‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicalesChapitre 46 sur 158 · COXALGIE · texte numérisé non relu

COXALGIE

laçures avec l'intérieur convenablement matelassé. La circonférence de l'abdomen du bassin et de la cuisse malade jusqu'audessus du genou en sont exactement embrassés. La hanche ainsi immobilisée permet le mouvement, la marche, l'exercice avec des béquilles. Employé au début, il prévient la douleur résultant des mouvements de l'articulation et en empêche la déviation. Plus tard, il sert à maintenir le redressement, quand jl n'y a plus de douleurs. (Acacl. de mèd.)

M. Le Fort a présenté aussi à la Société de chir., avril, un autre appareil avec la modification de plusieurs écrous qui écartent ou rapprochent, mobilisent ou immobilisent l'articulation malade. La description de ces appareils compliqués ne peut guère en faire comprendre le mécanisme, il faut les voir, les appliquer pour s'en faire une idée exacte. L'inventeur attribue à celui-ci l'avantage de remplir toutes les indications. Sa rapidité d'application et d'enlèvement est un grand avantage sur les autres appareils.

Résection coxo- fémorale. Les succès répétés de cette opération, notamment ceux obtenus par M. Bœckel et M. le professeur Sédillot, à Strasbourg, ont encouragé ce dernier à la répandre, à la vulgariser en en recommandant l'emploi surtout contre les coxalgies chroniques ; l'absence de synoviales converties en surfaces plus ou moins épaisses, vascularisées, indurées, revêtues d'une membrane pyogénique, formant barrière aux infiltrations purulentes et localisant les accidents. Aussi, en donnant une issue libre et permanente au pus, est-on étonné de la simplicité et de l'innocuité des opérations. Mais il en est tout autrement dans les coxalgies traumatiques. Malgré la bonne santé des blessés et l'intégrité des tissus circonvoisins, les plus terribles accidents sont à redouter. L'étranglement, l'inflammation, la douleur, les infiltrations diffuses, les suppurations étendues au loin dans l'épaisseur des membres, la rétention et l'altération des liquides, les résorptions purulentes et putrides, deviennent des causes habituelles et imminentes de mort. Il est donc urgent de bien distinguer à cet égard.

Quant au procédé, M. Sédillot insiste sur les avantages qu'il y a à borner la résection au col du fémur sans en luxer la tête, comme on l'a généralement conseillé. Il précise le moment de l'opération et le mode de pansements consécutifs. [Acad. des se, octobre).

138 CHOUP.

CRANE. Voy. Tumeur dermoïde.

CROUP. Diagnostic. En en simulant les accès de toux, de suffocation et d'asphyxie, la présence d'un corps étranger dans les bronches se distingue du vrai croup par le développement subit des accès et le défaut de fièvre le plus souvent, ainsi que des autres symptômes locaux, comme en témoigne une nouvelle observation de M. Racle, recueillie à l'hospice des Enfants assistés, sur un enfant de deux ans. Après deux vomitifs, les accès persistant, il allait pratiquer la trachéotomie, lorsque du mieux survint. Les accès reparurent encore alternativement avec de l'amélioration, quand l'expectoration de pus mêlé de sang semblait, déceler l'existence d'une laryngite aiguë avec 'boursouflement considérable de la muqueuse et du tissu cellulaire laryngé'. Au contraire, l'autopsie montra, dans la première division bronchique, une poire en verre bleu de boucle d'oreille enkystée, ayant des parois déjà assez épaisses, avec pus à l'intérieur et broncho-pneumonie alentour. [Gaz. des hôp., n° 145, 1865.)

L'expulsion de fausses membranes apparentes avec les vomissements, comme un exemple en est relaté, année 1864, s'explique ainsi au début par le développement de ces fausses membranes autour du corps étranger, dues à l'irritation qu'il développe et dans lesquelles il s'enkyste.

