REVUES
Le 5 août, après midi, il est pris d'un vomissement de sang très-abondant qui amène promptement la mort. Pas d'hémorrhagie intestinale.
L'autopsie, pratiquée le surlendemain, montre dans le grand cul-de-sac de l'estomac un demi-litre de sang environ. La muqueuse m sitic est rouge, injectée, mais sans ulcération ni rupture vasculaire.
Toutes les lésions caractéristiques de la fièvre typhoïde existent dans l'intestin; il y a un commencement d'ulcération des glandes de Peyer. Rate très-congestion née , d'un brun foncé, molle, friable, se déchirant facilement. Congestion modérée du foie et des poumons. [Bull, de la Soc. méd. d'Amiens, 3e année.)
Il est extrêmement regrettable que des faits si intéressants ne soient pas publiés immédiatement avec tous les détails cliniques qu'ils comportent. Réduits comme ce dernier à de simples souvenirs et consignés dans des recueils peu répandus, ils passent inaperçus pour la science et sans profil pour les praticiens.
Parolidites. C'est à la réaction acide de la salive parolidienne, rare et acide, que l'on observe dans la fièvre typhoïde, que M. Mosher les attribue. Pour les prévenir, il recommande le cathétérisme du conduit de Slénon. Il a pu ainsi, dit-il, en arrêter le développement et prévenir les accidents inflammatoires. [Berl. kiin. Woch., n° 16.)
Traitement. Iode. Une médication, d'un, effet général et hypothétique, est préconisée ici et là contre la fièvre typhoïde épidémique. C'est l'iode, intus et extra, dont le docteur Régis étend même l'usage comme prophylactique à toutes les maladies miasmatiques et infectieuses, le choléra en particulier. Mais, actuellement qu'il est passé, occupons-nous seulement de la fièvre typhoïde qui sévit constamment. Dans une épidémie à forme ataxique rapide et grave, six malades adultes furent soumis à des frictions sur le ventre avec la pommade iodée, et à l'usage interne de la teinture en potion, selon la formule suivante :
'if Sirop de sucre 30 grammes.
Eau de fleurs d'oranger 20 —
Eau do tilleul 60 —
Teinture alcoolique concentrée d'iode 0,40
Une cuillerée abouche toutes les deux heures.
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Une prompte diminution, puis la cessation des symptômes nerveux s'ensuivirent. Il ne restait plus qu'une entéro-mésentérite bénigne. (Gaz. hebd.)
11 n'y arien à dire contre ce fait d'observation, d'autant moins qu'il a été constaté par d'autres observateurs, sinon qu'à en vérifier l'exactitude en répétant l'expérimentation dans des conditions identiques. Reste le mode d'administration de l'iode à perfectionner, ne serait-ce qu'en ajoutant une faible proportion d'iodure de polassium pour en compléter la solution aqueuse.
Autophagisme. Bien autrement important serait le signe invoqué par M. le docteur Mourgue pour saisir le moment opportun de l'alimentation dans cette pyrexie continue et les autres maladies aiguës, si son exactitude se confirmait. Il s'agit de l'apparition d'aphthes interprétés comme le résultat d'unediète sévère et prolongée, et l'indication que l'organisme, à bout de ressources, se mange, sedétruitlui-mêmepar unbesoin impérieux de la nutrition, à défaut d'alimentation qu'on lui refuse. Le fait en lui-même est incontestable et assez commun; reste à savoir si l'interprétation pathogénique en est vraie. Barthez les signale comme un phénomène critique, tandis que Broussais n'aurait pas manqué de voir là un signe persistant de l'inflammation.
C'est ainsi que, dans une môme famille, deux jeunes enfanls atteints de fièvre typhoïde guérirent par l'alimentation donnée dès l'apparition des signes d'autophagisme, tandis que la mère, atteinte consécutivement, succomba faute d'avoir suivi les mêmes règles en temps voulu. Deux autres cas sont encore cités à l'appui de cette doctrine. [Gaz. des hôp., n° 131.)
Mais il est si aisé de recueillir des faits pour et contre toutes les opinions, qu'ici encore ils ont besoin d'être observés contradictoirement pour emporter la conviction. Le sujet est trèsintéressant, car à une question de pathogénie s'y joint une question thérapeutique de première importance. On ne peut dire ici que la faim est le seul guide; souvent elle a besoin d'être stimulée, éveillée et, lors même que l'alimentation est refusée par la voie gastrique , il convient parfois de recourir à celle du rectum. Le signe indiqué par M. Mourgue serait donc précieux s'il était vrai, comme il l'affirme, que les aphthes fussent la manifestation pathognomonique de cette organopalhie spéciale, cette dégénérescence par la diète qu'il appelle autophagisme. Il s'agit de le vérifier.
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Affusions. C'est surtout dans la formo alaxoadpaniiquo qu'elles sont indiquées, comme un nouvel exemple rapporté par M. Bucquoy le confirme. Chez une femme entrée le 22 mars à l'hôpital de la Charité, une extrême prostration avec aspect slupide, yeux et visage injectés, la peau Irès-chaude et sèche, pouls à 120, ayant élé suivis d'agitation et de délire avec augmentation de tous les symptômes, deux affusions par jour furent faites et bien supportées. Répétées le lendemain, la malade étant dans un bain, elles furent continuées tous' les jours suivants et, dès le quatrième, le calme fut* obtenu avec diminution du pouls, et bientôt la malade enlraen convalescence. (Gaz. des hôp.)
