstrations cliniques et analomiques. (C^nion , n"76.)
Il ressort de ce fait et de la discussion qui s'en est suivie, que cette forme d'herpès fébrile et éiendue est symptomatique d'une autre affection co'incidante, et doit lui être subordonnée dans le diagnostic comme dans le Iraitement.
HISTOLOGIE. Préparations Mslologiques. Le rouge d'aniline ou de fuchsine a été récemment employé, à cet effet, par M. Onimus avec un grand succès. Des solutions aqueuses dans l'acide acétique ou l'alcool étendu sont encore très-colorées au millionième, tant est grande la puissance colorante de ce produit.
. La fuchsine se dissout lentement dans le sérum du sang, mais elle est décolorée promptement par les bases de potasse, soude, ammoniaque, propriété précieuse, car la non-coloration de certaines parties des éléments anatomiques en fait soupçonner de suite la composition alcaline. L'addition de quelques gouttes d'une solution de potasse décolore immédiatement tontes les parties rouges qui reprennent également leur coloration dès qu'on ajoute de l'acide acétique. On peut donc faire une solution incolore dans la potasse, et il suffit de toucher les parties qui en sont préalablement imbibées avec quelques gouttes d'un acide étendu pour les voir se colorer* sous le champ du microscope.
Les éléments hislologiques sont diversement colorés par cette solution ; c'est là une étu !e dont l'auteur ne fournit que quelques indications. {Jou7-n. d'anal, et de phijs., septembre.)
- Emporte -pièce histolocjique. Cet instrument, fabriqué par M. Charrière sur les indications de M. Duchenne (de Boulogne) est destiné à aller chercher dans la profondeur des tissus
IIONOUAIUES.
un pelil fraf,Mnent que l'on veut soumettre à l'examen microscopique el à remplacer ainsi le harpon microscopique de M. Midoldorfl". C'est une lige cylindrique divisée en deux, dont l'une est fixée sur un manche par une vis et dont l'autre est mise en mouvement sur la première en poussant un bouton. On le l'ait pénétrer fermé, et, en l'ouvrant ensuite, le fragment de tissu s'engage au-dessous du crochet de la pointe et se trouve divisé par les bords tranchants de la division do l'instrument en le refermant. Le fragment à examiner se trouve ainsi enfermé dans la cavité et l'on retire l'emporle-pièce sans accrocher les tissus à travers lesquels il a pénétré. [Acad. de meJ., août.)
Manuale diislologia umana, de Kolliker. Traduction en italien sur la dernière édition allemande, par le docteur RafFaele, En cours de publication par fascicules. Naples.
HONORAIRES. Ils sont si souvent impudemment contestés . aux médecins que l'on ne saurait recueillir avec trop de soin les :• documents qui peuvent en assurer le recouvrement légal el fixer • la jurisprudence à cet égard. Le tribunal civil de Bayeuxeni fournit des données précieuses.
M. Dumont, médecin à Caen, réclamait à Bannelois, léga- • taire de la dame Lemoine, 2500 fr. pour solde d'honoraires, . tandis qu'on ne lui offrait que 900 fr. Déjà il avait reçu 1 000 fr., ce qui portait le total à 3500 fr., qu'il détaillait ainsi : seize* voyages de Caen à Isigny, domicile de la dame Lemoine; dis-lance : 64 kilomètres à 200 fr. chaque, et 300 fr. pour avoir: conduit la dame Lemoine à Paris, à la consultation du docteurr Nélaton.
Sur le moyen tiré de ce que le prix des voyages de Caen ài Isigny était exagéré, le tribunal a ainsi statué : « Le tribunal,
» Attendu que les honoraires d'un médecin doivent être ap-préciés d'après différents éléments, savoir : la position du médecin, son rang dans le corps médical, les déplacements que laa maladie lui a nécessités, le préjudice que des voyages longs eti multipliés ont pu lui occasionner pour sa clientèle ordinaire; , puis encore la nature et la gravité de la maladie qu'il a soignée, . et enfin la situation de fortune de la personne de laquelle les> i honoraires sont réclamés; '
» Attendu qu'il ne peut être contesté que le sieur Dumont i f
HONOIUIUES.
occupe à Caen un rang distingue dans le corps médical, qu'il est professeur adjoint à l'École de médecine, chef de clinique à l'Hôtel-Dieu ; qu'il est constant encore qu'il a dans la ville une assez nombreuse clientèle;
» Attendu que la maladie de la dame Lemoine a été fort grave, qu'elle a nécessité des soins muliipliés, ei notamment des traitements chirurgicaux t rôs- nombreux ; qu'une opération des plus délicates a dû être pratiquée par le docteur Dumont , que cette opération, dont les suites devaient amener des complications, nécessitait, par .sa nature môme, des déplacements Irès-fréquenls, souvent pendant des journées entières, et des soins que le dévouement des médecins pouvait seul rendre moins répugnants ;
ï Attendu, enfin, en ce qui concerne Bannelois, auquel les honoraires sont réclamés à litre do légataire de la veuve Lemoine, que celui-ci est dans une position de fortune assez aisée ; qu'il faut considérer, d'ailleurs, qu'il ne s'agit pas d'un héritier direct défendant son patrimoine légitime, mais d'un légataire étranger a la famille ; que ce dernier doit, dans tous les cas, se trouver heureux des avantages qu'il recueille dans la succession ;
» Par ces motifs,
» Dit à bon droit l'action de Dumont; condamne Bannelois, en sa qualité de légataire universel de la dame Lemoine, h payer à Dumont la somme de 2500 fr. qui lui était due par cette dame, à raison des soins qu'il lui a donnés à Isigny et à Paris pendant le cours de sa dernière maladie ; condamne Bannelois en tous les dépens. »
Déjà, dans un précédent jugement, le môme tribunal avait consacré ces principes, le 28 avril 1 864, de la manière suivante :
« Attendu que, par exploit du 24 décembre 1863, le sieur Dumas, docteur médecin à Paris, a réclamé de Renée, curateur à la succession Desif, une somme de 1500 fr. pour les honoraires qui lui seraient dus pour les soins par lui donnés, en 1 859, au sieur Desif dans le cours de sa dernière maladie ;
j Attendu qu'il est de principe que les honoraires d'un médecin doivent être appréciés par les tribunaux, lorsqu'il y h contestation sur leur importance, en prenant pour base, d'une part, la durée elle nombre des visites, la longueur et la gravité de la maladie, les soins qu'elle a nécessités, les pansements et les
