‹ Dictionnaire biographique et bibliographique des prédicateurs et sermonnaires françaisChapitre 22 sur 78 · CH A · texte numérisé non relu

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bien suivi. Dans les Sermons des Mystères , on remarque que l'abbé Charaud expose fort au long la partie théologique; ainsi le premier point du sermon de Noël est comme un traité dogmatique du mystère de I'Iticarnation; et dans le sermon de la conception de la Vierge , on trouve un développement de toute la doctrine du péché originel. On peut regarder son sermon sur l'aumône comme un des meilleurs qu'il ait donnés. Il y a de grands traits d'éloquence dans l'oraison funèbre de M. le prince de Condé , et dans le discours de.la Cène , prêché devant le roi en ijaS-

CHAUCHEMER ( le P. François ) , religieux dominicain, docteur et professeur en théologie, né àBlois en 1640 , fut provincial de son ordre à Paris. Après avoir exercé, avec applaudissement, pendant plusieurs années , le ministère de la prédication , il prêcha l'Avent devant le roi , en 1675 , et il a 'prononcé depuis avec le plus grand succès plusieurs sermons àla cour. Il mourut à Paris le 6 janvier 1713. Nous avons de lui: I.Des»Sermons sur tes mystères de ia religion chrétienne , pour les 'principales fêtes de Vannée. Paris, 1709 , 1 vol. in-12. Parmi ces sermons se trouvent un discours sur la Passion de N.-S. , et un autre sur la cérémonie de la Cène , prêché devant le roi, à Saint-Germain-en-Laye, en 1675. Le P. Clianchemer s'est attaché, dans ce petit nombre de sermons , aux matières les plus difficiles que l'on puisse traiter dans les chaires chrétiennes. De l'aveu de tous ceux qui exercent la prédication , les mystères sont plus difficiles à traiter que les sujets de moraic ; ei c'ct «ans doute pour cette raison que plu-

sieurs prédicateurs se contentent, aux jours qu'on les célèbre, d'en parler en peu de mots danaleur exorde , pour se jeter ensuite sur la morale. Il fie suffit pas , pour y réussir,, de les expliquer, de les développer, de les bien faire entendre; il faut, de plus, les représenter par des endroits qui fassent impression sur l'auditeur, et qui le portent à conformer ses mœurs à sa croyance. Jusques vers le milieu du dix-septième siècle , les prédicateurs traitaient les mystères d'une manière sèche et abstraite. Si quelques-uns les tournaient à la pratique de la morale , ce n'était que superficiellement. Ils expliquaient le fond de chaque mystère; ils en établissaient la vérité ; ils £n montraient les convenances , et avaient ensuite recours à de longues citations de l'Ecriture et des Pères , soit pour remplir leurs discours et ne pas manquer de matière, soit pour donner de l'étendue et de la force à leurs pensées. D'autres , plus occupés du brillant que du solide , se bornaient à une simple exposition du mystère; mais pour lui ô ter cet air de simplicité qui languit, ils s'appliquaient avec beaucoup de soin à la relever par tous les agrémens de l'élocution , à l'orner de beaucoup de fleurs , de comparaisons , de figures , et d'applications de l'Ecriture assez ingénieuses. Il n'y avait , par conséquent , dans les discours des uns et des autres , qu'une simple amplification, qui pouvait occuper l'esprit, mais non pas émouvoir le cœur.

Du temps du P. Chaucheraer, mais sur-tout de nos jours, on a beaucoup perfectionné la méthode d'allier dans les sermons sur les; mystères , la morale avec l'instruction sur les vérités de la Foi , et d'en f;iire res-

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