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vante, qni lut adressée aux princes du sang qui assistaient au service funèbre : «Princes qui m'écoutez , n précieux ornemens de la maison royale , glorieux B rejetons des grands Condés.... connaissez où se ter- 0 mine la gloire qui vous environne; voyez si elle dure; B voyez si elle se soutient? Ce temple superbe n'est, ') pour ainsi dire , pavé que de ses débris : on ne marche » ici que sur des sceptres brisés, sur des couronnes » flétries, sur des dieux de la terre humiliés , obscurcis, » dénués de tout, et sans autre relief devant Dieu et B devant les hommes que celui des bonnes œuvres, n Ce discours est terminé par une péroraison où il règne une éloquence simple , douce, affectueuse. L'heureuse application de quelques passages de l'Ecriture y jette un pathétique si vif et si toucl)ant, qu'il serait difïicile de iv'en être pas ému , disons inême attendri. On a recueilli le Panégyrique et les Oraisons funchrcs de cet orateur , en i vol. in- 12. Paris, 1705.
QUIQUERAN DE BEAUJEU (Honoré de), naquit à Arles en i655, d'une famille noble et distinguée dans sa province. Après avoir brillé dans le cours de ses études, il entra dans la congrégation de l'Oratoire à l'âge de dix-sept ans, et fut chargé, quelque temps après, de professer la théologie dans sa ville natale , puis à Saumur. Après la révocation de Tédit de Nantes, on l'envoya dans les missions du Poitou et du pays d!Aunis. Il s'y acquit unie si grande réputation , que le célèbre Fléchier, évêque de Nîmes, lui donna un canonicat
dans sa cathédrale, et le choisit pour un de ses grandsvicaires. L'abbé de Beaujeu se signala par ses prédications dans le Languedoc autant que dans le Poitou. Il s'était accoutumé de bonne heure à parler sur-le-champ et ah abrupto. Son éloquence le fit adnurer dans les assemblées du clergé de i6y3 et 1700. Le roi , informé des conversions que l'abbé de Beaujeu opérait dans le diocèse de Nîmes, le nomma, en i7o5, à l'évêché d'Oleron , et presque aussitôt à celui de Castres. Dans le temps qu'il n'était que simple chanoine de Nîmes , le maréchal de Montrevel , qui commandait dans le Languedoc , ayant été informé que le dimanche des Rameaux, les protestons devaient tenir leur assemblée dans un moulin des faubourgs de Nîmes, fit investir ce moulin avec ordre de le brûler. Les habitans effrayés crurent qiie c'était à leur vie et à leur ville qu'on en voulait : ils prirent les armes et se réfugièrent dans l'église, avec la résolution de se défendre jusqu'à la dernière extrémité. L'abbé de Beaujeu monta aussitôt en chaire , et parla avec tant de force et d'onction , que le calme ayant succédé au tumulte, le service se fit à l'ordinaire, et chacun s'en retourna chez soi rassuré et en paix. Louis XIV étant mort en 1715, dans le temps de l'assemblée générale du clergé, l'évêque de Castres fut choisi pour prononcer à Saint-Denis Voraison funèhre de ce monarque. Il s'en acquitta avec succès. Elle fut imprimée la même année, à Paris, in-4''. On la regarde comme une assez bonne pièce d'éloquence , et on cite, à l'appui de ce jugement, le trait suivant: L'orateur y compare son héros à un arbre élevé sur le sommet du Liban. « Ce fameux monarque , dit-il, n'a
