‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicalesChapitre 31 sur 158 · CHLOROFORME · texte numérisé non relu

CHLOROFORME

Touto l'arrière-bouche el les fosses nasales étant tamponnées avec fie la charpie fine mouillée, on introduit dans les narines deux tubes contenant de la charpie imbibée do chloroforme, dont la dose ne signifie rien. Les narines doivent être serrées autour des tubes pour qu'il n'y ait pas déperdition au dehors.

En quelques minutes (7 à 8 pour un lapin), l'anesthésie commence à se produire, et l'on peut la faire durer, pendant deux heures, sans le moindre danger pour le sujet, qui continue à respirer aussi normalement que pendant le sommeil naturel, de même que le cœur continue à batire régulièrement.

Dix à quinze minutes après qu'on a retiré le chloroforme, le sujet se réveille, comme de son sommeil naturel, et sans incommodité aucune, qu'elle qu'ait été la durée de l'expérience. Seulement, si on la prolonge, il est bon de renouveler le chloroforme.

L'emploi du chloroforme faisait courir des dangers qui dès lors n'existent plus. (France médic.)

Chloroforme chez les mourants. Dans son ardeur à l'employer envers et contre tout, M. Bullar, renouvelant une proposition faite autrefois sous le nom d'enthanasie, et consistant à plonger les agonisants dans une demi-éthérisation pour leur ménager les souffrances inséparables du passage de la vie à la mort, cite une dame de quatre-vingt-deux ans qui, pendant les dernières semaines de sa vie, dut à la chloroformisation intermittente un calme profond et exempt de danger, tandis que l'opium, précédemment employé, ne procurait d'assoupissement qu'en congestionnant le cerveau. (British med. Jouni., juillet.)

On ne saurait approuver une telle pratique que par exception, contre des souffrances vives, intolérables. L'époque de la mort, si assurée et prochaine qu'elle paraisse, n'est jamais certaine. Le Code pénal français, d'accord en cela avec les sentiments qui doivent guider les actions de tout médecin consciencieux sont là pour réprimer une telle pratique, dit M. le docteur Lespiau. (Abeille médic, n° 34.)

Vas Chloroform (Le chloroforme), par le docteur Sabarlh, in-8° de 276 pages, Wiirtzbourg. Histoire résumée, concise et

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fidèle do lout ce qui se rattache à cet agent puissant et merveilleux, comme aneslhésiquo et comme médicament. Celte monographie mérite ainsi les honneurs d'une traduction française, notre littérature ne possédant pas un précis aussi complet.

CHOLÉRA. Étiologie. Interne à l'hôpital Lariboisière du service des cholériques, M. Stoufflet a résumé dans sa thèse inaugurale les remarques faites à ce sujet, remarques qui, en so généralisant, pourraient servir à élucider le point si important delà cause du redoutable fléau.

Sur 524 malades observés, 461 venaient de l'extérieur, dont voici le dénombrement :

12 morts

En trouvant ainsi une causo prédisposante au choléra dans presque les trois quarts des cas, M. Stoufflet n'a pu vouloir exclure la contagion, car il est prouvé que les personnes affaiblies, valétudinares, déprimées par les maladies, la misère ou l'ivrognerie, y sont plus assujetties que des personnes en bonne santé. On ne saurait donc se prévaloir de ces causes, comme l'a fait M. A. Després. Il esl juste d'en tenir compte pour résoudre le problème, ce que l'auteur n'a pas fait.

Le choléra à l'hôpital Lariboisière en 1865, dans ses rapports avec les autres maladies, par le docteur Stoufflet, 1 87 p. in-8°.

Contagion. Sur 37 enfants cholériques traités par M. Bar-thez à l'hôpital Sainte-Eugénie, 1 4- appartenaient à des familles où le choléra avait déjà fait d'aulres victimes ; 1 1 avaient perdu leur mère, 1 l'avait très-malado, 2 avaient perdu leur frère. Plusieurs fois on a amené en môme temps à l'hôpital 2 ou 3 enfants, frères ou sœurs, atteints de choléra et dont la mère venait de succomber à la môme maladie.

Deux nourrices de la Ferlé-Loupière furent atteintes peu

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après leur retour do Paris; l'une succomba el toutes deux perdirent leur nourrisson et un de leurs propres enfants.

Dans la première section de l'arrondissement de Joigny, un convoi de nourrices quitte Paris le 7 novembre, arrive le 8, et déjà le nourrisséi de la femme Girard était mort. Dans la nuit même, la nourrice et ses enfants sont atteints et meurent, puis, la tante de la nourrice, qui l'avait soignée, succombe aussi avec un autre enfant. (Soc. méd. des hôpit. et Union méd. n° 9.)

Il résulte du rapport officiel du docteur Swinburne. médecin, du port de New -York, qu'il fut importé dans cette ville en 1865 par des navires anglais, partis du Havre et transportant des émigrés allemands qui avaient séjourné à Paris lorsque l'épidémie y sévissait dans sa plus grande intensité. Plusieurs victimes ou Havre même çt surtout pendant la traversée donnent un grand crédit à cette version. (Union méd. , n° 321.)

, Lettres sur la contagion du choléra-morbus indien, par le docteur Rousseau d'Épernay. Expression d'une foi profonde sur la contagiosité du choléra basée sur de nombreux faits décisifs, ces Lettres font contre-poids aux brochures anticontagionnistes. Partout s'élève ainsi avec une égale véhémence le pour et le contre des faits et des opinions sur ce sujet. Strasbourg, appelé à décider cette question dans son Congrès, est de même partagé. M. Eissen, rédacteur en chef de la Gazette locale, affirme sans ambages la contagion, tandis que M. Willemin, non moins autorisé , affirme le contraire. Entre ces deux opinions contradictoires, qui doit décider des mesures sanitaires préventives et du traitement à employer, qui prononcera?

