GER
Marie Adélaïde de Savoie en 1 7 1 2 ; et de Henry Jules de Bourbon, prince de Condé, en 1709. Tons ces discours» en général, sont écrits avec esprit et décèlent un grand talent oratoire.
GAMBART (André), prêtre du diocèse de Noyon , né en 1600, se mit sous la discipline de saint Vincent-de- Paul, fut un des premiers membres de sa congrégation, , devint son ami et le coopérateur de ses pieux desseins. Ce vertueux ecclésiastique se dévoua à l'instruction des pauvres et des gens de la campagne. Il mourut à Paris en 1668. On a recueilli ses ouvrages sous le titre de il/ mio/ïiiairc paroissial, ou sommaire d'exhortations faniiîières, pour {'instruction des pauvres et du simple peuple. Paris, 1668, 8 vol. in- 12, savoir, 2 vol. de proues et 6 vol. de sermons sur les fêtes. Les ecclésiastiques chargés d'instruire les peuples de la campagne, recherchent encore aujourd'hui cet ouvrage, dont le style est simple et clair ; les instructions qu'il renferme sont courtes et pleines d'onction. On a encore de Gareibart. Fie symbolique de saint François de Sales, sous 52 emblèmes, Paris, \'oQ'.\, in-12, qui mérite peu d'être connue, à cause de son langage mystique.
GEOFFRIN (Claude) Voy. , Jérôme (dom).
GERGUEIL ( N. ) , abbé , professeur royal de théologie dans l'université de Toulouse, n'est connu que par^ VOraison funèbre de M. de Bcauvcau, archevêque et vvim.at de Narbonne, qu'il prononça le aS juin 1740» tUios l'église de >'oUc-Dame-dcs-Table3 de Montpellier^
ii8 Ci*: Il
en présence de rassemblée dts élats-générau^v du Languedoc. Paris, 17/10, iu-4.
GERVAIS DE Paris ( le Père ) , capucin , acquit de la réputation dans le dix-septième siècle , par ses lalens pour la chaire. On a de lui. Bibliothèque évangéiiquc , contenant plusieurs Sermons sur (es sujets iespius importans de la inorale chrétienne. Paris, 1694 , 2 vol. in>8. Le premier vulume de ces ouvrages renferme treize sermons il'une loiiirueur extrême sur différens suiets ; le second en contient sept autres pour les six dimanches du Carême et pour le Vendredi-Saint ^ qui ne sont pas moins longs. Il y a encore un volume de la Bibliothèque évangéliquc pour le temps de l'Avent, imprimé en 1692. Le style de tous tes sermons est incorrect et diffus.
GÉRY ( André-Guillaume ds ) , l'un des orateurs distingués du dix-huitième siècle, né à Reims le 17 février 1727 , entra dans la congrégation de Saiule-Geneyièvc en 1742 , où il prit des leçons de littérature et de langues anciennes. En 174^5 il fut envo^'é à Sainte- Barbe , en Ange , pour y étudier la philosophie; il y commença à développer des dispositions heureuses pour la chaire : il vint à Paris en 1747 et prêcha avec succès. ^c^ Sermons i d'une élocution facile, d'une instruction vive et accompagnée d'onction , lui attirèrent uu nombreux auditoii'e. Quelques passages d'un sermon sur le baptême , en quelque sorte improvisé, dont le sens fut mal interprété auprès de rarchevè(iue de Paris, itîrent suspendre , dès Is début, la continuation d'uu Carême qu'il devait prêcher à Saint-Jacqucs-du-H aut
Pas. Ses supérieurs renvoyèrenl alors remjdir la fonction de prieur - curé de Saint - Léj^er de Soissons. U quitta Soissons en ij68, cl alla prendre possession à Lyon du prieuré-cure de Sainl-Yrénée. En 1778, il fut élu , avec rapprobafion générale , abbé de Sainte-Geneviève. En 1784 , s'étant déchargé sur son coadjuteur du poids de l'administration, il se proposait de reprendre et de suivre de nouveau le ministère de la chaire, lorsqu'une apoplexie soudaine vint l'enlever le 7 octobre i^Sl). On a de l'abbé de Géry des Sermons, des Panégyriques et des Homélies, qui ont été recueillis en 6 vol. in-12, Paris, 1788. Ses sermons et instructions sont pleins d'une raison éloquente qui les faisait suivre avec succès. Parmi ses Fanégyricpies , on distingue celui de S aint- A ugustin , composé vers 1758, V Oraison funèbre de Louis Xf^ , publiée en 1774? le Panégyrique de St. -Louis, en 1 777, et Y Eloge de Jeanne d'Arc, dite la Puceile, en 1779. On lui doit aussi wne Disser talion sur le véritaMe auteur du livre de Vlmitation. Paris, 1758, in-ia. C'est une réponse à la Dissertation de l'abbé Valart , pour Gersen.
