INJECTIONS SOUS-CUTANÉES
meilleures chances d'absorption que l'inoculation au fond d'une plaie. Il préfère même l'injection sous-cutanée de substances étrangères au corps à l'injection dans le torrent circulatoire, non à cause de la facilité plus grande de la petite opération — car on parvient très-vite à faire parfaitement l'injection dans les veines, — mais parce que, pour l'injection sous la peau, l'endroit de l'application est fixe, facile à contrôler, et que l'on peut ainsi bien plus facilement étudier les voies de propagation du principe morbide, que cela n'est le cas pour les injections faites dans le sang, pour lesquelles la coagulation, l'obstruction, la thrombose et l'embolie viennent si facilement compliquerl'action infectante d'un agent introduit du dehors. [Acûd. d* méd., octobre.)
Les raisons invoquées par le célèbre anatomo-pathologiste ne paraissent pas également admissibles. La faible quantité de matière susceptible d'être injectée sous la peau pourrait être aussi facilement déposée dans une petite incision, une piqûre même, dont le traumatisme serait sans réaction consécutive. L'avantage ici est donc plutôt en ce que le liquide est mieux renfermé clans une injection, et ne peut être enlevé ni sortir aussi facilement que dans une injection à ciel ouvert.
Inégalité des seringues. Devant l'usage croissant, général, universel,de la méthode thérapeutiquedes injections hypodermiques , il est juste que les moyens d'exécuter celle opération se vérifient, se perfectionnent en se simplifiant. C'est ainsi que M. le docteur Danis de Remiremont a établi par ses propres expériences, des différences dans la capacité des canules et le volume des gouttes qu'elles laissent échapper. Au lieu de quatre quarts de tour de piston qu'il faut, selon M. Béhier, pour emplir la petite canule et cinq pour la grosse, M. Danis a trouvé que deux quarts de tour suffisent à remplir la petite canule de la seringue qu'il possède, et qu'au troisième, la première goutte sort plus grosse que les suivantes ; qu'il n'en faut que trois pour la plus grosse. De là une première source de grave erreur, car on peut ainsi injecter plus de liquide que l'on ne veut, etquatre à cinq goutles suffisent avec certains agents à produire les plus dangereux accidents.
Les mêmes différences existent entre le point du liquide, le nombre de gouttes et les tours de piston correspondant à leur issue, suivant que le pas de vis est plus ou moins gros. Il
IRIDOSCOPE.
s'ensuit clone qu'avant de se servir de cet instrument, il faut se rendre compte de la quantité de liquide contenu dans le corps de pompe; du nombre de quarts de tours nécessaires pour remplir les canules et de ceux qu'exécute le piston, ainsi que de tous les autres détails sans quoi l'on s'expose aux plus graves erreurs. (Bull, de Ihérap., novembre.)
Aiguille à injection. Une aiguille creuse munie d'une coupole de caoutchouc à l'une de ses extrémités a été imaginée par le docteur Danet à cet égard. On fait ainsi le vide sur cette poche .et un mécanisme fort simple permet de compter les gouttes que l'on veut y introduire. (Acacl. île mëd. , juillet.) — Voy. Cancer, Tdmeurs.
On the speedy relief of pain and other nervous affections of ihe means of Ihe hypodermic method (Delà prompte disparition de la douleur et des affections nerveuses parles injections hypodermiques). par Ch. Hunter. 64 p. in-8°, Londres. Division en tableaux des médicaments selon leurs propriétés qui peuvent être employés par cette voie et les maladies qui en sont justiciables avec les exemples à l'appui. Répétition de ce qui a été fait en France par M. Jousset en 1 865.
IRIDECTOMIE . Une nouvelle application en a été faite par M. Laroyenne dans les cas de hernie de l'iris à travers la cornée; accident rebelle et qui entraîne des récidives sans fin. L'excision de l'iris ainsi faite, loin du point hernié dans cinq cas, a amené le relâchement de l'iris et un soulagement rapide ; bientôt toute trace d'inflammation disparut et le succès a été complet dans les cinq cas. (Soc. des se. méd. de Lyon, juillet.)