Le choléra dans les hôpitaux civils de Marseille pendant Vépidemie de 1 865, par M. le professeur Seux . 1 vol. in-8° de 148 pages, avec tableaux statistiques et observations. Une esquisse de la marche en montre l'importation évidente dont le froid et impartial observateur se déclare franchement le défenseur, d'accord avec la plupart de ceux qui en ont été les témoins. Ceux-là. qui s'en sont formé une opinion à distance, d'après les documents, diffèrent à peu près seuls à cet égard.

M. Périer n'est pas moins affirmat.if pour l'épidémie d'Algérie, et les faits qu'il rapporte sont si clairs et décisifs qu'ils ne laissent pas subsister le moindre doute à cet égard.

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L'invasion est nettement dessinée par l'arrivée de détachements d'infirmiers ayant traversé Marseille du 20 août aii 10 septembre. Réunis, encombrés à la Salpêtrière, ils forment un foyer morbide qui ne tarde pas à éclater et à rayonner. Plus tard, l'arrivée du bataillon étranger, malgré les précautions prises au camp de l'Aouch-Bridja, confirme cette importation par l'atteinte de quelques hommes du 77°, chargés de le garder, et bientôt celle en masse de ces futurs soldats étrangers.

En niant l'importation et en traitant Des causes essentielles qui ont présidé au développement de cette épidémie (brochure grand in-8° de 100 pages), M. Didiot, médecin principal des hôpitaux militaires, fournit la contre-partie et comme l'argumentation, la critique du travail précédent. Fondé sur la météorologie et la statistique, il insiste surtout sur la constitution médicale pour en démontrer les caractères et les effets, en leur attribuant le développement de l'épidémie , et à l'appui de cette opinion, il discute la date de l'apparition des premiers faits, interprète leur signification, et tandis que la clinique forme la base du mémoire de M. Seux , elle est totalement absente de celui-ci. Rien de bien étonnant, dès lors que, partis de points de vue opposés , ayant suivi des voies différentes, ces deux auteurs soient arrivés à des conclusions contradictoires. C'en est là trop souvent le secret quand elles émanent d'hommes sincères et honorables, mais peut-être également prévenus.

Rapport sur les questions du programme relatives à l'origine, l'endémicité, la transmission et la propagation du choléra, fait à la conférence sanitaire internationale de Constantinople, par M. le docteur Fauvel, délégué du gouvernement français. Brochure in-4° de 83 pages; Constantinople et Paris.

Expression des délibérations longues et répétées des délégués envoyés par tous les gouvernements européens à Constantinople , pour discuter et éclairer les différentes questions pratiques propres à prévenir et atténuer le fléau , ce travail peut être considéré comme un document officiel. Aussi les conclusions doivent-elles en être regardées comme l'expression la plus vraie de ce que l'on sait aujourd'hui de celle redoutable maladie.

Aperçu historique des épidémies de cholèra-morbius et de fièvre jaune en Portugal, de 1833 en 1865, déposé à la Conférence

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sanitaire internationale de Conslanlinople par le délégué portugais, le doclcur Bcrnardino Gouies. Nouveau témoignage irrécusable, car il repose exclusivement sur des faits, dans le procès qui s'instruit contre le fléau ; il dépose en faveur de la contagion directe, immédiate, personnelle. Écrit en français, il fournit aux partisans, comme aux adversaires de celte doctrine, des preuves convaincantes à ce sujet.

Sur la contagion en général el en particulier du mode de propagation du choléra-morbus et de sa prophylaxie, par M. le docteur Bonnet, de Bordeaux, brochure de 55 pages in-Su. Plaidoyer disert sur la nature infectieuse du choléra, réfutant les raisons produites en faveur de la contagion, notamment dans la dernière épidémie de Marseille. Contrairement à certains esprits systématiques qui, à défaut de pouvoir ruiner les opinions, les doctrines adverses, les passent sous silence, M. Bonnet ne craint pas de les prendre corps à corps, mais sans pouvoir toujours les terrasser, les détruire. Cette pièce mérite ainsi de figurer dans l'enquête qui se poursuit actuellement sur ce sujet.

Appendice au choléra de Toulon de 1836 à propos de l'épidémie de Marseille en 1 865, par le docteur Marlinenq, 215 pages in- 8°. « Pour cet auteur, notre atmosphère a moins do puissance vivifianle qu'autrefois, il a même, dans ce momentci, un pouvoir altérant relatif qu'il n'avait pas quand il était mieux en rapport avec nos organisations qu'il ne l'est ; les causes infectieuses altérantes, locales ou individuelles, s'unissant à elle pour détériorer r.otre organisme, y parviennent à des époques et dans des circonstances données, et la maladie, sinon la mort, en est la suite. Voilà l'histoire et les causes du choléra ; el il lui semble que cette façon de penser est plus scientifique, plus satisfaisante et plus vraie que ces opinions restreintes, limitées à quelques faits, et insuffisantes, qui naissent de l'observation terre à terre des phénomènes généraux qui s'offrent à nous en tout temps et en tous lieux. Tout ce qui précède se réduit à ceci : un homme, par des excès, par un défaut d'hygiène, par l'inspiration surtout d'un air impur, est prédisposé à la maladie; le milieu altérant dans lequel nous vivons aujourd'hui augmente cette prédisposition, et quand le degré de cette prédisposition a atteint certain point, la maladie

