‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicalesChapitre 62 sur 158 · EXERCICE · texte numérisé non relu

EXERCICE

titre que celle de voler, d'assassiner. La distinclion est donc capitale.

Selon M. Le Fort, aucun privilège ne résulte autrement pour le médecin de son diplôme, car il n'existe pas de contrat bilatéral entre lui et l'État, comme en Bavière et dans le duché de Nassau, ce qui en fait un fonctionnaire public. Si le monopolo existait, un tarif serait indispensable, comme en Prusse. Il est donc contraire à notre ordre social, et de là les infractions fréquentes à la lettre de la loi française et la tolérance de l'autorité sous ce rapport. Les médecins mêmes, seuls ou associés, n'auraient pas le droit de poursuivre l'exercice illégal.

Aussi bien la législation anglaise , longuement décrite et commentée, est-elle complaisamment invoquée comme un modèle à suivre. Le seul privilège du médecin diplômé est d'avoir son nom et son tilro vérifié par le General Council, inscrits sur le Médical regisler, et de pouvoir ainsi agir comme expert en justice et y réclamer ses honoraires contestés. Pour l'exercice, il tombe dans le droit commun, chacun pouvant se renseigner sur ce Médical regisler, de la réalité du tilro de celui auquel il s'adresse aussi bien que de sa valeur et de la garantie du savoir relatif qu'il comporte. (Gaz. hebd , nos 4 et 5.)

Cette doctrine est spécieuse et en contradiction avec la législation générale à ce sujet. Si l'Angleterre , malgré tout son respect de la liberté individuelle, a légiféré le Médical Acl de 4 858, c'est qu'en présence des 3bus criants , des malheurs publics, des catastrophes quotidiennes qui se produisaient sous l'empire de la liberté illimitée de l'exercice médical, comme elle existe encore aux Étals-Unis, l'opinion publique commandait impérieusement d'y mettre un terme au nom même de la sécurité des malades. Aussi restreint-elle chaque jour davantage celle liberlé en présence des malheurs qui ont encore lieu par l'impérilie des guérisseurs. Partout ailleurs , cet exercice est absolument privilégié avec raison , car en butte aux promesses menteuses des guérisseurs faites tous les jours publiquement, le malade qui souffre et qui n'obtient pas sa guérison sera toujours disposé à s'y abandonner avec danger, non-seule : ment pour sa bourse, mais pour sa vie. Le droit commun ne saurait être invoqué ici. La répression est indispensable, et c'est pourquoi l'Angleterre, après expérience , arrive insensiblement à l'exercer. Déjà les personnes traduites en justice pour exercice illégal sont condamnées pour ce fait à des amendes

l'8fl EXOSTOSE.

bien supérieures à celles édictées en France. Voilà le seul point enviable à Albion.

Exercice Illégal. Délégué de l'Association du Rhône à l'assemblé générale annuelle de l'Association des médecins de France, M. Diday a dû tressaillir d'aise et sentir renaître sa confiance troublée, quand, à l'unanimité, a été adoptée la proposition suivante: « L'assemblée générale, désirant que les efforts de l'Association soient immédiatement dirigés vers la répression de l'exercice illégal de la médecine, et craignant qu'en divisant ses efforts, elle ne les affaiblisse, déclare que les autres questions inscrites au rapport de M. Barrier sont ajournées. » Voy. Jurisprudence.

De l'exercice de la médecine par les prêtres et les communautés religieuses. Rapport présenté à la Société de prévoyance et de secours mutuels des médecins du département de la Moselle, par le docteur P. X. Finot, membre de la Commission administrative. In-8°. Metz.

Réunissant tous les délits à cet égard, — et ils sent nombreux et patents, — signalés par les associations lo aies, ce travail montre, dans toute sa gravité, cette plaie hideuse de la société. 11 est ainsi de nature à éclairer l'autorité et montrer l'utilité d'une réforme de la législation à ce sujet.

