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sortir les motifs qui nous invitent à bien vivre. C'esl
conformément à cette méthode que ce prédicateur a joint dans ses discours la doctrine des mystères avec les fruits qu'on en peut retirer, comme dans son sermon pour le jour de la Circoncision , où il prouve , i" que le Fils de Dieu assujéti à la loi de Woyse, confond les chrétiens qui refusent de s'assujélirà la loi de Dieu ; 2' que le Fils de Dieu prenant le nom de notre libérateur, et nous affranchissant par sa grâce du joug de la loi , confond, par l'excès de son amour, l'abus que nous faisons de la liberté qu'il nous a acquise au prix de son sang. II. Traité de Piété sur (es avantages de la mort chrétienne. Paris, 1707, 2 vol. in-12, réimprimé en 1714 et 1721. François Gaslaud , avocat au parlement d'Aix , ayant fait, en 1699 , in-8 , l'Oraison funèbre '^de la fameuse madame ïiquct ( Marie- Angélique Charlier ) , décapitée , cette même année , pour avoir attenté à la vie de son mari , le P. Chauchemer fit la critique de cette plaisanterie , qu'il trouvait déplacée, et y joignit un discours moral et chrétien sur le même sujet. Gastaud répondit à ces deux pièces , qu'on trouve dans le recueil qui en a été fait, en 1699 et 1700 , in-8. Ces pièces ne sont remarquables que par la singularité du sujet et par le tour qu'on leur a donné.
CHEMINAIS DE MONT AIGU ( Timoléon ), issu d'une famille noble et ancienne dans la robe , naquit à Paris en i652. Il n'avait que quinze ans , lorsqu'il entra chez les jésuites , où il se fit remarquer par ses talens. Après avoir enseigné pendant quelque temps les huma-
hîlés et la rhétorique à Orléans , il fut destiné à [la chaire. Le P. Cheminais possédait toutes les qualités qui servent à former un grand prédicateur. Il avait l'esprit solide > droit et pénétrant; une imagination vive et brillante , mais autant de flegme et de justesse qu'il fallait pour régler son feu ; sur-tout un génie heureux et une très -grande facilité pour inventer. En même temps il était doué de beaucoup de goût, d'un discernement fin pour bien choisir; il avait beaucoup de netteté et de méthode , des réflexions toujours saines et judicieuses, avec une manière de s'exprimer aisée et noble tout ensemble. Il possédait éminemment l'art de^loucher les âmes ,]| ou plutôt , sans nulle afleclalijan et sans art, il donnait aux choses les plus communes une onction particulière , qui le fit comparer à Racine , avant que Massillon fût connu. Il répandait partout les senlimens d'une dévotion tendre et affectueuse. Plusieurs fois ses auditeurs versèrent des larmes en l'entendant parler. Son talent exiérieur pour bien prononcer un discours, répondait à ces qualités; il avait un ton de voix fort beau] , un air modeste et religieux , mais vif et animé ; toute son action était naturelle. li sentait tout ce qu'il aurait pu faire encore pour se perfectionner ; mais, dans les dernières années de sa vie > une douleur de tète habituelle l'ayant a ffiiibli et l'a ffVublissant tous les jours davantage , il lui fut impossible de se donner là-dessus toutes les peines qui sont nécessaires j et qu'il aurait prises , s'il eût joui d'une parfaite santé» C'est encore par cette raison qu'il ne put se livrer à la lecture des Pères de l'Eglise, autant qu'il l'aurait souhaité. Ses sermons ne sont peut-être pas aussi remplis ^
en quelques endroits, qu'ils l'auraient été , s'il eût eti plus de commerce avec les auteurs sacrés. Néanmoins , on a lieu d'être surpris qiT* , dans l'accablement où il était , il ait si bien su se passer de tous les secours étrangers et suppléer de son propre fonds à ce qui lui manquait d'ailleurs. On connaît le brillant succès qu'il obtint , et la réputation qu'il s'acquit pendant le peu de temps qu'il prêcha. A peine eut-il commencé à paraître dans la capitale, qu'on voulut l'entendre à la cour ; et ses infirmités seules, qui redoublèrent alors , l'empêchèrent de prêcher l'Avent , pour lequel il fut nommé. Comme son zèle était pur et désintéressé, il cherchait bien plus à édifier ses auditeurs , qu'il ne pensait à leur plaire. Aussi retranchait-il de ses sermons tout ce qui ne peut servir qu'à marquer de l'esprit dans un prédicateur. Il s'était même proposé une manière de prêcher, toute simple , sans division et sans ornement , mais pathétique et touchante, dont on a trouvé le projet parmi ses papiers. Il s'j' était attaché dans quelquesunes de ses pièces, entre autres dans celles qu'il composa sur (a Crainte des jugemens de Dieu , et sur la Charité envers (es prisonniers. Il semblait fort disposé à suivre toujours *«etle méthode , dans la seule pensée qu'il pourrait par-là faire plus de bien auprès du prochain. Autant le P. Cheminais négligeait sa propre gloire, autant il avait d'ardeur pour avancer la gloire de Dieu. Malgré ses infirmités , il prenait sur lui tout ce qu'il pouvait ; et ses amis furent souvent témoins combien il souffrait après avoir parlé en public. Le travail qu'il entreprit pour se mettre en état de prêcher tous les dimanches de Carême, contribua beaucoup à