Musc par la voie bronchique. Djns une fièvre typhoïde bénigne d'abord, puis passée à l'état adynamique, tous les médicaments étant immédiatement vomis, M. le docteur Vergier fit inhaler avec le pulvérisateur une préparation fortement musquée. Après moins de cinq minutes, le délirium disparut pendant plus d'une heure. Il en profila pour faire prendre un bon consommé et un peu de vin. Le délire ayant recommencé, il reprit l'instrument et réussit encore à ramener trois heures de calme. C'était la nuit, à la campagne, à deux lieues de distance. Il quitta le malade en recommandant aux parents la pratique qui venait de si bien réussir.
Mais il apprit le lendemain soir que la nuit avait élé trèsagilée, que l'on n'avait pas su se servir de l'instrument.
L'agitation paraissant vouloir recommencer, il reprit la pulvérisation et réussit comme la veille. Mais l'impossibilité de continuer ce moyen pour le médecin et la difficulté pour la famille de s'en servir ne permirent plus d'y recourir et le malade succomba. (Revue méd., février.)
Typhus lever. M. Grimshaw a confirmé, par un diagramme des sept derniers mois de I 864, l'influence do la température chaude et humide sur la production du typhus fever, étudié dans les hôpitaux de Dublin. Les rapports de ces trois facteurs paraissent ainsi très-étroits. (The Dubl. quarterl. Joum., mai.)
Fièvre intermittente. Êtiologie. Peu de problèmes en pathologie ont autant exercé la sagacité et les facultés théoriques des médecins que la cause de l'intermittence, dont le remède souverain n'a pu même dévoiler l'essence. Tout ce que
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l'on sait par expérience de plus certain à ce sujet, c'est que, dans les localités adjacentes aux cours d'eaux marécageuses coulant sur un sol d'alluvion, dans les pays chauds surtout, où les formations géologiques sont plus récentes, il se développe à certaines époques une influence délétère connue sous le nom de miasmes. Les autres théories émises à cet égard ne sont guère que des opinions personnelles à leurs auteurs ; mais elles devront disparaître toutes devant la récente découverte du professeur Salisbury, si les recherches ultérieures en confirment la réalité.
A l'aide du microscope, il a constaté la présence constante des sporules d'une plante cryptogame suspendue dans l'atmosphère humide des régions palustres, où les fièvres intermittentes et rémittentes sont endémiques. Voici comment : il suspendait durant la nuit des plats de verre à une hauteur d'un pied environ de la surface des eaux marécageuses et stagnantes. Le malin, le dessous du vase était invariablement recouvert de gouttes d'eau contenant les mêmes corps microscopiques, constatés ensuite dans l'expectoration des malades, tandis que le dessus ne contenait que des cellules spéciales qu'il considère comme la cause de l'intermittence. C'est une petite cellule oblongue, type algoïde, ressemblant beaucoup aux cellules palmellées, ayant un nucléus distinct, entouré d'une paroi cellulaire, avec un large espace transparent entre l'enveloppe et le noyau.
Des expériences répétées en divers lieux donnèrent constamment les mômes résultats. Et comme preuve que c'est bien là le /bus et origo ma!/', M. Salisbury a rencontré ces cellules dans l'expectoration d'un grand nombre de fébricitanls et de per-
i sonnes exposées le soir, la nuit et le matin, aux effluves paludéennes. Leur sécrétion salivaire contenait des cellules microscopiques et d'autres corps; mais les cellules en question étaient les seules qui s'y trouvaient constamment.
M. Salisbury découvrit la source de la nature algoïde de ces cellules en répétant ses expériences sur les marais et les
i marécages avoisinantla ville de Lancaster dans l'Ohio. Ob'igé pour s'y rendre de traverser une vaste prairie avec des fondrières, dont les eaux s'étaient retirées, où croissaient des
• plantes du type palmé, il éprouvait une sensation particulière dans le gosier et les bronches, et, à son retour, ses crachats
: contenaient les cellules en question. En suspendant ses plats
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de verre à la surface du sol de cette plaine desséchée, foulée par les bestiaux, le dessous était recouvert, le lendemain matin, des cellules en question, et il les retrouva de même dans la boue des fondrières en en plaçant un fragment sous le champ du microscope. Cette triple épreuve confirmative était donc concluante.
En poursuivant ses recherches dans plusieurs districts infectés de fièvres intermittentes, le docteur Salisbury démontra partout l'existence de ces cellules et de ces plantes et leur influence pathogénique de la fièvre. Dans quelques localités nouvellement envahies, il put reconnaître une abondante croissance des algues toxiques sur les bords d'un fossé nouvellement établi, et qui n'avait jamais été soupçonné d'être la source de la maladie. Répétition de ces marais desséchés, supprimés, ou à l'établissement de ces mares d'eaux stagnantes qui, en coïncidant avec l'appariiion ou la disparition de la fièvre intermittente, en ont été regardés comme la cause. L'explication seule diffère. Tandis que l'élément miasmatique paludéen était ici seul en cause sans que l'on puisse le voir ni le démontrer que par ses effets, là, au contraire, la cause est beaucoup plus saisissante, puisque chacun peut la vérifier à l'occasion.
Restait à faire la preuve directe de la puissance fébrigène de ces plantes pour prévenir toute objection. A cet effet, M. Salisbury fit remplir six tonnes de terre prise à la surface d'une prairie humide, marécageuse, palustre, recouverte des plantes palmées dont s'agit. Des gâteaux de la dimension des tonnes furent enlevés à la surface avec celte végétation, et encaissés avec soin. Transportés dans un district monlueux, élevé, dans une localité à trois cents pieds au-dessus du niveau de la mer, parfaitement salubre, où jamais un cas de fièvre intermittente n'avait paru, et à cinq milles environ de toute contrée palustre, ces boîtes de cryptogames découverts furent placées sur le châssis d'une fenêtre, au second étage, ouvrant sur la chambre à coucher de deux jeunes gens. La fenêtre fut tenue constamment ouverte. Des plats de verre, suspendus au-dessus durant la nuit du quatrième jour, décelèrent immédiatement le corps du délit : la surface inférieure en fut trouvée recouverte des spores palmellées, et de nombreuses cellules de la même espèce adhéraient à un plat suspendu dans la chambre, lequel avait été mouillé avec une solution concentrée de chlorure de calcium.
