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MUSCLES

d'une part et la pince myographiqûe de l'autre, il a mesuré les degrés et la fréquence des secousses constituant la contraction. Tandis que les effets d'une secousse unique est à peine sensible, la courbe du muscle est très-évidente et a un niveau plus élevé si elles sont nombreuses, et d'autant plus qu'elles se succèdent rapidement. D'où cette loi que le raccourcissement moyen du muscle est d'autant plus marqué que les excitations électriques sont plus rapides. L'amplitude des oscillations diminue à mesure que leur fréquence augmente. Des excitations électriques de fréquence croissante sont ainsi nécessaires pour représenter la contraction du tétanos. (Acacl. des se, mai.)

Bien que ces curieuses expériences n'aient porté que sur les muscles de la vie animale , sans que l'effet coïncidant des muscles voisins ou congénères ait été apprécié ni déterminé, on peut prévoir qu'elles auront plus tard d'utiles applications en pathologie pour mesurer, par exemple, l'intensité de la contraction dans le tétanos et mesurer la fréquence et l'intensité de l'électrisation. On pourra désormais la régler à volonté et d'une manière précise suivant les indications. On pourra de même rechercher l'état de la contraclilité pour le diagnostic des convulsions, des ataxies locomotrices, des atrophies musculaires, des paralysies essentielles au début de ces affections, alors qu'elles sont encore douteuses. Cette nouvelle expérimentation est donc d'une grande portée. Voy. Respiration.

Altérations musculaires. Constatées dans la fièvre typhoïde notamment, elles ont été observées dans plusieurs autres maladies par M. Hayem, interne des hôpitaux. Jusqu'à présent voici les cas où il les a recherchées, et les a trouvées constamment :

Scarlatine \

Rougeole 2

Erysipèle ambulant complique do méningite 1

Méningite tuberculeuse cliez une petite fille de 13 ans. . 1

Tubcrculisation généralisée aiguë \

Fièvre puerpérale avec abcès métastatiques 1

Pour donner à ces faits leur véritable valeur, il faut dire que ce sont les seuls exemples de ces maladies examinées sous ce rapport; par conséquent, il n'y a pas eu à noter de résultats négatifs. De plus, dans un grand nombre d'autres maladies, on trouve toujours au contraire le système musculaire parfaitement

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sain ou bien atteint, comme dans l'alcoolisme chronique, par exemple, d'altérations graisseuses qu'il ne faut pas confondre avec celles dont il est ici question.

C'est ainsi que, dans les cas de phlegmasie, de cachexies tuberculeuse ou cancéreuse, de maiadie de Bright et un grand nombre d'autres affections, les résultats ont toujours été négatifs. Dans le choléra, où l'on avait cru trouver des altérations analogues, la conservation parfaite des fibres musculaires, au contraire, était toujours parfaite, même lorsque la maladie ne se terminait fatalement qu'après une longue période typhoïde. C'est ce qui a été observé chez une femme qui n'a succombé que le quatorzième jour. Mais, lorsque le choléra est survenu chez des malades .atteints antérieurement de fièvre typhoïde (2 cas), de variole (1 cas) ou de rougeole (i cas), les altérations musculaires se montrent comme on l'a vu. (Soc. de biol.) — V. Paralysie atrophique.

NARCOTIQUES. Un coupd'œil rétrospectif sur leur emploi, pendant les quinze dernières années, a été publié par le docteur Schmelzer de Gotha , d'après les travaux écrits ou traduits en allemand. (AU. Zeilschr. [UrPschy. , -I865.) M. le docteur Ingels, en traduisant ce travail dans le Bull, de la Société de médecine de Garni (décembre), y a ajouté plusieurs notes additionnelles qui en font un résumé assez complet de l'état de la thérapeutique à cet égard.

NECROLOGIE, Baffos Alexis René, membre de l'Académie de médecine et ancien chirurgien des hôpitaux, ayant joui autrefois d'une grande notoriélé chirurgicale , comme le protégé d'Antoine Dubois, est mort à Paris, le 16 avril, âgé de quatre-vingt-neuf ans. Depuis longtemps, le mauvais état de sa vue, totalement perdue depuis sept ans, l'avait obligé de prendre sa retraite, de telle sorte que son nom était à peu près oublié avant sa mort.