Traitement. Un médecin de Mayenne, M. Trideau, a préconisé, dans une monographie répandue à profusion, sous l'égide de la doctrine de la spécificité, un nouveau traitement interne dont tous les organes se sont occupés à l'envi, sinon pour en examiner, en contrôler la valeur, ou en vanter l'efficacité, du moins pour en faire connaître les détails. C'est beaucoup, et s'il est désirable que la critique scientifique s'exerce davantage, surtout en cette matière, pour éclairer les praticiens sur la va- .leur réelle de ces remèdes empiriques, parfois bizarres, de ces médications absurdes proposées à leur confiance, et les défendre de l'enthousiasme souvent irréfléchi de leurs auteurs, voyons en quoi consiste ce traitement, et sur quelles bases il repose.

C'est à l'occasion d'une épidémie de diphthérite qui sévit, il y. a cinq ans, dans les cantons de Chaillans et de Mayenne-est, que l'auteur fut appelé à l'expérimenter. Les médications tooiques, la cautérisation en particulier, employées au début,

restant impuissantes, 200 personnes environ succombèrent en peu de temps. Convaincu dès lors qu'une médication générale était rationnelle contre une affection générale et pouvait seule en triompher, et assimilant, d'après Cabanis, la diphthérite aux affections catarrhales, il fut conduit par l'analogie à essayer contre elle les balsamiques, dont l'action est si bien connue et démontrée sur celles-ci. îl recourut ainsi au baume de copahu et au styrax, auquel il fit bientôt succéder le poivre cubèbe, qu'il emploie séparément et alternativement, le premier sous forme de sirop, selon la formule suivante :

Copahu 80 grammes.

Gomme en poudre 20 —

Eau 50 —

Essence de menlhe poivrée 16 gouttes.

Sirop de sucro 400 grammes.

On émulsionne le baume de copahu avec l'eau et la gomme ; on ajoute l'essence, puis le sirop, dont on administre une demicuillerée à bouche toutes les deux heures. Dans l'intervalle, on donne également toutes les deux heures une cuillerée à bouche du mélange suivant :

Poivre cubèbe récemment pulvérisé. . 12 grammes. Sirop simple 240 —

Mélangez dans un mortier de porcelaine.

Pour les enfants, les doses sont réduites à moitié, soit 6 grammes de poivre cubèbe dans les vingt-quatre heures, et douze cuillerées à café de sirop de copahu, à moins que la gravité du cas ne commande de doubler ces doses ordinaires, aussi bien pour les enfants que pour les adultes, c'est-à-dire en portant le cubèbe à 24 grammes par jour pour ceux-ci et à 12 pour ceux-là.

A si haute dose, il est aisé de prévoir que celte médication ne peut être supportée longtemps. Après vingt-quatre heures d'usage, le sirop de copahu n'est ordinairement plus toléré, malgré l'addition de 1 , 2 ou 3 gouttes de laudanum par 30 grammes pour le rendre plus supportable. Certains malades môme en éprouvent une telle répugnance tout d'abord, qu'ils ne peuvent absolument pas continuer. Il serait dangereux d'insister, surtout chez les malades affaiblis. On peut essayer alors les capsules et les dragées de copahu et de cubèbe, qui, par l'absence d'odeur, peuvent y suppléer. avec avantage.