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se déclare — parce que l'agrégat organique a élé conduit aux i limites des combinaisons matérielles pouvant permettre le mouvement vital — avec certains symptômes auxquels nous I avons donné le nom de cholériques, parce qu'ils ressemblent à h ceux qu'on observe sur les bords du Gange, et auxquels cette t épitlièle a été imposée : voilà tout, et avec cela, dit-il, je comprends et j'explique tout, tout ! sans exception. Qu'une autre vue théorique en fasse autant ou mieux, et je ne serai pas le dernier à l'accepter. »

Telle est la profession de foi anticontagionniste de M. Martinenq. Nous l'avons citée en entier pour mieux en faire apprécier la valeur, et c'est avec des armes de cette portée que, prenant une à une les propositions et les preuves contagionnistes absolues de MM. Grimaud et Worms notamment, il les examine, les combat à outrance, sans merci, et dresse un vérii table réquisitoire contre leurs auteurs. Son argumentation est vive, pressante, serrée. Il discute les faits affirrnatifs et leur oppose des observations contraires ; aux expériences de MM. Thiers et Robin, il oppose celles de M. Villemin, et 'l'exemple de M. Axenfeld se faisant une piqûre anatomique sur un cholérique et contractant tout aulre chose que le choléra. Les résultats des recherches microscopiques sur les détections des cholériques lui semblentincertains, contradictoires, quant à la contagion, sans rien pour la justifier.

Enfin, il faut citer C Examen théorique et pratique de la .question relative à la contagion et à la non-contagion du choléra, par M. Cazalas, inspecteur général du service militaire de santé. Publiée in extenso dans Y Union médicale, cette longue disquisition ne saurait être analysée. Elle n'affaiblit ni ne détruit les exemples de contagion qu'elle tend à réfuter, l'interiprélalion seule en diffère. Ce n'est donc qu'une dispute inconciliable entre les auteurs. D'ailleurs, pour être complet sur ce sujet, il faudrait signaler bien d'autres productions, notamment la réponse de M. le docteur Calvy aux deux précédents auteurs ou plutôt la réfutation topique de leurs assertions (Union méd., n°* 87 et 89). Mais, avec toutes ces citations, la question n'en serait pas plus avancée, chacun gardant son opinion. Aux faits seuls, aux observations do la résoudre.

Orages. Leur coïncidence avec l'apparition du fléau a élé

GAHNIEK. (j

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confirmée à Paris on 4866. Mais comme ils ont ('gaiement coincidé avec sa disparition, M. Chauffard en conclut qu'en disséminant les miasmes morbides, ils peuvent faire éclater la maladie ici en les y portant et la faire disparaître là en les balayant (Soc. méd. des hôpit., juillet.)

Notice sur l'épidémie cholérique de 1 865, 48 pages grand ih-8°, avec la carie de la marche générale de l'épidémie concentrée dans le bassin de la Méditerranée. Paris.

. C'est la rose des vents sous les yeux, qu'en vrai médecin naviguant, M. le docteur Jobert étudie la pathogënie du choléra. Il en formule l'étiologie dans celte loi unique : L'infection cholérique a lieu dans un pays quand il est au calme du temps, et l'intensité de l'infection quand ce pays reste sous ce calme. Doctrine toute physique, météorologique, qu'il tend à justifier, à accréditer, mais sur laquelle il y aurait danger de s'étendre, crainte de s'y perdre, tant elle paraît nébuleuse comme tant d'autres.

Sémiologie. La division du choléra en six degrés: diarrhée simple, cholérine, choléra léger, choléra algide peu accentué, choléra algide curable, choléra algide incurable, nous semble sans grande utilité, car, M. Seux le reconnaît lui-même, tous ces degrés se transforment. Un cas simple s'aggrave, un choléra incurable en apparence guérit ; celle de M. Périer en cinq formes en démontre aussi l'instabilité. Si, au point de vue clinique, ces distinctions ont quelque importance, elles en sont dépourvues quant au traitement et au résultat final.

Diarrhée prémonitoire. Dans son excellent rapport sur le choléra de186S observé à l'hôpital Saint-Antoine, M. le docleur Mesnet fait une distinction capitale à ce sujet. Sur 21 3 malades, 140 seulement sont comptés comme ayant présenté ce signe que d'autres donnent comme à peu près constant pour en faire le signo avant-coureur du choléra. Cette différence s'explique par ce que l'auteur, se conformant à la saine interprétation des faits, n'a fait entrer dans ce nombre que le flux intestinal ayant précédé les crampes de dix à douze heures au moins. Prévenir, avertir, suppose le temps à l'action médiatrice de combattre, sinon conjurer le danger. Si l'on applique ce tilre à toutes selle précédant do quelques heures seulement les crampes et la

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cyanose pour en montrer la constance, il perd sa signification, c'est une expression du mal lui-même. [Archives de médecine, février. )

La diarrhée, véritablement prémonitoire, séreuse, indolore, se manifestant isolément en l'absence de tout autre symptôme durant un certain temps, a aussi manqué dans bon nombre de cas clans le service de M. Seux à Marseille. Elle ne se déclarait qu'après les vomissements ou simultanément et seulement deux ou trois heures avant Talgidité, comme deux exemples pris chez une enfant et un vieillard en sont la preuve. Qu'elle manque surtout au début et au maximum du fléau dans les cas graves, comme si l'intensité de son action ne donnait pas le temps à cette sécrétion de s'établir, ce que semble justifier la plus grande mortalité proportionnelle observée à celte période, il n'en est pas moins constaté une fois de plus que ce signe important, soi-disant infaillible, manque assez souvent, ce que l'épidémie de 1 865 aura surtout contribué, ici et là, à faire ressortir.

