STÉTHOSCOPE
5° La triple stéatose viscérale peut se rencontrer dans un grand nombre de maladies différentes.
Ses effets sont très-variables, suivant qu'on la considère dans les maladies chroniques ou dans les maladies aiguës, c'està dire suivant qu'elle s'est développée d'une manière lente et progressive ou d'une façon brusque ou suraiguë. Dans le premier cas, elle se traduit surtout par des phénomènes locaux ne retentissant que fort peu sur l'ensemble de l'économie ; dans le second cas, elle est caractérisée principalement par une série d'accidents généraux graves, tels que ceux qui caractérisent lo groupe nosologique des ictères pernicieux.
6° Les phénomènes généraux graves qui appartiennent aux ictères pernicieux sont le résultat immédiat de l'altération des organes, peut-être de la lésion des reins, mais surtout de la lésion hépatique. L'étude de l'empoisonnement aigu par le phosphore et certaines observations de maladies peu complexes du foie déposent en faveur de cette manière de voir.
7° Le pronostic de la stéatose viscérale multiple est en rapport avec la marche de la maladie ; il est beaucoup plus grave dans les cas aigus que dans les cas chroniques.
8° Le traitement se déduit des causes qui favorisent ou déterminent la formation de la stéatose et des effets qui résultent de la lésion anatomique une fois développée. (Soc. des se. méd. de Lyon. )
STÉRILITÉ. Chez une femme ayant une antéversion trèsprononcée, il suffit au docteur Steiger de lui prescrire de retenir le plus longtemps possible ses urines, pour voir une longue stérilité disparaître. En moins de huit semaines, l'utérus avait répris sa situation normale. (Viirzb. med. Zeilschr.) L'action mécanique portée sur le fond de la matrice serait ainsi plus efficace que sur le col.
Phimosis. — Après cinq années de mariage sans avoir eu d'enfants, un homme s'étant soumis à l'examen de M. le docteur Baudin, un phimosis très-prononcé, avec longueur exagérée du prépuce, fut constaté. L'opération par le caustique eut lieu (voy. Phimosis), et un an après, l'opéré était devenu père.
STÉTHOSCOPE. — Voy. Auscultation.
STOMATITE.
.STOMATITE. Stomatite mercnrlelle . Suivant M. Mosler, c'est le mercure, versé dans la bouche par la salive parotidienne, qui irrite la muqueuse buccale et produit la maladie plutôt que la salivation elle-même. (Berl. klin. Woch., n° 4 6.)
Eau-de-vie, Sans nier l'utilité du chlorate de polasse contre la salivation, le docteur Ametler donne la préférence aux gargarismes avec l'eau -de-vie contre les ulcérations, les aphthes delà bouche. La douleur locale en résultant n'est que passagère. Chez une Slle inutilement traitée depuis un mois avec le chlorate de potasse et les solutions albumineuses; ces gargarismes l'ont guérie en sept jours, en touchant concurremment les ulcérations avec le sulfate de cuivre. (Pabellon médico.)
Sulfites. Dans cinq cas rebelles/même au chlorate de potasse, le docteur Gallia, adjoint à la clinique syphilitique du professeur Spérino, dit avoir trouvé utile l'usage du sulfite de soude. Le professeur Quaglino a constaté aussi ses bons effets dans deux cas semblables; c'est ainsi que les sulfites trouvent une heureuse application dans toutes les maladies. Ici, suivant M. Polli, ils tendent à améliorer la condition septique de la bouche, comme dans le scorbut, où les altérations locales ne sont que des voies d'élimination irritative des principes hydrargyriques, et alors ils dissolvent les coagulations hydrargyro-albumineuses. (Giorn. délie mal. veneere, mai.) La théorie ne fait pas même défaut pour donner plus de valeur à ces faits.
La nature différente du mal n'explique-t-elle pas ces succès? Contre des ulcérations atoniques, phagédéniques, on comprend que l'alcool réussisse mieux que toute autre solution. Il faudrait donc distinguer les cas.