rendre plus dangereuse la maladie doiil il inouiut. Sou ïèle , au reste, ne se bornait pus à la prédication ; il parlait beaucoup de Dieu dans les entretiens qu'il avait avec les gens du monde, et il en parlait d'une manière propre à les édifier sans leur causer de l'ennui. Son humeur agréable, ses manières polios, et le tour d'esprit dont il assaisonnait les discours Les plus sérieux , le faisaient toujours écouter avec plaisir. Dans un temps où ses infirmités ne lui permettaient presque nulle application , il allait tous les dimanches instruire les pauvres de la campagne. Il s'était encore appliqué à former les mœurs des jeunes gens , dont il s'attirait aisément !a confiance; il ne négligeait rien pour leur inspirer l'horreur du vice, ou pour les maintenir dans le chemin de la vertu. Ce don précieux de loucher les cœurs , qui le distinguait si fort , venait en partie de ce qu'il était tout pénétré des vérités du christianisme. Invariablement attaché aux grands principes de la religion , il ne s'en écartait jamais, soil pour se conduire, soit pour diriger ceux qui mettaient leur confiance en lui. Personne n'a su peut-être mieux que lui s'accommoder aux besoins et aux faiblesses du prochain , sans rien relâcher de la sévérité raisonnable que les ministres de Jésus - Christ doivent avoir. Non-seulement il supporta avec résignation l'infirmité que la Providence lui avait envoyée ; mais encore il la regarda comme un averlissement du ciel, qui lui faisait connaître que sa fin approchait et qu'il devait se préjîarer à la mort. En effet , il s'y prépara sans cesse pendant les dernières années do sa vie , par [)lusieurs confessions (générales , par îa fréquentation des sacremens ,
par des exercices de piélé , par de profondes méditu-. lions, et par de ferventes prières au pied des autels. Ce fut eu ces saintes dispositions qu'il mourut, le i5 septembre de l'année 1G89, âgé de trente -neuf ans , après avoir reçu avec une piélé cxennplaire les sacre-, mens de l'ilglise. Il fut vivement regretté , et il mérita de l'être. Aux vertus chrétiennes et religieuses , à son talent pour la prédication , il avait su réunir les qualités qui rendent un homme aimable ; une probité exacte, un naturel obligeant, une candeur admirable, une humeur douce et enjouée , même au fort de la dovileur. Sa conversation , pleine de charmes , était accompagnée de beaucoup de sagesse et de modestie ; en un mot, il fat un ami généreux, un très-bel esprit el un parfait honnête homme. Les Sermons du V. Cheminais ont été mis en ordre et publiés par son savant confrère, le P. Bretonneau , en i6r)o, 2 vol. in-12; il en donna un 3' vol., en i6t)i, et deux autres en 1729 ; mais il est douteux que ces deux derniers soient entièrement de Cheminais, et il est certain qu'ils sont bien inférieurs aux précédens. La meilleure édition de ces germons est celle de Paris, «764, 5 vol. iu-12. On trovive dans le 4" vol. le projet d'une nouvelle manière de préchei', que Cheminais jugeait plus convenable à l'éloquence , et qu'il a quelquefois suivie avec succès. L'aulçui'' désire qu'on bannisse des sermons les divisions et les subdivisions, « parce que par-là, dit-il, » l'éloquence est gênée, contrainte , comme élouflee; > les inouvemens sont interrompus , et , si on ose lo t dire , étranglés. Après avoir parlé avec véhémence , 9 PO recommence froidement un autre point, ce (^u^
• CHË -1
• fatigue l'auditeur, etc. » Le P. Cheminais est aussi auteur d'un ouvrage intitulé : Les Sentimens de piété , ï vol. in-ia , 1691, réimprimé en 1734 et 1736, in-ia. Cet ouvrage se ressent un peu trop du style brillant de In chaire , et pas assez du langage aflectueux de la dévotion. On trouve aussi de lui queh[ues vers, assez médiocres , cités dans la R6pubiiqu6 des Lettres , de Bayle. ( Septembre , 1686.)