D'après railleur, ce traitement aurait un effet merveilleux. En général, l'angine couenneuse y cède en trois à quatre jours; rarement elle résiste pendant un septénaire. Sur plus de 300 malades qui y ont été soumis, la guérison aurait été constamment aussi prompte toutes les fois qu'il a pu être administré durant la première et la deuxième période. Le croup consécutif et le croup d'emblée feraient seuls exception. Et, en effet, sur les 26 cas signalés, il n'y a que 3 cas de mort attribués bien entendu, ici, à la négligence à suivre le traitement en temps voulu; là, à une paralysie consécutive s'opposant absolument à l'alimentation. Mais il faut bien le dire, pas une des 23 autres n'est concluante au point de vue de la réalité du croup. Aucun détail clinique n'est donné. Le plus souvent, les malades adultes viennent à pied, et les enfants sont amenés de plusieurs kilomètres de distance après plusieurs jours de mal à la gorge, avec ou sans toux, et une fièvre intense s'élevant jusqu'à 1 00 pulsations (obs. VII), pour consulter M. Trideau, qui se borne à constater les fausses membranes sur les amygdales ou la luette, sans les décrire, pour ordonner son spécifique et déclarer la guérison deux ou trois jours après. Si l'existence d'une épidémie d'angine est démontrée par le grand nombre de malades atteints simultanément d'une affection analogue, sinon identique, de la gorge, il est impossible d'en déceler la nature et de s'en faire une idée exacte d'après cette narration. Mais il y a loin de là aux relations d'épidémies croupales faites par les Bretonneau, Trousseau etE. Boudet, avec qui nous l'avons observée à l'hôpital des Enfants en 1840. Trop préoccupé de l'infaillibilité des balsamiques contre la diphthérie, qu'il déclare égale au quinquina comme antipériodique, l'auteur a fait une odyssée personnelle en faveur de sa grande découverte plutôt qu'un compte rendu de cette épidémie. La fausse membrane diphlhéritique serait à la sécrétion catarrhale ce que l'eau est à la glace, l'albumine filante, translucide, à l'albumine cuite, concrète, opaque, c'est-à-dire identique. L'exanthème, qui apparaît comme un effet ordinaire et bien connu de la copahine, serait antagoniste et substitutif à la fois de l'exanthème morbide comme infailliblement corrélatif à sa disparition, et tout cela en raison de3 sympathies physiologiques des muqueuses avec la peau. On n'est pas plus ingénieux ; mais nous estimons que quelques exemples types bien observés et bien décrits, — et il n'y avait que l'embarras du choix dans un si grand nombre. — avec la

statistique, le classement des autres, eussent été bien plus convaincants.

Un praticien éclairé du Midi, M. le docteur Lavergne, de Labessonié, ancien Constituant, a fait ressortir cette insuffisance à propos d'une observation exemplaire de croup d'emblée guéri par l'émétique et les attouchements d'alun (Gaz. des hôp., n° 4). Les observations de M. Trideau ne l'ont pas convaincu de l'efficacité des balsamiques, et, après une pratique de vingtcinq ans et l'expérience' de plusieurs épidémies de diphlhérie, il nie la réalité du croup au moins deux fois sur trois. Or, la guérison spontanée ou par un traitement fort simple en quatre, cinq ou six jours, d'une amygdalite couenneuse, n'a rien d'étonnant, dit-il. Le croup même guérit parfois, comme il en fournit la preuve par le seul fait du vomissement répété auquel il donne la préférence, sans qu'il soit nécessaire d'en faire spécialement honneur aux balsamiques. Il se propose toutefois d'en juger la valeur à la première occasion, et c'est ce que nous recommandons de même à tous les praticiens.

Vomitifs répétés. — Comme plusieurs de ses confrères, M. Lavergne, après avoir employé successivement ainsi tous les moyens préconisés : cautérisations répétées, mercuriaux, calomel, sangsues, vésicatoires, perchlorure de fer, etc., etc., en est arrivé à donner la préférence aux vomissements répétés, dont le beau succès précédent montre les avantages. Ne pas tourmenter les petits malades par toutes ces pratiques presque barbares; les soutenir par l'alimentation ; revenir sur le vomitif sous la forme la mieux supportée et la moins désagréable toutes les fois que la dyspnée se manifeste pour l'expulsion des fausses membranes, en cautérisant légèrement les surfaces mises à nu si les petits malades n'y mettent pas trop d'obstacles, telle est la conduite de ce praticien éclairé. (Gaz. des hôp., n° 4.)

Ta nnin. Après son emploi topique vanté surtout par Loiseau, son usage interne est préconisé par le docteur Sébastien sous la forme suivante :

"¥ Eau d° tilleul HO grammes.