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» presque rien entrepris qui n'ait Ueureusement réussi, 1) et ses malheurs même n'ont servi qu'à rehausser sa » jjloire. Semblable à cet arbre nourri des plus belles » eaux de la nature , qui , du sommet du Liban , pousse » une tige droite et élève jusqu'aux nues une tète » superbe , que les oiseaux du ciel respectent, que les » arbustes ne sauraient atteindre , que l'impétuosité des » vents ne saurait ébranler, que l'inondation des rivières » ne saurait entraîner , que les ardeurs du soleil ne sau- » raient endommager, que l'inconstance des saisons ne B saurait llétrir, dont la fécondité ne peut être retardée, » et dont les feuilles, par la fraîcheur et l'utilité qu'elles /» procurent, aussi bien que par l'odeur qu'elles répan- » dent, surpassent les fruits délicieux des autres espèces ; » tel a toujours paru le roi, supérieur aux autres hom- • mes, comme aux événemens de la bonne et de la ») mauvaise fortune; plus heureux d'avoir su faire un » bon usage d'une si rare félicité , que de l'avoir méi; ritée. » On a de l'abbé de Beaujeu , i vol. in-4° de Mandemens , de Lettres et à^ Instructions pastorales, qu'il publia sur l'établissement de son séminaire, sur les maladies contagieuses de la Provence et du Languedoc, sur l'incendie de Castres, sur les abus de la mendicité , sur la légende de Grégoire VII , sur le fameux concile d'Embrun auquel il n'était pas favorable , et sur plusieurs points de doctrine et de discipline. Ce digne prélat mourut à Arles , où il était allé pour voir sa famille, le 26 juillet 1738, vivement regretté de tous ceux qui avaient eu l'avantage de le connaître , et d'apprécier les qualités et les vertus de cet estimable prélat.
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RACONIS ( Charles - François cVAbra de), né en i58o , au château de Racoiiis , dans le diocèse de Chartres, professa la philosophie au collège du Plessis , et la théologie à celui de Navarre. La régularité deses mœurs, jointe au succès de ses sermons et de ses ouvrages de controverse , lui méritèrent l'évéché de Lavaur, où il mourut en 1646. Il paraît que ce prélat n'a publié aucun de ses sermons. Ses écrits sont : I. Traité -pour se trouver en conférence avec les hérétiques , Paris , 1618, 1 vol. in-12. II. Théologie latine^ en plusieurs vol. in-8. III. La Vie et la Mort de Madame de Luxembourg , duchesse de Mer cœur, Paris, 1626, 1 vol. in-! 2. IV. Réponse à ta tradition de l'Eglise , d'Arnauld , etc.
RAGON (N.), chapelain de S. A. R. Madame la duchesse d'Orléans, n'est connu que par le Panégyrique de Saint-Louis , qu'il prononça devant MM. de l'Académie, en iy3o. Ce discours , assez médiocre , fut imprimé la même année, in-4.
RAINAUD ( Paul ) , prédicateur célèbre , né aux îles d'Hières en Provence, et mort à Paris , en 1770, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans, entra dans la congrégation de l'Oratoire, et s'y distingua bientôt par sa modestie et surtout par son talent pour la chaire. Une éloquence douce et persuasive, un organe flatteur, une physionomie pleine de candeur et d'expression , atti-
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rèrcnt à ses sermons une loulc d'auditeurs et les suffrages des hommes de goût. Celui qu'il fit sur les spectacles passe pour son chef- d'oeuvre. Il en avait relouché dix-neuf autres dans les derniers jours de sa vie; mais il ne voulut jamais permettre qu'on les publiât. On ne sait qui les a en sa possession. Louis XV nomma Rainaud à deux évêchés , qu'il refusa : exemple peu commun de modestie et de désintéressement; ce qui fit dire assez naïvement au monarque qu'il n'avait jamais trouvé dans le clergé un homme qui eût refusé deux fois d'être riche et indépendant.
RAYNAUD ( Guillaume ) , docteur en théologie et missionnaire apostolique, de l'ordre des Frères prêcheurs, vers le milieu du 17' siècle, adonné au public des Sermons pour un octave de la Nativité de la Sainte- Vierge, qu'il avait prêches dans l'église de Notre-Dame delà Platière de Lyon; Lyon, 1668, in-S" ; avec des essais de Panégyriques des saints, qu'il avait prononcés dans différentes églises de Paris; Paris, 1688, in-8. Ces sermons et ces panégyriques sont avec raison presque oubliés aujourd'hui.