IRIDOSCOPE. Ce nouvel instrument, dû à l'ingénieux R. Houdin, est un miroir de l'iris reposant sur ce principe que tout rayon lumineux traversant un liquide parfaitement pur produira sur la rétine un point lumineux parfait ; mais si le liquide traversé renferme des corpuscules , ceux-ci se peindront sur la rétine. De même pour le liquide contenu dans l'œil. L'iridoscope se compose simplement d'une coquille de métal percé d'un trou ou diaphragme fort petit. On l'applique exactement sur l'œil. Si cet œil ne renferme que des milieux homogènes, si en un mot toutes ses parties constituantes sont
JURISPRUDENCE
nelles, on aura seulement la sensation d'un point lumineux; sinon, toutes les parties de l'œil qui auront été altérées viendront se poindre sur la rétine. Ainsi on peut apercevoir los irrégularités de la cornée, les bords de l'iris, sa déformation, et toute altération des milieux que la lumière doit traverser pour aller se peindre sur la rétine et transmettre l'impression lumineuse au cerveau. La cataracte commençante se perçoit très-bien, car elle donne la sensation d'un point blanc opaque. Nul doute que cette invention no rende de grands services quand elle sera perfectionnée.
JURISPRUDENCE. Association médico-pharmaceutique. En vertu d'un traite, le docteur X... donnait matin et soir des consultations gratuites dans un cabinet dépendant de l'officine du pharmacien B.. , qui exécutait les ordonnances et en partageait ensuite le bénéfice net avec le médecin.
Ce commerce illicite et frauduleux, après avoir duré plusieurs années, en donnant 13 à 1 1 000 francs de bénéfice par an, prit fin en 1864 sur la proposition du pharmacien, moyennant une indemnité de 3000 francs pour la résiliation du contrat , acceptée par le médecin. Mais celui-ci, en, apprenant ensuite que !e fonds de pharmacie était vendu moyennant 22 000 francs, souleva la prétention, rievantle tribunal de commerce, de faire annuler sa renonciation à la Société existante par suite de cède dissimulation et de partager ensuite le prix de la vente.
Mais la Cour impériale de Paris, deuxième chambre, après avoir visé les faits précédents, considérant :
« Que par celte convention, les parties ne manquaient pas seulement aux règles et aux devoirs de leur profession : le médecin, en faisant commerce de sou art et en se créant un intérêt à prescrire des remèdes superflus; le pharmacien, en se prêtant à cette spéculation abusive, et en privant les malades du seul contrôle qui puisse prévenir le danger des préparations médicinales infidèles ou défectueuses ; mais encore que l' association était viciée dans son principe même, puisqu'elle reposait sur une combinaison frauduleuse, destinée à tromper le public par
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l'appât de consultations gratuites en apparence, et rétribuées en réalité,'
» Qu'il n'y a donc eu là qu'un pacte illicite radicalement nul, et qui ne saurait servir de fondement à une action en liquidation et partage des bénéfices auxquels il a donné lieu ;
» Considérant d'ailleurs que les opérations de la Société de fait, qui a existé entre les parties, ont été liquidées à des époques successives; que l'appelant a, chaque fois, donné des reçus de solde, et que les manœuvres dolosives dont il se plaint pour revenir aujourd'hui sur ces reçus ne sont nullement justifiées ;
» Met l'appellation et le jugement dont est appel à néant, et, statuant par jugement nouveau, déclare X... non recevable autant que mal fondé dans ses appel et demandes, et le condamne à tous les dépens. »
Association du médecin et du charlatan.
Le charlatan ou la somnambule qui se font assister d'un médecin, lequel signe leurs ordonnances, sont-ils, par celte précaution, mis à l'abri des poursuites d'exercice illégal de l'art de guérir, ou au contraire, le docteur ou l'officier de santé qui a donné ainsi son concours ne devient-il pas lui-même passible des peines édictées par la loi ?