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Dès le douzième jour, un des jeunes gens eut un accès de fièvre intermittente, et le second en fut atteint le quatorzième jour. Tous deux eurent ainsi trois accès successifs du type tierce qui furent jugés par le remède souverain.
Des quatre membres de la famille couchant au premier étage, aucun ne fut atteint.
Ces preuves cliniques, répétées à plusieurs reprises, donnèrent constamment les mêmes résultats. Elles sont donc décisives en faveur de l'interprétation donnée par leur auteur à la nouvelle pathogénie de la fièvre intermittente. Aussi, après avoir consacré une étude spéciale à étudier la hauteur où s'élèvent ces spores cryptogamiques dans les différents lieux où il les a constatés, cherche-t-il à expliquer comment la quinine guérit l'intermittence sans agir sur le poison introduit dans l'organisme. Les organes urinaires seraient sa voie d'élimination, et les diurétiques, diaphorétiques et expectorants seraient ainsi des auxiliaires puissants pour la faciliter. Il décritde môme cinq espèces de plantes pouvant la produire, sous le nom générique de Gemiasma. A un autre type, il donne le nom de Proluberans. Le seul moyen d'en prévenir les effets délétères serait l'arrosage avec une solution de chaux caustique. (Amer. Journ, 0/ med. Sciences.)
Il serait sans utilité de s'étendre plus amplement sur ce sujet pour le moment. Il suffit de signaler cette découverte aux observateurs laborieux pour savoir si elle est susceptible des féconds résultats que l'auteur en attend. Dans ce cas, e\h serait évidemment une des plus importantes conquêtes du siècle et mériterait d'être classée avec la découverte de la vaccine et celle de l'anesthésie. A l'appui de sa réalité, le docteur van den Corput dit, qu'étant étudiant, il a constaté à plusieurs reprises, qu'en laissant séjourner dans sa chambre à coucher des algues et des végétaux palustres, contenus avec de la vase dans un large bassin, il ressentait invariablement, quelques jours après, de véritables accès de fièvre intermittente. Ce qui mit dès lors en question pour lui, si la cause de ces accès intermittents doit être placée dans des émanations gazeuses de nature hydrogénée comme le voulaient Rigaud de l'Isle et Julia, ou si elle ne résiderait pas plutôt dans des algues microscopiques dont les sporules ténues seraient entraînées par les vapeurs aqueuses ou soulevées par les vents. (Journ. de mêd. de Bruxelles, avril.)
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Voici la réponse :
« .... En 1861, dit M. le docteur J. Lemaire, je démontrais au Muséum de Paris, à MM. le professeur Gratiolet, le docteur Sénéchal et Desmarets, aides-naturalistes, que les gaz qui se dégagent des matières en putréfaction avancéo contiennent toujours, dans la vapeur d'eau qui les accompagne, soit des spores, soit d'autres corps reproducteurs de microphytes et de microzoaires. Il suffit de condenser cette vapeur par le froid et de l'examiner au microscope pour faire celle démonstration.
» Le résultat de ces premières recherches est consigné dans le Moniteur scientifique du docteur Quesneville, 1 5 octobre 1862. Je me servais de cette découverte, dès cette époque, pour soutenir que les miasmes qui donnent naissance aux fièvres palustres sont des êtres vivants. Ce travail est reproduit dans la première édition de mon livre sur l'acide phénique.
» En 1864, quittant le laboratoire du chimiste, je me rendis en Sologne avec mon ami, le professeur Gratiolet, pour répéter mes expériences sur les miasmes qui se dégagent des nombreux marécages de ce pays. Nous choisîmes ceux qui sont réputés les plus malsains par les habitants.
» Nous condensâmes à l'aide du froid, à un mètre au-dessus du niveau des marécages, la vapeur d'eau qui s'en dégageait ; nous l'examinâmes illico à l'aide de nos sens et des papiers réactifs, puis enfin au microscope. Nous reconnûmes qu'au moment de sa condensation, ce liquide contenait des spores sphériques, ovoïdales et fusiformes, puis un grand nombre de cellules pâles de diverses dimensions. Nous y trouvâmes en quantité considérable de très-petits corps semi-transparents dont j'ai décrit les formes.
» On trouve le résumé de ces recherches avec d'autres non moins intéressantes, sur le même sujet, dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences (17 et 29 août 1864). J'en ai donné un extrait dans la seconde édition de mon livre sur l'acide phénique, pages 188 et 35o. »
Aux réclamations do priorité de la presse médicale américaine, en faveur du professeur Salisbury, d'avoir spécifié, démontré la plante, l'algue proligène de ces sporules morbides, voici que cette découverte aurait été faite il y a longtemps, empiriquement sans doute et sans que l'on s'en rendît compte, mais démontréo néanmoins avec autant d'évidence que par le savant micrographé américain, le docteur Hannon.<En 1 S 43, dit-
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il, j'étudiais à l'Université de Liège : le savant professeur Charles Morrcn m'avait enthousiasmé à tel point, à l'élude physiologique des algues d'eau douce, que j'avais encombré les fenêtres et la cheminée de ma chambre à coucher d'assiettes remplies de vauchéries, de conferves, de zygnèrnes, d'oscillaires , etc. J'entretenais avec bonheur mon professeur de mes observations sur ces algues, et chaque fois il me disait : « Prenez » garde à l'époque de leur fructification, les spores des algues » donnent la fièvre intermittente,. — je l'ai éprouvé chaque » fois que je les ai étudiées de trop près. » — Comme je cultivais mes algues dans de l'eau pure, — et non dans l'eau des marais où je les avais recueillies, je n'attachais aucune importance à ces observations.