Stomatite argcntique. En même temps que les bons effets du nitrate d'argent dans la paralysie générale se confirment par l'expérience, on en découvre aussi les inconvénients. Ce n'est plus seulement la teinte ardoisée de la surface cutanée qui est à craindre, mais une stomatite spéciale résultant manifestement de l'usage prolongé du sel lunaire par son action irritante sur la muqueuse buccale. M. le docteur Guipon en a observé le premier exemple sur une couturière de quarante-sept ans, entrée le 4 novembre 1865, à l'Hôtel-Dieu de Laon, pour une hémiplégie gauche complète avec paralysie de la langue et des
STOMATOSCOPi:.
organes de la plionaiion consécutive a une congestion cérébrale.
Une fois l'acuité de ces accidents passée, le nitrate d'argent fut administré à la dose de I centigramme par jour avec augmentation de 1 centigramme tous les trois jours. Le médicament étant bien toléré et l'appétit augmentant, la dose fut ainsi élevée graduellement à 10 centigrammes par jour et continuée ainsi du 22 janvier au 1 0 février, où, une amélioration sensible se manifestant dans le membre abdominal, on diminua rapidement celte dose de 2 centigrammes chaque jour.
La malade avait ainsi absorbé 4 grammes 16 centigrammes d'azotate d'argent, lorsque, le I 9 février, apparut une tuméfaction des gencives, d'un rouge sombre avec liséré violet près des dents, et une très-vive sensibilité de la bouche, surtout à la chaleur ; puis une odeur métallique non fétide de l'haleine, sans salivation Une teinte ardoisée des incisives existait depuis quelque temps sans rien de semblable vers la peau.
H suffit de cesser le sel lunaire et de recourir au chlorate de potasse en gargarisme pour voir disparaître ces accidents en quatre jours; mais une récidive légère se manifesta douze jours après, qui céda définitivement au même moyen.
L'action nocive du sel lunaire sur la muqueuse buccale e-t donc manifeste dans ce cas, non pas directement sans doute, comme pour l'intestin, mais par une sorte d'élection comme le mercure, l'iode. Il est donc prudent d'en surveiller les effets chez les divers sujets et, comme pour tout agent actif, de ne pas en augmenter indéfiniment la dose.
Afin d'aider la tolérance de celui-ci, M. Guipon le combine sous forme pilulaire de la manière suivante :
Azotate d'argent cristallisé 4 centigrammes.
Exirait de gentiane 5 —
Thridaec , 25 milligrammes.
STOMATOSCOPE. Nouvel instrument inventé par M. Bruns pour servir à éclairer la bouche dans les recherches laryngoscopiques et faciliter le diagnostic des affections dentaiies. Son mode d'application et d'action est le suivant : Une spirale de platine (renfermée dans une cupule de buis, pour empêcher la transmission de la chaleur), amenée au rouge par le passage d'un courant électrique dégagé par deux éléments de M. Middeldorf (de Breslan), est placée dans la bouche, en
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arrière des dénis. La lumière, réfléchie par un tout petit miroir, est assez intense pour rendre la mâchoire transparente, et permettre d'apercevoir facilement les vaisseaux qui se rendent à la racine des dents, les plus petits points de carie, etc. On peut même, sur quelques sujets, apercevoir par transparence l'artère coronaire labiale , au niveau de la commissure et la suivre dans son trajet. M. Bruns se sert même de ce mode d'éclairage pour la laryngoscopie : mais il nous semble que l'introduction de l'instrument dans la bouche, est plutôt un inconvénient qu'un avantage, en gênant la manœuvre du miroir. Le stomatoscope nous paraît, donc avoir des applications limitées; mais il donne, pour ce qui concerne le diagnostic des affections dentaires, un excellent moyen d'exploration. (Acad. deméd.)