Cette dernière question est résolue affirmativement par Me Guerrier, d'après les considérations suivantes :
Aux termes de l'art. 36 de la loi du 19 ventôse, an XI, l'exercice illégal de la médecine est qualifié délit, et doit être dénoncé et poursuivi devant la police correctionnelle ; mais la peine édictée, comme répression, est une simple amende pécuniaire envers les hospices, et, par suite, l'exercice illégal do la médecine reste une simple contravention. Si la loi de ventôse se sert du mot délit, c'est que cette expression générique « délit » s'appliquait alors môme aux faits que le Code pénal de 1810a qualifiés contraventions, et la compétence exceptionnelle, attribuée aux tribunaux correctionnels pour connaître de ces infractions à la loi, ne peut pas en modifier le caractère légal. La Cour de cassation, chambres réunies, l'a ainsi décidé par arrêt du 30 avril 1858, et cette interprétation doit être aujourd'hui considérée comme une loi, que les cours et tribunaux ont depuis ce jour appliquée presque sans exception.
Celte qualification est importante au point de vue de cette question ; car aux termes des arlicles 59 et 60 du Code pénal,
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il ne peut y avoir complicité qu'autant qu'il y a délit. Dès lors, on a souvent conclu que le médecin ou officier de santé, qui assistent un empirique, ne pouvaient pas élre poursuivis, puisqu'il s'agit d'une contravention dont ils ne pouvaient pas légalement être complices. La jurisprudence a été longtemps hésitante; quelques arrêts et même un arrêt de cassation du 25 avril 4 837 avaient déclaré que l'officier de santé ou le docleur, qui signent les ordonnances aveuglément et par une coupable complaisance, devaient être considérés et punis comme complices; mais c'était là une erreur en droit, que plusieurs décisions avaient repoussée avec raison, et de ce conflit était née une grande incertitude.
Il suffira à un empirique, disait-on, de se faire assister par un officier de santé pour rester impuni, et commettre librement les infractions à la loi. En effet, l'officier de santé ne court aucun risque, puisqu'il a le droit de signer les ordonnances et qu'il ne peut pas être déclaré complice de l'empirique; d'un autre côté, l'empirique lui-même est à l'abri, puisqu'il ne signe pas d'ordonnances (corps de délit) et que tout se fait sous la signature et la responsabilité d'un homme diplômé. Certaines Cours d'appel ont même jugé en ce sens, notamment la Cour de Limoges (arrêt du 7 mars 1856), mais c'est une fausse application et une confusion de principes.
Voici comment doit se résoudre la difficulté : 4° En ce qui concerne la somnambule, l'empirique, le charlatan, etc., qui se sont fait assister d'un homme diplômé, ils doivent être poursuivis et condamnés, malgré la présence du docteur ou de l'officier de santé, quand il est évident que la consultation est leur œuvre personnelle et que la présence d'un tiers n'est qu'une précaution prise contre la loi , n'ayant d'autre but que de les soustraire à son application. « Attendu (dit un arrêt de cassation) que les conditions d'études et de diplôme imposées au médecin constituent des garanties exigées dans l'intérêt do la santé publique, et des précautions prises à la fois contre l'ignorance du praticien et contre la crédulité du malade : qu'elles doivent donc se rencontrer dans la personne même de celui qui pratique de fait l'art de guérir ; qu'il ne suffit pas que celui-ci, lorsqu'il est dépourvu de diplôme, place son exercice personnel sous la responsabilité d'un docteur en médecine ou d'un officier de sanlé pour le légaliser. » Il ne saurait donc y avoir aucun doute vis-à-vis de l'empirique.
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2° Il est regrettable, sans cloute, d'avoir à constater que des officiers de santé, et même des docteurs en médecine, oubliant toute dignité personnelle, foulant aux pieds de la loi le respect et l'intérêt professionnels, se prêtent à de pareilles manœuvres et signent, sans contrôle, les ordonnances qu'on leur présente ; mais, hélas ! le fait existe, et il y a même la preuve que certains remettaient des blancs-seings à une somnambule.