EXOSTOSE. Uxostosc sous - ungnéalo. Douloureuse, gênante et allant, jusqu'à empêcher la marche quand elle siège au pied, cette affection a nécessité jusqu'à l'arrachement de l'ongle et l'amputation même de la phalangette pour sa guérison. Imaginant un procédé plus simple et moins grave, M. Heulhard d'Arcy s'est borné à amincir l'ongle avec des fragments de verre sur la partie qui recouvre l'exostose, il excise celle-ci avec une tenaille incisive et évide ensuite la partie de la phalange avec la gouge en terminant par la caulérislation avec le feu ou l'acide. Tout cela est donc assez simple et peut être exécuté sans douleur à l'aide de l'anesthésie locale. (Joum, de 1 méd. cl chir. prat.)

i^xostosc du sinus frontal. D'après une nouvelle étude sur ce sujet, M. Dolbeau conclut que la membrane de Schneider et colle qui tapisse les différents sinus et cellules annexés aux fosses nasales peuvent devenir le siège do productions osk i

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seuses, d'oxostoses pouvant acquérir un trùs-grand volume, et tout à fait indépendantes des os du crâne etde la face. 11 y rattache ainsi une dizaine de cas enregistrés dans la science et dont le siège précis était resté douteux. Toujours plus ou moins libres dans les cavités où elles ont pris naissance , à moins qu"ori ne leur laisse prendre un développement considérable au point de s'enclaver, ces exostoses peuvent être énucléées. On doit donc le faire aussitôt qu'elles sont reconnues afin d'éviter leur extension dans la cavité crânienne. Leur extrême dureté étant réfractaire à tous les instruments, même la gouge et le trépan, il faut ouvrir largement la cavité qui les contient pour les ébranler en masse, ce qui permet d'en obtenir la sortie facilement. (Accul. de mcd., septembre.)

FÈVE DE CALAIîAR. D'après M. le docteur Méry, médecin de la marine, la qualification de cette plante, si curieuse par ses propriétés antagonistes avec l'atropine sur la pupille, ne serait plus exacte. Elle ne serait pas seulement originaire du Calabar, mais encore des environs des sources de la rivière Como, près du Gabon, où l'on peut s'en procurer. Une tribu pahouine lui a offert, en effet, quelques fèves, et tentés par le tabac qu'il leur offrait en échange, d'autres naturels promettaient d'en fournir par centaines, après quelques jours, pour aller la chercher. Plus tard, on effet, il recevait la liane et quelques gousses fraîches. Les Pahouins la désignent sous le nom de dgiou [Arch. de mcd. nav., avril). Cette source nouvelle d'une plante exotique, si précieuse et si chère, ne saurait être indifférente et mérite d'être utilisée.

FIEVRES. Fièvre puerpérale. Étiologie. Les diverses opinions qui existent à ce sujet parmi les hommes spéciaux les plus autorisés se sont de nouveau révélées dans la grande discussion soulevée devant la Société de chirurgie sur les maternités (voy. co mot). D'après M. Le Fort, elle n'est que trèspeu soumise à l'influence des saisons, du climat, des épidémies concomitantes, desconditions individuelles, de la population plus ou moins considérable de l'établissement. La forme épidé-

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mique qui en est le caractère n'est pas due à un germe répandu dans l'atmosphère, à des conditions météorologiques, car pour une même ville il n'y a pas coïncidence dans l'état sanitaire de deux maternités- voisines. Il a montré, par des travaux graphiques, que tandis que la Maternité de Paris est le siège d'épidémies épouvantablement graves, et cela pendant plus d'une année, la mortalité de la Clinique reste au-dessous de sa mortalité moyenne ordinaire. De même pour les maternités de Saint-Pétersbourg et de Vienne, où deux maternités sont placées dans le même hôpital , dans le même bâtiment, mais sans communication du personnel de l'une avec l'autre, la première étant destinée aux étudiants, la seconde aux élèves sages-femmes.

C'est la contagion qui est cause du développement de la fièvre puerpérale sous forme d'épidémie; c'est la contagion d'une fièvre puerpérale accidentellement développée, s'étendant aux accouchées saines. Elle est favorisée par la réunion des accouchées dans les mêmes salles ; elle est transmise par les malades, par les infirmières, par le médecin lui-même, et les épidémies décrites dans les villes, dans les villages, n'existent parfois que dans la clientèle d'un seul accoucheur.