« Mal m'en prit. — Un mois plus lard, à l'époque de la fructification, — je fus pris d'un frisson, mes dents claquèrent, — j'avais la fièvre, — elle dura six semaines, — ce fut le docteur Alphonse Leclercq qui m'en débarrassa à Bruxelles, car j'avais alors quitté Liège.
» Quand je revis le professeur de botanique, Charles Morrcn, je lui racontai ce qui m'était arrivé. « Vous voyez, me dit-il, je » vous l'avais bien dit; vous n'êtes pas 'le seul que j'aie vu » devenir fiévreux de la sorte. » (Idem, mai. )
Suscitées par les expériences et les observations de M. Salis— bury, ces réminiscences, loin de les atténuer, en confirment la réalité et la valeur, et doivent inciter d'autant plus à les répéter. Si la vérité est de tous les temps et de tous les lieux, elle doit être débarrassée des entraves de l'ignorance pour prendre son essor définitif et paraître dans tout son éclat. Témoin les observations, les remarques, les tentatives faites sur les grandes découvertes, comme la circulation , la vaccine, l'auscultation, l'anesthésie, avant qu'un esprit ou une voix puissante les ait définitivement fécondées et établies sur des bases scientifiques en y attachant son nom. Toute la gloire d'une œuvre qui est souvent celle du temps , des siècles et de nombreux travailleurs, se fixe ainsi sur un seul, et celle de M. Salisbury sera grande s'il a définitivement démontré la cause des fièvres intermittentes paludéennes.
Traitement. Dans les cas d'intermittence insidieuse, compliquée de cachexie paludéenne prononcée, avec teint blafard, subictérique parfois, bouffissure de la face, anasarque, hypertrophie
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considérable de la rate et du foie, M. Kuntz a employé avec avantage, chez plusieurs malades revenus d'Afrique avec ce cortège de symptômes, et qui avaient pris vainement des quantités considérables de quinine, l'électuaire suivant, préconisé autrefois par Lobstein :
Poudre de quinquina rouge 40 grammes.
— de rhubarbe 15 —
Hydrochlorate d'ammoniaque 3 —
Sirop blanc q. s.
Mêlez.
A diviser en 20 parties égales, dont on donne 4 par jour à une heure d'intervalle avant l'accès. Mieux approprié que l'acide arsénieux à ces états compliqués, où les troubles du tube digestif et de tout l'organisme ne permettent pas de préjuger l'action d'un remède, cet électuaire semble devoir lui être d'autant plus sûrement préféré qu'il est rationnel et exempt de tout danger. (Soc. deméd. de Strasbourg.)
Sulfate de quinine par la voie bronchique. A la voie souscutanée, endermique, substituée à la voie gastrique, en voici une troisième qui, d'après son absorption rapide et le mode d'administration du médicament, semble préférable aux deux autres comme on peut en juger par l'observation suivante. Voy. Thérapeutique respiratoire.
Le \ 8 novembre, Guste, ouvrier de saline, âgé de cinquantecinq ans, entra à l'hôpital de Dieuze pour une fièvre intermittente quarte, compliquée d'inflammation gastrointestinale. Logé dans une maison basse, placée sur le versant nord d'une colline, inclinée vers un large ruisseau fangeux, le Verbach, Guste avait d'abord été atteint, en avril, d'une fièvre tierce, qu'un éméto-cathartiiue eût pu juger; mais on lui administra le sulfate de quinine à haute dose (2 grammes en quarante-huit heures) à l'intérieur, ce qui n'empêcha pas la pyrexie de récidiver chaque quinze jours, et Guste de reprendre son travail durant les quinzaines d'intermittence.
Mais bientôt il maigrit, perdit ses forces et fut contraint d'entrer à l'hôpital, ne pouvant plus rien digérer. A son entrée, les voies digestives étaient d'une susceptibilité telle qu'il ne pouvait plus rien conserver dans son estomac; le sulfate de quinine moins que tout autre chose. Émaciation très-prononcée, langue pointue, très-rouge au sommet, blanche et saburrale
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dans le reste de son étendue, épigaslre gonflé, d'une sensibilité telle que le malade prétendait n'y pouvoir supporter le drap de son lit, appétit nul, soif modérée, constipation opiniâtre. La rate percutée indique un développement de 65 millimètres en hauteur et 1 1 5 millimètres en longueur. Rien du côté du cœur, ni du poumon, ni du foie. Dureté de l'ouïe, depuis les premières doses de sulfate de quinine.
Le dernier accès, très-violent, avait duré plus de vingtquatre heures, avec chaleur excessive et même un peu de délire. Le danger paraissait donc imminent à la reprise de l'accès, sans pouvoir compter sur le fébrifuge par excellence, puisque le malade ne pouvait plus le supporter. Heureusement, il y avait la voie directe, par où le poison avait pénétré, les poumons et le pulvérisateur, pour y faire entrer l'antidote. Dès le lendemain, M. Ancelon administre une pulvérisation de quinze minutes avec la solution suivante :
^ Sulfate de quinine 1 gramme
Décoction de quinquina 1 litre.
Même dose le 20, que le malade inhalait aisément sur son
lit.
Le 22, à sept heures du matin, l'accès avait été remplacé par un simple frisson, sans aucune suite. Les pulvérisations furent continuées jusqu'au 24 inclusivement, et l'accès ne se montra plus.
Quant à l'irritation gastro-intestinale, elle disparut sous l'influence de quatre applications de ventouses, cataplasmes émollients et l'eau froide pour boisson. La rate ne parut pas le moins du monde avoir cédé au nouveau mode d'administration du sulfate de quinine, les ventouses seules et des frictions avec une pommade au sel marin à haute dose en ont eu raison.
