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La critique du Nouveau Testament. — a

Des Sociniensà Strauss.— L'humanisme du xv^ siècle avait été un mouvement antichrétien, le libre examen des protestants devait aboutir à la libre pensée, le développement scientifique des temps modernes (philosophie, histoire, sciences naturelles) soulevait contre la foi traditionnelle des difficultés nouvelles. C'est sous cette triple influence que la vérité du christianisme fut mise en question avi xviii' siècle, et, par contre-coup, l'autorité des livres qui en racontaient les origines. Déjà Wolf et son école, les Sociniens et les Arminiens aA'aient exalté l'humanité du Christ au détriment de sa divinité; dans la tliéolog-ie de ces derniers, Jésus n'était plus, en définitive, qu'un homme, dans lequel Dieu s'était exceptionnellement révélé. Cependant, ils restaient respectueux de sa personne et de son œuvre. Les déistes anglais (To-

LAND, COLLINS, ^yOOLSTO^, TiNDAL, MoRGAX, CtC,

cf. Fr. ViGOUROux, Les Livres Saijits et la critique rationaliste, 1 884,1, II), ainsi que les pseudophilosophes français devaient être moins modérés. Avec Voltaire et Bayle, l'attaque se fit haineuse, bien que sous le masque du sarcasme; avec l'Allemand Reimarus (1694- 1768), elle fut violente. Des notes de ce dernier, publiées par Lessing, sous le titre de Wolfeiibiittel (1774-1778), représentaient les écrits du X. T. comme le résultat d'une fraude intéressée ; l'auteur s'en prenait surtout au récit que les évangélistes font de la résurrection. Jésus -Christ lui-même aurait été conduit par l'ambition de fonder un immense empire terrestre. Cet écrit fut le premier coup redoutable porté à la conception rigide que les protestants se faisaient de l'inspiration biblique; Michaelis (1750) l'avait déjà ébranlée, et Semler (1721-1791) devait achever de la discréditer. Celui-ci proposait, comme critère d'interprétation des Evangiles, l'hypothèse que le Christ et les Apôtres s'étaient accommodés aux idées de leur milieu. Est-ce pour cela que Semler est appelé par beaucoup le père de la critique du Nouveau Testament? Pour faire écho à Semler, EicHiioRN n'avait qu'à appliquer ici les principes qu'il apportait à la critique de l'A. T.

Le catholique reçoit les Evangiles des mains de l'Eglise, d'après le mot de S. Augustin, Evangelio non crederem nisi me catholicae Ecclesiae commoveret auctoritas ; les protestants aAaient remplacé ce magistère ecclésiastique par le témoignage immédiat et intérieur de l'Esprit-Saint ; aujourd'hui Semler et Eichhorn proposent de remplacer le témoignage de l'Esprit par la preuve historique. L'histoire décidera de l'autlienticité des textes, l'authenticité garantira la vérité du récit surnaturel qu'ils renferment, et cette vérité deviendra, à son tour, une garantie de l'origine divine des textes eux-mêmes.

C'est à cela qu'aboutissait, avec la fin du xviii'' siècle, le mouvement de critique historique et religieuse, auquel les rationalistes d'Allemagne ont donné le nom d'Aufklàrung ; ce qui veut dire affranchissement des ténèljres, progrès et culture intellectuelle.Ci.ScuLos- SER, Geschiclite des achtzehnten Jahrhundert, i848, VII, 1 Abt., p. I. Ces attaques de la première heure ne restèi-ent pas sans riposte. On peut voir dans M. Vigouroux, op. cit., p. 657, une bibliographie assez complète des principales apologies publiées par les catholiques au cours du xviii« siècle. Les plus connues furent celles de Huet, évêque d'Avranches (1630-1721), et de l'abbé Guëxée (1717-1803), sm-tout les Lettres de quelques juifs de ce dernier. Du côté des anglicans vinrent des ouvrages de grande valeur, notamment : Lardxer, Credibility ofthe Gospel

history, 1727-1743, mais l'auteur a lui-même des tendances au Socinianisme ; W. Paley, Evidences of christiaiiity, 1794; et surtout Horae paulinae, 1790; Th. Ciialmers, The évidence and authority of the Christian révélation, i834. Les Démonstrations évangéliques de Migne, du t. IX au t. XII, reproduisent la plupart de ces apologies.