M. Tarnier n'adopte pas cette doctrine exclusive, et examinant de près Jes lignes comparatives de mortalité sur lesquelles elle est fondée, il trouve entre elles, sinon un parallélisme complet, du moins une concordance frappante qui suffit à démontrer que le génie épidémique est réel. Le plus grand danger d'en être atteintes, pour les primipares, décroissant à partir du jour de l'accouchement au huitième, après lequel elle ne se montre plus, en sont d'autres preuves, et s'il est vrai qu'en temps d'épidémie, l'acclimatement ne réussisse pas à la prévenir, il est du moins à peu près établi qu'à l'état sporadique, les femmes résidant depuis un certain temps à l'hôpital avant leur accouchement y sont moins sujettes.

Sans admettre de génie épidémique, M. Trélat n'admet pas davantage la contagion. La cause première des maladies puerpérales serait la misère agissant tantôt individuellement, tantôt d'une manière générale par masses lorsque le fléau de la disette vient faire planer sa fatale influence sur une ou plusieurs contrées du globe.

M. Guyon admet l'influence épidémique et en trouve surtout la réalité dans la constitution saisonnière. Le mois d'octobre,

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par exemple, qui a le minimum d'accouchements dans la statistique de M. Trélal, présente l'un des maxima de la mortalité. Sans nier la contagion, l'infection lui semble bien plus puissante, et c'est ainsi que dans les Maternités de Rouen et de Dublin , où on laisse les malades avec les accouchées , sans s'inquiéter delà contagion, la modalité est moindre que partout ailleurs, parce que l'on s'y préoccupe aussi le plus de l'infection de l'accouchement par l'alternance des salles, l'aération , la ventilation et les plus grandes mesures de propreté et d'hygiène. (Sec. de chirurgie, avril et mai.)

Une Revue historique et critique des principales doctrines émises et accréditées sur ce sujet par M. Hervieux conclut que, sous ce titre générique, on confond diverses entités morbides (Union méd., n° 43 et suiv. ). Tout en reconnaissant la vérité de cette conclusion, mise en évidence par les recherches nécroscopiques, on ne peut nier la réalité prédominante de celleci. Les épidémies qui sévissent ici et là dans certaines maternités, tandis que les établissements, les services semblables et voisins en sont exempts, ne démontrent que trop la fréquence de cette espèce morbide et sa contagiosité.

Etiologie et prophylaxie des épidémies puerpérales, par le docteur E. Hervieux, médecin de la Maternité. 1 vol. grand in-8°.

Dans ce nouvel examen clinique lu à la Société méd. des hôpitaux, l'acclimatement à la Maternité considéré comme favorable à la prévention de la fièvre puerpérale, d'après les statistiques de MM. Pajot et Tarnier, est de nouveau remis en question. Sur un total de 21 029 femmes admises à la Maternité pendant la période de 1855 à 1864 inclusivement, il résulte une mortalité de 6,82 pour 4 00, de celles qui ont accouché le jour même de leur entrée, et de 9,55 pour celles qui avaient préalablement séjourné dans la maison, ce qui infirme les résultats précédents. Mais il y a l'effet des épidémies intercurrentes dont il faut tenir compte, et qui a nécessairement apporté ce changement dans les résultats statistiques avec ceux des années qui en sont exemptes. On conçoit qu'en temps d'épidémie, le séjour dans le foyer ne puisse que prédisposera la contracter, surtout quand il s'agit d'une maladie contagieuse comme celle-ci. .On ne peut comparer des données dissemblables. Aussi l'auteur n'a-t-il pas conclu.

L'influence prédisposante de la primiparité, au contraire, est

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ressorlie telle quo les calculs précéJenls l'avaient établie, aussi bien que celles des manœuvres obstétricales.

En raison de la puissance et de la rapidité d'absorption des plaies, démontrcesde nouveau par les expériences de M. Demarquny, si la fièvre puerpérale n'a pas son point do départ dans la plaie de l'utérus elle-même, suivant l'opinion de M. J. Guérin, l'absorption extrêmement rapide clos ulcérations du col semble du moins venir à l'appui. (Acad. de méd., octobre.)

