‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 9 sur 149 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

des résections articulaires auquel semblent attachés quelques avantages.

Des modifications, qui paraissent heureuses, au manuel opératoire de la staphylorrhaphie , ont été apportées par Trélat et méritaient d'être consignées dans le Dictionnaire.

Le mémoire de Gosselin sur la tarsalgie et la discussion qu'il a suscitée à l'Académie de médecine sont fidèlement résumés.

Une très-intéressante discussion sur Vuréthrotomie, à la Société de chirurgie, a été reproduite dans ses traits principaux, accompagnée d'un résumé d'autres travaux sur ce sujet publiés en France et h l'étranger.

La gangrène de l'utérus est une affection rare ; Hervieux en a observé un cas bien réel dont le Dictionnaire donne les principaux détails.

Sous le titre Accouchement, M. Garnier a très-heureusement résumé un grand nombre de publications dont les principales sont celles de Guyot sur la mortalité des femmes en couches à la Maternité de Paris, sur les morls subites avant, pendant et après l'accouchement, sujet qui a occupé plusieurs médecins; sur l'accouchement précipité.

Au mot AvoiHement , le Dictionnaire reproduit en substance une très-intéressante observation d'avortement provoqué, publiée par Devilliers, et au mot Dystocie tous les faits importants qui ont été publiés sur ce sujet.

Lo relâchement des symphyses, suite de couches, a été le sujet d'une excellente leçon clinique de Trousseau, trèssubstantiellement analysée dans le Dictionnaire.

A l'article Am urose, on lira avec intérêt une observation de Harl, d'amaurose à la suite d'accès épileptiques et profondément modifiée, ainsi que l'épilepsie, par les applications réfrigérantes sur la partie inférieure de la région cervicale, selon la méthode du docteur Chapinan.

Vophthalmologie, d'ailleurs, a donné lieu h un grand nombre de travaux dont les principaux et les plus utiles sont

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exactement indiqués. Citons les observations de procidence de l'œil par INunneley, celles de Stœber sur la pénétration des corps métalliques, le travail de Desmares fils sur les synéchies, de Wecker sur l'oplilhalmie lymphatique, de Foussagrives sur l'ophtlialmie phlycténulaire, de Johnson sur l'ophthalmie strumeuse.

Plaçons ici l'appareil imaginé par Garrigou-Desarènes sous le nom à'otocospe, instrument de progrès pour le diagnostic des maladies de l'oreille.

Sans doute, dans cette énnmôration que nous pourrions allonger encore, on ne trouvera aucune de ces grandes découvertes qui changent l'aspect d'une science, ou qui l'entraînent irrésistiblement dans une direction déterminée. 3Iais les conditions de ce genre sont infiniment rares, et les générations médicales qui une fois ont joui de ce spectacle ne sont pas appelées à en jouir une seconde. Le commencement du xix^ siècle a vu une grande agitation médicale à laquelle a succédé une période de défiance et de doute dont les résultats ont été de jeter la science dans les voies plus longues mais plus sûres de l'observation et de l'expérimentation. La science médicale observe, expérimente aujourd'hui, mais elle dogmatise peu. Elle fait provision de faits pour arriver aux principes, et nul ne pourrait dire encore, sans témérité, quels principes sortiront de la direction actuelle des études médicales. Cette direction, j'aurais voulu la voir indiquée et appréciée par le Dictionnah^e. Par modestie ou par prudence, M. Garnier s'est tenu à l'expression pure des choses sans remonter au mobile. Je ne veux pas être plus ambitieux que lui, et surtout je ne veux pas le rendre solidaire d'opinions et d'idées qui pourraient n'être pas les siennes. Je me borne donc h signaler ce que je trouve dans ce livre et ce que je n'y trouve pas, et cette dernière indication ne doit pas être prise pour un blàmc, car personne mieux que moi ne comprend les difficultés elles périls d'un exposé de doctrines.

Voici une innovation fort approuvablc :

Les concurrents mxprix académiques ne trouveront guère

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que dans le Dictionnaire l'indication de ceux que doivent décerner tous les ans les Académies et Sociétés savantes de France et de l'étranger. C'est une trés-bonne idée qu'a eue là M. Garnier. et nous l'engageons h la développer encore en y ajoutant des renseignements qui font défaut, tels que l'époque de la clôture des concours et l'indication des personnes auxquelles les travaux et mémoires doivent être adressés.