Encore ici, on doit convenir que, si le rationalisme biblique est bien d'origine protestante, les catholiques furent les premiers à faire à la critique, dans leurs études sur le N. T., la place qui lui convient. C'est que leur doctrine en matière d'inspiration et d'autorité scripturaire les mettait en meilleure posture que les protestants vis-à-vis de l'histoire. E. Reuss, History ofthe Sacred Scriptures (trad. angl. de Houghton, i884),p. 6 18, fait observer qu'aux xvi*^ et xvii^ siècles « les Jésuites, beaucoup plus que les Protestants, couraient le risque d'être brûlés comme hérétiques, à cause de la liberté qu'ils prenaient vis-à-vis de la Bible ». A. Sabatier, Les religions d'autorité et la religion de l'Esprit, 1 904 -, p. 320, a écrit dans le même sens : « Richard Simon et certains docteurs jésuites frayaient ici la voie nouvelle dans laquelle on allait s'engager. »

L'époque dite de VAufklârung coïncidait avec la révolution philosophique désignée sous le nom d'idéalisme allemand (Kaxt, Fichte, Schellixg et Hegel). Cf. Diction, of Christ and the Gospels (Hastings), 1908, II, p. 869. La critique historique des origines du christianisme s'en ressentit profondément. Venturini d'abord, Natùrliche Geschichte des grossen Propheten von Nazareth, 1800-1802, puis, et surtout, Paulus, Das I^ehen Jesu als Grundlage einer reinen Geschichte des C/i?7's/ew<//ms, 1828, s'attachèrent à expliquer « naturellement » tout ce que les Evangiles racontent de Jésus, en distinguant entre le fait et son appréciation, c'est-à-dire l'explication qui en a été donnée, même par les témoins immédiats. Le fait peut être conservé ; quant à son explication, on doit la critiquer, car elle peut être erronée. C'est notamment le cas des récits qui représentent certains faits comme miraculeux. Paulus estimait que les évangélistes n'ont pas eu, le plus souAcnt, la prétention de rapporter des miracles. Du reste, Kant n'avait-il pas enseigné que la règle suprême de l'exégèse était de rechercher non pas tant ce qu'un autem*, fùt-il inspiré, avait dit, que ce qu'il aurait dû dire conformément aux données de la religion naturelle? Die Religion innerhalb der Grenzen der blossen Ver- 7iH«/V,i793.EicnnoRN (-f-1827) devait ajouter que dans les Evangiles on peut traiter d'invention de la crédulité juive tout ce qui ne cadre pas avec la droite raison. Einleitung, I, p. 44; HI. P- 2. De la sorte, toute connaissance, même celle que l'on avait tenue jusque là pour révélée, se trouvait ramenée exclusivement aux ressources et aux lois de la psychologie humaine. D'après la Bible, Dieu avait fait l'homme à son image ; d'après les tenants du naturalisme, il fallait faire Dieu à l'image de l'homme.

L'exégèse « psychologique » prétendait garder les Evangiles sans les Evangélistes ; ce que ces textes contenaient d'historique n'était plus qu'un résidu. Mais vouloir ramener à des proportions naturelles un récit conçu perpétuellement d'un point de Aue surnaturel, c'était entreprendre de dessaler la mer. On ne tarda pas à s'en apercevoir. L'attaque avait été si extravagante qu'au lieu de ruiner l'autorité des Evangiles, elle l'avait plutôt afi"ermie.

b) De Strauss à Renan. — C'est alors que D. F. Strauss (1808-1874) proposa d'interpréter les Evangiles d'après la méthode mythologique, que l'on appliquait aux histoires profanes de l'antiquité. Semler. Eichhorn, Vater, de Wette avaient déjà étendu ce

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système d'interprétation à certains récits de l'Ancien Testament, par exemple à l'histoire de Samson. De Wette avait même envisagé de ce même point de vue les récits des Evangiles concernant l'enfance du Seigneur et sa résurrection. Strauss réfute impitoyablement Paulus, mais, au fond, il se propose le même but que lui : rendre compte de l'élément miraculeux de l'histoire évangélique, sans admettre qu'il ait quelque réalité historique. Dans cet ordre de choses, nous ne serions pas en présence de faits réels, mais seulement de croyances qui se sont traduites de manière à donner l'illusion des faits. C'est le mythe. Les généalogies des Evangiles ne seraient rien autre chose qu'une tentative, sans valem" historique, pour justifier la foi déjà traditionnelle de la descendance davidique de Jésus. Les idées génératrices du mythe évangéliqiie auraient été : le portrait prophétique du Messie dans l'Ancien Testament, les croyances populaires et aussi les développements progressifs d'une christologie savante. L'analjse à laquelle 1 interprétation mythique soumettait les Evangiles obtenait encore un résidu historique, mais moins considérable que dans l'interprétation naturaliste.

Comment le mythe évangélique avait-il eu le temps de se créer avant la composition des textes? Strauss profitait ici d'un courant d'opinions se produisant, à ce moment même,à Tubingue, grâce à un jeune professevir, le D' Christian Baur, qui plaçait la rédaction définitive des Evangiles dans la seconde moitié du II' siècle. Les mythologistes feront-ils le sacrifice du christianisme? Point du tout. La philosophie hégélienne leur donne le droit de rétablir ce qu'ils viennent de démolir au nom de l'histoire ; l'idée religieuse est indépendante du phénomène historique, dans lequel elle s'est traduite à un moment donné. Du reste, Strauss s'en tient à la critique littéraire des Evangiles courante, il regarde Marc comme l'epitomator de Matthieu.