Baiiy Victor, l'ancien délégué avec Pariset, pour l'étude de de la fièvre jaune en Espagne, et qui lui valut une juste célébrité, par la sagesse de ses travaux et de ses opinions sur ce

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sujet ; ancien médecin de l'Hôtel-Dieu, membre de l'Académie de médecine, officier de la Légion d'honneur, etc., a sucombé âgé de quatre-vingt-douze ans, à sa campagne, où il vivait dans une paisible retraite depuis plus de vingt ans. Une parfaite loyaulé était le trait distinctif de ce caractère antique.

Barlow, médecin de l'hôpital Guy, est mort soudainement à Londres, le 13 octobre, âgé seulement de soixante ans. Des recherches cliniques persévérantes sur le diagnostic lui avaient acquis une grande réputation parmi tous ses confrères. Rédacteur en chef des Reports de cet hôpital, auteur d'un Traité des maladies des reins et d'un Manuel de médecine pratique, il a montré par là son amour du travail dont il n'a pu recueillir le fruit.

Barrct Hippolyte a sucombé, à cinquante-quatre ans, d'épuisement, de consomption médicale résultant des sollicitudes, des fatigues de sa profession. Nature délicate, cœur dévoué et sensible, il s'est usé autant par les blessures de l'esprit que par les labeurs du corps. Sa ville natale, Carpentras, gardera longtemps le souvenir de cetesprit d'élite.

Benoist Hippolyte F. P., médecin du théâtre de la Porte- Saint-Martin , chevalier de la Légion d'honneur , emporté à soixante ans à peine par une affection organique du cœur. Son esprit vif, ingénieux, qui le fit réaliser des perfectionnements estimés, relatifs à l'électricité, en collaboration avec M. Marié- Davy, son caractère élevé, juste, sa sensibilité exquise ont pu en être l'origine, comme son dévouement sans bornes à ses amis, à ses malades, en ont précipité l'issue fatale. Objet d'une basse dénonciation politique en 1832, relative à la tentative d'assassinat de Louis-Philippe, il en subit avec courage et dignité toutes les conséquences. Aussi la mémoire de cet homme digne, au cœur si bon, survivra-t-elle chez tous ceux qui ont pu l'apprécier.

Bcssièrcs, ancien professeur à l'École de médecine de Toulouse, a été victime d'un acte de dévouement. Un incendie ayant éclaté dans son quartier, il descendit, quoique mal portant, pour porter aide, et il aidait courageusement, lorsque, sentant ses forces le trahir, il remonta chez lui. A peine avaitil gravi les premiers degrés de l'escalier, qu'il s'affaissa et rendit lo dernier soupir. Ce trait peint l'homme.

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Boddacrt ./., chirurgien-principal de l'hospice civil de Gand, chevalier de l'ordre de Léopold, a succombé à soixantetreize ans, après une carrière aussi laborieuse qu'honorable et dignement remplie.

Boilcnu de Castdnau Alphonse Auguste Raimond, médecin de la Maison centrale de détention, chevalier de la Légion d'honneur, membre du Conseil général du Gard, mort à l'âge de quarante et un ans, à Nîmes. Ses litres, en révélant son mérite, disent assez ceux qu'il aurait pu obtenir en vivant davantage.

Chaiiiy-nonorc, auteur d'un traité d'accouchement estimé et de plusieurs autres travaux d'obstétrique, était devenu l'un des accoucheurs les plus occupés de Paris. Tout son succès, paraît-il, consistaità savoir attendre. Membre de l'Académie de médecine , il ne prenait que peu de part à ses travaux. Choisi par le prince Napoléon, pour mettre au monde son premier-né, il dut, à cet honneur, d'obtenir la décoration de la Légion d'honneur et celle des saints Maurice et Lazare. Une congestion pulmonaire, survenue pendant un accès de fièvre intermittente, l'enleva, le 1 8 janvier, à soixante ans.

Colnzzi, l'habile opérateur napolitain, a causé, par sa mort, une douleur profonde, générale, comme le maître de la plupart des jeunes chirurgiens dont s'honore actuellement l'école napolitaine. — Aucun titre ne serait aussi glorieux pour sa mémoire que ce témoignage de considération professionnelle.