En parlant de ce signe, qui se serait montré dans tous les cas, M.Caradec néglige d'en indiquer la durée etlanature précises. 11 ditseulement que, «plus elle comptait de jours, plus il y avait de guérisons; plus, au contraire, elle était récente, plus il y avait de morts» . [Le choléra à Brest.) L'urgenced'en connaître ladurée précise ressort d'autant mieux, car M. Seux aussi l'a observée dans tous les cas, mais en variant de quelques jours à quelques heures. Une contradiction apparente peut ainsi se changer en accord parfait. Il ne s'agit que de s'entendre.

Elle a manqué dans bon nombre de cas à Paris en 4 8C6 ; MM. Féréol, Moutard-Martin, Guérard, Raynaud, Hérard, en ont observé des cas (Soc. méd. des hôp., juillet). Ainsi se confirme de plus en plus son inconstance.

Diarrhées cholériformes. Employé dans 4 9 cas dans le service de M. Boys de Loury à Saint-Lazare, le perchlorure de fer a eu un résultat satisfaisant sous la forme suivante :

Tcrchloruic de fer liquide 30 goulles.

Eau distillée 150 grammes.

Sii'op simple 45

Par cuillerées à bouche dans la journée. [Gaz-, des hôp.) Température interne. Dix expériences faites par M. Charcot

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sur des vieillards cholériques de la Salpêtrière, en introduisant un thermomètre dans le rectum, ont donné un minimum de 36°,2 et un maximum 40°,8. Les chiffres de 37° à 38° ont élé les plus ordinaires, ce qui vient à l'appui de cette opinion, de plusieurs observateurs, que le refroidissement reste superficiel même dans la période algide et ne s'étend pas aux parties centrales. (Gaz. méd. n° 4 4.)

De la revue des symptômes faite par M. Caradec, ressort ce fait curieux de la température basse et froide de l'urine lors de son extraction par le cathétérisme durant la période de réaction. Quel en était au juste le degré? L'auteur n'a pas employé, à son grand regret, le thermomètre pour répondre avec précision, et la critique doit le constater, ces indications vagues sont le défaut commun à ses autres observations. Si la précision mathématique échappe à beaucoup de faits cliniques, soumettons-y du moins ceux qui y sont applicables ; ce sera toujours autant de gagné.

Convulsions. Signalées par les auteurs allemands dans quelques observations, elles ne l'avaient pas été jusqu'ici en France. M. Anger les a observées dans trois cas à l'hôpital Beaujon et M. Legros plusieurs foisà l'Hôtel-Dieu. Toujours, c'est pendant l'agonie qu'elles apparaissent, aussi bien dans l'algidilé que dans la réaction. Les yeux roulent dans les orbites et se cachent sous les paupières supérieures. Un tremblement fibrillaire envahit les muscles de la face. Les contractions spasmodiques gagnent les membres. Toutes les parties du corps sont agitées de petits mouvements convulsifs, rapides et saccadés de trente à quarante secondes de durée, se succédant rapidement sans que le visage change notablement, ni larmoiement, ni bouffissure. Ces accès diminuent d'intensité à mesure que le terme fatal approche.

Assimilées à l'éclampsie par les auteurs allemands, ces convulsions ont été rapportées à l'empoisonnement urémique. M. Anger repousse celte identité. Il n'a pas observé la congestion de la face, le larmoiement, l'écume à la bouche, le coma profond ni la respiration sterloreuse propre à l'éclampsie. Il les attribue ainsi plutôt à un arrêt de la circulation encéphalique, que ce soit par une lésion des nerfs vaso-moteurs comme le veut M.Marey, ou par une altération des éléments du sang, car elles ressemblent beaucoup aux accidents convulsifs succédant aux hémorrhagiesj (Gazelle des hôpitaux, n° 30.)

CHOLÉRA. 101 Noie sut- ta période xle réaction consécutive a i accès du choiera epidémique, par M. Worms, médecin de l'hôpital du Gros-Cajltou. Attribuant la somnolence etleeoma,quisuccèdent à la période de réaction, à un épanchement séreux inlra-cérébral gênant le retour de la circulation encéphalique, M. Worms, pour en activer la résorption, emploie topiquement sur le frontal, rasé au besoin, la mixture suivante:

^ Alcool camphré 150 grammes.

Ammoniaque liquide. ... 20 à 25 . —

Infusion d'arnica 100 —

Chlorhydrate d'ammoniaque. . . 45 —

Mêlez.

Ceci sans préjudice des autres révulsifs usités.

Excrétions. Par l'analyse chimico-microscopique des déjections alvines et vomies, M. F. Papillon a réfuté l'assimilation de ces matières au suc pancréatique faite par M. Baudrimont (Académie des sciences, 1865). Il n'a pu les émulsionner avec la graisse; toujours celle-ci s'est séparée au filtrage. Elles se sont montrées constamment neutres. Le seul point de ressemblance est dans la présence commune d'une assez forte proportion de chlorure de sodium. Il n'y a pas trouvé davantage la diastase signalée par M. Baudrimont.

Les différences chimico-physiques de l'albumine obtenue du sang des cholériques avec l'albumine ordinaire sont des plus remarquables. Ainsi mise au contact de l'eau pendant quatre jours, elle n'a éprouvé ni hydratation, ni gonflement, tandis que l'autre, si elle ne se dissout pas, se gonfle considérablement. Elle ne se dissout dans la potasse et la soude qu'à une température élevée, tandis que celle-ci s'y dissout rapidement à froid.