L'apparition de la Vie de Jésus par Strauss (Das Leben Jesu kriiiscli hearheitet, i835) eut un retentissement énorme ; elle marque une date décisive dans l'histoire du rationalisme moderne. Les réfutations ne se firent pas attendre, on en compta plus de soixante de i835 à i84o. Les plus remarquables furent, du côté des protestants, la Me de Jésus par Karl Hask (dans les éditions qui suivirent i835; cet ouvrage devait devenir en 18^6 la Geschichie Jesu du même auteur); puis l'œuvre similaire de Neander, Das Leheti J. C, 18'èj. Ces apologistes faisaient euxmêmes des concessions considérables aux principes et à la méthode de Strauss. Du côté des catholiques, on peut citer Kuhn, Das Leben Jesu iK'issenschafllicli bearbeitet, i838; Sepp, Das Leben Christi. 1843-184G. Cf. M. Yii.iAoy,Res\du Clergé franc., i5juin 1909, p. G79 et suiv.

Si Strauss eut de nombreux contradicteurs, il rencontra surtout des imitateurs, qui ne tardèrent pas à le dépasser dans ses négations. lîruno Bauek, Kritik der evangcl. Geschichte, 1840-1842, que M. Jiilicher. Einleit. in das X T., 1901 '*, p. 19, regarde comme un précurseur de l'école hypercritique, reprit les traditions de l'attaque violente contre le christianisme. Les Evangiles sont du 11' siècle, leur récit est une pure fiction, sans aucun point de départ historique. C'est Marc qui a inventé l'histoire évangélique. Jésus et Paul sont des mythes, et le christianisme un produit de la philosophie populaire d'un milieu gréco-romain.

Cependant, en France, où l'ouvrage de Strauss avait été traduit par E. Littré, dès iS^o, E. Renan écrivait une Vie de Jésus (i863), qui aboutissait, somme toute, à la même conclusion : Le Christ n'est qu'un homme, mais un homme idéal. Du reste, l'écri-

vain français devait beaucoup à son devancier d'outre- Rhin, aussi bien pour la méthode que pour la documentation; seulement, au jeu des idées il avait suJjstitué celui des passions : Strauss était un professeur, tandis que Renan écrivait en artiste. Ce fut la principale raison de son succès. Au lieu de mythe, il parle de « légende idéale ». Comme Strauss, il accepte les vues de Baur sur la composition tardive des Evangiles; mais il profite d'une critique littéraire plus avancée, en faisant du texte de S. Marc le point de départ et la source des autres évangélistes.

c) De Schleiermacher à A. Sabatier. — La critique littéraire du \. T. est inséparable de sa cintique religieuse, parce que celle-ci a été un important facteur de celle-là. Les philosophes hégéliens avaient substitué une sorte de Christ-Idée au Christ de la foi traditionnelle ; Paulus et Strauss, bien que par des voies différentes, prétendaient dégager dès textes le Christ de l'histoire. Ces polémiques philosophico-historiques troublaient profondément les âmes religieuses du monde protestant. Sentant le Christ leur échapper tous les jours davantage, à mesure que l'on mettait en pièces les Evangiles, elles demandèrent au piétisme des anciens Réformés de les sauver des entrepi'ises de la critique. On le pouvait d'autant mieux que la philosophie en vogue, celle de Kant, faisait de la religion une affaire da sentiment. Poiu"quoi ne suffirait-il pas à l'homme de descendre dans son àme pour y reti'ouver l'essentiel du christianisme, qui est une vie et non une science ? L'Ecriture elle-même estelle autre chose que l'histoire des expériences religieuses déjà faites par les Prophètes, le Christ et ses Apôtres, par la Synagogue et par l'Eglise? Si la conscience du Christ (qui s'est manifestée par une connaissance unique de Dieu et un sentiment sans pareil de sa filiation divine) nous intéresse encore, c'est qu'il est d'une certaine façon l'Humanité, qu'il a vécu notre vie et qu'il s'est survécu dans son Eglise. La valeur permanente du Christ ne se confond pas avec sa vie historique et terrestre, racontée dans les Evangiles; elle dépend encoi'e, et bien davantage, de l'expérience personnelle que chacun en fait. Sans cette expérience, on ne perçoit que la lettre de l'Ecriture ; or. cette lettre n'a qu'une Aaleur relative et caduque, que la critique peut, avec le temps, réduire en poussière. Le miracle, par exemple, est le nom religieux d'un phénomène naturel; or, la valeur religieuse d'un fait résulte de l'expérience, c'est-à-dire de l'impression qu'il fait sur l'àme croyante. Pourvu que cette impression se produise, peu importe la nature du phénomène auquel elle est liée. Le récit de la conception virginale du Christ, qu'il nous livre une réalité ou un pur symbole, donnera toujours à connaiti'e son origine céleste et son incomparable pureté.