Comte Achille est mort à Nantes, recteur de l'Académie, à l'âge de soixante-quatre ans. Fils et petit-fils de médecin, il voulut l'être aussi, mais sans en exercer les fonctions. Il s'a donna à l'étude des sciences naturelles, et fut constamment employé dans l'administration.

Counlly John, l'auteur du No-restraint, l'un des aliénistes les plus distingués de l'Angleterre , frappé d'apoplexie, le 5 mars, a succombé, après quelques heures, à l'âge de soixantedouze ans. Zélé pour la science, ami sincère do l'humanité, esprit progressif, telles furent les qualités qui rendront son nom impérissable aussi bien que ses nombreux travaux de psychia-

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trie, et qui le feront figurer à la suite de ceux des Pinel, Esquirol, par les importantes réformes qu'il introduisit en Angleterre dans le traitement des aliénés.

Dassiur Adolphe, enlevé soudainement le 10 mai, à quarante-neuf ans, au moment où il venait d'atteindre le but de plusieurs travaux intéressants et de toute sa vie : sa nomination à la chaire de clinique externe à l'École de médecine de Toulouse. Trésorier de l'Association locale des médecins, membre distingué de la Société de médecine, il devait ces distinctions à son mérite et à son caractère honorable et doux. C'est une perle vivement sentie pour l'avenir du corps médical toulousain.

Del Chiappâ, professeur de clinique médicale à l'Université de Pavie, est mort dans cette ville, à quatre-vingt-cinq ans, le 29 avril, après une laborieuse carrière. Outre plusieurs mémoires de médecine pratique, il s'est fait l'historien de la vie et des doctrines de Borda, de Rasori, de Macoppe, et a traduit le VIIIe livre de Celse, alliant ainsi à sa propre instruction l'instruction des autres.

Dusol, ancien interne de Dupuytren, avec Legroux et Horteloup, après un exercice laborieux, dévoué et des plus honorables de quarante ans à Paris, est mort, le 1 6 avril, à soixanteneuf ans, en distribuant la plus grande partie des économies de cette longue pratique aux institutions dont il avait pu apprécier les actes de bienfaisance, et ses livres et ses instruments aux enfants de ses deux condisciples. Témoignage éclatant de la bonté de cœur de ce digne médecin, dont la thèse sur la Luxation du métatarse a eu les honneurs de la réimpression en

Fournier Deschnmps, praticien de Paris dans toute l'acception vulgaire du mot. Toute son ambition consista à faire le plus de visites, commo si la quantité pouvait en racheter la qualité. Jamais il ne sortit de chez lui sans y laisser son itinéraire, avec l'adresse et l'heure de ses stations, afin de ne pas manquer les visites qui pouvaient se présenter pendant son absence. Descendue à ce niveau professionnel que trop de médecins adoptent, la pratique n'est plus une science ni un art, c'est un métier, et l'on peut dire de ceux qui s'y adonnent qu'ils profanent le temple.

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Frite, jeune médecin d'avenir, dont le savoir polyglotte et l'aptitude se révélaient dans ses travaux journaliers de la presse. Lauréat médaille d'or de l'internat des hôpitaux de Paris, il eût obtenu avec distinction tous les grades successifs dont celui-ci était la promesse et la garantie. Seul et obligé de vivre par son travail, au jour le jour, il fut atteint du choléra et succomba sans secours, le 20 août; mort qui a vivement impressionné tous" ceux qui le connaissaient!

Gambarini Alessandro, médecin du grand hôpital de Milan, se distingua par une pratique savante et désintéressée. Sans famille, il se dévoua entièrement à sa profession comme phisieurs travaux en témoignent , ainsi que la bibliothèque et rinstrumentarium qu'il a laissés. Mort le 23 janvier à soixantequatre ans, profondément regretté de tous ses collègues.

Ganderax, médecin principal de première classe, jouissait d'une haute considération dans le corps du service de santé militaire. Il est mort à cinquante-cinq ans à l'établissement thermal militaire de Barèges, qu'il dirigeait. Dans la guerre de Crimée et d'Italie comme en Algérie, il fit preuve d'une observation lucide, d'un jugement sûr et de solides qualités qui l'élevèrent au rang distingué qu'il occupait, et lui valurent de nombreuses distinctions honorifiques.

