‹ Dictionnaire apologétique de la foi catholiqueChapitre 51 sur 214 · PERIODES · texte numérisé non relu

PERIODES

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I. Ce nombre est la moyenne entre le chiffre le plus bas de la période, 52 180 (18GG), et "le chiffre If plus haut, 60.420 ^18721.

a. CVst le chiffre de 1901. 11 ne doit pas élre trop clevé pour une période ou les instituteurs et les institutrices congréganistes occupaient un si grand nombre d'écoles publiques, d'où ils ont ete chassés depuis sans pouvoir ouvrir à côte partout — il s'en faut bieu ! — des écoles libres.

3. Ce nombre est la moyenne entre le chiffre le plus bas de la période, 52.180 (1866), et le chiffre le plus haut qui est le chiffre le plus récent, 1 10.669.

ter, les deux dernières périodes sont de quatre années chacune, tandis que la première est de trente ans. C'est dans le cours de ces trente années que le changement de la moyenne a eu lieu en faveur du personnel enseignant laïque. Pour qu'on puisse s'en rendre compte plus aisément, partageons, en ce qui regarde ce personnel, la série trentenaire en trois séries décennales. Nous ajouterons les résultats qui concernent les maîtres congréganistes, afin qu'on puisse toujours comparer.

{Voir le second tableau de la colonne précédente.)

Ainsi, au lieu de 3o condamnations annuelles que le groupe des maîtres laïques présentait de 1876 à 1884, il n'en présente plus que 9 (en chiffres ronds) de i885 à 1894!

La moyenne se maintient à 9, on l'a vu plus haut, de 1894 à 1898, et de 1898 a 1902 (exclusivement), elle descend à 6 (exactement 6,3i5)!

2* L'invraisemblance du changement et ses motifs. — C'est une conversion subite et définitive, telle qu'il ne s'en était encore jamais vu pour un vaste ensemble d'hommes, vivant séparément et loin les uns des autres.

De quelque côté qu'on étudie le phénomène, il apparaît comme prodigieux. Voyez, pai" exemple, non plus les condamnations, mais les accusations criminelles.

Sans remonter jusqu'au delà des deux exercices iS^o-iS';!, dont la statistique n'a pas été publiée, en commençant à 18'; 2 pour s'arrêter à i884, on voit que, dans cet espace de treize ans, les maîtres laïques ont essuyé 253 accusations pour crimes. Ils deviennent deux fois plus nombreux, et l'administration de la justice ne trouve plus à en accuser, en dix-sept ans, de i885 à 1901, que 201 !

201 accusations, en dix-sept ans, quand, dans les treize années précédentes, le même groupe en avait fourni 253, pour un personnel moitié moins considérable.' Ce qu'il faut bien noter.

Bref, le personnel laïque présentait alors, en moyenne, 19 accusations par an (négligeons les fractions); depuis i885, il n'en présente pas tout à fait 12, et. encore une fois, // a doublé; c'est-à-dire qu'il devrait compter 38 accusés, si la proportion s'était maintenue; eh bien, il est descendu brusquement à 12, et il tend à descendre plus bas encore !

Quant aux condamnations, au lieu de considérer les moyennes annuelles, comme tout à l'heure, considérons les nombres absolus. Depuis l'année 186'y, la première où la statistique ait distingué entre les deux personnels rivaux, sauf les deux exercices troublés par la guerre franco-allemande, 1809-1870. le nombre annuel des condamnations, dans l'enseignement laïque, oscille autour de 20, jusqu'en 1884, oii il est encore de :^5. A partir d'alors il oscille autour de 10 (i885, 9; 1886, 10; 1887, 16; 1888, 7; 1889, 7; 1890. 10; 1891, ii>; 1892, 11; 1893, 9; 1894. 12; 1895, 9; 189G. i3; 1897, 10; 1898, 3; 1899, 11; 1900, 10; 1901,4)- Si donc l'on devait s'en rapporter aveuglément aux statisti(jues du gouvernement, quand il s'agit d'une classe sociale pour laquelle il a montré, en toute chose, ime partialité passionnée, il se serait produit, en faveur de cette classe, un événement qui n'est jamais arrivé pour aucune autre : C'est qu'en mihne temps que l'ensemble numérique du groupe devenait deux fois plus grand, le total des crimes devenait deux fois plus petit.