La synthèse que nous venons d'esquisser est le point d'arrivée d'un mouA-ement dont Sculeier- MACHER (1768-183/1) fut l'initiateur, qui devait être soutenu et développé, en Allemagne, par Rich. Rothe (1 '799-1 867) et surtout par Ritscul (1822-1889); en Angleterre, par Colerioge (1772-1834), F. D. Maurice (1805-1872) et Matthew Arnolo (1822-1 888); en Suisse et en France, par Alex. Vinet (1797-1847) et E. Sche- HER (1815-1889). lia atteint son apogée dans les écrits d'Aug. Sahatier, et particulièrement dans Lrs religions d'autorité et la religion de l'Esprit, 1908. D'après l'auteur, la conscience chrétienne est définitivement alfranchie, même vis-à-vis de l'Ecriture ; c'est le triomphe de l'Esprit sur la lettre. La critique peut faire de cette lettre ce que bon lui semblera. Jadis, on allait de l'Ecriture au Christ, aujourd'hui c'est du Christ qu'on va à l'Ecriture.

Tous les protestants libéraux, — et c'est le très

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grand nombre, qu'ils s'appellent Réville, Cheyxk ou Harnack, — relèAent plus ou moins de ce symbolisme critique. Ils récusent Tappellation de rationalistes, parce que la religion, d'après Kant, n'est pas d'ordre rationnel, et cju'ils prétendent bien garder intact le sentiment religieux, quelles que soient leurs conclusions historiques et littéraires sur l'Ecriture. C'est cette même conception, dont les écrits de M. LoiSY sont saturés, que les modernistes ont tenté d'acclimater i^armi les catholiques.

d) Baur et son école de Tuhingiie. — La critique historique des origines chrétiennes procédait, au xviiie siècle, d'un préjugé d'incrédulité; elle devait devenir elle-même le point de départ d'une critique littéraire du Nouveau Testament. F. Christian Baur (1792- 1860), professeur à Tubingue, prétendit expliquer la composition du N. T. par l'histoire du christianisme primitif. (C'est plu tôt la marche contraire qu'il eût fallu suivre. Cf. Revue pratique d'Apologétique, \^' sept., 1908, p. 855-86i.) Tout son système repose sur l'hypothèse d'un antagonisme profond, qui aurait divisé le christianisme encore au licrceau : d'un côté, les partisans de Pierre, des judaïsants pai'ticularistes; de l'autre, les partisans de Paul, des antijudaïsants universalistes. De cette époque, où le conflit était aigu, dateraient, d'une part : les grandes épîtres de S. Paul (Gai., Cor., Rom.), les seules qui soient authentiques ; et d'autre part : l'Aiiocalypse, l'épitre de Jacques et l'évangile araméen secundum Ilebraeos. Tous les aiitres livres du N. T., et notamment les Evangiles dans leur forme actuelle, seraient d'une époque postérieure (entre i3o et 170). celle-là même où les divergences s'effaçaient graduellement pour faire place à la conciliation d'ouest néel'Eglise catholique. Le premier évangile porterait encore des traces de tendance judaïsante, tandis que le troisième serait plutôt paulinien. Comme S. Marc est le plus neutre des trois, on conclut qu'il a été composé après les deux autres. Le quatrième Evangile et les Actes sont venus en dernier lieu. Tous ces écrits seraient tendancieux, ayant essentiellement pour but de faire prévaloir des doctrines ou des institutions.

Bien que le point de départ de Baur ne fut pas une conception originale, puisque Semler l'avait déjà mise en avant, cf. Realencyhlopâdie fur die protest. Théologie, t. II (1897), p. !\'ë>'d, sa théorie eut un retentissement considérable. Strauss l'adopta, surtout dans la Vie populaire de Jésus pour le peuple allemand, qu'il donna en 1 86/| ; sans s'apercevoir, du reste, qu'il tentait de réunir des choses inconciliables, à savoir le travail spontané et inconscient delà légende mythique avec la tendance consciente et le but dogmatique supposés par la théorie de Baur. Le système de Tubingue a régné souverainement dans la plupart des milieux savants, pendant un demi-siècle. Il eut, à l'origine, un organe de propagation très écouté, le périodique Theologische Jahrbiichev, dirigé par Baur lui-même et Zeller (1842-1857). Ses partisans les plus connus ont été Schwegler, Planck, Koestlin,

RlTSCHL, HiLGEXFELD, VoLKMAR, TOBLER, KeIM. Il eSt

vrai qu'ils ont incessamment modifié les idées du maître dans le sens d'une régression vers le sentiment traditionnel. Pour mesurer le chemin parcouru dans cette direction, il suflU de comparer les positions de Baiu" avec celles prises de nos jours par deux de ses derniers disciples, O. Pfleiderer, Das Urchristentum, 1887; et HoLSTEN, />aj//m. Théologie, 1898.