SUTURE. Pour faciliter l'emploi des fils métalliques, M. Charrière a fabriqué des aiguilles tubulées, divisées en deux et formant deux gouttières superposées, dans lesquelles on peut introduire des fils métalliques de grosseur variée. Leur action peut être comparée à celle d'une lardoire et leurs pointes se font également en fer de lance.
On les emploie seules ou montées dans toutes les directions, sur une pince ou tout autre porte-aiguille suivant le lieu où l'on a à opérer. (Acad. de méd.)
Suture de la cornée. — Voy. Ophtualmologie.
SYMPTOMATOLOGIE. Symptomalologie, nu Traité des accidents morbides par A. Spring, officier de i'ordre de Léopold, professeur de clinique médicale ei de pathologie générale à l'université de Liège, etc., etc. Paraît par fascicules de 250 à 300 pages, qui seront au nombre de six pour l'ouvrage entier. Bruxelles. — Le titre de cet ouvrage en indique clairement le but : c'est d'accorder aux signes morbides la valeur qu'ils méritent en pathologie, non à la manièie vulgaire qui fait de certains symptômes autant de maladies, comme la douleur, la toux, les convulsions, etc.; mais tout à fait scientifiquement.
Partant du fait clinique, le «avant professeur en a étudié, relaté toutes les manifestations avec soin. Loin de faire table rase des anciens termes, il les rappelle, en cherche, en donne a signification, eu respectant ainsi l'usage et la tradition. Comme les naturalistes, il forme des classifications, des sym-
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ptômes correspondant à des lésions, des états morbides divers. C'est donc là une œuvre aussi neuve et originale dans la conception que dans le titre et l'exécution.
SYNCOPE. Quelle qu'en soit la cause, l'inhalation du chloroforme ou toute autre, M. Mougeot considère l'emploi persévérant des douches oculaires d'eau froide comme un excellent moyen d'y remédier. (Soc. de chir., juin.) On ne saurait donc se refuser à l'emploi d'un moyen si simple.
SYPHILIS. Incubation. Les recherches du professeur Sigmund (devienne) sur cet intéressant sujet ont porté sur 81 8 observations. Il prend à cet effet, pour base, l'existence incontestable de l'induration ou d'une papule.
Ainsi déterminée, la période d'incubation s'étend aux six premières semaines qui suivent la contagion.
Dans la majorité des cas (85 pour 100), cette période ne dépasse pas la cinquième semaine, et très-souvent (67 pour 100) elle est renfermée dans la limite de quatre semaines.
Les observations rigoureusement prises ne permettent pas d'assigner à la période d'incubation une durée plus longue que six semaines; elles démontrent également que la syphilis ne se développe jamais sans être précédée de l'apparition d'une papule, la syphilis intra-utérine étant seule exceptée.
La période d'incubation est singulièrement abrégée dans les cas d'induration ou de papules simples, et bien plus longue quand le phénomène initial est constitué par une ulcération ; cette différence paraît, du reste, tenir simplement à ce que l'induration est plus difficile à constater quand elle succède à l'ulcération que dans les cas où elle existe isolément.
Chez les sujets tuberculeux, la durée de l'incubation est généralement abrégée. Elle est la même, que l'inoculation ait eu lieu sur la peau ou sur une muqueuse, accidentellement ou expérimentalement. Elle n'est pas modifiée non plus par l'existence antérieure à une époque quelque peu distante d'ulcérations vénériennes. Enfin elle n'est nullement influencée ni par le sexe, ni par le sujet. (Gaz. hebd.)
Traitement. Frictions et diète. Ce mode ancien a été remis en honneur à la Société de médecine de Strasbourg , par MM. See, Schutzenberger et Herrgott, dans des cas rebelles à l'emploi
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ordinaire du mercure. Plusieurs succès éclatants en sont cités (Gaz. mèd. de Strasbourg, août). En présence de l'absorption rapide, à petite dose, par la voie hypodermique, ne serait-il pas plus logique d'y recourir qu'à ces frictions et cette diète sévère, qui semblent désormais no devoir êlre employées qu'en dernier recours?