Examinons, dans quelles limites, ils peuvent et doivent être poursuivis. Comme en matière pénale, les mots ont une grande importance, nous devons écarter le mot de complice dont o"n se sert dans le langage usuel ; mais à côté du complice, se place le coauteur. « L'auteur du délit, dit M. ttauter, t. I, n° 410, est celui qui commet l'acte même du délit, selon la description du délit faite par la loi ; ainsi, l'auteur du crime d'incendie est celui qui a mis le feu ; celui qui a provoqué à cet acte n'est pas l'auteur de l'incendie ; il en peut être l'auteur accessoire ou l'auteur moral, auclor inlelleclualis, mais il n'est pas l'auteur matériel ou réel. L'auteur du délit peut être multiple, c'est-àdire plusieurs personnes peuvent être ensemble ailleurs du délit; en ce cas, on les appelle coauteurs ou auteurs par complicité; ou bien aussi complices, dans le sens étendu du mot. » Or, si en matière de contravention, la loi n'admet pas des complices proprement dits, il n'en est pas de même des coauteurs, et les coauteurs d'une contravention sont tous également punissables. C'est là une règle formelle et certaine, et il suffit, croyons-nous, de l'énoncer pour en saisir l'importance et l'application dans le cas qui nous occupe. Quel est le rôle du médecin? Il signe l'ordonnance dictée parla somnambule ou l'empirique; cette ordonnance, exécutée, constitue l'exercice illégal de la médecine, donc, il participe directement à l'infraction à la loi et devient, par conséquent, coauteur de la contravention. Uno objection est faite à cette conclusion : c'est, dit-on, un paradoxe inadmissible que de voir un médecin poursuivi pour avoir exercé la médecine.
Une pareille objection n'est pas sérieuse. Il est vrai qu'un médecin, dans la pratique de son art, est libre de recourir à tous les moyens qu'il croit propres à l'éclaircir, même au magnétisme, si bon lui semble; mais il faut toujours que ce soit lui, en définitive, qui juge et prescrive. Il ne peut s'abdiquer lui-même et borner son rôle à couvrir de son nom la pratique médicale d'un tiers au moyen d'approbations données de corn-
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plaisance et sans examen. Un pareil abus aurait pour résultat d'autoriser un médecin légalement reçu à se substituer qui bon lui semblerait dans la pratique de son art, au grand danger de la santé publique, et d'éluder do fait les sages prescriptions de la loi, en ce sens (Arrêt de cassation du 25 avril 1 857).
En résumé donc, et en deux mots, la présence d'un médecin légalement reçu n'empêche pas le délit d'exercice illégal de s'accomplir, et le docteur ou l'officier de santé qui ont assisté l'empirique doivent être poursuivis et condamnés comme coauteurs de la contravention.
Quant à l'application des peines, elle doit, cômm.3 conséquence de la théorie précédente, être réglée par les articles 4 64 et suivants, et Part. 483 du Code pénal, c'est-à-dire les peines édictées pour les contraventions, puisque la loi du 19 ventôse, an XI, ne prononce aucune peine spéciale, et qu'aucun délai exceptionnel n'est déterminé pour la récidive; on retombe sous l'empire du droit commun comme pour les contraventions ordinaires.
Celte solution est contraire à quelques arrêts; mais conforme aux vrais principes de droit, et s'appuie sur de nombreux monuments de jurisprudence et notamment sur un arrêt de la Cour de cassation du 18 août 1 860, reproduisant les motifs déjà adoptés par l'arrêt des chambres réunies du 19 mars 1857. (Union mèd., n° 90.)
Celte judicieuse interprétation a été de nouveau appliquée par arrêt de la Cour de cassation du 3 mai 186G, chambre criminelle, dans le pourvoi de Colandre et Bennati, contre un jugement du tribunal de Lille. L'exercice illégal de la médecine, avec usurpation de titre, a été assimilé au délit et non à une contravention. Par application des articles 59 et 60 du Code pénal, Colandre, docteur en médecine, a été déciaré complice du délit d'exercice illégal de la médecine, commis par Bennati, auquel il avait prêté assistance.
