‹ Dictionnaire apologétique de la foi catholiqueChapitre 165 sur 214 · L'ange de la piscine probatique, Jean, v · texte numérisé non relu

L'ange de la piscine probatique, Jean, v

3<'-4. — Objections à l'authenticité. — Le texte grec ordinaii-e porte à cet endroit, \. 3' , que les malades, couchés sous les portiques, étaient « attendant le mouvenienl de leau ». Et il ajoute, v. 4 : « Or, un ange du Seigneur descendait de temps en temps dans la piscine et agitait l'eau ; le premier donc qui entrait après le mouvement de Teau, se trouvait guéri, de quelque maladie qu'il fût atteint. » — Le v. 'if^ seul manque dans les manuscrits AL; le v. 4 seul manque dans le codex D et un certain nombre de manuscrits latins ; le tout manque dans N, B, C et la version syriaque curelonienne.

Le passage entier est rejeté en marge dans les éditions deTischendorf, ^Yestcott-Hort, Nestlé. M. Loisy, Le quatr. Evang., p. 389, croit également à une interpolation destinée à combler une lacune apparente du texte primitif.

Réponse. — Cependant l'authenticité du morceau est établie par des raisons critiques du plus grand poids. Il ligure dans la Vulgate latine, dont nous connaissons la haute valeur; on le trouve dans la plupart des manuscrits de la Vulgate antérieure à saint Jérôme; il était déjà connu de Tertullien.

Au point de Aue interne, il ne renferme rien qui détonne sur le reste du quatrième Evangile. Au contraire, la digression amenée par l'explication qui vient s'insérer dans le récit est tout à fait conforme à la méthode ordinaire de l'auteur. — On trouve même un cachet franchement johannique dans la proposition : « le premier donc qui entrait... » — Enfin, le passage paraît exigé par le contexte : le renseignement qu'il fournit, en efïet, semble une explication nécessaire du v. 7, où le malade dit à Jésus : « Seigneur, je n'ai personne pour me jeter dans la piscine quand l'eau a été agitée ; et pendant que j'y vais, un autre descend avant moi. »

Il est donc probable que le passage a été omis, non sans doute par une suppression A'olontaire et tendancieuse, mais d'une façon accidentelle, dans un manuscrit type qui en aura influencé un bon nombre d'autres aux m' et iv* siècles.

L'authenticité du morceau, rejetée par quelques auteurs catholiques, comme Brassac, Manuel biblique, t. III, 1910, p. 173; et en partie Calmes, L'Evangile selon S. Jean, 1904, p. 220, est reconnue, au contraire, de Strauss, Nouvelle vie de Jésus, i864, t. Il, p. iBg; Reuss, La théologie johannique, 1870, p. 167; H. J. HoLTr»MANX, Das Evangeliuni des Johannes, 2* éd., 1893, p. 88; 3° éd., refondue par W. Baueb, 1908, p. 118; Maxgenot, art. Jean {Evangile de S.), dans le Dict. de la Bible, t. III, 1903, col. 1173-117Ô.

48. A CONSULTER. — Jacquier, IListoire des livres dui\. T., t. II, p. 486-607; t. IV, p. 278-280; Brassac, Manuel biblique, t. III, 1910, p. 79, 99, 171 sq.

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