Les éludes sur le siècle apostolique entreprises depuis trente ans, même par des partisans de Baur, ont été fécondes. Des ouvrages comme celui de Karl ^yEIZ- SAECKEU, Das apostolische Zeitalter, 1886, 1902 3, n'ont pas peu contribué à venger la tradition de l'affront qui venait de lui être fait à Tubingue, Finalement, la

théorie tant prônée s'est trouvée en faute sur tous les points : les évangiles, tout au moins les trois premiers, sont antérieurs au second siècle ; loin d'être le dernier en date, Marc est tenu aujourd'hui pour la source des deux autres ; S. Paul a écrit plus de quatre épitres; les tendances judaïsantes et antijudaïsantes n'expliquent pas correctement la composition du N. T. En somme, l'école de Tubingue n'aurait plus qu'un intérêt historique, si son esprit et ses méthodes ne s'étaient conservés au milieu d'un petit nombre de pseudo-critiques hollandais, héritiers directs de Bruno Bauer et de Scholten, à savoir : Pierson, LoMAN, Van Manex, Naber et Voelter, auxquels il convient de joindre Stecke de Berne. Renchérissant sur la critique radicale de Baur, ils en sont venus à nier jusqu'à l'authenticité des grandes épîtres de S. Paul. Du reste, ils sont divisés entre eux sur tous les autres points. Cf. F. Prat, La théologie de S. Paul, 1908, p. i3; et A. Juelicher, Einleilung in das Neue Testament, 1901 '', lî. 19.

e) Le Nouveau Testament et la critique contemporaine. — Les critiques libéraux qui se sont le plus distingués, depuis cinquante ans, par le nombre et le retentissement de leurs travaux sur le N. T., avaient été élevés dans le respect de l'école de Tubingue. Citons seulement K. Weizsaecker, H. J. Holtzmanx, A. .luKLicHER et A. Harxack. S'étant aperçus, au cours de leurs études personnelles, que le point de départ de Baur était contestable, et qu'il ne cadrait pas avec nombre de faits établis par une analyse correcte de textes, ils renoncèrent au procédé des tendances, pour s'attacher à l'étude des sources. Par la comparaison immédiate des textes, au triple point de vue de la langue, du mouvement des idées et du fond, ils prétendirent déterminer le mode de leur composition. On commença par les Evangiles (voir ce mot). Le problème dit des Synoptiques a passionné, pendant un demi-siècle, le public des universités en Allemagne et en Angleterre. La grande majorité des critiques indépendants regarde aujourd'hui comme définitivement acquise l'hypothèse documentaire dite des deux sources : Matthieu et Luc se sont servis de Marc et des Discours du Seigneur; — ce deimier document est désigné par le sigle Q. Tous les autres points du problème : rapports de Q avec les Logia dont parle Papias, rapports de Luc avec Matthieu, ou inversement, par-dessus tout, l'existence d'un Proto-Marc et aussi les rapports du Marc canonique avec Q, sont encore chaudement discutés. Mais quelles que soient les réponses faites à ces questions secondaires, l'on s'accorde pour placer la composition des évangiles synoptiques avant la lin du I" siècle, entre 60 et 80. Le plus attardé de tous, P. W. SciiMiEDEL, fait écrire le troisième évangile entre 100 et 110, tandis que M. Harnack n'estime pas impossible d'en relever la date jusque vers l'an 60.

L'hypothèse documentaire, sous ses différentes formes, fut tout d'abord suspecte aux critiques conserAateurs, catholiques et ■ protestants; elle leur apparaissait comme une attaque déguisée contre l'authenticité des Evangiles. Aussi bien, les uns s'en tinrent à l'hypothèse de la dépendance mutuelle, dont le principe avait été posé par S. Augustin, cf. Patrizi, De Evangeliis libri très, i853, et, parmi les protestants, Keil, Comm. Hier die Evang. des Marcus und. L^ucas, 1879; tandis que d'autres pensaient tout expliquer par l'hjpothèse d'une tradition purement orale, cf. Mgr Meign.^n, Les Evangiles et la critique, 1870-; Cornely, Introd. spec. in libros N. T., 1887, et parmi les protestants. Godet, Evangile selon S. Luc, 1888. Cependant, l'hypothèse des deux sources finit par gagner, de ce côté, des

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partisans ou, du moins, des témoins sympatliiques : Mf-r Batiffol et le P. Lagrange, sans parler de MM. LoisY et MiNOCcni; et parmi les protestants conservateurs : Zahx, Roehrich, etc. Plus près de nous encore, M. Lepix, Jésus Messie et Fils de Bien, iqo5- p. XXXVI ; M. Jacquier, Histoire des li\-i'es du y. T., 19052, p. 355, et M. Brassac, Manuel biblique (Bacuez), 1908'-, III, p. ii4> inclinent, mais en hésitant, vers une solution éclectique.