CHÉNARD ( Messire Laurent ) , docteur de Sorbonne, qui vivait dans le dix-septième siècle, exerça pendant quelques années le ministère de la prédication. Il a laissé : Discours de Morale sur divers sujets en faveur des curés , vicaires ecclésiastiques de la cam^ pagne , pour l'instruction des peuples , et très-utile* à ceux qui s'emploient dans les missions. Paris , 1693 et années suivantes, 4 vol. in-ia. Les preuves que Chénard invoque à l'appui des matières qu'il traite , sont solides, la plupart étant tirées de l'Ecriture-Sainte , expîii[uées selon les sentimens des SS. PP. Le premier volume ne contenait d'abord que douze discours; mais on l'augmenta en 1694 de deux autres, l'un sur l'utilité d'une confession générale , et l'autre sur les avantages que reçoivent les pénitens , lorsqu'on certain cas l'absolution leur est diflérée. Les trois derniers volumes en contiennent chacun une quinzaine sur difl'éren» sujets , et sont peu recherchés.
CHÉTARDIE { Joachim Trotti de la ) , bachelier de Surbonne , né au chùleaude la Chélardie , dans l'An- ^oumois , en iti5G, l'ut sujiérieur des séminaires Sul^
picicns du Puy, en Velay, et de Bourges, et devin» ensuite curé de Saint-Sulpice de Paris, en 1696, où il mourut en 1714. H avait élé nommé, en 1702, à l'évêché de Poitiers, qu'il refusa par humilité. Ses devoirs de pasteur ne l'empêchèrent point de composer et publier plusieurs ouvrages utiles. I. Des Homéli6& eu latin , pour tous les dimanches de Vannée. Paris , Ï706 et 1708, 2 vol. in-4 j et 4 vol. in-12. Elles sont pleines d'onction et de solidité. II. Des Homélies en français, au nombre de trente- quatre. Paris, 1707, 1708 et 1710, 3 vol. in-4 et 4 vol. in-12. Le pieux orateur y explique l'Evangile du jour dans toute son étendue , et il y éclaircit les principes de la morale chrétienne à mesure qu'ils se présentent. Tout y est traité dans un ordre juste et méthodique. Les préceptes Evangéliques y sont appuyés d'exemples tirés des meilleures sources. III. Catéchisme de Bourges , in-4) 011 4 vol. jn-12 , réimprimé sous le titre de Catéchisme ou Abrégé de ta doctrine chrétienne , V avh , 170S, 6 vol. in-12. Cet ouvrage estimé a eu plusieurs éditions. IV. Explication de l'Apocalypse par l'histoire ecclésiastique , pour prémunir les catholiques et les nouveaux convertis contre la fausse interprétalion des mystères. Bourges, 1692, in-8 , et Paris, 1701, in-4. Cette explication est souvent citée avec éloge dans la Bihle de Vence. V. Entretiens ecclésiastiques, tirés de l' Ecriture-Sainte, du Pontifical et des SS. PP., ou Retraite pour les Ordinans, 4 vol. in-i 2.
CHEVANES (Jacques de ), prit l'habit de capucin ^ans la province de Lyon , el fut connu sous le nom
àe?. Jacques tVJutun, du Heu de sa naissance. S'éfaul ^donué à la théologie et aux travaux de la chaire , il iie fit un nom parmi les théologiens et les prédicateurs àc son temps. Il mourut à Dijon, en 1678 , dgé de plus de soixante - dix ans. Ses ouvrages , relatifs à la prédication , sont : I. L'Amour triomphant des impossihiiitcs de la nature et de la morale, ou Discours $ur te très-auguste sacrement de i' Eucharistie. Lyon, i633, 1666, in-4. II. Harangue funèbre de Louis Gaston-Charles de Foix de Valette, duc de Candale. Dijon, i658, in-4. IH- Oraison funèbre de Jean- Baptiste Gaston de France, fils d' Henri-le- Grand. liyon, 1660 , in-4. IV. Plusieurs Ouvrages de piété , quelques-uns de controverse, et une Vie de Saint- François d'Assise. Dijon , 1676 , in-4.
CHEVASSU (Joseph), né à Saint-Claude, en Franche- Comté, le 6 novembre 1074, après avoir fait sespremières, études , entra au séminaire de Saint-Irénée , à Lyon. Nommé curé de la paroisse des Rousses, dans le diocèse de Saint-Claude j il y exerça son ministère pendant quarante-deux ans, avec un zèle au-dessus de toutéloge. Son grand âge et ses infirmités l'ayant obligé de se démettre de sa cure , il se retira dans sa ville natale , où il mourut le 25 octobre 1752. Ses ouvrages sont: I. Catéchisme paroissial. Lyon, 1726, in- 12. II. Méditations ecclésiastiques. Lyon, 1707, 4 vol. ; 1745 , 5 vol. in-12. Il y a dans cet ouvrage des choses solides , mais peu touchantes. III. Méditations sur la Passion. Lyon, i7:'|6, in-12. Ces deux ouvrages ont été réunis et réimmin'és plusieurs fois IV. Abrégé du Rituel romain ,