Acide galliquo pur 112 —

Sirop de Tolu 40

Mêlez. Une cuillerée h bouche toutes les deux heures jusqu'à cessation des accidents,

' Soufre. Encore un prétendu spécifique comme il s'en présente trois ou quatre, bon an mal an. Quand viendra donc le vrai? Ici, c'est après avoir épuisé en vain les plus récemment préconisés : vomitifs coup sur coup, perchlorure de fer, chlorate de potasse, sirop de cubèbe et de copahu, sur douze enfants de quinze mois à huit ans atteints dans sa commune, du 2'i septembre \ 865 au 25 janvier 4 866, et tous morts, que M. le docteur Laganterie eut recours au soufre. Reconnaissant qu'une affection se généralisant, comme la diphthérie, sur toutes les surfaces dénudées, ne saurait être une maladie des muqueuses, comme le prétend M. Trideau pour justifier l'emploi et les prétendus succès du copahu, il l'assiipile, au conlraire, à l'oïdium. Le remède était tout trouvé : il administre aussitôt une cuillerée à bouche de fleur de soufre délayée dans un verre d'eau par cuillerée à bouche d'heure en heure, et, dès lors, le miracle est opéré. Du jour au lendemain, et presque instantanément, l'amélioration est évidente, et pas un des sept cas traités ainsi n'est mortel. (Gaz. des hop., n° 88.)

C'est trop merveilleux I et pas une observation, pas un fait détaillé, ne venant appuyer ces assertions, on ne peut y ajouter foi. Le médecin ayant conscience d'un fait aussi grave et considérable, ne l'établit pas par une simple lettre. Mort ou guérison ne sont pas un critérium suffisant du diagnostic, même dans une affection aussi bien connue que le croup. D'ailleurs, depuis longtemps préconisé déjà par M. Jodin, le soufre est loin d'avoir donné les résultats annoncés.

Joubarbe. Préconisée par M. le docteur Garin, médecin de THôtet-Dieu de Saint-Étienne, comme un spécifique de l'éruption diphthéritique. C'est en la voyant administrer aux animaux •de basse-cour, dans les épidémies de stomatite, angine et laryngite pseudo-membraneuse qui les atteignent, qu'il a été conduit à l'employer chez l'homme, et « depuis bientôt huit ans qu'il en fait usage, sur vingt cas de croup qu'il a traités chaque année, il en a constamment guéri les trois quarts: encore plusieurs des cas réfractaires avaient-ils été traités par d'autres moyens prônés de temps à autre. Quatre des derniers malades, traités selon la méthode de M. Trideau, ont ainsi succombé» .

C'est en macération, décoction ou toute autre préparation liquide, que cette plante vulgaire, qui croît sur les vieux murs, est employée avec le plus d'efficacité. L'auteur oublie d'en pré-

CUBÈBE

eiser les doses, sinon que, sous forme de sirop, on en fait prendre une cuillerée à bouche toutes les heures et une cuillerée à café aux enfants au-dessous de deux ans. (Soc. de méd. de Saint- Etienne, mars.)

Si la position officielle de M. Garin est une garantie de sa bonne observation, on aimerait cependant à en trouver des témoignages irrécusables. Il n'en cite pas d'autres, au contraire, que deux cas de stomatite pseudo-membraneuse consécutive, dont un observé en commun avec M. le docteur Million. On voit alors, dit-il, les fausses membranes disparaître avec rapidité sous l'action de la joubarbe, revenir si Ton en cesse trop tôt l'emploi, pour disparaître complètement par un usage plus prolongé. Mais comme il n'y a pas identité de cette maladie avec le croup, on ne peut en conclure de l'action de la joubarbe sur celui-ci ; et cela d'autant moins que l'auteur recommande d'employer concurremment les cautérisations et les insufflations de tannin. Tant qu'un remède n'est pas employé isolément, on ne peut conclure rigoureusement à son action thérapeutique et encore moins spécifique. Au lieu d'une certitude, il n'y a donc encore ici que de simples probabilités.