L'authenticité de nos évangiles canoniques n'exige pas qu'on date leur composition d'une façon plus précise que n'a fait la tradition ; or l'on sait que les critiques, même les plus conservateurs, ne s'accordent pas à ce sujet. Cf. Mangenot, Evangiles, dans le Dict. de la Bible (Yigouroux), II, col. 2061; Bacuez- Buassac, Manuel biblique, 1908 '2, m, p. 61-62. «La chose particulièrement importante, dit M. Lepin, op. cit., p. XXXIX, est que nos trois synoptiques, alors même qu'il faudrait les attri])uer à la seconde génération chrétienne et réduire la part prise par les auteurs traditionnels à leur rédaction, reposent sur des traditions orales et des documents écrits appartenant à la première génération, à l'époque même où vi\"aient encore les témoins directs du Sauveur. Or, c'est là un des faits les plus sûrement constatés par la critique moderne. )- C'est exactement la conclusion formulée par M. Harxack, Bas JVesen des Chvistentums, 1900, p. i4 (trad. franc. 1907, p. 33) : « Les Evangiles ne sont pas des écrits tle parti...; ils nous mettent incontestal)lement en présence d'une tradition primitive. » Cf., du même auteur, Spriiche und Reden Jesu, 1907. Il n'était pas possible de donner à Baur un démenti plus catégorique. A. Jueligiier, Einleit. in das N. T., 1901 ', p. 298, et surtout B. Weiss, Die Quellen der synopt. Uebeiiieferung, 1908, p. 221, 235, 25i, ne sont pas d'un autre avis.

Jusqu'à ces dernières années, on avait, dans la question des Evangiles, envisagé presque exclusivement l'aspect littéraire du problème, celui qui intéresse l'origine des textes; aujourd'hui, on s'attache à préciser le caractère et le développement de la tradition contenue dans les Evangiles. C'est l'aspect historique du problème, qui a pour objet de déterminer la valeur de cette tradition comme source de la vie de Jésus. Cf. Wernle, Die Quellen des Lebens Jesu, 190/4 La solution donnée à la question littéraire aboutissait à l'hypothèse des deux sources (Q et Marc), que l'on tenait généralement pour originales et lioniogènes; l'œuvre de Marc, en particulier, était un écho sincère de la prédication de Pierre. Or, c'est à cette confiance dans la valeur du second évangile ([ue des critiques (Wrede, J. Weiss, Welliiausex, SciiwRiTZEH, Loisy) s'cu prennent maintenant. Il serait une œuvre de seconde main et une composition tendancieuse. Son auteur aurait une théologie, — celle de S. Paul ; — et son souci souverain aurait été de la faire remonter au Christ en personne. Du côté des conservateurs, on a répondu ({ue le paulinisme de Marc, fùt-il réel, n'a rien d'in([uiétant, puisque l'analyse des Epîtres fait voir qu'en substance ce paulinisme est antérieur à Paul, et qu'il faut bien rattril)uer au Christ lui-même. R. J. Knowling, The tesliniony of S. Paul ta Christ, 1905.

Dans cette nouvelle phase, la critique s'attache aux idées qu'elle estime avoir été génératrices de la tradition évangélique, beaucoup plus qu'aux faits consignés dans cette tratlitiou; parce que ces idées auraient modelé les faits eux-mêmes. Les évangiles, dans leur teneur définitive, seraient résultés de ten dances religieuses très actives. Nous voilà, par un n-cul inattendu, ranu-nés au procédé dislinclif de l'école de Tubingue. Cf. Loisy, Les éyangiles synoptiques, I (1907), p. 6G, et Wellhausen, Einleit. in

die drei ersten Eyangelien, 1905. Il va sans dire, du reste, que ces idées génératrices, surtout l'idée maîtresse, varient avec les critiques de cette école. Pour les uns (J. Weiss, Sgiiweitzer, Loisy), tout l'Evangile gravite autour de la conception que Jésus se serait faite d'un Royaume de Dieu purement eschatologique; pour Wrede, l'Evangile reste inexplicable, tant qu'on n'a pas deviné l'énigme du secret messianique. M. Harnack, Spriiche und Reden Jesu, 1907, p. 3, raille agréablement ces faiseurs de systèmes, qui font dépendre toute étude sur les Evangiles d'une « idée fixe » ; mais est-il bien sûr d'échapper à la critique, lui qui fait tenir obstinément toute la prédication de Jésus dans la notion du Dieu-Père ?

La question du Quatrième Evangile se pose à part, distincte de celle qui concerne les Synoptiques. Cette distinction a sa raison d'être, même si l'on admet l'authenticité et le caractère historique de cet écrit, à cause des pai-ticularités qu'il présente, tant pour le fond que pour la forme. Aussi bien, commence-t-on à en tenir compte jusque dans l'enseignement courant. Cf. B.vcuez-Brassac, Manuel biblique, III, 1908'-, p. 102, i35. En outre, le problème se complique ici de celle des rapports du quatrième évangile avec les lettres de S. Jean et de l'Apocalypse; c'est la question dite johannique. L'unité littéraire de ces écrits a trouvé, ces derniers temps, plus d'un défenseur; notamment M. Harxack, Geschichle der altchristlichen Literatar, 1, Die Chronologie, 1897, p. 80-110. Mais, par contre, l'authenticité et le caractère historique de l'Evangile selon S. Jean a perdu du terrain dans les milieux protestants et modernistes. Voir à ce sujet, d'une part : J. Réville, Le Quatrième Evangile, 1901; A. Loisy, Ze Quatrième Evangile, 1908; et d'autre part (conformément aux conclusions traditionnelles) : M. Lepin, L'origine du Quatrième Evangile, 1907; E. Jacquier, LIistoire des livres du Nouveau Testament, 1\, 1908. Le plus grand nombre des critiques placent aujourd'hui la composition du Quatrième Evangile entre 100 et I25, au lieu de 160 et 170, qui est la date mise en avant par Baur. Sur l'origine de I'Apocalypse, voir ci-dessus, col. i5i-i53.