Injections hypodermiques. Le docteur Ambrosoli en a confirmé l'efficacité dans la syphilis conlitutionnelle, suivant la méthode de M. Scarenzio, c'est-à-dire avec le calomel (voy. année 1864). Sur 16 malades traités au Sifilicome de Milan, en 1 864 et 1 865, il a obtenu 1 4 guérisons, dont 3 après récidive, et seulement 2 insuccès (Giom. délie mal. ven., février). Sur celte base, du moins, la médecine s'affirme comme science d'observation, et elle n'est pas autre chose.
Au lieu de compter, comme M. Scarenzio, sur la transmutation du calomel en sublimé par l'absorption lorsqu'on injecte sous la peau une solution de celui-là pour combattre la syphilis, M. Berkley Hill a injecté directement celui-ci au pli du bras ou à l'épaule, à la dose de 5 milligrammes, matin et soir, dissous dans six gouttes d'eau. Dans onze cas d'accidents primitifs et secondaires, l'absorption s'est manifestée rapidement, un seul excepté, déjà réfractaire aux autres voies d'absorption ; 5 à 7 centigrammes ont suffi pour produire une mercurialisation complète (Lancet, mai). En confirmant l'efficacité de cette nouvelle méthode de traitement de la vérole, M. Hill l'a rendue plus facile et plus sûre. Il n'y a plus ainsi de ces petits abcès consécutifs à l'injection du calomel. Les malades qui ont horreur du mercure, ou dont l'estomac ne peut le supporter, n'en guériront pas moins désormais.
Syphilisation. M. Lée résume ainsi son jugement sur les expériences publiques que M. Bœck a été appelé à faire dans les hôpitaux de Londres, à ce sujet :
1° Il n'est pas encore prouvé suffisamment que la forme infectante de la syphilis puisse êlre inoculée à un syphilitique constitutionnel.
2° L'ulcère mou et la surface d'un ulcère induré donnent seulement lieu parfois à des ulcérations locales superficielles, ayant les caractères du chancre mou.
3° Durant l'irritation causée par ces ulcérations, les marques de la syphilis secondaire disparaissent.
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4° Mais la longue durée de ce mode de traitement et ses nombreux inconvénients sont des obstacles absolus à son adoption dans la pratique civile. [Lancet, avril.)
Liqueur de Donavan. Très-usitée en Italie contre les syphilides rebelles, le lupus et autres accidents cutanés, elle a reçu aussi de M. le docteur Pedrelli une nouvelle modification qui paraît en assurer le succès. Il la prépare ainsi :
'if, lodure d'arsenic 20 centigrammes.
Eau distillée 120 grammes.
Dissolvez dans un matras de verre à chaud et ajou'ez :
Biodure de mercure 40 centigrammes.
Iodure de potassium 3 à 4 grammes.
Filtrez et conservez dans un vase brun et bouclié.
Ainsi obtenue, la liqueur est limpide, avec une légère teinte paille. A la dose de 4 à 100 gouttes dans 90 grammes d'eau distillée, prise en trois fois dans la journée, en augmentant d'une à deux gouttes par jour, elle produisit des résultats trèssatisfaisants à l'hôpital Sainte-Ursule de Bologne. Il faut éviter de l'administrer à jeun et ne pas l'associer aux acides ni aux narcotiques pour mieux en établir la tolérance, car alors des accidents pourraient en résulter. iGiorn, ital. délie malaUie vencree. )
Ulcérations du col utérin. Devant la difficulté qu'il y a toujours à en déterminer exactement la nature à défaut de leurs caractères spécifiques, lors même qu'elles coïncident avec la syphilis constitutionnelle, et leur résistance au traitement général et local, le docteur Wertheim, méiecin delà divii-ion des vénériens de l'hôpital Rodolphe de Vienne, a appliqué topiquement chaque jour, puis tous les deux jours, durant deux à quatre semaines, des gâteaux de charpie, enduits d'onguent mercuriel. Dans quatorze cas, après la cautérisation argentique restée infructueuse, la guérison s'en est suivie. [Wien. med. H'och ., nos 10 et H.)