Le malade est sorti complètement guéri le 28 novembre. (Revue méd., février.)
Une seconde observation inédite a été recueillie par M. Sales- Girons dont voici le résumé.
Une demoiselle de vingt-cinq ans, d'origine allemande, a rapporté, d'un séjour à Moscou, une fièvre intermittente, revenant sans cause appréciable et sans termes fixes quatre ou cinq fois tous les ans.
Les accès en sont très-forts et les doses de sulfate de qui-
•un
l'IÈVRKS.
nino qu'il faut lui administrer pendant huit jours sont de plus en plus hautes.
Le médecin qui l'a soignée, M. le docleur Bujon, assure qu'il faut arriver jusqu'à produire un véritable quinismc pour en venir à bout.
J'ai conseillé à cet honorable confrère de la traiter au prochain accès par la respiration d'une solution de sulfate do quinine pulvérisée. Ce qui a été fait en juin dernier, dès les premières manifestations de la maladie.
50 centigrammes dudit alcaloïde, dissous par quelques gouttes d'acide sulfnrique et étendue dans quatre onces d'eau ordinaire, telle a été la formule du médicament que la malade a respiré devant mon pulvérisateur qui répond de la pénétration du liquide dans les bronches.
J'ai suivi cette observation avec le plus grand intérêt, de même que M. le docleur Bujon faisait exécuter le traitement avec le plus grand soin.
Dès les premières séances du matin et du soir des jours apyrétiques, l'accès ne reparut pas; néanmoins, les séances furent continuées trois ou quatre jours encore, et la fièvre a été guérie.
Pellicules de la noix. On les emploie comme antipériodiques dans quelques parties de la France, le Loiret par exemple. C'est un remède populaire à Metlray. Recueillies quand le fruit est en cerneau, séchées et réduites en poudre, on les administre à la dose de 5 grammes par jour, pendant trois jours * successifs. Par la grande quantité de tannin contenu dans ces pellicules, on peut prévoir qu'elles réussissent comme le tannin lui-même en pareil cas, sans aucune propriété fébrifuge spéciale. {Bull, de thérap., octobre.)
Iris de Florence. Son action anlipériodique, vantée dans ces dernières années par quelques médecins italiens, a été confirmée par M. le docteur Fenoglio, à l'hôpital Mauriziano, de la manière suivante : Ayant fait préparer, dans l'hôpital même, un extrait aqueux avec les racines de cette plante, il l'administra, du 22 mai au 26 juin suivant, à 24 fébricilants de divers types, dont il donne le tableau clinique, à la dose de 1 0 grammes, dissous clans -100 grammes de véhicule, à prendre en deux fois dans l'apyrexie. Or, do ce nombre, I 8 guérirent rapidement avec deux, trois, quatro ou cinq doses de ce remède.
FtSîtJLËS. 203
Lc< C autres n'obtinrent qu'une diminution clans la durée et l'intensité des accès, qu'une dose de sulfate de quinine a fait cesser immédiatement.
Le résultat fut à peu près semblable en joignant l'usage de l'Iiyposulfite de magnésie à l'extrait d'iris. Sur 25 fébricitants, traités ainsi du 26 juin au \ 9 août suivant, 20 guérirent et les 5 autres ne furent qu'améliorés comme avec l'extrait d'iris seul. Wazclla mal. di Torino, n° 40.)
Les avantages de l'économie de ce remède en Italie sur la quinine seraient à peu près nuls ailleurs parla quantité énorme qu'il faut consommer de ce produit pour couper une simple fièvre. Si l'on ajoute qu'il n'est rien moins que sûr et exige souvent cinq à six jours pour être curalif, le sulfate de quinine aura sur lui tout à la fois l'avantage du bon marché , de la sécurité et de la rapidité d'action.
Fièvre intermittente nerveuse. A l'exemple de Graves, le docteur Cautel en admet une espèce particulière, qui serait l'apanage exclusif des femmes nerveuses. Il en a observé deux exemples chez de nouvelles accouchées, pour lesquelles le sulfate de quinine et le quinquina, administrés inlus ei extra, n'avaient produit aucun résultat. L'orthopnée lui en décela aussitôt la nature spéciale, et des pilules de belladone ayant été administrées, les accès cessèrent bientôt. [Bull, de Ihér. , sept )
L'apparition fréquente d'accès intermittents à la suite de l'accouhement et des phlegmasies aiguës est si bien constatée, reconnue aujourd'hui en dehors de toute infection paludéenne, que l'on ne saurait nier qu'ils apparaissent spécialement chez les femmes nerveuses . On les observe aussi comme prodrome de la phthisie, de la tuberculose, alors qu'aucun signe physique ne révèle encore celle-ci. Mais tous cèdent plus ou moins facilement au sulfate de quinine; ceux-ci seuls feraient exception, et c'est là précisément ce qui fait naître quelques doutes sur leur nature spéciale. En raison même des antispasmodiques qui leur conviennent spécialement, l'attention des praticiens doit donc être tenue en éveil à cet égard.
FISTULES. Nouvelles recherches sur l'emploi de la liqueur de Villate en thérapeutique chirurgicale , par le docteur Notla. Brochure grand in-8°, extrait de ï Union médicale.