Le débit de drogues médicamenteuses par un individu non muni du diplôme de pharmacien, l'annonce de remèdes secrets et la vente desdits remèdes ont été considérés comme constituant trois contraventions distinctes qui , quoique poursuivies simultanément, ont donné lieu à trois amendes distinctes.
Exercice illégal de la pharmacie. Le docteur C, de la Fertésous-Jouarre, où existent plusieurs officines, livrait et vendait
JURISPRUDENCE
des médicamenis de toute nature à ses clients non demeurant dans cette ville, ainsi qu'il est résulté des débats. Sur la plainte des pharmaciens de cette localité, le tribunal correctionnel, lui faisant application de l'art. 36 de la loi de germinal, l'a condamné à 50 francs d'am9nde, 300 francs de dommages et à tous les dépens. (Union pharmac, janvier.)
Exécution testamentaire académique. En donnant à une Société savante la mission de distribuer des encouragements et "des récompenses, un testateur lui accorde une confiance dont la pensée doit dominer l'exécution de l'acte testamentaire.
C'est l'esprit et non la lettre qui doit dominer dans l'exécution des clauses testamentaires, pour les conditions à remplir, les règles à observer.
Les conditions d'admission des prétendants à l'examen, comme l'examen lui-même, appartiennent sans contrôle au corps savant institué à cet égard juge souverain.
Les prétendants n'ont jamais le droit d'en appeler de ces décisions devant la justice ordinaire.
Les héritiers de l'auteur de la libéralité peuvent, comme ses représentants, surveiller l'exécution du testament.
Ainsi l'ont jugé les tribunaux français en première instance et en appel sur une réclamation formée contre l'Académie do médecine de Paris, à propos du prix d'Argenteuil.
Capacité d'hériter. L'unification législative de l'Italie, basée sur la justice, l'égalité, la liberté, a inauguré, dans la plupart des anciens États, des modifications telles dans les droits et les devoirs légaux des médecins que des progrès réels vont en résulter dans leur position sociale et professionnelle. Ainsi la capacité de recevoir de leurs malades par testament, que par une suspicion injurieuse et systématique pour une classe entière des plus honorables citoyens, la loi leur avait enlevée comme en France, leur a été restituée. Considérant cette exclusion au droit commun comme une mesure de défiance sans motifs à leur égard, les jurisconsultes préposés à la rédaction du nouveau code civil italien, ainsi que le sénat, ont aboli cette incapacité, rendant hommage par ce changement au principe de liberté. Cette réhabilitation est le gage pour les médecins italiens d'une nouvelle ère de prospérité qu'ils devront à l'unité et à la liberté de leur pays.
KYSTES
JURUBEBA. On appelle de cencm, au Brésil, le Solanum paniculatum de la famille des Solanées, qui y croît en abondance sous forme d'arbuste ou d'arbrisseau assez élevé. Il est beaucoup employé, sous les diverses formes pharmacologiques, contre les fièvres intermittentes, les affections du foie, de la rate, les catarrhes de vessie, l'anémie, la chlorose, l'hydropisie et la menstruation difficile.
Comment se former, d'après cela, une idée sur son action? C'est donc aux praticiens à l'expérimenter. On trouve cette plante à l'état de feuilles, de fruits et de racines. Celles-ci sont' longues de 10 à 50 centimètres sur 12 centimètres de circonférence, hérissées de radicelles et de radicules dures, serrées, dont on prépare un extrait d'une amertume très-prononcée. Les tiges sont longues, grêles, hérissées d'aiguillons très-pointus avec des feuilles vertes sans odeur ni saveur. Fruits d'une amertume très-prononcée. (Bull, cfe thèr., janvier.)