Dictionnaire des progrès des sciences et des institutions médicales, tel est le titre de cet ouvrage et l'auteur lui est resté fidèle. Ainsi, pour les institutions, il donne la convention internationale conclue à Genève pour la neutralisation du service sanitaire, une analyse d'un intéressant travail de Feignaux sur les secours volontaires en temps de guerre, les arrêtés, règlements et autres dispositions administratives relatifs à l'enseignement de la médecine et de la pharmacie. Il indique également les opinions et idées émises dans la presse sur la création de Facultés nouvelles, sur les modifications h apporter aux jurys d'examen, sur l'extension de l'enseignement libre, sur l'enseignement en Angleterre, les décisions judiciaires intéressant la profession, une analyse substantielle de tout ce qui a été publié sur l'administration hospitalière, sur les secours h domicile, sur le timbre des certificats, sur le secret médical, sur la réorganisation du service de santé de la flotte, etc.

Je regrette néanmoins que M. Garnicr n'ait pas mentionné les conférences historiques et litléraires qui ont eu lieu l'hiver dernier à la Faculté de médecine de Paris, et que les malheureuses circonstances qui viennent de se passer n'ont pas permis de continuer cette année.

J'ai peut-Oirc beaucoup d'exigences pour ce Dictionnaire, mais j'aurais voulu qu'il iiKliquiU les nominations et changements dans renseignement, dans les académies, en un mol que tous les événements de l'année médicale fussent consignés dans ce volume, qui deviendrait ainsi un recueil précieux pour les historiens futurs.

jUitre considération qui doit rendre M. Garnier moins réservé, c'est que le livre jouit de beaucoup plus de liberté

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que le journal. Le Dictionnaire pourra aborder toutes les questions de l'organisation médicale sans crainte de tomber sous la double et terrible juridiction de l'administration du timbre ou de la police correctionnelle. Dans le journal, de par une interprétation contre laquelle la presse vainement avertie n'a rien fait pour réagir, l'hygiène publique et les questions d'enseignement s'appellent Économie politique et sociale, et ce qui est contravention et délit dans le journal est exempt de toute criminalité dans le livre. Le fisc peut ruiner un journal, le juge peut le détruire, le livre est à l'abri de ces catastrophes.

Que le livre vienne donc ici suppléer le journal et que 1^ liberté se réfugie dans l'asile qui lui reste.

Je conseillais l'an dernier, à M. Garnier, une addition qu'il a trouvée convenable, puisqu'il l'a adoptée, savoir : de conserver dans le Dictionnaire le souvenir des confrères méritants qui ont payé, dans l'année, leur tribut à la mort. Le Dictionnaire de cette année présente cette innovation et M. Garnier l'a exécutée avec talent et loyauté. Les petites notices qu'il consacre aux morts sont remarquables par la sincérité et la justesse des appréciations, mais, toujours au point de vue de l'histoire, j'engage l'auteur à donner avec précision les titres scientifiques des médecins que la mort nous enlève et la date exacte de leur décès.

Je viens de passer en revue les choses principales de ce nouveau volume, et l'on voit qu'il ne manque ni d'intérêt ni de variété. La liste finale des auteurs, contenant près de 1000 noms et pouvant servir de table des matières, démontre d'aillcnrs la multiplicité des sujets touchés. On peut me supiiosor un peu de tendresse aveugle i)0ur ce produit, non de mes œuvres, mais de mes conseils; c'est de l'ambition que j'ai pour lui ; comme toute œuvre humaine, celle-ci est perfectible et c'est vers le progrès que je le pousse. Le Dictionnaire s'est sensiblement accru cette année, je lui prédis qu'il n'en restera pas là; car à la simple exposition analytique, l'auteur sentira le besoin d'ajouter

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l'cxameii et l'apprécialion. M. Garnier, par cet ouvrage seul, peut se faire une très-belle place dans la littérature médicale. Le choix de ses matériaux est judicieusement fait, peut-être devra-t-il accepter plus franchement l'ordre alphabétique et: devenir plus sobre de titres généraux sous lesquels il classe beaucoup de détails qu'on a peine à retrouver ou qui exigent, de nombreux renvois. Je l'engage enfin à domier un peu plus d'air et de lumière à ses notices, en rappelant quelquefois le point où en était la science avant le travail, objet de l'analyse, et la nature exacte du progrès que ce travail réalise. Celte dernière observation me paraît essentielle.

Amédée Latoub.

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