Et ce qui ajoute à la grandeur du prodige, c'est sa merveilleuse opportunité. Il a eu lieu juste au moment où ceux qui en ont profité se trouvaient en avoir grand besoin et l'appelaient de tous leurs vœux, eux et plus encore leurs patrons, maîtres du pouvoir et

CLERGÉ (CHIMIXALITE DU)

de la justice. On venait de voter les lois sur la laïcisation des écoles et on commençait à les appliquer. Les amis de l'enseignement libre, cherchant des armes contre l'enseignement laïque, dont lEtat prenait ardemment le patronage, tirent bientôt remarquer qu'entre les maîtres de l'un et de l'autre, il fallait bien reconnaître, au profit des instituteurs congréganistes. une supériorité morale incontestable, dont les statistiques officielles elles-mêmes apportaient chaque année le témoignage.

Considérez seulement, disaient-ils, les résultats de cette année même (i884) : '2Î> des vôtres viennent d'être condamnés aux travaux forcés ou à d'autres peines infamantes, et on n'a pu frapper, en même temps, que 3 congréganistes !

C'est alors, c'est dans cet instant critique, que se produisit le changement instantané, la révolution soudaine de chiffres, qui combla les désirs de l'administration, déconcerta à demi ses adversaires, et lui rendit la lutte plus facile en ruinant à moitié un argument importun.

Dès l'année suivante, en i885. le nombre des condamnations tomba à 9, pour les maîtres laïques, ce qui n'était encore jamais arrivé depuis l'existence des statistiques, et il monta à 8 pour leurs adversaires, total qu'ils n'ont jamais atteint depuis. Et ce qui achève de caractériser le miracle, c'est qu'une fois cette modification accomplie en faveur des membres laïques de l'enseignement, elle fut constante : ils ne revirent jamais les résultats des années malheureuses, qui avaient précédé pour eux l'intervention de la Fortune.

Que dis-je? A mesure que la lutte contre Dieu et ceux qui le représentent augmenta de violence, les instituteurs laïques augmentèrent de vertu. C'est un fait admirable et qui fait beaucoup penser! De 1894 à 189'j, ils avaient encouru encore 44 condamnations, et leur moyenne criminelle annuelle par 100.000 personnes s'était élevée à près de 10, ce qui était déjà miraculeusement loin de la moyenne des années antérieures à i885.

Dans la période quadriennale qui a suivi, pendant le même espace de temps, de 1898 à 1 901, les condamnations pour crimes, du personnel enseignant laïque, ne sont plus que de 28 et la moyenne annuelle, pour 100.000 personnes, n'est plus que d'un peu plus de 6, au lieu de 9 à 10 pendant les neuf années précédentes, de 3o dans la période de 1876 à iS84, et de 28 dans celle de i864 à i8'j4-

Que l'Etat apporte encore un peu plus d'ardeur dans la bataille, en faveur du groupe qui lui est cher, et, le mouvement continuant toujours, on verra peut-être la moyenne criminelle annuelle de ce groupe tomber à trois, à deux, puis enfin à zéro.

Car il ne faut pas oublier que le gouvernement est tout-puissant sur ces chiffres. C'est lui seul qui accuse et il n'accuse que s'il le veut, c'est lui qui choisit et forme les jurjs qui doivent juger, c'est lui enfin qui fait figurer ou non la condamnation prononcée dans les statistiques qu'il publie, et sous la rubrique qui lui plaît. Un instituteur laïque est-il condamné, ses agents peuvent le placer hors de sa colonne naturelle, soit parmi les propriétaires, s'il est en même temps propriétaire, soit avec les gens sans profession, si l'on a pris soin de le révocjuer à temps, soit enfin dans les « services de l'Etat, des départements et des communes », auxcpiels il appartient, en réalité, et où la polémique adverse sera incapable de le découvrir. S'il fallait une preuve nouvelle, on n'aurait qu'à méditer ce qui est arrivé pour les fonctionnaires de l'Etat en même temps que pour ses instituteurs.

3° Conversion simultanée des fonctionnaires. — Les

fonctionnaires n'occupaient pas jadis une place choisie sur l'échelle de la moralité publique. Considéronspour nous en convaincre, une période triennale anté, rieure à l'époque où le Gouvernement, devenant laïcisateur passionné, s'est jeté violemment dans la bataille des partis, par exemple la période de i8jb à 1877. Ces trois années donnent pour les fonctionnaires un total de 162 condamnations criminelles. Comme le groupe conqjtait alors 66.900 membres, la moyenne annuelle de ses condamnations était de 80 pour 100.000 individus : chiffre très élevé, supérieur à celui de presque toutes les professions libérales.

Afin d'établir la comparaison, prenons une série d'égale étendue, dans les années qui ont suivi cette fameuse date de i885, où ont commencé, pour le personnel laïque de l'enseignement, les moyennes nouvelles si nettement opposées aux lois de la nature. Soit par exemple la série 1888-1890 : l'ensemble des condamnations criminelles qu'elle présente, chez les fonctionnaires, est de 63. — 63 contre 162!

Voici du reste ces deux séries avec tous leurs résultats :

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