RAYON (Jean-Baptiste), de la compagnie de Jésus, exerça le ministère de la prédication vers le milieu du 17* siècle. On a de lui un Octave du Saint-Sacremtnt , avec quelques autres pièces sur le même sujet; Paris, 1668. Ce jésuite avait déjà donné auparavant deux autres volumes, l'un de V Alliance des grandeurs et des abaissemens du verbe divin au mystère de l'incarnation, qui est un Avent qu'il avait prêché dans l'é-
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i;lise de Saiiit-Seveiin de Paris; et l'autre qui porte pour titre : Lt Calvaire, ou tes Entreti&ns d& i'âm& chrétienne sur ia passion de N- S. . qu'il avait prêche', ou plutôt récité, dans l'église de la Maison-Professe des jésuites de la même ville.
I. RENAUD (Louis), religieux dominicain, et docteur de Sorbonne, né à Lyon, et mort le 2 1 juin 1 77 1 , à l'âge de quatre-vingts ans, tut reiionimé par ses taleus pour la chaire ; il prêcha TAvent devant le roi en 1740? exerça longtemps le ministère de la prédication dans les principales églises de Paris, et devint prédicateur du roi. Ses sermons n'ont jamais été publiés. On a de lui : I. VOraisoîi funèbre de M. le duc d'Orléans , prononcée en 1752, et qui passe pour une assez bonne pièce d'éloquence. II. V Oraison funèbre du maréchal de Viileroi, qui n'est pas sans mérite. III. Discours latin, prononcé à Beauvais, sur l'exaltation de Benoît XIII à la chaire de Saint-Pierre.
II. RENAUD (N.), prêtre de la congrégation de l'Oratoire , dont les biographes ont oublié de relater l'époque de la naissance, ainsi que celle de la mort, vivait au milieu du iH' siècle. Cet oratorien avait un talent si rare pour la prédication , que dî^ps son dernier Carême, qu'il pvêcl^a çr^ 1753 d?ins réglisse de Notre-Dame de Paris, 00 fut obligé d'étendre ce vaste auditoire au-delà des bornes ordinaires ; encore n'y avait-il pas, de place pour tous ceux qui désiraient l'entendre. Sa voix était si c^ai^-e et si perçante, que quelque éloigné que l'on fût de la chaire, on ne perdait pas un mot de ce qu'il disait.
Son ^este était naturel, vif et animé. Sa composition n'égalait pas ses talens extérieurs , mais elle était intéressante. Ses discours furent couronnés par MM. de l'Académie française. En 1757, ils adjuj^èrenl le prix à celui qu'iJ leur présenta Sur ta médiocrité ^ dans lequel on admira les deux portraits du pauvre et du riche.
I. RICHARD (Charles-Louis), religieux dominicain , né à Blainville en Lorraine, au mois d'avril 1711, s'adonna d'abord à la prédication , où il obtint peu de succès. On lui doit des Sermons , 4 vol. in- 12 , qui l'ont laissé dans la classe nombreuse des prédicateurs du troisième ordre; son éloquence est sans chaleur, sans nerf et sans coloris. Ses autres écrits , entrepris pour la défense de la religion , sont languissans , et montrent plus de bonnes intentions que de talens. Ce religieux fut fusillé militairement, à Mons, le il\ août 1794-
IL RICHARD (Jean), néà Verdun, en Lorraine, après avoir fait ses études dans le collège de Pont-à-Mousson , vint à Paris pour y étudier en même temps en droit et en théologie. Il se fil ensuite recevoir avocat; mais ce fut plus pour avoir \\n titre que pour en exercer les fonctions , et on ne l'a pas vu suivre le barreau, ni désirer d'y briller. Quoique laïque et marié, il choisit un genre d'occupation que l'on prend rarement dans cet état. Il prêcha toute sa vie, non pas dans les chaires , où son état ne lui permettait pas de monter, mais par écrit; et il eut le plaisir de s'entendre prêcher. Dès i685, devenu non-seulement prédicateur dans le sens que l'on vient de dire, maison quelque sorte le direc-
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leur ou Je précepleur des prédiealeurs , il [lulili.i :
I. Discours moraux sur (es évangiles de tous les dimanches de {'année , 5 voK in-i 2 . qui furent bientôt suivis de cinq autres, en forme de prônes, et de deux sur les mystères de N.-S. et sur les fêtes de la Vierge.
