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silions pour l'éloquence de la chaire, le confia aux Pères de l'Oratoire du Mans. Il l'envoya ensuite à Paris pour y faire son cours de philosophie et de théologie; entré au séminaire de Saint-Magloire, Fromentières y devint l'élève du père Senault, et ce fut lui qu'il se proposa pour modèle. Il rnit, comme lui, dans ses sermons, de l'élévation et de la solidité. Plus attentif au fond des choses qu'à la forme , il négligeait souvent l'harmonie, l'élégance et la pureté du langage. Il prêcha l'Avent en présence de Louis XIV, en 1672 , et le Carême en 1680, et toujours avec succès. Il prêcha aussi plusieurs carêmes dans différentes églises de Paris, un à Noire- Dame, deux à Sainl-Gervais, et un autre à Saint-Andrédes-Arcs. Le roi, pour le récompenser, le nomma à l'évêché d'Aire, où il fit jusqu'à sa mort rédification des fidèles confiés à ses soins. Il mourut en 1684, extrêmement regretté de son diocèse , malgré les réformes qu'il y avait introduites; il voulut qu'on ne mît autre chose sur son tombeau, que ces paroles du psaume 26 : Seigneur , j'ai aimd la éeaiité de votre maison elle lieu ou réside votre gloire. Ne perdez pas, ô mon Dieu! mon âme avec les impies. Quoiqu'il eût défendu en mourant que l'on imprimât ses sermons, on ne laissa pas de les publier. Ils sont en six vol. in-S. Carême, 2 vol. ; Panégyriques et Mystères, 5 vol.; Œuvres mêlées, 1 vol. On les a aussi en 6 vol- in- 12. Lyon, 1710. On cite parmi ses sermons celui sur la visite et le soula~ gement des prisonniers. Entre ses oraisons funèbres , on dislingue celle du P. Senault, général de TOraîolie, qui passe pour une bonne pièce d'éloquence.
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GAICHIES (Jean), prêtre de l'Oratoire, naquit à Condom, en 1647, d'une faniille honnête. Après avoir en différens lieux rempli d'une manière distinguée leà divers emplois d'enseignement public confiés à sa congrégation, il devint , en 1684 » supérieur de la maison d'Avignon. Ce fut dans cette retraite qu'il se prépara au ministère de la chaire. Le chapitre de la cathédrale de Soissons le nomma , en 1692, son théologal, d'où il alla prêcher des stations d'avent et de carême à Paris et dans plusieurs grandes villes du royaume. Sa composition était .soignée , élégante et pleine d'instruction. Une vie évangélique donnait un grand poids à ses discours ; en i^oS il fut reçu membre de l'Académie de Soissons. Il eut la confiance de M. Sillery, évêque de celte ville, qui l'emmenait toujours avec lui dans la visite de son diocèse, pour l'employer à l'instruction des pasteurs et des peuples. Après la mort de ce prélat, prévoyant qu'il ne pourrait convenir à la nouvelle ad- «linistration du diocèse, il se démit de sa théologale, et se retira, en 1725, dans la maison de l'Oratoire , à Paris , où il termina sa carrière le 5 mai i^Si. L'abbé de Lavarde a publié le recueil de ses œuvres, en 1759, in- 12. On y trouve dix discours académiques aussi élégans que judicieux, et des maximes sur le ministère de (a chaire , imprimées pour la première fois en 1710, in-12, sous le voile de l'anonyme. Une seconde édition de ce petit livre, devenu classique parmi nous , fut publiée à Toulouse en 1711, sous le nom du père
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Massilïon, parce qu'on avait cru y recônnaîlre l'empreinte de son génie. Le célèbre orateur désavoua ce chef-d'œuvre, en disant: «Je voudraisl'avoir fait.» Lao* édition aélépu. biiée à Paris, en i^So, sur le manuscrit de l'auteur, retouché par lui-même, et dans lequel il avait ajouté quelques nouvelles maximes. Quoique chacune de ces maximes paraisse isolée, elles forment cependant un système ingénieux et bien ordonné dans toutes ses parties ; elles sont vives et concises, l'expression en est toujours juste, et le sly!e toujours d'un bon goût. Cet ouvrage a été traduit en allemand en 1757.
GAILLARD (Honoré ), jésuite, né à Aix en Provence, en i6^i, et mort à Paris le 11 juin 1727, avait prêché trois fuis l'Avent, et onze l'ois le Carême à la cour. .U avait aussi retnpli les meilleures chaires de la capitale , toujours avec le plusgrnnd concours et un snccè?; soutenu. Les fermons dj ce célèbre prédicateur n'ont pas encore été recueilliset publiés On n'adc lui que ^'MaiÇre «raisons funèbres imprimées séparément. Ceile du prince de Turenne, prononcée dans l'église de l'abbaye de Cluny , en 1690 , fit la plus grande sensation , surtout à ce passage ori l'orateur, après avoir dit que ce jeune prince fut blessé mortellement à la bataille de Steinkerque , décrit d'une manière aussi pathétique que touchante la douleur de ses parens à cette triste nouvelle: « Mais quelle nouvelle à porter à toute sa maison ! JHélasî »{1 n'était déjà plus , quand on apprend qu'il était dan- » gereusemcnt blessé' Quel trait mortel dans le cœur » d'un père ! quel glaive de douleur dans l'âme de la » mère ! ils partent en trouble et avec précipitation.
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» pressés par les mouvemens de leur tendresse , pour se » rendre auprès d'un fils qui faisait tout le bonheur de » leur vie. Où courez vous , père infortuné, mère dé- » sciée? Vous entrez dans Mons par une porte, tandis que » son cercueil passera par l'autre ; et vous apprendrez » des gémissemens publics qu'il n'y a plus pour vous » de Turenne. Puis-je exprimer ici ce que me fit voir » alorslaplus sensible douleur d'un père qui s'abîme dans » la désolation, et d'unemère qui se noie dansseslarmes? » Tout ce que l'amour paternel conçoit dans une adlic- » tion profonde, et qu'il veut produire au dehors, est » étouffé par des sanglots qui ne laissent point sortir » d'autres paroles de sa bouche que celle que David » réitérait sans cesse sur la mort d'un fils qui ne méri- » tait pas d'être regretté autant que celui-ci : FUi mi !
» heu, fîii mi ! De l'autre côté, la mèreabandon-
» née à ses gémissemens et à ses lamentations, comme ■ si, dans la mort de ce seul fils, elle avait perdu tousses » enfans, ne s'explique que par la voix de Rachel, qui » ne veut point recevoir de consolation , parce que ce » qu'elle aimait uniquement n'est plus : quia non sunt. » Que cette douleur sera longue! que la source de ces « pleurs sera abondante! que la consolation du temp» » qui émousse peu-à-peu les plus vives afflictions, lui » sera inutile ! tout lui retrace ce fils, tout lui renouvelle » sa douleur et donne un nouveau cours à ses larmes ; » rien ne peut lui faire oublier qu'elle a perdu dans un » fils d'une telle considération, toutce qui pouvait flatter » la tendresse et la gloire. » Les trois autres oraisons prononcées par ce jésuite , sont celles de M. de Harlay,^ archevêque de Paris, en 1695 ; de Louis Dauphin et de