La réhabilitation des Actes des Apôtres est en bonne voie, grâce aux travaux de Ramsay, Blass, C11.A.SE, CoppiETERS et IIauxack. Le nombre des critiques, admettant leur unité littéraire et leur authenticité, augmente cliaque jour. Entre la date proposée aujourd'hui par M. Ilarnack pour leur composition et celle couramment admise dans l'école de Tubingue, il y a un siècle de différence. Voir ci-dessus, col. 261, l'article Apôtres (Actes des).

Au lieu des quatre grandes épîtres seulement (Gai., l et II, Cor., Rom .), qnc Banr laissait à S. Paul, c'est l'ensemble des lettres à lui attribuées par la tradition, qu'on reconnaît maintenant pour l'œuvre authentique de l'Apôtre. A. Jueliguer ne fait d'opposition qu'aux seules épîtres pastorales (Tit. et Tim), il doute de celle aux Ephésiens; de son côté, A. Harnack n'a d'objection à soulever que contre les épîtres pastorales; encore y reconnaît-il des fragments authentiques. Cf. F. Prat, La théologie de S. Paul, 1908, p. 14. Quelle que soit la valeur des hypothèses qui ont été laites au sujet du rédacteur de VEpitre aux Jlébreux (et il y en a de bien singulières), on est près de s'entendre pour placer sa composition avant l'an 70. Quant à la part qu'il convient de faire à S. Paul dans la fondation du christianisme, c'est une (jueslion de criliciue religieuse revenue, plus que jamais, à l'ordre du jour; mais elle se fonde précisément sur l'authenticité et l'intégrité des Epîtres; d'autant plus qu'il y a, encore aujourd'hui, une tendance à exagérer le rôle joué par l'Apôtre.

Les études sur les Epîtres catholiques {Jacob.,

CRITIQUE BIBLIQUE

Petr., Jud.) sont moins avancées, mais la cause de leur authenticité n'est pas aussi compromise que beaucoup semblent le croire ; même en ce qui concerne l'authenticité de la 11^ Pétri. Cf. J. Dillenseger, .1/elaniies de la Faculté orientale (Université S. Joseph de Beyrouth), t. II, 1907, p. iqS.Poiu- constater combien est mouvant le terrain sur lequel se débattent ici les questions, il suffit de faire observer que les dates assignées à la composition de ces épîtres Avarient, pour chacune d'elles, entre l'an 5o(ouméme 4o)et l'an 170. Cf. E. Jacquier, Hist. des livres du 3'. T., 1908, t. III. f) Les résultats. — La simple constatation des résultats regardés généralement comme acquis autorise à conclure que Tensemble des positions traditionnelles au sujet du Nouveau Testament a résisté victorieusement à l'épreuve de la critique. Si cette conclusion se dégage avec moins de netteté et de force des Vies de Jésus-Christ et des Théologies bibliques, c'est que dans ces compositions il intervient d'autres facteurs que la critique littéraire et l'exégèse méthodique des textes. Cependant, il faut convenir que les rationalistes et les protestants libéraux qui ont entrepris, après Renan, d'écrire la vie du Sauveur, se sont montrés, j^lus que lui, respectueux de l'histoire; ce qui doit s'entendre sxirtout de E. de Pressexsé. 1866, Keim, i86-;-i882,Farrar, 18-4, B. Weiss, 1882, Edersheim, i883, Beyschlag, i885. En revanche, la réalité historicjue de l'œuvre personnelle de Jésus tient moins de place dans les ouvrages sur le même sujet parus ces dix dernières années, à savoir ceux de A. RÉVILLE, 1897, P. W. ScHMiDT (de Bàle), 1899,