En relatant do nouveaux succès do celte mixture , dont la
FISTULES
formule a déjà été donnée (voy. année 1864), surtout dans la carie et les fistules consécutives aux abcès froids, obienus, soil par lui, soit par M. Nélaton, l'auteur a provoqué des contradictions puissantes par la présentation de ce travail à la Société de chirurgie. MM. Houel et Labbé en ont obtenu les meilleurs résultats, sans avoir vu jamais d'accident ni même d'inconvénient résulter de son emploi. M. Desormeaux surtout, qui en fait usage depuis quatre ans , trouve que c'est la meilleure médication pour les fistules ou ulcères fistuleux, entretenus par des caries ou des nécroses osseuses à marche lente, chronique, torpide. Elle est, dans ces cas, beaucoup préférable aux injections iodées, qu'il faut réserver pour le traitement des vastes foyers de suppuration, contre lesquels l'iode jouit d'une efficacité et d'une supériorité réelles.
Au contraire, MM. Legouest, Chassaignac, Boinet, Le Fort et Laborie l'accusent de déterminer des douleurs excessives, insupportables, des phénomènes d'irritation, d'inflammation très-graves, le tout pour des résultats médiocres et le plus souvent nuls. M. Legouest l'accuse formellement de produire des accidents d'empoisonnement par suite de l'absorption des substances toxiques qu'elle contient. Un malade, à sa connaissance, est mort des suites d'une intoxication déterminée, incontestablement, par la liqueur de Villale injectée dans une plaie fistuleuse. Enlin, MM. Follin et Verneuil ont employé la liqueur de Villale avec des résultats tantôt bons, tantôt mauvais, et trouvent que les injections de ce liquide provoquent de vives douleurs; le premier n'a jamais vu survenir d'accidents; le second a été témoin de l'apparition d'un phlegmon assez grave, qui s'est terminé toutefois par la guérison. (Soc. de chir., mai.)
Il y aurait donc lieu tout au moins, devant ces déclarations, à ne recourir qu'avec prudence à celte mixture et à la diluer suivant l'excitabilité des malades et l'irritation des tissus. Son succès est sans doute dans l'opportunité et son mode d'emploi.
C'est ainsi que M. Notta insiste sur son emploi exclusif dans les cas extrêmement chroniques, et alors que les autres moyens ont échoué. La substitution que font souvent les pharmaciens du vinaigre de bois ou acide pyroligneux au vinaigre de vin blanc, qui doit servir exclusivement de véhicule à cette liqueur, lui communique aussi une causticité beaucoup plus grande et plus difficilement supportée par les malades, auxquels elle cause des douleurs plus vives. Mais il est facile de reconnaître
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celle subslilulion. Avec l'acide pyroligneux, la liqueur, une fois reposée, a une coloration bleue; elle est verte, au contraire, avec un reflet bleuâtre, suivant sa composition normale. Cette distinction est donc capitale; car c'est probablement pour s'être servi de la liqueur de Villate, préparée avec l'acide pyroligneux, que plusieurs chirurgiens l'accusent de déterminer des douleurs excessives et des phénomènes d'irritation et d'inflammation très-graves. Préparée normalement, elle permet d'être tolérée et supportée le plus souvent; il est très exceptionnel de voir les malades la refuser absolument, ainsi qu'il le confirme par de nouvelles observations. (Union méd., n"s 1 38 et 139.)
Fistules branchiales. Trois cas rapportés par M. Serrea 'd'Alais), sont donnés comme des exemples de fistules pharyngiennes bilatérales. Elles étaient congénitales et symétriques sur les côtés du cou, au niveau des angles de la mâchoire inférieure, avec un aspect analogue à celui des points lacrymaux communiquant avec le pharynx. Un mucus clair et filant comme de la salive s'en écoulait. Dans un cas, quelques injections légèrement caustiques suffirent à les oblitérer rapidement.
Malgré ce siège insolite, M. Broca les considère comme le résultat d'un arrêt de développement, ou le vestige de la fente branchiale existant chez le fœtus, qui s'observent ordinairement à la partie antérieure du cou. M. Verneuil en a également observé un cas à l'hôpital Beaujon ; mais ce pertuis fistuleux existait d'un seul côlé. (Soc. de chir., janvier.)
Ce seraient donc là tout simplement des exemples de fistules branchiales dues à l'arrêt de développement et la persistance des fentes branchiales, dont Heusinger relate deux nouveaux cas chez des filles de quinze et de sept ans. Il les décrit comme une espèce nouvelle, avec les caractères suivants :
Ouverture externe placée , 40 fois sur 56 , dans la région sterno-claviculaire , parfois plus haut, rarement plus bas. L'orifice interne, démontré deux fois par Neuhofer, existait derrière les grandes cornes de l'hyoïde, dans la paroi latérale du pharynx; canal tapisse par une muqueuse fournissant une sécrétion claire, filante, parfois abondante et pouvant faire croire à des fistules salivaires. La muqueuse rougit et la sécrétion augmente lors de la menstrualion avec sensibilité et excitabilité vives de l'orifice externe.
Sur 46 individus atteints de ces fistules, elles étaient hérédi-
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laires chez 17 : 10 fois elles étaient doubles, 36 fois simples, soit 56 fistules dont 15 seulement avec une ouverture interne et externe. Or dans cette statistique, 44 cas ont été observés en Allemagne, ce qui montre, à l'appui de l'interprétation de MM. Broca et Verneuil , qu'elles sont souvent méconnues ailleurs et prises, comme celles de M. Serre, pour des fistules du pharynx ou de l'œsophage [Arch. de Virchow elGaz. méd., n° 24). Il y a donc lieu, à l'avenir, d'y porter la plus sérieuse attention.