Chauffée avec l'acide chlorhydrique, elle ne s'y dissout que lentement en produisant un violet pâle, tandis que l'autre donne un violet foncé. Elle ne décompose pas rapidement comme celle-ci, à la température ordinaire, un mélange d'acide nitrique et sulfurique avec vapeurs rutilantes d'hyponitride. Enfin au lieu de se dissoudre en noir, de se carboniser par l'acide sulfurique, ello ne se déshydrate qu'à la longue. Ces différences sont donc aussi capitales que faciles à constater. (Journal d'anatomie et de physiologie, n° 2.)

Glycosurie. C'est dans la période réactionnelle qu'elle se manifeste, d'après les récentes recherches de M. Gubler.et non

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dans la période asphyxique avec l'albumine et l'indigose comme il l'avait cru. Dès que la réaction se prononce au contraire, celles-ci disparaissent pour faire place à celle-là. Au bleu indigo que donnait l'acide nitrique succède le violet. C'est alors que la matière ternaire apparaît dans un grand nombre de cas. Elle est même constante dans toutes les réactions franches et vives, quand les sujets ont l'aspect fébrile et qu'une tendance éruptive se manifeste.

La glycosurie se caractérise ainsi au fur et à mesure que décroît l'albumine et, finalement, les urines, exemptes de substance coagulable, ne montrent plus que la matière sucrée dont la proportion peut s'élever à plusieurs grammes par litre.

Ainsi, dans la période d'algidité et de cyanose, l'urine entraînerait seulement de l'albumine et de l'indigose, analogue au bleu d'aniline. Dans une phase intermédiaire, on verrait coexister la matière protéique avec la substance sucrée. Enfin, dans la réaction confirmée et avancée, le sucre passerait seul dans la sécrétion urinaire.

Urocyanine. Cette matière colorante bleue, découverte par Braconnot dans l'urine, et qui y existe à l'état normal et pathologique, a été trouvée surtout abondante par M. Roucher, pharmacien militaire, dans les urines des cholériques et dans des cas même de cholérine simple. On l'en sépare par les acides alcoolisés et ensuite avec le chloroforme qui l'isole du liquide (Mém. de mèd. miliU, n° 80). Celte abondante proportion ne tient-elle pas simplement à la rareté et la densité des urines dans le choléra plutôt qu'au fait pathologique?

Doctrine slœchiologique du choléra d'après les travaux récents; thèse inaugurale par le docteur Papin Ruillier-Baufond. Exposé de toutes les altérations connues, déterminées jusqu'ici, des principes immédiats de l'économie, solides et liquides'. (Librairie Germer Baillière.)

Mortalité. Grossesse. En présence de la grande mortalité qui s'est montrée à Paris sur les femmes enceintes ou en couches, M. Besnier, dans son rapport sur les maladies régnantes, regarde comme un impérieux devoir, dans les épidémies ultérieures, de fermer les hôpitaux où l'on a reçu des cholériques à ces femmes, ou de refuser des cholériques dans les hôpitaux que l'on désignera pour recevoir les services d'accouchement. Soc. mèd. des hôp., octobre.)

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L'examen de la mortalité à Londres a donné les résultats suivants :

Epoque de l'épidémie. Durée. Mortalité. Proportion.

1832-1833 47 semaines. 6 729 4,4 p. 1000

[Lancet, octobre).

Si l'action fatale du fléau semble diminuer d'après ce tableau, cette conclusion n'est pas rigoureuse, car d'une part, les tables de mortalité n'existaient pas en 1 832 et la statistique des décès est tout à fait incomplète, d'autre part l'épidémie n'a pas encore complètement cessé en 1 866 et l'on ne peut en connaître exactement le nécrologe. Cette statistique est donc inexacte à ces deux termes, et l'habitude de nos voisins à se servir de ce moyen en toutes choses, de réduire tout en chiffres, a pu seule leur faire prendre pour une solution et donner comme telle ce qui n'est qu'un simple aperçu.

Traitement. A (fusions froides. C'est principalement contre l 'éréthisme, l'état nerveux représenté par les crampes, la cardialgie, l'anxiété et l'oppression thoracique, le hoquet, l'agitation, etc.; et, en second lieu, l'algidité compliquée ou non de symptômes nerveux, que M. Bouley les dirige. Sur 64 cholériques entrés dans son service à l'hôpital Necker, du 4 5 juillet au 20 août, 12 ont été soumis aux affusions, 7 ont guéri, 5 sont morts. Presque constamment une élévation de température constatée thermométriquement dans l'aisselle s'en est suivie; tous les phénomènes nerveux ont été amendés et, quand la marche de la maladie a permis de répéter ces affusions trois ou quatre fois, les malades ont guéri. (Gaz. hebd., n° 40.)

Médication saline. — M. Moissenet désigne sous ce nom une médication à laquelle il a eu particulièrement recours pendant cette épidémie, sans exclusion d'ailleurs des autres agents thérapeutiques qui peuvent être indiqués. Cette médication est instituée de la manière suivante :

Après le vomitif, un bain ehaud additionné de :

Moutarde • . . . 2 kilogrammes.

Sel gris.. , 3 ù 4 —

Sous-carbonalc sodiipie 250 grammes.

!M CHOLÉRA Après le bain, petite potion composée de :

Eau pure 90 à i 00 grammes.

Chlorure da sodium A grammes.

Sirop 30 45 gramme*.

Eau de fleurs d'oranger I5 grammes.

Ou essence da menthe anglaise i goulle.