KYSTES. Kyste de l'ovaire. C'est surtout dans le cas de liquide visqueux et filant que M. Martineau croit indispensable d'obtenir des adhérences entre les parois du kyste et de l'abdomen, pour pratiquer des ponctions et des injections consécutives, sans danger d'épanchemenl du liquide dans le péritoine. Il rappelle, à propos d'un cas de ce genre, le procédé de son maître, M. Trousseau, consistant à introduire dans un espace mesurant de 6 à 7 centimètres de diamètre, une quarantaine d'aiguilles d'acier, préalablement détrempées, à la distance de 3 à 4 millimètres environ l'une de l'autre. L'aire (l'inflammation survenant autour de chaque aiguille est au moins de 2 millimètres, et il suffit qu'il en soit ainsi pour que le péritoine s'enflamme dans toute la surface piquée. On laisse ces aiguilles en place pendant quatre jours, afin de donner le temps aux adhérences de s'établir; puis on les enlève, et s'il n'y a pas urgence à pratiquer la ponction du kyste, on attend quatre à cinq jours pour permettre aux adhérences de s'établir solidement. Au bout de ce temps, on peut, sans crainte d'accidents, faire la ponction. M. Trousseau la fait précéder d une petite incision à la peau, afin que, dans le mouvement brusque néces-
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sité pour enfoncer le trocart , on ne soit pas exposé à rompre quelques adhérences (foi kyste.
Un des avantages de ce procédé sur tous les autres préconisés pour établir des adhérences entre un kyste, soit de l'ovaire, soit du foie et les parois abdominales , est celui d'être plus prompt, selonM. Martineau. En quatre jours, s'il y a urgence, les adhérences sont assez solides pour permettre de pratiquer sans crainte la ponction du kyste; tandis que dans les autres procédés, application seule de potasse caustique ou application combinée avec l'incision préalable des tissus, il faut attendre un temps plus long. N'aurait-il que ce seul avantage qu'il suffirait pour le faire adopter.
* Obtenir la rétraction du kyste étant le but principal que l'on se propose, il est important de bien fixer le siège des adhérences. Il n'est pas indifférent de les établir à droite ou à gauche, car si le kyste, s'étant développé dans l'ovaire gauche, vous faites contracter des adhérences du côté droit, le kyste ne peut revenir sur lui-même, retenu qu'il est par des adhérences solides, et, de plus, vous vous trouvez en présence d'une vaste poche purulente qui, malgré toutes les précautions pour la laver et la vider, sera un foyer d'intoxication, intoxication à laquelle la malade ne pourra résister longtemps. Ainsi donc, la première question que doit se poser l'opérateur est celle de savoir quel est le point de départ du kyste; car, si celui-ci s'est développé dans l'ovaire gauche, il devra faire naître les adhérences du côté gauche; du côté droit, pour le kyste ovarique droit. Malheureusement, cette recherche n'est pas toujours facile : d'abord, il n'existe aucun signe, si ce n'est tout à fait au début de la maladie , qui puisse permettre de dire que la tumeur s'est développée dans tel ou tel côté; ensuite, parce que la malade ne peut, la plupart du temps, fournir aucun renseignement, et que, même parfois, elle en donne de faux , en disant que la tumeur s'est développée du côté droit, tandis que l'autopsie démontre que le point de départ réside dans le côté gauche. C'est ainsi que, dans le cas actuel, M. Trousseau, vu le développement exagéré du kyste, ne pouvant se rendre compte du point où il avait débuté , a été obligé de s'en rapporter au dire de la malade, qui, à plusieurs reprises, a soutenu que la tumeur avait commencé à apparaître dans le côté droit. Aussi a-t-il choisi ce côté pour établir des adhérences. Malheureusement, le dire de la malade était faux,
KYSTES
ainsi que l'aulopsie est venu le démontrer, le kyste s étant développé dans l'ovaire gauche. Dès lors, on avait la clef de tous les accidents putrides auxquels cette malade avait été en proie , accidents qui avaient précipité la terminaison fatale. Aussi, celte terminaison malheureuse n'infirme-t-elle en rien l'opération; elle montre seulement qu'il est nécessaire, pour son succès, de s'assurer, autant que faire se peut, du point où a débuté la tumeur, car il no saurait être indiffèrent de ne point s'en préoccuper. (Union méd., n° 127.)