Fistule lacrymale. L'épiphora cesse-l-il réellement après la cautérisation? M. Desmarres l'admet ainsi que Vidal do Cassis par exemple. D'autres le nient et combattent celle opération comme antiphysiologique. M. Estor fils, de Montpellier, cherche à en expliquer le mécanisme , car , soumise aux lois ordinaires de la physiologie, la cessation de cette sécrétion des larmes doit être expliquée pour être admise. Considérant que le méat inférieur est toujours en contact avec l'air extérieur et soumis à un courant d'air continu, il se demande comment le liquide des glandules chargées de le lubrifier y suffit. Et, en présence du larmoiement considérable que la moindre irritalion de ce méat amène par le tabac, le savon ou d'autres excilan'.s, il ne doute pas que les glandes lacrymales n'y suppléent par une action réllexe.
Il a fait à cet égard plusieurs expériences, démontrant que cette sensibilité de la muqueuse s'émousse, s'affaiblit, diminue à la suite de la caulérisation. Ainsi, le tabac, le frottement, n'amenaient ni larmoiement, ni sensation dans la narine du côté opéré, tandis que c'était le contraire du côté sain. Il a vu aussi une épistaxis habituelle cesser du côté opéré par la cautérisation et continuer dans l'autre narine. Il a constaté en outre que l'intensité de l'épiphora était d'ailleurs eu rapport avec cette sensibilité de la muqueuse, et que là où elle était complètement abolie, celui-là était nul. D'où il conclut : 1° les larmes servent à la lubrifaclion non-seulement de la face antérieure du globe de l'œil, mais aussi de la muqueuse du méat inférieur.
2° Au moment où se produit l'oblitération des voies lacry-I maies , la muqueuse provoque la sécrétion qui lui manque et l'épiphora est abondant.
• 3° Privée de l'utile concours des larmes, la muqueuse du
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méat inférieur se dessèche, s'atrophie et finit par perdre la propriété d'exciler l'action des glandes lacrymales : c'est à cette dernière circonstance qu'est due la cessation de l'épiphora.
4° La méthode de la cautérisation pour le traitement do la fistule lacrymale n'est donc pas une pratique antiphysiologique ; .il est, au contraire, facile d'expliquer tous ses succès. (Journ, de fanât, et de la plujs.y n° 1.)
Modification au procédé de M. Follz. Pour éviler une plaie extérieure, surtout chez les femmes, M. Giraud-Teulon a eu recours à la perforation de l'unguis avec l'emporte-pièce de M. Follz (voy. année 1 365), en pénétrant dans le sac lacrymal par sa face conjonctivale, entre la caroncule en arrière et le tendon de l'orbiculaire en avant, après avoir réunidans une incision commune les deux conduits lacrymaux et leur sphincter commun. Un exemple cité à l'appui de cette modification, à la Société médicale de Paris, a très-bien réussi. (Gaz. des hôp., n° 91 )
Spéculum porte-caustique. Pour la destruction du sac par la cautérisation avec la pâle de Canquoin, qu'il trouve le plus sûr des causliques employés, le docteur Delgado a imaginé un spéculum porte-caustique, composé de trois branches, entre lesquelles on place la pale caustique. On l'introduit fermé et, en en écartant les valves au moyen d'un ressort, on cautérise la partie inférieure du sac, immédiatement sous le tendon de l'orbiculaire, ce qu'il considère comme d'une importance capitale pour le succès. Après l'enlèvement de l'esehare, il maintient le fond de la plaie propre, jusqu'à cicatrisation au moyen d'injections avec une solution de sulfate de zinc, et en y plaçant des boulettes de charpie imbibées de ce liquide. (A un. d'oculisl., mai et et juin.)
Dilatateur lacrymal. Très-souvent, le larmoiement n'est dû qu'à un simple rétrécissement des points lacrymaux, tandis que les canaux ainsi que le canal nasal sont complètement sains. M. Galezowski a fait construire un dilatateur à extrémité trèsfine, pouvant être introduit et laissé dans le point rétréci ; ce qui peut remédier au mal mieux que les incisions que l'on est dans l'habitude de pratiquer. (Acad. de méd., septembre.)
Clou dilatateur permanent. Complétant le procédé de M. Desgranges de Lyon, M. Delore place à demeure un clou recourbé en U, avec une branche plus courte que l'autre, qu'il introduit à
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l'aide de la sonde cannelée dans l'ouverture faite à l'os unguis et l'autre dans le canal nasal, étant placé à cheval sur la cloison osseuse. L'avantage sur la canule serait une dilatation permanente ; mais le seul fait où cet instrument ait été employé est loin d'être concluant, puisque la guérison n'était pas complète. (Gaz. méd. de Lyon, n° 4 4.)
Fistules de la cornée. Voy. Ophtualmologie.
Fistule vcsico- vaginale. Dans l'observation remarquable et étendue qu'en rapporte M. Labat de Bordeaux, l'occlusion fut obtenue par dédoublement des lèvres de la fistule, et la guérison s'ensuivit le vinglièmejour. Outre l'exposé de ce procédé, l'auteur examine, discute les analogies et les différences qu'il a avec les précédents et, sous ce rapport, il fournit un document utile à consulter. (Journ. de méd. de Bord. , février.)
Trois modifications sont proposées par M. Gaillard de Poitiers. Dans l'avivement d'abord, regardé comme le temps le plus laborieux par le danger pour les chirurgiens d'enlever une trop grande épaisseur des parties ou de laisser des ilôts. L'épithélium Iranmalique s'opposant à la réunion, il a un moyen simple d'y obvier. Par l'éloignement de la plaie et la couleur rouge que lui donne le sang des parties déjà avivées, la difficulté est de les distinguer de celles qui ont encore leur épithélium. Or, la fistule étant en vue, videz la vessie avec une sonde; essuyez exactement la solution de continuité; introduisez dans l'orilice et le trajet de la fistule un crayon de nitrate d'argent qui en atteindra exactement les contours ; faites aussitôt une injection d'eau salée par la fistule, immédiatement toutes les parties touchées par le nitrate d'argent, et qui doivent comprendre les points sor lesquels doit porter l'avivement, prendront une couleur d'un blanc d'argent très-apparent. A l'aide de ce guide, il sera facile d'exciser toutes les parties nécessaires.