CUBÈBE. Voy. Blennorrhagie.

CURARE. Toxicologie. Des expériences de MM. Voisin et Liouville sur les lapins et les grenouilles, il résulte que dans l'empoisonnement avec le curare seul, le résidu du traitement des viscères ne donne aucune indication précise par les réactifs chimiques, c'est-à-dire que l'on ne parvient pas à obtenir les traces du poison. Aussi ne doit-on pas négliger l'examen de l'urine pour y rechercher le sucre que cet empoisonnement provoque. Mais les réactifs physiologiques sont ici le meilleur moyen d'en constater la réalité. Si la mort est due au curare, en injectant le résidu des viscères par la méthode hypodermique à un autre animal, on le voit offrir des phénomènes de l'intoxication curarique, c'est-à-dire immobilité et impossibilité de fuir par paralysie immédiate du train postérieur, puis frissonnements, convulsions cloniques générales, tremblements ondulatoires disséminés parcourant successivement toutes les parties du corps, flaccidité générale, accélération considérable des inspirations et des battements du cœur, parfois irréguliers, accidents qui peuvent se dissiper lentement, mais qui vont en augmentant;

CYSTOPÀTHIE.

au contraire, si la mort doit s'ensuivre. Alors il y a exophthalmie double, injection des conjonctives, hypersécrétion des larmes, variations brusques et extrêmes de la papille, augmentation de la chaleur centrale dans le rectum ou le vagin, et périphérique à la face et aux oreilles. La mort arrivée, l'ouverture faite immédiatement montre, la persistance des battements du cœur, et tandis que les nerfs moteurs ne sont plus excitablesau courant électrique chez la grenouille, les muscles conservent leur contractilité. Les nerfs sensitifssont toujours intacts.

Établie sur ces signes nombreux et caractéristiques, la preuve de l'empoisonnement est aussi positive qu'en représentant le corps du délit. [Ann. d'hygiène publ. , juillet.)

CYSTOPATHIE. Guérison par la taille. Un enfant de quatre ans accusait depuis quelque temps des douleurs aiguës dans l'émission de l'urine, dont le jet sortait bifurqué ou en spirale, ou se suspendait tout à coup ; prépuce allongé. Bien que la première exploration n'eût pas décelé la présence du calcul supposé, un corps dur, résonnant, ayant été constaté par plusieurs chirurgiens à un second cathétérisme, la taille fut résolue et pratiquée par le docteur Jona, au moyen du procédé bilatéral de Dupuytren. L'opération fut rapide et sans accidents, mais le doigt introduit dans la vessie ne trouva aucun calcul. Quinze jours après, la plaie périnéale était cicatrisée et le malade entièment guéri. (Giomale Veneto di se. mediche.)

Cette erreur n'est pas la première; d'éminents chirurgiens l'ont commise. Il n'y a donc pas lieu de s'y arrêter, bien que l'on s'explique difficilement comment la sensation d'un corps dur puisse être perçuedans une cavité qui n'en contient pas, ni aucune tumeur quelconque. Comment expliquer surtout la guérison consécutive? Deux suppositions seules peuvent en rendre compte : c'est l'existence d'une valvule vésico-uréthrale divisée et disparue par la cystolomie, sinon l'existence beaucoup plusprobab'e d'une lacération ou fissure de la muqueuse vésicale au voisinage du col, donnant lieu à des spasmes, guérie par une simple incision, comme cela se passe sur l'intestin et ailleurs. C'est ainsi que M. Richard en a rapporté des exemples concluants à la Société de médecine de la Seine, en 4 865, notamment celui d'un médecin qui se mourait de douleurs vcsicales, et qu'il fit ces.-or instantanément parla Iilhotomie.