Fièvre pernicieuse, Guidé par l'emploi du thermomètre axillaire et en vertu de celte donnée qu'il a érigée en loi : qu'audessus de 39° cent, ,1a chaleur animale décèle avec certitude une fièvre essentielle (voy. année 1 864), M. le docteur Robert de Latour soutient que celle-ci est fréquente à Paris, et cherche aie démontrer par de nombreux exemples. Ceux-ci, il est bien vrai, sont loin d'offrir tous les signes classiques, et a. ce titre, il faudrait les récuser; mais ils présentent un cachet bien autrement démonstratif, surtout d'après l'adage : Naluram morborwn ostendunl curationes ; la guérison rapide par le sulfate de quinine; preuve irrécusable de l'essenlialité voilée, obscurcie qu'elle était dans tous ces cas par des irradiations inflammatoires sur les poumons ou le cerveau.

Il résulte, en effet, de ces observations que, le plus souvent, ces accès pernicioux s'accompagnent ici de toux fréquente, dyspnée, sans lésions fonctionnelles , d'autres fois accompagnées de matité, do souffle, de râles pneumoniques ou bien d'agitation, convulsions, délire, qui font croire à une méningite. Égarée ainsi, l'attention de l'observateur non prévenu se porte exclusivement sur ces affections locales, dont l'existence se révèle par des signes positifs, certains pour la poitrine et un appareil symplomatique non moins concluant pour le cerveau. Mais si, éclairé par ce fait bien constaté cliniquement aujourd'hui , que la chaleur animale, dans les fièvres symplomaliques, ne dépasse pas 39° cent., dans l'aisselle, l'observateur la trouve élevée à 40 ou 41, il conclura qu'une fièvre essentielle se cache sous cet appareil symplomatique. Il n'aura plus, dès lors, qu'à procéder par élimination pour savoir s'il a affaire à une fièvre intermittente, éruplive, typhoïde ou pernicieuse, et dans le premier comme dans le dernier cas, qu'à donner le sulfate de quinine concurremment avec les autres moyens propres à combattre les symptômes prédominants, bien que sous la dépendance de

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la fièvre essentielle ceux-ci revêtent en effet un appareil assez intense pour constituer parfois une complication dangereuse.

La pneumonie, qui se lie à la fièvre pernicieuse, a d'ailleurs un caractère particulier. Elle se jette d'ordinaire sur la partie supérieure et postérieure gauche de la poitrine, tandis que c'est à droite, en arrière et en bas, que se montre le plus souvent la pneumonie essentielle ou idiopathique. Au siège seul, on peut donc en soupçonner la nature.

Les signes céphaliques n'offrent malheureusement pas celte distinction précieuse. Leur soudaineté inexplicable, leurs intermittences peuvent seules mettre sur la voie étiologique réelle que la constatation de la température animale peut assurer. (Union méd , nos 29, 32 et 33.)

Il peut paraître étrange, nouveau, invraisemblable, que ces formes insidieuses, pneumoniques et céphaliques de la fièvre pernicieuse, soient si fréquentes, et l'on impute au sagace observateur parisien de les avoir faites ainsi pour les besoins de sa cause. Et pourtant n'en est-il pas de même dans la fièvre typhoïde et les fièvres éruplives? Il n'est pas jusqu'à l'herpès labialis qui ne soit une manifestation de la fièvre angioténique. Et quand on réfléchit à ces cas obscurs, analogues aux précédents, où le diagnostic incertain a varié d'un jour à l'autre et que la mort subite, imprévue, a laissé sans titre positif, comme chaque praticien en a rencontré et comme l'auteur en relate lui-même, a-t-on bien lieu d'être étonné, surpris de ses déclarations? Le praticien averti ne doit donc pas se laisser prendre à ces manifestations trompeuses. L'usage du thermomètre axillaire en est le plus sûr garant. C'est un moyen de diagnostic de plus ajouté aux autres que personne n'a le droit de négliger.

Fièvre typhoïde, flêmalhèmèse. La mort, survenue par une hémathémèsedans le cours d'une fièvre typhoïde à forme adynamique est une complication bien rare et curieuse, puisque, d'après les recherches bibliographiques de M. Coulon, il n'existerait pas de cas semblable dans la science. Le 3 1 juillet 1 86.3 entrait à L Hôtel-Dieu d'Amiens, service de M. Tavernier, un garçon de vingt-deux à vingt-trois ans, malade depuis huit jours. Abattu, sans forces, sa figure exprimait l'hébétude; il présentait tous les signes d'une fièvre typhoïde adynamique. Pas d'accidents cérébraux, ni délire, ni phénomènes ataxiques. Epistaxis au début.

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