DÉSARTICULATION
Moreau a prévenu heureusement, dans deux cas qu'il relate, l'extraction de la dent douloureuse en la trépanant. Immédiatement au-dessus du collet de la dent, à l'union du tiers externe avec les deux tiers internes de la .face antérieure, lieu d'élection, vu le peu d'épaisseur de la paroi en cet endroit, il pratiqua avec un trépan assez fin une ^ouverture d'un millimètre de diamètre donnant accès dans la cavité dentaire; puis, à l'aide d'un équarrissoir, il l'agrandit de façon à porter son diamètre à 3 millimètres environ. Par cette ouverture, il introduisit une mèche imprégnée du mélange suivant ; acide arsénieux, hydrochlorate de morphine, glycérine, et la ferma avec un bourdonnet de coton imbibé de teinture dè benjoin. Pendant une à deux heures, douleurs assez vives dans un cas, presque nulles dans l'autre, se terminant par quelques légères sensations, de loin en loin, dans le courant de la journée; dés le soir môme, les opérés ont pu dîner sans éprouver aucune gêne. Le lendemain, les pansements sont retirés ; il est même possible, sans provoquer de douleurs , d'arracher quelques fragments de pulpe mortfiée , mais déterminant encore de la sensibilité; une mèche arsenicale est placée plus profondément et renouvelée. L'insensibilité est alors absolue dans toute l'étendue de la cavflé de la pulpe, et tout pansement arsenical est suspendu. Pendant les cinq ou six jours suivants, nn bourdonnet de coton imbibé de teinture de benjoin est laissé dans la cavité, afin de s'assurer qu'il ne s'est pas développé d'inflammation du périoste alvéolo-dentaire ; la cavité de la pulpe et l'ouverture artificielle sont obturées par des feuilles d'or condensées. (Abeille méd., n° 34.)
Proloxyde d'azote. Sans aucun danger, suivant M. Préterre, par son action anesthésique passagère, presque instantanée, cet agent serait bien plus convenable à produire l'insensibilité pour cette petite opération. Il l'a ainsi pratiquée un grand nombre de fois avec succès et une innocuité complète. — Yoy. Anesthésie.
DESARTICULATION. Quoique ne comprenant pas exactement tous les cas, le relevé statistique suivant de ces opérations, au nombre de 135, pratiquées dans l'armée confédérée pendant la dernière guerre des Etats-Unis, n'est pas sans intérêt quant à leur distribution.
DIABÈTE
Désarticulation* primitives.
Guéris. Morts. Mortalité p. 100.
épaule 79 54 25 31
Coude 4 3 1 25
Poignet 7 5 2 28
Hanche 3 1 2 06
Genou 5 2 3 60
Désarticulations seconduircs.
Guéris. Morts. Mortalité p. 100.
Épaule 28 8 20 71
Coude 3 2 1 33
Genou 6 » G 100
DÉSINFECTANTS. Selon M. C. Paul, les hyposulfitesauraient cette propriété à un haut degré. 11 a pu ainsi, avec des lavements d'hyposulhte de soude, désinfecter dans l'intestin les matières fécales d'un dysentérique qui infectaient la maison. De même l'odeur des lochies a été annihilée par des i injections (Bull, de thër., septembre). Il y aurait donc ainsi de nombreuses applications à faire avec ces agents , inodores sur le corps des malades ou autour d'eux, de préférence aux chlorures et à tous ceux qui dégagent des odeurs désagréables et pénétrantes.
DIABÈTE. Par suite des nouvelles expériences du professeur Schiff, démontrant que la fonction glycogénique du foie est subordonnée à un état pathologique du sang, à son ralentissement, sa stagnation, son arrêt dans un point ou un organe quelconque de l'organisme (voy. Gltcogénie), le diabète pas plus que la glycosurie ne devrait être regardé comme une maladie locale, mais comme une réunion de symptômes pouvant exister dans différentes maladies de différents organes. La lésion anatomique, cause ou effet de la stagnation sanguine, peut ' se rencontrer partout ailleurs que dans le foie. Ce n'est qu'à la longue et par l'exagération même de sa fonction glycogénique que celui-ci pourra se trouver altéré dans sa texture. On doit donc considérer le diabète, dit ce savant physiologiste, comme l'albuminurie, c'est-à-dire une expression commune à différentes maladies, et non plus comme une entité pathologique. Beaucoup d'altérations rangées parmi les effets du diabète peuvent ainsi être regardées comme ses causes, la gan-
DIABÈTE
grèno diabétique entre autres. Le diabète se développe ainsi pendant que la gangrène se prépare par le ralentissement ou la cessalion locale de la circulation dans un membre. 11 l'a ainsi réalisée expérimentalement par la ligature ds la patte antérieure des chats. De même des cas d'embolie. Bien que le diabète soit le premier phénomène évident, il n'en est pas moins vrai qu'il n'est que l'effet de la maladie réelle et profonde qu'il faut rechercher. (Journ. deVanat. et de la physiol., n° 4.)