Gidcrt, médecin de l'hôpital Saint-Louis pendant plus de vingt ans, fut un des continuateurs des doctrines de Biett qu'il propagea surtout par ses leçons annuelles sous les tilleuls de ce vaste établissement. Son Manuel des maladies de la peau a eu un succès mérité. Son diagnostic était rapide et précis. Malgré une clientèle répandue et choisie et les titres de membre de l'Académie de médecine, agrégé de la Faculté, chevalier de la Légion d'honneur, Gibert ne fut jamais heureux suivant le monde. Il était d'un caractère triste, austère, estimant, peu le monde et la vie, vivant isolé, retiré ; sa foi religieuse suffisait seule à son bonheur. Aussi, atteint du choléra, mourut-il stoïquement en véritable chrétien, ne voulant rien faire pour combattre le mal, et répétant cette parole de soumission : Fiat volunlas tua.

Gould Auguste, docteur en ■médecine à Boston, président de

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la Société médicale du Massachusetts, est mort subitement du choléra le '1 5 septembre, à l'âge de soixante et un ans. Fils d'un simple fermier et destiné à suivre la carrière de son père; la contemplation de la nature éleva ses sentiments, et par un travail persévérant, une force de volonté remarquable, il devint non-seulement un médecin distingué, mais un des naturalistes les plus savants des Etats-Unis. Après des cours particuliers de botanique et de zoologie au collège Harvard, il traduisit Lamarck (Coquilles), Gall, Rostan (Diagnostic) et publia les principes de zoologie, avec le professeur Agassiz et plusieurs autres travaux sur les mollusques. Ces travaux, en le faisant admettre dans la plupart des corps académiques de l'Europe, témoignent hautement de ses rapports avec les plus grands naturalistes de l'Europe, de l'activité et de la distinction de son esprit. Les Etats-Unis et notamment le Massachusetts, perdent en lui un de leurs plus illustres enfants, et la France, un de ses habiles interprètes.

Goyrantl, chirurgien en chef de l' Hôtel-Dieu d'Aix, associé de l'Académie impériale de médecine, une des rares illustrations chirurgicales do province dont l'avis et les actes étaient pris en haute considération par les sommités parisiennes, en raison de ses nombreuses innovations, opérations et de leur valeur, a terminé sa laborieuse carrière le 25 juin, âgé seulement de soixante-trois ans.

Grimand Aimé, ayant occupé constamment des postes officiels dans l'administration, a succombé le 10 janvier, âgé de soixante-seize ans. Lettré, il publia un grand nombre de travaux de médecine et d'autres, et obtint ainsi une certaine notoriété parmi les praticiens de Paris.

Giiiiiot Natalis, professeur à la Faculté de médecine de Paris, officier de la Légion d'honneur, est mort à Nice, le 9 novembre, âgé seulement de soixante-quatre ans. Modeste et indépendant, il a toujours vécu dans l'isolement de toute camaraderie professionnelle, consacrant tout son temps à l'étude, aux recherches anatomo-microscopiques profondes et persévérantes, et vivant en vrai savant. Aussi lui doit-on plusieurs mémoires originaux qui ont pris place dans la science et qui y resteront pour perpétuer son nom, et une vie trop courte et si

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bien remplie. Son dernier vœu a été de disparaître de ce monde comme il avait vécu, sans apparat ni discours officiels.

Gunther, chirurgien très-distingué, chef de la clinique chirurgicale de l'hôpital de Leipsick. Victime de l'épidémie cholérique, il a laissé de profonds regrets parmi ses confrères et ses concitoyens.

llastings Charles, docteur en médecine et fondateur de la Brilish médical association, est mort à Londres, le 30 juillet, âgé de soixante-treize ans, à la vei'le de la trente-quatrième réunion annuelle de cette grande association, à Chester. Connu par cette œuvre, aimé, honoré pour ses bienfaits, de toute la corporation médicale du Royaume-Uni, il laisse ainsi une mémoire qui lui survivra autant que cette association.

limiter Georges Yales, a succombé maire de Margate, à soixante-dix ans. Quoique simple praticien, sa réputation était telle, surtout par sa pratique chirurgicale heureuse dans l'île de ïhanet, qu'il élait aussi connu du public et de ses confrères, que les sommités médicales de Londres. Honnête, loyal, dévoué, et d'un caractère inébranlable, il entourait sa vie professionnelle de rapports dignes et pleins de délicatesse ; aussi sa mort a-t-elle été généralement regrettée. Quelques travaux scientifiques marquent son nom dans la littérature anglaise.