O. HOLTZMANX, 1901, SCHWEITZER, I906, et SUrtOUt

Nath. SciiMiDT (de Xew-York), 1906. Pour réduire la vie du Christ à des proportions humaines, on ne parle plus de miracle naturel (Paulus), ni de mythe (Strauss); mais d'une idéalisation progressive de l'histoire sous l'influence de la foi religieuse, qui allait grandissant. C'est l'opinion courante dans les universités d'Allemagne; elle est formulée par O. HoLTZMAXx, Leben Jesu, 1901 ; W. Bovsset, Jésus, 1904, et Was n'isseriH'ir \-on Jésus ? 190^; A. Harxack, Las JVesen des Christentums, 1900. Les tendances et les conclusions de cette école sont représentées en Angleterre par T. K. Cheyxe, et en France par A. Réville et A. LoisY. Cf. XoLLOTH, The person of our Lord and récent thought, 1 908 (œuvre d un anglican croyant et conservateur). Quant à l'hj'percriticisme, il vient d'aAoir son accès périodique, cl'une violence extrême, dans les publications du pasteur A. Kalthoff (-7 1906), Die Entstehung des Christenturns et Bas Christus-Problem^ i(^ol\, dont la conclusion est que nous ne savons rien de certain sur Jésus. Cf. M. Filliox, L'existence historique de Jésus et le rationalisme contemporain, 1909, dans la collection « Science et religion », w^b'2(^. Les catholiques ont maintenu les positions traditionnelles, sauf sur quelques points de détail. L'histoire des origines chrétiennes, allant de Jésus-Christ à S. Paul inclusivement, telle qu'elle a été écrite, en notre langue, par l'abbé Fouard (1880-1908) et par Mgr Le Camus (i 884-1905). n'est pas seulement une bonne réplique donnée aux Origines du christianisme de Rexax (1 863- 1881); ces publications resteront encore comme un témoignage de la manière moyenne dont les écriA'ains catholiques ont entendu, au xix" siècle, la critique du Nouveau Testament. Les principes et les conclusions de cette critique ont été formulés dans les Introductions générales, énumérées plus haut, I, 2, e; et surtout dans les Introductions particulières au N'. T., publiées par Hug, 1847, de Valroger, 1861, Daxko, 186;, Aberle-Schaxz, 1877, Al. ScHAEFER, i898,Belser, 1901, 19052, Baguez, 1878, Bacuez-Brassac, 1908; auxquels il convient de joindre E. Jacquier, Histoire des livres du y. T., 4 vol.,

1 908-1 908. Dans la réaction contre les entreprises injustitiées d'une critique incroAante, les catholiques ont eu pour alliés des protestants conservateurs; en Allemagne : A. Seeberg, E. PiIogenbach, A. Resch, et surtout Th. Zaun, Einleitung in dus N. T., 1897; en Angleterre : W. Ramsay, W. Saxday', G. Salmon, V. H. Stantox, a. Plummer, F. C. Burkitt, etc. ; en Suisse : J. Bovox et sm-tout Fr. Godet, Introduction au N. T., 1898.

La théologie générale du Nouveau Testament devait naturellement subir les mêmes influences d'école et d'époque, elle est allée en s'écartant toujours davantage des conclusions traditionnelles avec Baur, i864, Reuss, 1864, H. J. HoLTZMANN, 1897, et Adeney', 1894; alors quelle restait relativement conservatrice avec B. Weiss, 1868, Beyschlag, 1891, Stevexs, 1901, et surtout Bovox. 1898. On a publié encore des théologies particuUères de S. Jean (Koestlix, B. Weiss, Ste- A'EXs), de S. Paul (Pfleideuer, A. Sabatier, Stevens, Bruce, HoLSTEX,G. MiLLiGAX, etc.), et de l'Epître aux Hébreux (Méxégoz, G. Milligax). Sous le titre signiiicatif d'(( Enseignement de Jésus », plusieurs (Wexdt,^ 1892, Stevexs, 1901) ont tenté de préciser le contenu de la prédication personnelle du Christ. Cette reconstitution vient d être facilitée par de récents travaux sur la teneur des Logia du Seigneur, soit canoniques, soit extracanoniques (.-i^z-ap/irt). A. Resch, igo4, 1906, A. Harxack, 1907, B. Weiss, 1908, se sont distingués dans ce genre de recherches. Quant aux monographies sur tel ou tel point de doctrine néotestamentaire, elles ne se comptent plus chez les protestants, dont toute la théologie, ou peu s'en faut, a reA'êtu cette forme historique. Sans faire à l'histoire des doctrines une jjlace qui ne lui revient pas légitimement dans le système de la théologie dogmatique, les catholiques commencent néanmoins à lui donner plus d'attention que par le passé. Cf. Simar, Die Théologie des heil. Paulus, i864, i888'^; P. Batiffol, L'enseignement de Jésus, 1900; F. Prat, La théologie de S. Paul, 1908.

L'histoire du mouvement d'études critiques dont le Nouveau Testament a été l'objet depuis un siècle vient d'être écrite par A. Schweitzer, Von Reimarus zu Wrede, 1906, et par H. \yEiXEL, Jésus im neunzehnten Jahrhundert, 1908, 1907-. C'est pour répondre à ces publications, dont le moindre des torts est le ton tranchant et l'esprit partial, que M. Filliox a entrepris une série d'articles sur les Etapes du rationalisme contemporain contre les Evangiles et la Vie de Jésus-Christ, dans la Bévue du Clergé français. i" avril 1909.

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