DÉLIRE

DÉLIRE. Délire d'inanition. Se fondant sur dos observations personnelles qu'il relate, M. Becquet établit que le délire d'inanition se présente sous un aspect toujours le même et ainsi caractérisé : délire calme et tranquille, provoqué par des hallucinations ayant deux degrés ou deux formes : l'une, bénigne, qui parait au début de l'état queChossat a désigné sous le nom à'inanitiation, et qui en est pour ainsi dire la première manifestation ; l'autre grave, dont l'apparition est plus lente, et précédée des symptômes d'une inanition déjà plus ou moins avancée, amaigrissement, prostration des forces, accélération du pouls sans augmentation de chaleur à la peau, etc. Dans l'une et l'autre forme le début est brusque, sans être précédé de symptômes cérébraux Dans la première, le malade prononce tout à coup des paroles incohérentes qui surprennent les assistants, et cependant répond encore pertinemment aux questions qu'on lui adresse; mais bientôt, constamment occupé des hallucinations qui l'obsèdent, il ne s'en laisse plus distraire qu'avec peine, et y revient promptement. Dans la seconde, le délire, d'abord vogue et intermittent, devient bientôt continu et se manifeste par un marmottement à peu près ininterrompu de paroles inintelligibles, par la fixité du regard vers un point de l'espace sur lequel l'attention semble se concentrer, par la carphologie, etc.

Mais le délire calme, halluciné, résultat d'une atonie cérébrale, n'est pas toujours un signe d'inanition. L'atonie du cer veau peut être aussi attribuée à l'influence déprimante de la cause morbide elle-même. En tout cas, ce délire indique l'emploi d'un traitement franchement tonique, tandis que le délire aigu, agité, annonce au contraire un état de surexcitation cérébrale, et trace une autre règle de conduite.

Dans le délire d'inanition, l'usage des révulsifs et des dérivatifs serait un non-sens ; donner l'opium, les antispasmodiques, serait inutilement fatiguer l'estomac et perdre un temps précieux; il faut négliger le symptôme et traiter la maladie qui est l'inanition par une alimentation proportionnée à l'état du malade et de ses voies digestives, sans qu'aucune règle absolue puisse être édictée à cet égard. (Arch. de méd.)

GARMEK4 9

DÉLIRE

Délire émotif. Analysant et spécialisant de plus en plus les actes déraisonnables, M. le docteur Morel décrit sous ce litre nouveau une névrose spéciale du système nerveux ganglionaire, confondue jusqu'ici avec l'hypochondrie, l'hystérie, l'épilepsie, la folie, et qui, suivant l'habile directeur de l'asile de Saint- Yon' doit en être séparée. Varié et mal circonscrit dans ses formes diverses, cet état névropathique est difficile à décrire.

La relation des faits peut seul en donner une idée exacte. Aussi l'auteur s'y est-il longuement appesanti dans sept observations types.

Une impressionnabililé, une émolivité morbide en est le caractère pathognomonique,|essentiel,.tellemeritque les malades subissant une impression quelconque, y conforment soudainement leur pensée sans que le raisonnement ni l'expérience puissent rectifier ces impressions et chasser les terreurs vaines qui les assiègent. Ils n'osent, par exemple, toucher la monnaie d'or, d'argent ou de cuivre, ils n'approchent qu'en tremblant d'une porte ou d'une fenêtre, et pour l'ouvrir prendront le pan de leur habit ou Jeur mouchoir pour ne pas la toucher, et si on les force à vaincre leur répugnance pour accomplir tel ou tel acte, des spasmes, des convulsions, de véritables syncopes se déclarent. Une sensibilité puérile se manifeste chez d'autres, qui pleurent sans motifs, se lamentent pour des causes futiïes, se disant les plus malheureux, préférantia mort aux impressions, aux sensations qui les assiègent, comme la crainte d'une mort subite, la chute dans un puits, un précipice, la morsure d'un chien enragé, etc.

Tout en reconnaissant la sollise, l'inanité, le ridicule de leurs craintes, de leurs actes, ces malades avouent les avoir longtemps subies en secret et n'avoir pu s'empêcher par une intensité croissante de les manifester publiquement; ainsi la terreur d'entrer dans une voiture, de monter à un premier étage, de traverser une rue, une rivière, voir tel ou tel genre despectacle, embrasser leur mari ou leur femme, leurs enfants, leur offrir même la main, saisir une arme tranchante, etc., etc. Tout en étant humiliés dans leur amour-propre de ces impressions morbides, ils les avouent et demandent instamment à en être délivrés.