Il y a loin là aux différentes théories d'alcalinité, de fermentation, de névrose mises en avant et soutenues encore pour expliquer la formation du sucre.
Contrairement à l'opinion qui rattachait la formation du diabète au défaut d'alcalinité du sang, s'opposant à la destruction complète de la glycose, à sa combustion, M. Mialhe la rattache aujourd'hui à l'influence du système nerveux. Le diabète serait une névrose générale affectant tous les nerfs qui président aux sécrétions. Mais ce n'est encore là qu'une ingénieuse théorie comme la précédente, dont il est impossible de vérifier la réalité parles faits. (Acad. de méd,, avril.)
Classification. Médecin aux eaux de Karlsbad, M. Seegen ayant eu occasion d'y observer un grand nombre de diabétiques, les distingue en trois catégories. Ceux chez lesquels la production du sucre reste indépendante de la nourriture, même exclusivement animale, et représentant le diabète classique, aigu, héréditaire, forment la première. Excessivement amaigris et ordinairement jeunes, ils ont la peau sèche, la langue rouge, sèche et fendillée, soif et faim presque toujours excessives ; urines très-abondantes.
Au contraire, ceux de la deuxième sont obèses, indiquant une bonne nutrition. La transpiration avec sécheresse de la bouche, de fréquents besoins d'uriner et surtout la fatigue après le moindre exercice sont les accidents prédominants, qui s'amendent rapidement dès que les féculents sont exclus du régime. Un régime sévère est donc ici de rigueur, et les malades peuvent se maintenir dans une santé relative pendant longtemps ; mais la moindre infraction suffit pour faire reparaître la glycosurie, qui activo rapidement sa marche si on ne l'arrête.
A un degré moindre, les mêmes symptômes caractérisent
DIABÈTE
les malades de la troisième catégorie. Cette forme légère a surtout été observée chez les sujets ayant fait des excès vénériens. Le régime est tout-puissant dans ce cas, et suffit à combattre le diabète.
Inutile d'ajouter que les eaux de Karlsbad se sont montrées constamment efficaces dans les trois formes, bien que la guérison complète n'ait pas été obtenue une seule fois. (Wiener medic. Wochenschr. , nu> 23 et 25.)
Liçâo clinica sobre alguns symptomas da diabète faite à l'École de Lisbonne par le professeur Jordâo, broch. in-12. Lisbonne. Une étroite relation entre la pathogénie de cette maladie et les fièvres intermittentes en est la conclusion. La paralysie du grand sympathique en serait la cause commune. Rapprochant de même les hémorrhagies rectales qui se sont montrées dans le cas qui fait l'objet de cette leçon et que le savant observateur est disposé à attribuer à la gêne de la circulation dans le foie ; rapprochant, dis-je, ce fait des autres assez nombreux où des hémorrhagies sont signalées, il y voit une dialhèse manifeste à cette effusion sanguine. C'est là, comme on voit, une nouvelle méthode de synthèse tout opposée à l'esprit d'analyse qui a présidé jusqu'ici en France à l'étude de cette maladie.
Symptomatologie. De même que M. Rayer l'avait déjà signalé, le docteur Walmé a observé des douleurs articulaires d'apparence goutteuse chez une paysanne de soixante-cinq, ans alternant avec des atteintes de polyurie accompagnées de soif violente. Au mois de juin <l 865 survint une hémorrhagie intestinale; lacholérine, alors épidémique, y succéda bientôt conjointement avec une douleur tour à tour aiguë, sourde et accompagnée de fourmillements au gros orteil gauche avec gonflement douloureux à la pression de l'articulation tibio-tarsienne et du genou du même côté.
En août survint la soif, plus ardente que jamais. La malade buvait de l'eau fraîche, non par litres, mais par seaux, avec éjection proportionnelle d'urine claire, sans dépôt ni odeur et contenant du sucre en grande quantité. La digestion s'altère, vomissements, hoquet, renvois acides , constipation rebelle, amaigrissement prononcé. Les fourmillements persistèrent cette fois aux douleurs articulaires ; toute la constitution est profondément altérée, et le 27 octobre apparaît un gonflement au