11 supprime les plaques et les boutons de plomb parce que plus l'appareil est compliqué, plus l'opération est longue et douloureuse pour la malade ; plus il y a de corps étrangers dans le vagin et plus facilement les tissus sont irrités et ulcérés. Les plaques métalliques étant roides, ne peuvent manquer de fatiguer la muqueuse. Au lieu d'être une surface plane, la paroi du vagin sur laquelle on applique ces plaques présente des courbures très-variées. Transversalement, c'est une voûte surbaissée, à son milieu, dans le sens de l'axe, c'est un plafond
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mobiie, convexe, oblique en avant, qui s'abaisse pendant qu'on fait la suture, et se relève aussitôt qu'on ôte le spéculum. Ajoutons que la suture à points séparés s'adapte merveilleusement à cette configuration inégale et aux mouvements de la paroi vésico-vaginale et cette suppression sera bien justifiée.
La difficulté réelle, lorsqu'on passe un nombre considérable de fils au moment de la suture, à les séparer les uns des autres, a fait imaginer à M. de la Mardière de les marquer séparément pour les distinguer. Adoptant et complétant cette idée, M. Gaillard s'est procuré des grains de verroterie, colorés diversement, suivant les nuances du spectre solaire, de sorte qu'au fur et à mesure de la suture, le premier fil de la suture est marqué par deux grains rouges, le second fil par deux grains orangés, le troisième par deux jaunes, jusqu'au huitième, qui reçoit des grains blancs, toujours dans l'ordre des couleurs de l'arc-enciel. Les huit fils étant ainsi marqués à chaque bout, il devient extrêmement facile, en suivant l'ordre inverse, blanc, violet, indigo, bleu, vert, jaune, orange et rouge, de reconnaître et de tordre les fils avec la pince de Charrière, suivant le procédé de Mitlauer ; tous ces fils réunis en faisceau sont coupés à 3 centimètres en dehors de la vulve, pour ne pas irriter le vagin. .
L'opération si laborieuse do la fistule vésico-vaginale ne peut manquer d'être simplifiée par ces ingénieux procédés, qui ont été employés avec le plus grand succès pour l'extraction des pierres de la vessie. (Acad. de méd., novembre.)
; Fistule vesit-o intestinale. Colotomie. L'opération d'Àmussal est en si grand honneur en Angleterre, que ses applications tendent chaque jour à s'étendre, Préconisée par M. Curling contre les rétrécissements cancéreux du rectum, sinon pour guérir celte affection , au moins pour soulager le patient et prolonger sa vie d'une manière supportable en diminuant, arrêtant l'intensité du mal comme nous en avons rapporté des exemples (voy. année 1864), cette opération vient d'être exécutée par M. Holmes dans un cas de communication de l'intestin avec la vessie, dans le but de prévenir les accidents pouvant résulter de cette fistule et même d'en favoriser l'occlusion spontanée. Depuis huit mois, l'opéré se porte bien et, sans que la fistule soit fermée, elle semble avoir au moins diminué. (Royal med. and surg. Society, mars.) C'est là, dit M. Verneuil, une application neuve et ingénieuse.
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Opération essentiellement, réparatrice, elle appartient à l'ordre de ces anaplasties indirectes intéressant les organes sains pour soulager ou guérir les organes lésés inaccessibles à la main du chirurgien. Caractérisée par la création d'une voie artificielle et la dérivation des excréta, elle se range à côté de l'anus artificiel, de la ponction vésicale ou utérine, de certaines variétés de la boutonnière uréthrale, etc.; elle laisse même espérer une guérison radicale delà lésion primitive, si l'orifice de communication entre la vessie et l'intestin n'est pas définitivement constitué par la soudure des deux muqueuses voisines. Après avoir acquis la conviction de la cure spontanée de la fistule vésicointestinale, on pourrait même supprimer l'anus lombaire, dont la mission serait terminée. En prévenant la formation probable et possible d'un calcul vésical, l'opération susdite remplit encore une indication d'ailleurs tout à fait spéciale et non moins importante, l'écoulement de l'urine dans l'intestin. Ne serait-il pas logique, par conséquent, de soutirer en même temps l'urine ou d'empêcher au moins son accumulation dans la vessie, et cela, à l'aide delà sonde à demeure maintenue pendant quelques jours? La chirurgie peut donc enregistrer un nouveau triomphe et, abstraction faite du résultat, la conception est aussi heureuse et aussi bien combinée que possible. (Gaz. hcbd.t n° 17.)
Fistule anale. Sonde à demeure. Quoique le traumatisme distingue ce cas des fistules spontanées, il mérite de fixer l'attention pour le traitement de celles-ci. L'usage de la sonde à demeure pourrait du moins être tenté conjointement avec la cautérisation du trajet fistuleux. 11 semble que ces deux moyens • doivent s'allier parfaitement.
Un homme de trente ans fut admis à l'hôpital général de Madrid, le 10 mars dernier, avec une plaie récente et pénétrante de 3 à 4 centimètres d'étendue, à 7 centimètres environ à droite de l'anus. L'issue des matières fécales par cette plaie et du sang par l'anus indiquait leur communication. Une péritonite partielle en fut la conséquence; mais celle-ci guérie, les pansements simples de la plaie fistuleuse ne suffisant pas à en déterminer l'occlusion, et des matières fécales s'échappant sans cesse par celte ouverture, le docteur Blanco eut l'idée d'introduire dans le rectum, jusqu'au-dessus do l'ouverture interne de la plaie, un tube cylindrique de gomme do 3 centimètres de diamètre. On en devine le but. Il fut, en effet,