Quelquefois cette potion est préférée sans sucre; on la donne par cuillerées à bouche, d'heure en heure, soit entre deux morceaux de glace, soit dans une plus grande quantité d'eau froide; elle est souvent renouvelée deux fois dans les vingt-quatre heures.

En même temps, et dans les intervalles, M. Moissenet autorise, à discrétion, l'eau pure, l'eau de Seltz, l'eau de Vichy, ou bien une tisane additionnée de 2 grammes de bicarbonate de soude par pot. De plus, matin et soir, un lavement dans lequel on fait dissoudre 30 à -10 grammes de chlorure de sodium. Celle médication est continuée môme après la réaction, jusqu'à ce que l'on ait obtenu la conversion des selles blanches ou rouges en selles bilieuses.

Statistique : 44 cas décomposés en 26 graves, 12 moyens, 6 légers; 1 1 décès seulement, 33 guérisons.

Combinée ou non avec le vomitif et les purgatifs ordinaires, la médication saline a semblé diminuer beaucoup les dangers de la réaction.

Celte médication agit souvent elle-même comme les purgatifs salins à dose fractionnée, et, comme telle, elle est cholagogue. Mais elle doit avoir un autre mode d'action plus important encore. Serait-elle antiseptique? Rendrait-elle au sang les éléments salins qu'il perd avec son sérum par le fait de l'hypersécrétion séreuse des voies digeslives, et rétablirait-elle ainsi artificiellement l'oxygénation du sang si profondément troublée par l'empoisonnement cholérique? Quelle que soit la valeur de ces théories, la médication salée semble aujourd'hui, d'après les nouveaux essais à Lariboisière, devoir être signalée comme vraiment utile et digne d'être expérimentée sur une plus vaste échelle. (Soc. méd. des hop. , octobre.)

Nitrate d'argent. — M. Isambert signale les bons résultats qu'il a obtenus des lavements de nitrate d'argent donnes dans quelques cas, et qui ont très-rapidement modifié la couleur des selles. « Il semble, dit-il, que l'on détermine ainsi une action

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réflexe sur le foie, et les selles à couleur bilieuse remplacent les selles blanches, riziformes. »

Acide arsénieux. Préconisé par M. le docteur Cahen le premier, dans son service de l'hôpital Rothschild, durant l'épidémie de 1 865, ce médicament semble avoir continué à donner des résultats étonnants entre ses mains en 1866. Sur 38 malades entrés, du 16 juillet au 30 septembre, 8 seulement sont morts. Mais il convient de défalquer 1 1 cas légers où l'arsenic n'a pas été donné avec suite, car, suivant le médecin israélite, il convient surtout contre l'aigidilé. C'est donc 27 malades seulement, soit une modalité de 30 pour 100, bien inférieure à celle qui a eu généralement lieu dans tous les hôpitaux.

Dans son service du chemin de fer du Nord comme dans sa clientèle, la proportion est encore plus favorable. Si les mêmes résultats n'ont pas été obtenus par d'autres médecins, il l'attribue à ce que la dose a été trop faible et que le traitement n'a pas été suivi comme il l'a formulé. Administration de 1 à 2 grammes d'ipéca dès que le malade est couché dans un lit chaud et aussitôt que les vomissements laissent un instant de repos, on lui fait prendre, avec de la glace, un granule de 2 milligrammes d'acide arsénieux jusqu'à concurrence de 20, 30, 40 milligrammes ou plus dans les vingt-quatre heures. Jamais aucun accident n'en est résulté. Et comme preuve qu'il est absorbé, c'est que les premières urines rendues par le malade en contiennent. (Union mëdic, n° 128.)

Tel est, comme le testament du digne et savant médecin israélite sur cette médication spéciale, car à peine l'avait- il écrit, qu'il a été subitement ravi à la science et à ses nombreux amis.

Spécifiques. Leur inanité est démontrée par des expériences négatives faites par M. Lespitiu, médecin militaire, avec les suivant :

Sulfate de quinine. Vanté par M. Armand, d'après son observation en Cochinchine (voy. année 1865). Or, dans le mémo hôpital, M. Lespiau déclare qu'ayant eu à soigner des accès pernicieux cholériformes, le sulfate de quinine avait réussi dans beaucoup de cas à enrayer le retour des accès, mais qu'ayant traversé une épidémie de choléra, dégagé do toute complication paludéenne au mois de décembre 1863, pendant l'expédition do

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Bien-hoà, ce remède donna 15 décès sur 20 malades atteints de choléra bleu, dont la marche fatale ne fut pas môme enrayée.

Mélange d'huile et devinaigre. 90 grammes d'huiled'olive pour 30 grammes do vinaigre de vin avaient été annoncés comme spécifique par deux médecins de Cannes, sans doute pour faire écouler les produits du pays. Expérimenté sur deux militaires atteints du choléra bleu entrés à l'hôpital du Gros-Caillou, ce mélange n'a nullement provoqué la réaction comme le soutenaient leurs auteurs; les deux cholériques sont morts dans l'algidité. L'insuccès est donc bien notoire [Abeille médic, n° 30).

Valcoolalure d'aconit napel dans le traitement du choléra morbus épidémique, par le docteur Cramoisy. Brochure de 30 p3ges in-8°, contenant 12 cas de guérison s expliquant par la théorie suivante : Le choléra est une inflammation rendue évidente par la fréquence du pouls, signe de fièvre dont l'aconit napel, modérateur et régulateur de la circulation par excellence, fait promptement justice aussi sûrement que le sulfate de quinine de l'intermittence; autant d'assertions avancées sans justification. Déjà Adet de Roseville avait proclamé la spécificité de ce remède.