Des troubles organiques non moins graves coïncident avec ces troubles psychiques. Au début, les malades accusent une douleur générale; ils souffrent de partout; sensation qui se traduit dans les cas légers par des inquiétudes vagues, le besoin de locomotion, l'impossibilité de rester en place et crescendo

DÉLIRE

par des états spasmodiques, des sensations douloureuses. C'est au centre épigastrique, dans la profondeur des ontrailles, qu'ils localisent tout d'abord ces douleurs qui s'annoncent par une espèce d'aura et s'irradient dans tout le système cérébro-spinal. Des courbatures des membres, des migraines atroces, des chaleurs intolérables suivies de sueurs profuses et parfois des hyperesthésies localisées ont lieu. Un malaise indéfinissable, des anomalies de la circulation avec chaleurs et refroidissements, comme dans les fièvres d'accès, sont accusés.

Ces sensations varient individuellement et suivent la période du mal. A l'état aigu, le moindre phénomène extérieur est douloureux. Tout bruit fait tressaillir ces malades, tout les irrite, tout les agace. La vue, le regard, la parole des autres, les importunent et les font souffrir, tandis que plus tard, la tolérance paraît s'établir, la sensibilité s'émousse et il règne une torpeur, un engourdissement physique tel, que le médecin est embarrassé de savoir à quel ordre de système rattacher l'élément douloureux.

A ces rémittences succèdent des exacerbations dont une impression foudroyante est ordinairement la cause. Elle peut même devenir funeste chez les individus prédisposés à l'état chronique : les malades tombent dans l'indifférence et une sorte de misanthropie morose, exécutant leurs actes ridicules sans gêne, ce qui les fait passer pour des excentriques.

Diagnostic différentiel. Les troubles organiques montrent bien qu'il n'y a pas là maladie imaginaire. La privation de sommeil et d'appétit, les sueurs abondantes, les digestions difficiles, la constipation opiniâtre alternant avec des diarrhées colliquatives, l'amaigrissement et parfois la cachexie sont la preuve évidente de la souffrance de l'organisme. Le raisonnement, la description exacte de leurs impressions, distinguent ces malades des aliénés. Mais l'idée fixe, la manie de l'analyse de leurs sensations, l'hérédité, les rapprochent des hypochondriaques, et l'impressionnabilité exquise des femmes les assimile aux hystériques. Les spasmes, les étouffements, les plaintes, l'égoïsme de ces malades, les font confondre avec celles-ci.

Mais ni les hypochondriaques, ni les hystériques ne sont atteints subitement après une impression reçue comme les malades dont il s'agit; ils n'en ont pas les exagérations de la sensibilité ni les craintes insensées de tomber, de mourir, de toucher, de

DÉLIRE

voir certains objets, d'ouvrir une porto, ni les commotions terribles et soudaines comme un accès d'épilepsie.

Etiologie. L'âge de trente-cinq à cinquante, comprenant! l'âge mûr et de retour, est l'époque où s'observe le plus souvent le délire émotif chez l'homme comme chez la femme. Il n'y a pas de différence bien prononcée quant aux professions ni aux* tempéraments. Une commotion violente, un grand danger, une. mauvaise nouvelle inattendue, sont les causes le plus souventi agissantes chez des individus prédisposés par l'hérédité dans la majorité des cas. Aussi l'état nerveux des ascendants est-il à. prendre en grande considération. La transition brusque desconditions de la vie, la ménopause, les pertes abondantes, les; excès vénériens, les veilles prolongées, les travaux intellectuels, ne sont que des causes fortuites de la manifestation de cette prédisposition héréditaire.