L.-niiourou.x J. F., chevalier de la Légion d'honneur pour ses nombreux services de bienfaisance, est mort à soixantetreize ans, usé avant le terme par une vie des plus actives et des plus laborieuses. 11 ne savait pas refuser ses soins, ni calculer s'ils seraient ou non rétribués. Profondément convaincu de la doctrine chrétienne, il y conforma tous ses actes et peut compter ainsi parmi les praticiens les plus honorables de Paris.

Lccwur Jules, professeur à l'École de médecine de Caen et connu par différentes productions comme l'un des plus vaillants travailleurs parmi les médecins de province, a succombé à cinquante-huit ans à une affection du cœur, en laissant à son fils le soin de continuer la réputation qu'il s'était acquise.

Mackcsy, le docteur, doyen et chef vénéré de la corporation

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médicale irlandaise, a succombé à Dublin. Malgré son âge trèsavancé, sa mort a été un deuil public et a été l'objet des plus honorables manifestations dans toutes les classes de la société. Mourir ainsi, c'est vivre deux fois.

Mèiicr François, inspecteur général des services sanitaires, membre de l'Académie de médecine, commandeur de la Légion d'honneur, etc., etc., a succombé à Marseille pendant une mission sanitaire qu'il accomplissait le 9 septembre, âgé à peine de soixante-huit ans. Doué d'un esprit juste, de distinction et do fermeté, il y joignait une grande bienveillance qui attirait à lui et lui conciliait toutes les sympathies. On pouvait le contredire sans jamais exciter ni rencontrer chez lui humeur ni rancune. S'il contredisait lui-même, c'était toujours avec modération et convenance. Tour à tour praticien et savant, il se distingua également dans ces deux carrières et sut toujours s'élever au niveau de sa position. Ses mémoires ayant surtout trait à l'hygiène publique, témoignent par leur haute valeur de tout le mérite de M. Mêlier et do sa perle pour l'administration.

Montagne Jean François Camille, membre de l'Institut et de l'Académie de médecino, ancien chirurgien de marine et chirurgien en chef des armées, officier de la Légion d'honneur, a succombé à quatre-vingt-un ans. Plutôt connu comme botaniste que comme médecin, tous ses travaux se rapportent à l'histoire naturelle, et la profession ne peut revendiquer sa mémoire que par la haute honorabilité de toute sa vie de savant.

Morison Alexandre. M. D. condisciple de lord Brougham, à Édimbourg, a succombé le 14 mars, à quatre-vingt-sept ans. Ancien chirurgien ordinaire de la princesse Charlotte, en 1 816, il s'adonna ensuite à l'étude des maladies mentales, et placé à la tôle de plusieurs établissements consacrés à leur traitement, il se montra constamment l'émule de John Conolly, qu'il suivit de quelques jours dans la tombe. Sa Physiognomonij of mental discases en est le -meilleur témoignage. Il a institué avant de mourir, sous la direction du Collège des médecins d'Edimbourg, un cours annuel de six leçons sur ces maladies, avec un prix pour le surveillant qui s'acquitte le mieux de ses fonctions. Dévouement touchant pour les pauvres infortunés privés de leur raison ! On ne peut mieux finir.

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Parehappe, inspecteur général des aliénés de France, officier de la Légion d'honneur, a succombé le 12 mars, à un cancer de l'estomac qui le tourmentait depuis plusieurs années, âgé de soixante-cinq ans seulement. Aussi le trait saillant de son caractère était-il un sentiment extrême de sa personnalité que l'on peut rapporter à celte maladie. C'est ce qui l'empêcha de devenir membre titulaire de l'Académie de médecine, dont il était correspondant, ne voulant pas se plier aux exigences des visites^ Son talent l'en rendait bien digne, ainsi que ses travaux et ses titres ; mais sa fierté dédaigneuse l'en éloignait. Médecin savant, administrateur habile, philosophe lettré, il laisse sous ce triple rapport des travaux qui témoigneront au moins à la postérité de sa vie laborieuse et sans cesse occupée.

