La doctrine chrétienne attestée par le li^'re des Actes
On aurait grand tort de chercher dans un livre comme les Actes un exposé complet de la doctrine chrétienne à l'époque apostolique. Ce n'est guère que dans les discours que nous trouvons des éclaircissements sur la prédication apostolique. Et encore ces discours n'exposent que la première prédication des Apôtres à un auditoire de juifs ou de païens; c'est l'Evangile oral que nous entendons là, bien longtemps avant qu'il ait été consigné par écrit. C'est celte prédication primitive, ce témoignage d'ensemble de la comnmnauté chrétienne au temps des apôtres qu'on a justement appelé le cinquième Evangile. Si nos conclusions sur les sources des Actes et la valeur histori(pie de ce livre sont exactes, c'est dans les Actes surtout qu'il faudra chercher l'objet de cette prédication.
Aux Juifs, les Apôtres prêchent avant tout la messianité de Jésus (11, 5-36; m, 12-26; x, 87-48). Ils la prouvent surtout par les Ecritures, l'argument favori pour la raison juive formée à la lecture de l'Ancien Testament. La christologie est peu développée : ils n'insistent pas beaucoup sur la préexistence du Christ : le juif qui écoutait ce discours, l'admettait aisément. Jésus était mort sur la croix « selon le dessein arrêté et la prescience de Dieu » (11, 28); ressuscité, il répandait l'Esprit sur ses disciples (v, 82)
APOTRES (SYMBOLE DESl
et « c'est par lui que le pardon des péchés est annoncé x' (x. 38); poiu- être sauvé il faut croire en Lui (iv, 10-12). Cf. E. Maxgenot, Jésus Messie et J-'ils de Bien ci a près les Actes des Apôtres, Revue de l'Institut catholique de Paris, 190 y, p. 385-423, et en brochiu'e, Paris, 1908.
Aux païens, le missionnaire inculque avant tout le monothéisme (xiv, i4-i6; xaii, 22-3i) pour les jn-éparer à accepter la doctrine du Christ. On entre dans la vie ciirétienne par le baptême qui lave la souillure du péché et donne l'Esprit (11, 38); les fidèles se réunissent souvent pour prier et rompre le pain (11, 42), ce que beaucoup d'interprètes entendent de l'Eucharistie.
Il n'est pas possible de continuer ici l'examen de la théologie enseignée dans les premiers chapitres des Actes. Certes, la terminologie qu'on y trouve diffère encore beaucoup de la terminologie paulinienne. et c'est un nouvel argument pour le caractère ui apostolisch de ces discours et l'emploi d'une source ])alestinienne dans la première partie des Actes. Mais les points principaux de la doctrine chrétienne sont déjà bien fixés, et pour en arriver à la théologie paulinienne ou joannine il ne faudra pas une évolution radicale. Tout en tenant bien compte que c'est un Anglican qui écrit, on consultei-a utilement G. Stevens, The Theology of the New Testament, Edinburgh, 1901, IIP p., chapitre 11.