L'organisation ecclésiastique d'après le li^re des Actes
Grâce à l'ouvrage de Luc nous poxivons aussi nous faire une idée de la direction de la communauté chrétienne primitive.
A Jérusalem la communauté est d'abord gouvernée j)ar les Apôtres; plus tard elle est présidée par Jacques, le frère du Seigneur (xxi, 18); à côté de lui, il y a des presbytres, chargés sans doute de l'aider dans sa fonction (ib., cf. xi, 3o, xv, 23). Dès le début les Apôtres avaient institué des diacres pour la distribution régulière des aumônes. On leur avait imposé les mains, et ils prêchaient aussi la parole de Dieu (vi, i-io).
Dans les autres communautés, l'apôtre missionnaire exerce le pouvoir. Là aussi, il y a des j^resby très chargés de gouverner la chrétienté (xiv, 23; xx, 17). Ces presbytres sont appelés aussi épiscopes (xx, 17,28), d'où l'on conclura que les deux termes sont s jnonymes. Nous n'apprenons pas toutefois dans les Actes la nature et l'étendue des fonctions sacrées qui leur sont réservées.
Les fidèles, tout en étant fort unis à leurs chefs, leur doivent obéissance et soumission : la hiérarchie ne gouA'erne pas en vertu d'une délégation, mais en vertu d'une institution (xiv, 23).
Ces simples constatations ont leur importance: elles prouvent tout d'abord que l'institution des diacres et des presbytres vient des Apôtres, eux-mêmes « envoyés du Christ ». La hiérarchie à trois degrés, cvêqiies, prêtres et diacres, que nous trouvons en Asie Mineure dès le début du second siècle, et bientôt après dans toute la chrétienté, a du moins sa racine dans la volonté du Christ. On pourra discuter, sans doute, si les prêtres de premier ordre ou évêques répondent aux apôtres et délégués d'apôtres, les I)rètres de second rang aux presbylres-épiscopes de l'âge apostolique, ou bien si les presbytres-épiscopes d'alors jouissaient tous de la plénitude du sacerdoce. Mais cette question délicate, que nous n'avons pas à traiter ici, n'est pas inséparable de l'origine aijostolique et divine de la hiérai-chie ecclésiastique.