Pccchioli, professeur de clinique chirurgicale à l'Université de Sienne, et dont l'habileté opératoire lui valut de bonne heure une grande renommée en Italie, a succombé à Florence, enlevé par une maladie chronique qui le tenait depuis de longues années éloigné de la pratique et de ses éludes.

Pénavd Jean-Louis, chirurgien de l'hospice de Versailles, et président de l'Association locale, chevalier de la Légion d'honneur, a succombé âgé de soixante-neuf ans. Notabilité airîiée et respectée du corps médical de Seine-el-Oise, il revit dans son neveu qui a hérité de ses places, comme de ses qualités de cœur et d'esprit.

Pincl Casimir, neveu du grand Pinel et l'un des derniers représentants de ce grand nom de la médecine française, a succombé à l'âge de soixante-cinq ans. En suivant de bonne heure les tradilions de son oncle, il en a porté le nom avec honneur et distinction par divers travaux sur l'aliénation mentale.

Raiicr, l'ancien fondateur de l'École préparatoire à l'étude de la médecine, médecin du lycée municipal Rollin, fut toute sa vie un homme des plus laborieux. Ses succès scolaires comme interne, et chef de clinique, témoignent de ses études assidues. De nombreux travaux de matière médicale occupèrent ensuite sa jeunesse, et parvenu à l'âge mur, il se consacra entièrement à la pratique dans un quartier pauvre et populeux.

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Rcvel Eugène-Nicolas, médecin des plus considérés de la Savoie, est mort à Chambéry, le 31 décembre 1865, après avoir été médecin du roi et de la famille royale de Piémont avant la réunion de la Savoie à la France, et occupé la chaire de physiologie. Par son zèle et l'honorabilité de son caractère il mérita l'estime de tous ses concitoyens, et obtint une clientèle distinguée.

Rostan Léon, professeur honoraire à la Faculté de médecine ' de Paris, membre de l'Académie, commandeur de la Légion d'honneur, a succombé dans sa soixante-dix-septième année, le 4 octobre, après six années de souffrances et de luttes contre l'affection cérébrale qui l'avait frappé et l'a emporté. Maître éminent, comme ses ouvrages et les élèves qu'il a formés en témoignent et en témoigneront à la postérité, Rostan restera le clinicien modèle, le clinicien par excellence. La génération médicale de 1815 à 1850, formée sous ses puissantes leçons de la Salpôtrière, de la Pitié et de l'Hôtel-Dieu, a ainsi propagé partout sa méthode féconde. Il fut un des membres les plus remarquables de cette pléiade de talents formée des Chomel, Andral, Bouillaud, Cruveilhier, qui durant celle époque illustrèrent l'enseignement de la Faculté de médecine de Paris. Comme Laennec, Bayle et tant d'autres qui ont étudié spécialement la maladie dont ils sont morts, c'est au ramollissement cérébral, que le premier il avait bien fait connaître, que ce grand médecin a succombé.

Rouanct, l'auteur de la théorie des bruits physiologiques du cœur par le claquement valvulaire, présentée dans sa Ihèse inaugurale, le 31 août 1832, la plus satisfaisante pour l'esprit, et la mieux d'accord avec l'observation exacte de tous les phénomènes, est mort à la Nouvelle-Orléans, dans l'obscurité et l'oubli, après une lente désorganisation cérébrale.

Schncpp Benjamin, chevalier de la Légion d'honneur et du Medjidié de Turquie, lauréat dans plusieurs concours scolaires. Après de brillantes études, il était allé comme médecin sanitaire en Egypte, où, après un séjour de plusieurs années, il publia un bon livre sur le climat de cette contrée. Mais son esprit aventureux l'ayant fait revenir à Paris, il repartit bientôt comme vice-consul à Djeddah où, malgré son acclimatement en Orient, il trouva la mort presque aussitôt son arrivée. ■

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