382 IlOl'ITAUX.
opénlions nux^iiels elle a donné liou, les consultations d'autres médecins, enfin la fortune du malade; d'autre part, le lieu où la maladie a été suivie, le rang qu'occupe dans le cori)S nicdi.r cal le médecin qui l'a traitée;
» Attendu qu'il est inconteslablo que la maladie du sieur Desif a été de longue durée et d'une gravité en quelque sorte exceptionnelle; qu'elle a nécessité dos visites chaque jour, sou-» vont même plusieurs visites par jour pour surveiller des pansements; que plusieurs consultations médicales ont eu lieu ;
» Attendu que le sieur Desif était riche et qu'il a laissé une fortune considérable, dépassant 400 000 fr, en capital ;
« Attendu, d'un autre côté, que les renseignements fournis au procès par les certificats les plus honorables, établissent la haute position qu'occupe le sieur Dumas dans le corps médical de Paris ;
» Attendu qu'il résulte de ces considérations que la somme de 300 fr., offerte par les légataires Desif est insuffisante, que l'on conçoit le refus du sieur Dumas en présence d'une proposition aussi peu convenable de la part des légataires qui venaient de recueillir une succession importante, à laquelle ils n'avaient d'ailleurs aucun droit comme héritiers;
» Par ces motifs, » Dit à bonne cause l'action du sieur Dumas, fixe à la somme de 1 200 fr. les honoraires qu'il a le droit de réclamer contre la
succession Desif » — {^Gazelle des tribunaux, des 1 6 et
17 janvier 1865.)
HOPITAUX. A l'instar de Paris, les administrations municipales de province, grandes et petites, sont entraînées irrésistiblement à vouloir aussi de grands hôpitaux. M. le docteur Gachet signale ainsi la ville d'Issoudun, où il exerce depuis trente ans, qui ne recule pas devant la dépense de 600 000 fr, et l'aliénation de 30 000 fr. de revenu sur les 70 000 qu'elle possède pour couvrir cette dépense. El notez, dit-il, que le vieil Hôtel-Dieu reste constamment désert, la plupart des malades préférant se faire soigner chez eux, dans leurs familles; répulsion instinctive commune à toutes les populations des villes qui ne sont pas de grands centres d'industrie et ne réunissent pas de grandes masses d'ouvriers. La municipalité d'une autre ville de province, ajoute M. Verneuil, a également volé 1 400 000 fr..
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'est-à-clire60 000 fr. do revenu à la gloriole de posséder un bel jifice pour l'ébaubissemenl de ses désœuvrés eldeses badauds.
En France, on répugne d'entrer à l'hôpital, sans doute arce qu'il est pénible, pour tout individu ayant quelque sentilent de dignité personnelle, de recevoir celle aumône de la liarité publique. En Allemagne, on entre sans peine à l'hôpiil, parce que, ainsi que l'a très-juslement remarqué M. le 'ort, tout le monde, patrons et ouvriers, maîtres el domesliues, y est abonné. C'est l'organisation des secours mutuels vec l'hôpital. Quand on va se faire soigner à l'hôpital, ce n'esl as une aumône que l'on reçoit, c'est l'exercice d'un droit que on réclame. Il n'en résulte aucune humiliation pour personne. )n ne saurait trop encourager, dans notre pays, l'imilalion 'une pareille conduite, le développement des sociétés de secours lutuels, et comme corollaire, l'organisation intelligenlo des ecours à domicile. (Soc. de c/i«V., juin.)
Par son nouveau règlement sur la salubrité publique, calqué in grande partie sur les lois françaises, le gouvernement itaien a fixé définitivement le nombre de malades que les médeins des hôpitaux peuvent avoir sous leur direction. Suivant 'article 89, ce nombre ne doit pas s'élever au dessus de 50, à noins d'événements exceptionnels. Il serait désirable que cet irlicle fût applicable partout el que ce nombre même fût encore ■eslreint dans les services de maladies aiguës.
Aération, venlilaiion el chauffage. Les grands et coûteux ippareils installés à cet etfel dans certains hôpitaux n'ont l'autres avantages, selon M. Gallard, que de faire passer une juantité d'air trop considérable dans les salles sans les assainir, ^insi la mortalité à l'hôpital delà Pitié qui ne possède pas ces ippareils perfectionnés est la même qu'à Lariboisière où ils 'onctionnent malgré tous les avantages hygiéniques de celui-ci )l la durée de séjour y est plus longue.
Il conseille donc de revenir à la ventilation naturelle par les 'enêtres el de la rendre plus effective en disposant dos salles Je réunion pour les malades qui peuvent se lever dans le jour, ■ivec des bouches permanentes d'entrée et de sortie de l'air )lacéesd3ns les angles des salles ; enfin de profiler de la chaeur perdue des fournaux d'office pour élever la tompéralure de 'air dans les canaux de sortie et en faciliter l'évacu ition. {Acad. de méd.j mars.)