ARSENIC
il fut ainsi tenu en surveillance sans présenter aucun accident, non plus que le lendemain. (Boston med. and surg . Journ. , n° 22.)
L'expérience est donc concluante, curieuse et authentique. Celles des arsénieophages de Styrie sont loin d'avoir cette valeur (Union méd., 6 juin 1861). 11 est bien avéré maintenant que l'acide arsénieux peut être ingéré, absorbé par l'homme à dose relativement rasorienne, sans effet toxique. «J'ai lu, disait B... pendant son expérience, tout ce que les docteurs ont écrit sur l'arsenic, et je reste convaincu qu'ils ne savent rien du tout — nothing at ail — à ce sujet. » Jamais il n'a éprouvé au moindre degré les symptômes qu'on lui attribue. Pour rien au monde, il ne consentirait à le prendre en solution. Il refuse même de boire de l'eau pendant quelque temps après l'avoir ingéré, mais il prend volontiers un verre de vin ou de bière. On ne saurait soupçonner quelque stratagème ou supercherie devant une enquête aussi éclairée. Il est démontré que l'arsenic peut être toléré; malheureusement son action anti-tuberculeuse est loin d'être aussi clairement établie.
Sa tolérance même est loin d'être constante et inoffensive. Chez un homme de trente ans qui, séduit par ce que l'on disait des mangeurs d'arsenic, en ingérait chaque jour une certaine quantité, sans la mesurer exactement, il y eut d'abord de la dyspepsie, ce qui fit redoubler la dose ; le teint, loin de s'éclaircir, devint plus foncé, la respiration ni les forces musculaires ne s'amélioraient. Les organes génitaux seuls en étaient excités, contrairement à l'observation de M. Charcot (voy. Anaphrodisie. Année 186 4). Enfin, après quatre ans d'usage, des vomissements survinrent avec douleur vive à l'épigastre augmentant à la pression, soif vive et tous les signes généraux de l'intoxication arsenicale se montrèrent, qui, malgré le sous-nitrate de bismuth et l'opium à haute dose par le docteur Parker, amenèrent la mort. L'autopsie confirma l'empoisonnement. (Edinb. med. Journ. et Gaz. med., n° 31 .)
De l'emploi thérapeutique de l'arsenic par le docteur Barella, un volume in-8° de 565 pages, Bruxelles et Paris. Béunion de différents mémoires séparés sur la médication arsenicale contre les fièvres intermittentes, les névropathies, les dermatoses, les maladies internes et externes, et ses effets physiologiques. C'est ainsi la plus complète monographie sur ce sujet. Tous les travaux particuliers s'y trouvent réunis ou analysés. Mais en rai-