Dans le doute, ne serail-il pa6 rationnel, plus simple et facile d'appliquer la pommade ou la solution de chlorate de potasse, qui, par son pouvoir cicatrisant, même sur les ulcères vénériens, amènerait sûrement la guérison?
Plaques muqueuses. C'est la solution de potasse caustique,
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préconisée récemment dans le pansement des plaies (voy. ce mot), que le docteur Werlheim emploie dans la proportion de 25 centigrammespour 32 grammes d'eau distillée. 11 en imbibe des gâteaux de charpie qu'il applique sur les plaques et recouvre ensuite d'une feuille de gutta-percha. Ce pansement est renouvelé toutes les quatre heures. On le remplace le lendemain par des applications d'eau glacée, en continuant ainsi alternativement. La guérison s'est opérée sans douleur ni cicatrice apparente, et s'il est vrai que l'iodure de potassium, ou des préparations mercurielles administrées simultanément, aient une certaine part dans ce résultat, M. Werlheim s'est du moins assuré, par ries expériences comparatives, que l'eau glacée seule ne suffit pas comme topique. [Wien. medizin. Wofihenschr.)
Chancre. Simple ou infectant, l'induration de ses bords est constituée, selon M. Verneuil, par l'hypertrophie d'un nombre considérable de glandes sudoiipares faisant saillie à la face profonde de la peau. Sur deux pièces présentées, elles ont acquis un tel développement, qu'elles mesurent jusqu'à 3 à 4 millimètres de diamètre. Dans quelques cas de bubons suppurés, avec décollement de la peau, ces glandes sudoripares sont tellement confluentes par leur hypertrophie, que la cicatrisation de l'ulcère en est rendue très-difficile. Au^si le meilleur et parfois le seul moyen d'obtenir cette cicatrisation, c'est de réséquer, comme l'a fait M. Verneuil, tout l'anneau de peau décollée. (Soc. de c/u'r., octobre.)
L'élude spéciale de ces petites glandes, faite par le savant chirurgien, donne toute créance à la découverte de cet obstacle à la guérison et au remède rationnel qu'elle suggère.
Tremblement mercuriel. Voy. Bromure de potassium.
Extinction de la syphilis. Sur le rapport de M. Garin, la Société de médecine de Lyon propose à cet effet d'augmenter les maisons de tolérance, en forçant tout le personnel de la prostitulion clandestine à prendre un numéro. La stalis'ique ayant montré que les accidents vénériens sont aujourd'hui de moilié plus rares, parmi la garnison locale, qu'en 1 860, c'est-àdire de 1 : 16 au lieu de 1 : 8, etles prostituées régulièrement soumises à la visite offrant des garanties que n'offre pas une
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femme libre, elle propose ce remède, sinon comme infaillible, au moins comme le plus sûr et le meilleur.
On peut louer l'intention et le but ici, sans approuver les moyens d'exécution. Outre des difficultés insurmontables, pourquoi vouloir forcer une femme, si libre soit-elle, à se mettre ainsi hors la loi? Comment distinguer entre le vice et la légèreté, des amours trop faciles et le besoin même? Pourquoi armer la police d'un droit si contraire à la liberté individuelle? Qu'elle réprime toute excitation publique, toute provocation immorale, inconvenante, à la bonne heure ; mais en dehors de cela, c'est à chacun de connaître le danger du bal public ou du boulevard pour prendre ses précaulions. L'administration ne peut se charger de veiller pour tous, et ce n'est pas à la police qu'appartient la moralisalion d'un peuple.