Bien que le délire émotif ne doive pas être confondu avec lai folie, il peut y conduire, aussi bien est-il urgent d'y porter remède de bonne heure. Les fébrifuges, les antipériodiques, les toniques dans la période aiguë, n'ont fait qu'empirer la situation; l'hydrothérapie au contraire, en enveloppements, affusions,, immersions, et l'opium à doses progressives à l'intérieur, ont! presque constamment produit le meilleur résultat, surtout si l'on ; en consolide l'effet par la persévérance et les toniques, les ferrugineux et les antipériodiques lors de la rémission. L'électricité dans l'état chronique sera aussi utile. [Arch. de méd., avril,, mai et juin.)

Le cadre de cette maladie nouvelle est mal défini. Comme la i plupart des névroses, elle est protéi forme et presque insaisis- sisable, d'autant plus que par sa description diffuse, l'auteura contribué encore à la rendre moins distincte. Au lieu de s'en tenir aux points saillants, aux signes prédominants, aux différences les plus accentuées pour fixer l'attention comme il convient de faire pour toute découverte, toute idée nouvelle, il a voulu l'envelopper dans son ensemble et, en s'appesantissant sur I les détails, il n'a réussi par ses répétitions qu'à en donner une • notion confuse, indécise. Tout en cherchant à éviter ce défaut, l'analyse précédente n'en est guère plus saisissante, et il est bien à craindre que les aliénistes ne voient là qu'une de ces formes variées de la monomanie raisonnante à laquelle chacun a donné un titre, un nom particulier, suivant son interprétation.

DENGUE.

Tels sont ceux de folie du doute (Falret), folie morale (Lunior), délire partiel diffus (Delasiauve), monomanie avec conscience (Baillarger), lésion de sensibilité (Belloc), et que M. Morel a appelé lui-même délire systématisé. N'est-ce pas pour le systématiser, en effet, qu'il l'a appelé délire émotif? (Soc. méd.-psych., avril.)

DELIRIUM TREMENS. Tartre stibié à haute dose. Chez un jeune homme atteint de fracture de côte, suite de contusion, des symptômes de cette névrose s'étant montrés dès le quatrième jour, le sirop de digitale fut administré à haute dose sans succès. Les accidents augmentant, M. Després fit prendre \ 00 grammes de sirop de morphine en huit heures, sans aucune sédation. On eut recours alors à une polion contenant 40 centigrammes de tartre stibié dans \ 50 grammes de véhicule, une cuillerée toutes les heures. Dès la troisième, le malade se calma et bientôt toute agitation cessa, les hallucinations disparurent, et de 100 le pouls tomba à 60. L'action de ce remède renouvelé de Stoll paraît donc positive. (Bull. mêd. dû l'Aisne, \ ri année.)

Capsicum annuum. C'est le piment ou poivre-long que l'on emploie dans l'Inde, à la dose de 1gr,30 en poudre. Le docteur Lyons ayant répété la pratique des docteurs Lawson et Kinnear à cet égard, à l'hôpital de Whitworth, sur un garçon marchand de vin, en proie depuis cinq jours à des hallucinations extrêmes avec agitation, sueurs, tremblement, nécessitant la camisole de force, obtint un résultat immédiat; 30 grains de cette poudre ayant été administrés en bols, le sommeil s'ensuivit avec un réveil lucide quatre heures après (Bull, de théiap., août). Le temps écoulé ainsi que l'administration préalable des gouttes noires sont des motifs de réserver son jugement sur ce fait unique, qui a besoin de se renouveler pour être concluant.

DENGUE. On désigne sous ce nom,. au Sénégal comme en Espagne, une sorte de fièvre articulaire («' dayamoute n' vogni des indigènes), endémo-épidémie des pays chauds que M. Thaiy a observée à Gorée, en 1865, sur la garnison de l'île et une grande partie de la population européenne et indigène.

Ses prodromes sont le malaise de toutes les pyrexies et qui n'a de spécial que l'embarras gastrique, que l'élément bilieux, qui domine la pathologie locale, lui communique souvent. Des

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