II. Éloges historiques des saints , 1716, 4 vol. in- 12. Il dédia ce recueil à M. de Noaiiles, archevêque de Paris, qui loua son travail et son goût pour ce genre d'occupation. III. Dictionnaire moral, ou la Science universelte de (a chaire , 6 vol. in-8. On trouve dans cet ouvrage, par ordre alphabétique, ce que les prédicateurs français, espagnols, italiens, allemands, ont dit de plus curieux et de plus solide sur les différens sujets. IV. Discours pour le jubilé, qui a été imprimé séparément de ses autres ouvrages. V. Il esi l'éditeur des Sermons de Fromentière, des Prônes de Joly , des Discours de l'ahhé Boileau. La vieillesse ne fut pas pour îui un temps de repos; il travailla jusqu'à sa mort, arrivée en 1719, à 81 ans. Il avait plus de goût que de dispositions pour l'éloquence de la chaire : ses discours sont raisonnes et solides, mais ils manquent de chaleur et de pathétique.
RIVIÈRE ( Michel Poncet de la). Foy. Ponce r.
RIVIÈRE (Mathias Poncet de la). Foy. Poncet.
I. ROCHE ( Jean de la ), né dans le diocèse de Nantes , entra dans la congrégation de l'Oratoire à l'âge de dixsept ans. Après avoir prêché le Carême à L3on et dans plusieurs autres villes, il vint à Paris, où il exerça , en
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1681 , le ministère de la prédication. Il prêcha ensuite deux carêmes à la cour. Le jj;enre de son éloquence lui concilia partout beaucoup d'estime. Il mourut en 1711, âgé d'environ cinquante-cinq ans. Ses Sermons, ne furent publiés que treize ans après sa mort, quoique l'éditeur eût obtenu, dès 1 7 1 5, le privilège pour les faire imprimer. Les Panégyriques des saints parurent les premiers : ils sont au nombre de vingt-huit , en 2 vol. in- 12. On cite principalement ceux de Saint- Augustin et de Saint-Louis , que l'auteur prononça en présence de MM. de l'Académie française. On publia ensuite les Sermons de l'A vent, en 1 vol. ; ceux pour le carême, en 3 vol. ; et enfin ceux sur les mystères, en 2 vol. A Paris, chez Moreau , en 1724 et années suivantes. Les sermons du P. de La Roche ont été réimprimés en 1753, chez Desaint et Saillant. L'ordre que le P. de La Roche a gardé dans ses sermons, est d'y faire pour l'ordinaire trois propositions ; maisil abandonne souvent la troisième sans la traiter; et même dans les autres, il n'établit pas toujours des subdivisions : marche qui nuit beaucoup à la clarté du style , et même à la force des . argumens. Au reste, on y rencontre des traits d'éloquence, une logique pressante et une élocution variée. On remarque dans ses compositions l'étude particulière qu'il avait faite de l'Écriture et des Pères de l'Église. Racine portait l'enthousiasme jusqu'à dire qu'il trouvait plus de beautés dans les sermons du P. de La Roche que dans ses propres ouvrages. La postérité n'a pas confirmé ce jugement dicté par la modestie.
IL ROCHE ( Jean-Baptiste de la), docteur de la Sorbonne et prédicateur du Roi , mort sur la fin du dix-