D'autres mesures aussi arbitraires sont encore proposées, comme de s'assurer de l'état sanitaire des soldats, des marins, des prisonniers, des malfaiteurs et des vagabonds. La visite obligatoire des ouvriers des ateliers et des manufactures de l'État est même offerte en perspective, et la Société de médecine n'a pas craint de proposer la séquestration temporaire des vénériens dans les hôpitaux jusqu'à complète guérison, en supprimant le traitement externe. Adopter de pareilles mesures serait revenir en arrière de plusieurs siècles ; le remède serait pire que le mal, car alors les malades n'entreraient plus dans les hôpitaux, s'ils n'étaient pas libres d'en sortir. Et qui voudrait se soumettre à ces visites préventives, sinon par la contrainte, comme les soldats! Loin d'arriver ainsi à l'extinction du mal, on pourrait le rendre plus grave et dangereux.
Contre-visites sanitaires. En constatant que la proportion des vénériens à l'hôpital militaire de Marseille s'élève de 190 à 197 pour 1000, dont 124 au moins faisant partie de la garnison locale, et la gravité exceptionnelle du mal par la résistance et la durée du traitement, M. Didiot en voit la cause dans la rareté des visites aux filles publiques, et l'appréciation incomplète des organes sexuels. Il voudrait que, comme à Bruxelles, à Turin, à la Haye, où elles ont produit d'excellents résultats, des contrevisites, faites à jour et heures indéterminés, fussent faites par des inspecteurs, pour contrôler la réalité du rapport hebdomadaire du médecin sanitaire ordinaire. (Gaz. des hôpitaux.)
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Étude statistique de la syphilis dans la garnison de Marseille, suivie de généralités sur la prostitution et sur la fréquence des maladies vénériennes dans la population de cette ville, et complétée de réformes à apporter dans le service de la police sanitaire, par le docteur P.-A. Didiot, médecin principal de l'armée, etc. In-8°, Marseille.
Syphilis hépatique. Iodure de potassium. Employé constamment par M. Leudet, à la dose de 1 gramme 50 à 6 grammes par jour, il y a associé les mercuriaux, mais sans jamais employer ceux-ci seuls. L'iodure de fer seul s'est montré efficace dans un cas de Frerichs, qui préconise aussi comme adjuvants l'eau et les bains de Kreuznac, d'Aix-la-Chapelle et les eaux de Pyrmont. [Arch. de méd., mars.)
. Syphilis des animaux. M . Auzias a enfin trouvé un compétiteur, un émule digne de lui. A la Société des sciences médicales de Lyon, juin, M. Gailleton a présenté un lapin offrant sur tout le corps une éruption acnéiforme, résultat d'une inoculation du pus d'un chancre infectant, à début pustuleux, survenue après vingt-quatre jours d'inoculation après un coït impur suivi immédiatement d'une blennorrhagie [Journ. de méd., août). L'irrégularité de ces accidents ne démontre donc, pas plus que les faits précédents, de l'aveu même de l'opérateur, l'inoculation de la syphilis aux animaux. Mais toute la gent rongeuse va désormais subir les expérimentations du jeune syphiliographe pour vérifier le fait. Pauvres bêles !
Traité historique et pratique de la syphilis, par le docteur E. Lancereaux, chef de clinique de la Faculté de médecine de Paris, lauréat de l'Institut, de la Faculté et de l'Académie de médecine. Un volume grand in-8° de 78 4 pages, avec 3 planches gravées et coloriées.
Des affections nerveuses syphilitiques, par le docteur Léon Gros, ancien médecin en chef de l'hôpital de Sainte-Marie-aux- Mines, ancien interne des hôpitaux de Strasbourg, etc., et le docteur E. Lancereaux, chef de clinique de la Faculté de médecine de Paris. Volume in- 8° de 485 pages.
Traité pratique des maladies vénériennes, par F. -F. Clerc, médecin de Saint-Lazare, ancien interne de l'hôpital du Midi,
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