MLLE
ex-médecin du Dispensaire de salubrilé publique. Premier fascicule. Un volume grand in-8° de 324 pages, avec 3 planches sur acier contenant 1 5 sujets dessinés d'après nature par Léveillé.
TAILLE. Taille périnéale. Nouveau cathéter ■conducteur. Un des temps les plus longs et souvent les plus difficiles des tailles périnéales est l'ouverture de la région membraneuse de l'urèihre au-dessus du bulbe qu'il importe tant de respecter. Que le cathéter cannelé soit aussi volumineux que possible, il n'est pas toujours facile, surlout chez les personnes grasses comme le sont beaucoup de calculeux, de l'aller rechercher dans une partie où il fait dévier la symphyse pubienne pour gagner la vessie, et où il devient presque perpendiculaire à la surface du périnée. D'ailleurs on ne peut employer un cathéter volumineux chez les enfants.
Pour le rendre plus facile à trouver par le périnée, on lui donne une courbure assez forte, qui est un autre défaut. Dès que l'on abaisse son extrémité externe pour conduire l'instrument tranchant dans la vessie, son extrémité externe se relève tellement vers la paroi antérieure du réservoir urinaire, qu'on n'est plus, à moins de très-grandes précautions, arrêté par le cul-de-sac de la cannelure.
M. A. Mercier a remédié à ces inconvénients à l'aide d'un conducteur à dard. Il a la forme d'une sonde très-coudée presque à angle droit, et c'est à cette courbure que sort le stylet ou dard.
Introduit dans l'urèthre, le dard caché dans sa gaîne, le talon est facile non-seulement à sentir, mais à voir au périnée, et quand on a fait l'incision préliminaire, il est facile de déplacer le bulbe, de faire saillir le dard au-dessus et de diriger sur sa cannelure un bistouri droit qui arrive alors directement dans la cannelure principale. L'opération se termine enfin comme avec un cathéter ordinaire; seulement, comme cette cannelure principale est presque droite, on n'est pas exposé à en sortir et à se fourvoyer. (Acad. de méd., février.)
Lithoorale. Pour obvier aux difficultés de saisir et d'extraire
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le calcul parla plaie périnéale dans certains cas, M. H. Lee a fait construire un lithotriteur ordinaire à deux branches, dont l'inférieure est creusée profondément, et appelé lithocrate. Il l'introduit préalablement dans la vessie, et fixe la pierre entre ses branches. L'incision faite, l'extrémité mousse de cet instrument est rendue saillante de manière à diriger, à guider le bistouri dessus et, aussitôt qu'elle apparaît, à donner issue à la pierre, si elle est petite, ou du moins à pouvoir la saisir plus facilement et plus sûrement avec la pince ordinaire, si elle est volumineuse. L'incision peut être ainsi ménagée, et l'opération rendue beaucoup plus rapide et moins laborieuse. Toutefois, ces avantages sont kin d'être évidents dans le seul exemple rapporté à l'appui [Lancet, décembre 1865) A l'avenir de prononcer.
TEMPÉRATURE. Il résulte des expériences du professeur Mantegazza, que les douleurs intenses transmises par les nerfs rachhliens et la peau en amènent rapidement l'abaissement notable. Il l'a constaté chez les animaux dans le rectum ou aux oreilies : elle varie, chez le lapin, de 0°,68 a 2°, 48 après dix à vingt minutes, et peut persister plus d'une heure et demie. Des contractions musculaires coïncidentes contrebalancent un peu cet abaissement; qui, chez les poules, varie de 0°,66 à l°,76. Plus rapide chez les petits oiseaux, la durée en est aussi moins longue. L'homme semble partager cette môme influence que l'auteur rapporte aux phénomènes chimiques de la calorification , par I impossibilité de pouvoir s'en rendre compte par des troubles des nerfs vaso-moteurs. (Guzz. med. Lombardu, n03 26 à 29.)
Température humaine. Mesurée exactement avec le thermomètre, elle est devenue un puissant élément de diagnostic pouvant, non-seulement indiquer la maladie au début, en l'absence comme à l'exclusion de» autres signes, mais à. en juger, en préciser les phases, à en déceler des complications I. dentés, à en fa re prévoir l'issue et menu à distinguer, à différencier les maladies entre elles. La valeur de cet élément de précision augmente ainsi à mesure qu'on l'emp'oie, tellement qu'il n'est plus permis aujourd'hui d'en négliger l'usage.