GIRARD (N.) , curé de Saint-Loup, au dix-huitième sièch; , étail-du diocèse île Lyon. On ne connaît de lui qu'un ouvrage intitulé : Les petits Prônes , ou InS' tructions familières pour les peuples de la campagne, Lyon, 1753, 1760, 1766, 8 vol. in-12; Bruxelles, 11769 , 4 vol. in-12. Le style de ces prônes est simple et clair ; les matières les plus relevées de la religion y sont mises à la portée des auditeurs les moins instruits ; Us ont été traduits en latin sous le liUe de Concionei
in doniinicas et festa, tisui parachorum. Augsbourg , 1766 , 4 vol. iii-8.
GIPtOL'ST ( Jacques ), jésuite, l'un des meilleui-s prédicateurs du dix-seplièine siècle, naciuit à Beauforl, en Anjou, en 1624 ^ et mourut à Paris le 19 juillet 1689 ; s'étaiJt adonné à la prédication , il remplit avec beaucoup de distinction les chaires de la province et de la capitale. Il aurait été à souhaiter, dit le P. Brelonneau , comme lui delà compagnie de Jésus, que le Père Girousl eût pris soin lui-même de donner ses sermons au public ; mais la langueur où le réduisit une longue maladie, dont il futattaqvié, et dont il se ressentit jusqu'à sa mort , le mit hors d'état de satisfaire là-dessus à ce qu'on attendait de lui. Son mal lui inspira même un tel dégoût pour les choses de la vie , et pour tout ce qui pouvait lui conserver la haute réputation qu'il s'était acquise, que, bien loin de chercher à faire paraître ses écrits , il ne pensa qu'à les supprimer. On a travaillé à les recueillir autant qu'il était possible , et, l'on a cru qu'il ne fallait pas laisser perdre ce qui nous x-eslait de ce célèbre prédicateur. Le P. Giroust prêcha dans Paris durant pkisieurs années, et, sans chercher à se distinguer, il y |)arut toujours avec distinction. Cet orateur avait des qualités précieuses pour son ministère , un esprit droit et solide, une connaissance très- étendue de l'Ecriture et des Pères , de la pénétration dans les matières de théologie, sur-tout une éloquence naturelle et forte; enfin , une telle autorité en parlant , qu'il donnait à tout un air de vérité qui persuadait et qui (ouçhail. Ce qu'il y avait de plus singulier, ce en quoi i{.
excellait davanl.'ige , c'eluieiit cei laiiis mouvemens j)a-> lhéti(|ues où il se laissait emporter à son zèle. Il se conciliait alors une attention que rien n'était capable d'interrompre. En voici la preuve. Un jour que l'instant indiqué pour finir était arrivé, et que l'Iieure vint à frapper, tout l'auditoire ému de ce que disait le prédicateur, lui fit entendre de toutes parts qu'il eût à continuer, et qu'on était prêt à l'écouter aussi longtemps qu'il voudrait. li cessa néanmoins , et il jugea qu'il ne pouvait laisser les cœurs dans une meilleure disposition que celle où ils étaient. Sa manière de prêcher était aisée et sans fard ; mais dans sa simplicité même et dans su facilité , elle était pleine d'onction , et également propre à éclairer les esprits et à gagner les cœurs. Il était convaincu qu'il importe peu à un prédicateur apostolique que ses auditeurs admirent dans ses discours les ornemens de l'éloquence , s'ils ne se sentent pas plus animés à profiter des importantes vérités qu'on leur annonce, et à mettre en pratique les divines leçons qu'on leur donne. C'est pour cela que, dans le choix qu'il faisait des matières, il prenait celles qu'il jugeait les plus capables de faire naître de grands sentimens de pénitence et dereligion. Gomme le P. Giroust s'attachait beaucoup plus aux choses qu'aux paroles , et qu'il se contentait quelquefois de tracer légèremeiit sur le papier les points capitaux sur lesquels il avait à parler, et de les bien méditer en suiie , ses productions avaient besoin d'une révision exacte pour pouvoir soutenir le grand jour de l'impression; le P. Bretonneau, qui prit soin de les publier, exécuta ce travail, mais sans altéier etj rien l'esprit de Tauteur. L'Aveiit du P. Giroubt est inli,-
