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«onça devant elle le Panégyrique de Saint-Louis. Co fut à ses succès réitérés , comme orateur , qu'il dut ii; choix que fit de lui la maison de Condé pour l'éducation de deux de ses princes , le duc de Bourbon et le comte de Charolais. Il dut , 601708, à ces mêmes succès le titre d'académicien, et en celte qualité il se chargea de V Oraison funèbre de Louis XIV , qu'il prononça dans la chapelle du Louvre. Il donna ensuite un grand nombre d'autres discours, qui, presque tous, avaient la religion pour objet , et qu'il a lui-même publiés une année avant sa mort , dans le recueil trèsbien imprimé de ses Œuvres , 1745, in-4. On remarque sur-tout son Sermon sur ta messe , et son Oraison funèi>re de Henri de Bourùon , prince de Condé. En 1724 , il fut nommé à l'évôclié de Bazas , où il mourut en 1746. D'Alembert a publié son éloge.
MONMOREL ( Charles Lebourg de ) , né à Ponl- Audemer, devint aumônier de la duchesse de Bourgogne en 1697, et mourut abbé de Launoy au commencement du dix-huitième siècle. Cet abbé a composé un grand nombre iVHoméiies , Paris, 1695 et années sui' vantes , dont on a publié une nouvelle édition en 1719. I. Homélies sur les Évangiles de tous ies dimanches de l'année , où l'on trouve une explication littérale et morale des Evangiles , distribués verset à verset , pour servir de lecture spirituelle pour tous les jours de l'année, avec un petit discours moral sur le sujet principal de chaque Evangile, contenant un texte, une division et une prière à J. C. , 4 vol. II. Homélies sur ia Passion de N. S. J. C. , i vol. III. Homêiies sur les mys-
thés de N. S. et de la Sainte-Vierge , a vol. IV. Ho- ■niéiies sur (es Evangiles de tous les jours de Carême , 3 vol. La méthode que l'abbé de Slonmorel a suivie dans ces Homélies , est à-peu-près la même que celle des Saints Pères. Dans les premiers siècles de l'Eglise , on expliquait lamiiièrcment aux fidèles l'Ecriture-Sainle , n'apportant point d'autre ordre , ni d'autre division et liaison dans les discours , que celles que fournissaient les Evangiles , dont on prenait les circonstance» les unes après les autres. Panlîenus fut le premier, après les apôtres, qui l'expliqua de la sorte. Saint-Clément Alexandrin, qui lui succéda, et Orîgèue, y mêlèrent ensuite et plus d'ordre et plus de délicatesse. Ces deux Pères, qui savaient à fond toute l'histoire de l'ancien et du nouveau Testament , excellèrent dans co genre de prêcher; et Démétrius , ^vêque d'Alexandrie, ne fit choix de celui-ci qu'à cause qu'il était , plus que tout autre , capable de donner à son peuple une nourriture solide, par une explication aisée, quoique très-savante, de l'Ecriture , dont il avait ap|)rofondi les principaux mystères. Oplat eut le même emploi dans Carlhage , et tout le monde sait quel succès ont eu de tout temps le» Homélies de S. -Augustin, celiesdcs deux SS. Grégoire, de Saint-Chrysostôme , de Saint-Basile , de Saint- Ambroise , d'Eusèbe , d'Emesse el ce beaucoup d'autres qu'on peut regarder comme de savans maîtres, sur lesquels un prédicateur peut se former. M. l'abbé de Monmorel a ainsi paraphrasé tous les versets des Evangiles des dimanches de l'année , dans le mêm-î ordre qu'ils y sont rangés , el a tiré de chacun quelque moralité. Il s'explique d'un style simple , quoique serré.
Comme ces Homélies seraient trop longues pour l'instruclion que les pasteurs sont obligés de faire les dimanches , il les a partagées pour tous les jours de la semaine , en assignant l'explication d'un ou deux versets pour chaque jour. Le lecteur y trouvera ce qu'il serait obligé de chercher long-temps et avec beaucoup de peine, dans les Pères et dans les interprètes. On peut faire observer ici que cette méthode d'instruire est très-propre i)our l'édification des fidèles ; mais qu'elle a aussi ses inconvéniens , lorsque les différentes parties d'un Evangile ne se rappoitent pas naturellement à lin même sujet ; car alors on s'expose à ne faire de son discours qu'un amas informe de différentes malières.
MONTARGON [Robert-François de ) , dit le P. Hyacinthe de V A ssopiption , religieux Augustin de la place des Victoires à Paris , né en cette ville en 1705 , se livra au ministère de la chaire , et prêcha devant Louis XV et devant le Roi de Pologne Stanislas, qui l'honora du titre de son aumônier. Il périt malheureusement à Plombières dans un débordement des eaux que cette ville essuya le 25 juillet 1770. On compte parmi ses ouvrages ; L Le Dictionnaire aposlolique , 1752 et années suivantes, i5 vol. in-8, ou 12 vol. in-12, traduit en italien ; Venise , 1755. C'est un répertoire lUile y et il le serait davantage si l'aufeur avait eu plus de goût et un style plus correct. IL Histoire de l'institution de la fètc du Saint 'Sacrement y 1753, 1 vol. in-12. IIL Recueil d'Éloquence sainte , ou Bibliothèque des patriarches et des fondateurs d'ordres , 1 769, 5 vol. in-8.
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MORGUES ( Malliieu ilo ) , sieur de Saiût-Geiauiii , ué au Yellay, en Languedoc , entra chez les j(isiiiles, et régenta quelques années à Avignon. Il quitta ensuite la aociélé, et vint à Paris , où il exerça le ministère de la prédication avec le plus grand succès. Il fat quelque temps curé d'Aubervilliers , et devint ensuite prédica teur ordinaire du Roi Louis XIII , et premier aumônier de la reine Marie de Médicis. Il alla rejoindre celte princesse à Bruxelles, et après la mort du cardinal de Richelieu , qui s'était opposé à son élévation à l'épiscopat ,11 revint à Paris, où il mourut en 1670, à quatrevingt-huit ans. On a de lui un Panégyrique de Saint- Joseph , V avis , i665, in-4 , avec quelques Sermons de morale, depuis longtemps oubliés.
NESMOND (Henri de) , d'une famille noble, originaire de l'Angoumois , entra dans les ordres sacrés, et s'adonna à la prédication , où il obtint des succès qui le portèrent sur le siège épiscopal de Montauban, puis sur celui d'Alby. Il fut reçu, en 1710, à l'Académie française à la place de Fiéchier , dont il reproduisit , sinon le talent oratoire, du moins toutes les vertus apostoliques. Nommé à l'archevêché de Toulouse , il ramena à l'unité de la foi beaucoup de protestans qui remplissaient son diocèse. Ses fonctions lui imposaient souvent le devoir de haranguer le monarque au non» des états du Languedoc. Ce fut dans une occasion semblable qu'étant resté court devant Louis XIV , après quelques mots d'exorde , ce prince lui dit avec bonté r 8 Je suis bien aise que vous me donniez le temps de