En faisant l'historique do ce moyen d'investigation qu'il appelle la thermomélrk clinique, M. Charcot en rapporte l'ori-
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gineà Swammerdam. Dès 1754. de Haen, remarquant la peau pâle, violacée, froide des vieillards pendant la fièvre, alors que la température du sang est très-élevée, appelait l'attention de ses élèves sur la nécessité de substituer l'emploi du thermomètre à l'application de la main dans l'appréciation de la température du corps. Hunier seul répondit à cet appel, et ce n'est que dans ces dernières années que MM. Gavarret, Bouillaud, Monneret, Roger, en France; s'occupèrent de ce sujet dans des cas particuliers, de même que Baerensprung, Traube, Michaël, Wunderlich, en Allemagne, en étendirent et en perfectionnèrent l'usage, mais sans le généraliser ni le systématiser. A M. le docteur Robert de Latourqui, dès 1834, c'est-à-dire bien avant tous les autres, s'en est occupé, et dont le nom honorable ne se trouve pas, on ne sait pourquoi, dans cette énumération, revient l'honneur d'en avoir étendu l'emploi à toute la pathologie, en en faisant un signe distinctif des fièvres essentielles avec les fièvres symptomatiques ; des altérations du sang et de la constitution, septicémies, toxicohémies , avec les inflammations simples. C'est ainsi qu'elle est un signe distinctif absolu de la fièvre pernicieuse, dont le danger est immédiat et qui, en se voilant souvent de mille complications, peut en imposer à l'observateur (voy. Fièvre pernicieuse). De même des fièvres éruptive, typhoïde, puerpérale, etc. '
Le meilleur moyen de constater exactement la température dans l'état de maladie, où il s'agit surtout de ne pas déranger le patient, est le thermomètre axillaire qui se trouve chez M. Rozier, opticien, quai de l'Horloge, 37, à Paris. Il est renfermé dans un étui peu volumineux, qui le rend très- portatif. Sa forme angulaire permet de le placer dans l'aisselle du malade, sans déranger celui-ci, et de constater ainsi sur place le degré de température. Le prix seul de 18 francs, trop élevé pour la majorité des praticiens, est un obstacle à la propagation de son emploi. En Angleterre, où plusieurs instruments de ce genre se disputent la préférence, celui de Griffin, dont l'échelle s'étend de 55 à 130° F., avec cinq divisions pour chaque degré, est suffisamment exact, et peut servir à tous les usages du médecin, en se vendant au prix modéré de 10 francs. Il n'y a indication de préférer la voie anale que chez les vieillards, en raison de la remarque de de Haen, et dans le choléra; l'enveloppe cutanée ne donnant pas, dans ces cas, le degré exact de la température animale.
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Parmi les nombreux travaux qui se sont produits sur ce sujet en 1866, il convient de signaler surtout une thèse de M. le docteur Armetirding Compton , soutenue à l'Université de Dublin, le 26 juin, sur la température dans les maladies aiguës (Température in acule diseases). Basée sur 200 observations cliniques recueillies dans les hôpitaux anglais, dont 125 à S.-Barlholomew's Hospital, avec la température prise chaque jour et à peu près à la même heure et comprenant 60 cas de typhus, 30 de fièvre typhoïde, 20 pneumonies, 15 scarlatines, puis des rhumatismes, des érysipèles, etc., elle a une grande valeur en montrant, par des preuves péremptoires, et en affirmant qu'une température de 40° C. suffit à faire porter un diagnostic grave, alors que tous les autres signes tendent même à montrer le contraire, et vice versa. Il semble résulter aussi d'un tableau statistique un degré fixe de température pour chaque maladie, sans que la saison ni l'âge le modifient sensiblement. Ses variations aux diverses périodes sont établies de même ; mais, si élevée qu'elle soit, la température seule ne saurait annoncer sûrement une terminaison fatale ni une guérison assurée.
La corrélation habituelle de l'élévation du pouls avec la température résulte également de ces observations, mais sans être constante. Une étude comparée à ce point de vue permet ainsi de séparer définitivement le typhus fever de la fièvre typhoïde quant à leur nature, leur pathogénie, en montrant des différences sensibles de température et du pouls entre ces deux affections.
Des propositions capitales , appuyées d'exemples, forment ainsi le canevas de ce plaidoyer, en faveur de l'emploi clinique du thermomètre. Elles sont confirmées en partie par les observations du docteur Liebermeister sur les effets de l'élévation de la température dans la fièvre (Deutsch. Archiv fur klin. Medic). La fréquence du pouls, sans être exactement proportionnelle à la température , y est cependant subordonnée généralement dans une large mesure, ainsi qu'il résulte d'un tableau statistique de 280 observations cliniques. Il semble qu'il convient de distinguer les cas pour établir le juste rapport de celte élévation de la température sur le pouls. M. G. Bergeron n'a trouvé ainsi aucune relation constante, absolue, entre les oscillations de température, la lenteur et la fréquence du pouls dans la pneumonie des vieillards, tandis qu'il a observé la même marche de l'élévation de la température que chez l'adulte. « Dans la
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pneumonie, dit le docteur Compton, il y a une température élevée dès le second jour avec son maximum du troisième au quatrième, et une décroissance aussi rapide. » Il y a donc au moins là une exception fixe à cette relation de la température avec le pouls.