tulé, Le Pécheur sans excuse. C'était alors Tusage des prédicateurs, de choisir un dessein général, auquel ils rapportaient tous les serinons qu'ils étaient obligés de prêcher pendant le cours de l'avent. Son carême est composé de Irente-quatrescrmons sur différens sujets , et sur la passion et la résurrection de Jésus-Chrisî. Le P. Brelonneau mourut avant d'avoir rempli la promesse qu'il avait faite de donner les sermons de son digne confrère sur les myslères et ses panégyriques. Les règles de l'art sont assez bien observées dans les discours du P. Giroust ; tout y est rangé suivant la méthode la plus propre à persuader. Les divisions sont justes, les desseins bien pris; le style est judicieusement proportionné aux matières, et à la portée de toutes sortes d'auditeurs : aussi y a-t-il plus de forte que de délicatesse. Si le P. Giroust se distingua par son éloquence, et laissa bien loin derrière lui ceux qui l'avaient devancé dans la carrière, « Il n'a pas, dit un critique, U!»e onction aussi ■ moelleuse que le P. Cheminais, ni une éloquence aussi » persuasive; ses sermons , cependant , apprcclient de » cette tournure vive et douce, qui a servi de modèle à » ce dernier : quand on le lit, il est aisé d'y remarquer » beaucoup d'incorrections , qui pouvaient être moins » sensi!)les dans le débit, où la chaleur de T action cache s ou fait pardonner les négligences de la composition. » Le p. Giroust se fit encore remarquer par une piété solide et éclairée, par de profondes connaissances , par sa délicatesse en éclairant les autres, par sa docllilé à recevoir lui-même des conseils, par sa modestie, et surtout pur une pieuse résignation aux volontés du ciel. Ce fut dans ces nobles tcnlliiicns qu'il termina dt^».
jours consacrés au service de son Dieu, à l'édification , ^ rinstructioD çt 9u sa}ut de ses semblables.
GODEAU (Antoihe), né à Dreux en i6o5, après avoir fait de bonnes études, entra dans les ordres sacrés et devint évêque de Vence. Il contribua à l'établissement de l'Académie française, et s'acquit alors une grande réputation par ses prédications et ses ouvrages ; réputation qui ne s'est pas soutenue , et qui ne méritait pas de l'être. Le cardinal de Richelieu le fit nommer évéque de Grasse en i636. Godeau obtint d'Innocent X des bulles d'union de l'évêché de Vence avec celui de Grasse ; mais dans la suite il ne voulut point poursuivre cette union , et se contenta de l'évêché de Vence ; il y mourut le 2 1 avril i6';;2. On a de lui, une Histoire ecclésiastique, des Paraphrases des E pitres de saint Paul, des E pitres canoniq^ics; une traduction en vers des psaumes de David, qu'on ne lit plus guères. Ce prélat a aussi publié (Xts Discours sur les ordres sacrés. Paris, 1686, in- 1 2, et des Homélies pour tes dimanches de l'année, Lyon , 1697, iu-8; Paris, 1682, in-4,et 1715, 2 vol. in- 1 2. L'auteur y explique ordinairement l'Evangile, selon le sens littéral et moral. Le style en estsimple, etmi}mcun peu familier.Qn doit encore à cet évêque deux Oraisons funèbres, celle de Maroni j évêque' de Bazas , Paris ,^ 1646, et celle de Camus, ancien évêque de Belley , i635, iu-4. AToccasionde la première deces oraisons, l'auteur a écrit une lettre, où il fait de bonnes réflexions sur ces sortes de discours. Il convient que ces pièces sosit difficiles , <• Soit , dit-il , parce que les auditeurs ne sont pas. \ cidiuaifemenl di.'îposés à entendre les louantes du.