Isolement. Une preuve des progrès et du crédit de la doctrine de la contagion, c'est l'isolement des cholériques fait à Marseille, à Brest, à Alger, et partout à peu près comme à Paris en 4 865. Des salles spéciales, bien aérées et ventilées, leur furent consacrées à l'Hôtel-Dieude Marseille, comme à la Conception ; bien mieux, l'encombrement se manifestant au plus fort de l'épidémie, une nouvelle salle fut ouverte pour les cholériques convalescents. Ce fut encore mieux à Alger : isolés dans l'hôpital du Dey, isolé lui-même, les cholériques étaient placés de deux en deux lits pour éviter l'encombrement, et divisés par catégories. Dans une première salle, au rez-de-chaussée, dite de réception, entraient tous les cas de choléra confirmé ; pour les entrants douteux, et certains malades déjà en traitement d'autres maladies, il y avait une petite salle d'observation. Lorsque les plus violents accidents de la première période se dissipaient, et que les cholériques, sans être convalescents, souffraient du mouvement qui se faisait autour d'eux et prenaient de l'émotion du nombre des décès, des plaintes, des cris de leurs voisins ou des nouveaux venus, on les envoyait là.

Toutefois, en présence de la mortalité de 75 pour 1 00 des cholé-

CHOLÉRA. *<tf riques réunis dans des sallesspéciales,M.J.Guérin,dons la Gazette médicale, signale le danger de ce mode d'isolement. Contagionniste. il réclame l'isolement, mais non de cette manière qui a le danger de jeter un trouble profond dans l'esprit des malades, qui est pour eux comme un arrêt de mort, et de créer en outre un foyer d'infection au centre même de l'hôpital. Un moyen efficace,'sans inconvénient grave (employé en Allemagne et même à l'armée de Crimée), serait celui des hôpitaux provisoires sous la tente disséminés autour de Paris, sur les points les plus salubres et les plus élevés. Ce fut le conseil que nous émettions l'année dernière dans ce Dictionnaire. Il est si rationnel que l'on s'étonne qu'il n'ait été déjà suivi par l'administration de l'Assistance publique. Ce moyen radical parut seul mettre fin à la déplorable épidémie de fièvre jaune de Lisbonne, en 1857.

Sans repousser ce moyen, M. À. Latour n'en voit pas une nécessité aussi absolue qu'une administration prudente, économe dusse y recourir à l'aventure. Les motifs allégués contré l'isolement actuel ne sont pas décisifs. La mortalité en 1865 n'a été que de 51 ,25 pour 100, et les cas intérieurs n'ont été que i 7,40 pour 100 au lieu de* 23,47 en 1 849, et 29,05 en 1853-54. D'ailleurs, l'action rayonnante du foyer cholérique dans l'hôpital n'est pas démontrée. A Lariboisière, où l'isolement est complet, absolu, le nombre des cas intérieurs s'est élevé â 20 pour 1 00, tandis qu'à Saint-Antoine où il est très-incomplet, il ne s'est élevé qu'à 2 pour 1 00. (Union médic, n° 110.)

Si ces objections statistiques ont leur mérite quant aux assertions précédentes, elles n'infirment pas l'utilité, le rationalisme de l'emploi du baraquement de préférence à ce qui a lieu. Dans le doute même de la contagion, de l'infection, ce serait au moins le cas de s'abstenir de recourir à ce moyen coûte que coûte. Ainsi doit raisonner une administration soucieuse de la vie des malades. D'ailleurs un exemple déterminant existe. 1790 cholériques ayant été admis dans les hôpitaux temporaires que l'administration avait été obligée d'établir en 1 832, la mortalité n'y fut que de 35 pour 1 00 ; résultat qu'aucun hôpital ni hospice n'a donné. 11 y a donc au moins lieu de revenir à ce système.

Une enquête générale est provoquée pari' Epidemiological S>ûciely, parmi tout le corps médical anglais pour la solution de ces trois points : Si les cholériques peuvent être admis dans les salles des hôpitaux et des infirmeries, sans danger pour les

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autres malades, ou s'il y a lieu do les isoler dans des salles spéciales sans danger de créer ainsi un foyer d'infeclion, et s'il ne convient pas plutôt, par prévision, de créer des hôpitaux spéciaux disséminés pour les recevoir. On s'étonne de voir un corps savant, spécial, aussi autorisé, déférer cette question au jugement public au lieu de la résoudre. Privé de caractère officiel, il veut sans doute donner la sanction de l'opinion à l'avis qu'il va émettre pour lui donner plus d'autorité, car à la question ainsi posée, la réponse n'est pas douteuse.

À l'Hôtel-Dieu de Rouen, dit M. Leudet, où sur 69 malades j'en ai perdu 38, il est remarquable que, l'isolement n'ayant pas été pratiqué, les cholériques ayant été traités dans les salles communes, sans que les objets de literie aient été soumis à des lavages et des purifications, et sans autre précaution que le changement de draps, il ne s'est pas développé un seul cas à l'intérieur de l'hôpital [Acad. de méd. , octobre). Sans en tirer une conclusion formelle, suivant sa réserve savante et prudente, cet habile clinicien a fait ressortir toute la portée de ce fait qui, s'il se répétait ainsi dans plusieurs hôpitaux, atténuerait considérablement la doctrine de la contagion.