A propos de pneumonie, il est essentiel de ne pas confondre, pour le degré de température, la forme idiopathique de la forme symptomatique de la fièvre pernicieuse, élucidée par M. Robert de Latour. Elle est toujours plus élevée dans ce dernier cas, et pourrait bien ne pas avoir non plus la même relation avec le pouls. — Voy. Pneumonie.
D'après AI. Liebermeister, c'est à une élévation excessive de la température qu'd faudrait rattacher la malignité dans toutes les maladies où on l'observe. Des accidents cérébraux seraient la conséquence direcie de sa persistance st de ses effets dynamiques sur le cœur. On sait, en effet, que la gravité du pronostic est proportionnelle à cette élévation de la température, et que la mort survient, rapidement lorsqu'elle s'élève à 42° C. [Arck. de méd., juin). Il semble ainsi en assimiler l'effet à celui de la chaleur solaire, comme le fait très -explicitement M. Barudel pour les fièvres rémittentes du printemps et du commencement de l'été à Rome, dans lesquelles, dit-il, la température animale oscille entre 3 à 4 degiés au-dessus du chiffre normal, tandis que dans les fièvres réglées, pernicieuses, typhoïdes, elle atteint jusqu'à 6 degrés, bt celte différence est si constante et marquée, qu'elle a pu servir au savant médecin militaire pour établir d'emblée le diagnostic différentiel de ces pyrexies, aussi bien qu'à instituer le traitement différentiel qui leur convient. (Mém. de méd. et de chir. milit., août.)
Si donc les effets sont si différents dans un même lieu, la cause l'est aussi. D'où l'étiologie différente admise par M. Robert de Latour. « Quelle que soit la cause de l'élévation de la chaleur organique, phlegmasie locale ou autre, dit-il, si le sang conserve sa composition normale, cette élévation ne dépasse jamais 2 degrés, et c'est alors l'agent vital de la fonction calorisatrice, c'est-à-dire l'appareil nerveux ganglionnaire, qui en est le mobile. Pour aller au delà, il faut que le fluide sanguin sur lequel cet appareil exerce son action soit lui-même atteint dans sa constitution intime, comme il arrrive lorsque sévit uno fièvre essentielle. » (Union médicale, 1 364.)
Quelle que soit d'ailleurs la cause de cetlo élévation différente
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de la température et le mécanisme suivant lequel elle se produit, il n'en reste pas moins acquis, de l'aveu de tous les observateurs, qu'elle peut servir à elle seule à porter un diagnostic différentiel des diverses pyrexies et phlegmasies, et peut même aider au pronostic, par ses rapports avec le pouls et en décelant des complications latentes. La connaissance du degré de température et de son cours dans les différentes maladies est donc d'une haute valeur.
Des tableaux statistiques du docteur Compton il résulte que la température, dans la fièvre typhoïde à forme grave, s'élève communément à 103, 104 et même 105° F. (de 39°, 45 à 40°,55 C), tandis que le maximum est toujours au-dessous dans le typhus fever. C'est le contraire dans la forme légère ; mais il y a, dans la marche, les oscillations de cette élévation de la chaleur animale, des traits distinctifs.
C'est ainsi que, dans la pneumonie aiguë, elle s'élève dès le deuxième jour, et arrive à son maximum de 104 à 105° (40° à 40°, 50 C.) dès le troisième. Dans le rhumatisme articulaire aigu, elle varie de 99 à 102° F. (37°, 22 à 38°, 88 C. ), et persiste ainsi durant plusieurs jours, tandis que ses variations journalières sont de 4 à 5° F. dans l'érysipèle de la face et beaucoup plus aux différentes périodes.
Cette différence ressort surtout dans l'amygdalite. Idiopathique, elle ne donne guère lieu qu'à une température de 1 00° F. (37°, 77 C.) au quatrième jour, tandis que dans celle de la scarlatine, elle s'élève à 104°, c'est-à-dire 40° C, dès le troisième. Et ces différences sont aussi tranchées dans beaucoup d'autres cas. Qu'un abcès se forme dans le voisinage d'une artère, par exemple, et l'apparence d'un anévrysme pourra rendre le diagnostic excessivement difficile. L'élévation de la température suffira à lever tous les doutes longtemps avant que la fluctuation soit manifeste.
Elle sert également à déterminer exactement , suivant le docleur Ringer, la période aiguë de la maladie de Bright. Dès qu'elle est revenue à l'état normal, malgré que les urines contiennent encore du sang, et que d'autres signes inflammatoires persistent, on peut cesser toute médication antiphlogislique, qui ne pourrait qu'animer le malade et nuire à sa guérison et la retarder. — Voy. Albuminurie.
Dans l'état puerpéral, des recherches sur un grand nombre d'accouchées ayant montré que son maximum est de 37° C,