Kyste de fépigastre. Il s'agit d'une tumeur survenue spontanément à la suite de vomissements et de douleurs gastralgiques, sans trouble ni altération delà santé générale. A l'entrée du malade à l'hôpital, le 26 janvier, dans la clinique du professeur II. Gintrac, cette tumeur s'étend de l'appendice xiphoïde à l'ombilic, el mesure \ 6 centimèires transversalement, et 20 centimètres d'un hypochondre à l'autre, avec saillie en avant de 6 centimètres environ. Indolente, lisse, arrondie, mobile, sans adhérences musculaires ni changement de couleur à la peau, elle donne une malité absolue, avec sensation de fluctuation profonde, soulevée en massepar des battements isochrones au pouls, sans mouvements d'expansion ni bruit de souffle; elle se montre indépendante du foie et de la rate par la palpation.
Dès le 7 février, des vomissements d'un liquide verdâlre se montrent avec affaissement et profonde altération des traits; la tumeur est très-sensible à la pression, et ces accidents vont en augmentant jusqu'au lendemain, où, à sept heures du soir, le malade vomit à deux reprises 800 grammes environ d'un liquide verdâlre qui met fin à toute souffrance et amène la guérison définitive. (Soc. des hôpitaux de Bord., mars.)
Une observation analogue, mais n'ayant pas le mérite, comme la précédente, d'une description clinique, précise, complète, a été signalée à la Société médicale de l'Aisne, par M. le docteur Péteaux. Il s'agit d'une tumeur assez volumineuse de l'épigastre survenue à la suite d'Une violente contusion faite par un cheval. Un mois après, à la suite de coliques assez violentes, ce voilurier vomit 2 litres environ d'un liquide grisâtre et en rendit autant le surlendemain par les selles, après quoi la tumeur disparut ainsi que les autres symptômes morbides, et le malade se rélablil, (Bulletin n° 1 .)
Kystes hy<Ia<iqucs. — ■ Voy. Foie.
LAIT
LACRYMOTOME. Une des causes les plus fréquentes de l'inflammation du sac, dit M. Galezowski, est le rétrécissement du canal nasal au point où il communique avec le sac. Si, par la méthode de Bowman, on peut franchir les rétrécissements, la guérison n'est malheureusement pas toujours radicale, et les rétrécissements peuvent se reproduire dès qu'on a cessé d'inlroduire les sondes. Appliquant à ces rétrécissements la méthode employée contre ceux de l'urèthre, il propose d'inciser préalablement le point rétréci. 11 fit exécuter dans ce but un lacrymotome caché, qui, de même que les urétlirolomes, ne coupe que dans un endroit bien circonscrit, et peut être ensuite retiré du sac lacrymal sans blesser ni couper les parties saines.
Il se compose d'une canule très-fine, grandeur naturelle, dans laquelle glisse une lame, mue par un levier qui la fait avancer sur un plan incliné métallique, et la fait sortir.
Une petite seringue avec une longue canule, grandeur naturelle, est destinée à des injections du canal nasal et du sac lacrymal; la canule est percée de trous ou de petites fentes dans toute sa longueur, et bouchée à son extrémité; en poussant le bouton de la seringue graduée, on fait sortir le liquide par toute la surface de la canule et le canal dans lequel elle est introduite se trouve ainsi lavé.
Ces deux instruments ont déjà été appliqués avec succès sur des malades de la clinique de l'auteur. (Acad. de méd., nov.).
LAIT. Si l'usage de la diète lactée, en thérapeutique, est de tous les temps, et a dû être surtout employée aux périodes exclusivement empiriques de la médecine, il faut reconnaître, qu'en raison même de l'obscurité de son action, elle a été trèsdélaissée, négligée dans ces dernières années, sous le règne des doctrines anatomo pathologique, chimico- physiologique, positiviste, cellulaire, microscopique. On ne pouvait être satisfait de ces explications vagues, auxquelles on est obligé de recourir, pour se rendre compte des bienfaits de cette méthode thérapeutique. Mais la réaction se faisant dans les esprits, ceux-ci ont abandonné les théories préconçues pour s'en tenir aux résultats positifs, évidents, et dès lors la diète lactée tend