Quarantaines. De part et d'autre, elles sont réclamées pour se mettre à l'abri de la contagion à mesure que celte doctrine fait des progrès. D'après l'importation apparente à Liverpool par les navires de la Compagnie d'émigration venant de Hollande, un ordre de George IV, prescrivant trois jours d'isolement à tout navire venant d'un port infecté de choléra ou en ayant des cas à bord, a été remis en vigueur. ,

L'Angleterre, par l'organe du Conseil privé, a ordonné qu'aucun navire, ayant le choléra à bord, ne débarquât rien dans un port du Royaume-Uni avant trois jours francs, à partir de son arrivée. Les autorités locales, après l'examen par un homme de l'art, pourront faire débarquer les personnes non atteintes, et le transfert des malades dans un hôpital ou un lieu de sûreté quelconque pour y être soignés, et d'où ils ne pourront sortir sans permission.

Les cadavres des cholériques devront être jetés à la mer suffisamment chargés pour ne pas reparaître sur l'eau, et les effets désinfectés ou détruits.

On voit que cet acte cit basé sur la diarrhée prémonitoire comme signe de l'incubation du choléra, car autrement, quelles

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garanties donnerait-il ? Un décret du 23 juin, rendu en France sur l'avis du comité consultatif d'hygiène publique, prescrit également une observation sanitaire de trois à sept jours pleins, dans un lazaret ou tout autre lieu, des passagers et des équipages de navires ayant patente brute. Isolés à leur arrivée, ces navires doivent être soumis à un examen sanitaire et au débarquement des personnes non malades avant l'ouverture desécoutilles, et le transport des malades à terre dans un lieu séparé et approprié. Le chargement, les effets des passagers, aussi bien que les lettres et paquets, et les navires eux-mêmes, seront aussi soumis aux purifications voulues, de même que les matelots et les employés à ces mesures sanitaires seront soumis à la fin à l'observation quarantainaire.

Cette observation sera plus ou moins longue et rigoureuse, suivant l'état de propreté des navires. Ceux de guerre ou de poste ayant un médecin à bord commissionné, et sans cas morbide, pourront même débarquer leurs passagers et l'agent des postes en libre pratique aussitôt après l'examen sanitaire. Mais les personnes qui continuent leurs voyages en mer pourront être tenues de le faire au lazaret même, sans entrer en libre pratique.

C'est principalement au point de vue de la prophylaxie que se recommande le Rapport ait gouverneur général de l'Algérie sur V épidémie de choléra de 1865 dans la province d'Alger, par M. Jules Périer, médecin en chef de la division (broch. grand in-8"). Dissémination, dispersion des nouveaux arrivés et leur installation sous la lenle, dans des emplacements propices; la

i création d'infirmeries régionales, l'évacuation des casernes,

; une nourriture plus réparairice, montrent bien tout ce que l'on peut attendre de ces mesures. Si, par la forme même et

/ l'exposition des faits dans l'ordre qu'ils se sont produits , ce Bapporl nuit à en faire ressortir tous les avantages , il n'en

' reste pas moins un modèle à suivre pour leur mise à exé-

i culion.

Comigli e conforli nel tcmpi di colera (Conseils et précautions à prendre contre le choléra), destinés au peuple et aux pères 1 de famille en particulier, par J. Moleschott. — Sous une forme ; simple et populaire, aphoristique, le célèbre physiologiste indi- I que les précautions et les moyens hygiéniques, en descendant i; jusqu'aux moindres détails des ingesta et des agents propres à ' éviter l'infection et la contagion, ainsi que les mesures prévcn-

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tives contre la diarrhée prodromique. Ces quelques pages se résument dans le XII0 et dernier aphorisme, qui en est comme la conclusion :

Ayez l'esprit tranquille, observez la propreté et la tempérance ; propreté en tout et pour tout ; tempérance dans la nourriture, le travail, le plaisir; ne pas s'exposer sans nécessité aux influences nuisibles; combattre instantanément la diarrhée ; penser à toute autre chose qu'au fléau, et ne rien craindre.

Choléra-morbus, son siège, sa nature et son traitement, par le docteur Shrimplon. Brochure in-8° de 84 pages. Librairie Gei ■me/' Baillière. — A l'aide des citations des travaux principaux et les plus récents sur ce fléau, comme il est si facile d'en trouver à l'appui de toutes les opinions, l'auteur tend à démontrer que l'électricité en est la cause, et que les quarantaines, par conséquent, sont de nul effet. Les hypersthénisants et la chaleur sont, d'après cette théorie, les meilleurs moyens de le combattre.

Choléra sec. Inconnue des uns, niée par les autres, cette forme rare s'est produite dans les conditions suivantes au docteur de Langenhagen.

M. C. . . , directeur au ministère de la guerre, âgé de cinquante ans, fut pris subitement, le 1 4 octobre, à huit heures du matin, de crampes dans les jambes , de douleurs dans les flancs, de vomituritions atroces, de coliques violentes. Appelé aussitôt, il constata les symptômes suivants : Yeux excavés, face légèrement cyanosée et traits décomposés; absence totale du pouls, peau froide dans toute l'étendue du corps et suppression des urines; pas de déjections alvines. Des efforts de vomissement très-violents, n'aboutissant qu'au rejet de quelques glaires. Voilà le tableau exact de la situation au moment où il arriva. Glace à l'intérieur, vin de Champagne, frictions à l'essence de térébenthine sur tout le corps, couvertures chaudes, sinapismes, etc., ramenèrent au bout de cinq heures la chaleur à la peau, et le pouls lui-môme reparut. Il n'hésita pas alors à administrer une bouteille de limonade purgative, qui donna lieu, au bout de deux heures, à des selles abondantes et colorées. Le malade se trouve soulagé, et trente-six heures après cette crise, les urines reparurent également et un bien-être relatif avec elles. [Gaz. hcbd., n° 4.)

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