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n soif immodérée de dominer et de s'enrichir, jointe à » la duplicité ; c'est cet art fnnesle où ils excellent , de » donner perpétuellement le change; de ne paraître » occupés que de leurs plaisirs , tandis qu'ils ne soui> gent qu'à leur fortune; de tourner leurs défauts en » agrémens ; de prêter aux vices des couleurs qui les » embellissent ; de substituer à la vérilé et aux senti- » mens des paroles artificieuses et des protestations si- » mulées; de mettre en œuvre les profondeurs et les 1» ruses de l'intrigue ; d'affecter des manières libres et » aisées qui ne promettent que candeur et que bonne » foi : de cacher les chagrins sons un visage riant ; de n masquer la haine des dehors de la politesse , et de » nuire, dans les ténèbres, en faisant semblant d'obliger » au grand jour. Les bénédictions sont sur leurs lèvres, » ore suo henedicehant , les malédictions sont dans î) leur cœur, corde suo maiedicehant. A les voir si 5) attentifs, si prévenans, si officieux , on dirait qu'ils ne i> composent tous ensemble qu'une même famille dont » les intérêts sont les mêmes. Percez cette apparence B trompeuse , vous découvrirez dans ces amis préten- • dus autant d'euvieux et de rivaux, qui n'aspirent qu'à » leur destruction mutuelle. Leurs perfidies et leurs 0 noirceurs les feraient détester, s'ils ne possédaient le » talent dangereux de séduire et de plaire.» M. de Sainte- Croix a fait l'éloge de l'abbé Poulie, en ijSS , in-8. Le Panégyriste peint cet abbé comme un homme vertueux sans ostentation, bienfaisant sans effort, tolérant sans indifférence. «■ Il vécut heureux, ajoute-t-il . » et mérita d'autant plus de l'être , que le spectacle du » bonheur d'autrui fut pour lui une véritable jouis-
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.) sance.i) L'abbé Poulie mourut à Avignon , sa patrie , le 8 novembre 1781, à l'âge de soixante-dix-neuf ans , avec la résignation d'un chrétien dont les espérances consolantes affaiblissent les craintes.
PRÉVÔT ( Pierre-Robert le ) , chanoine de l'église de Chartres, né à Rouen en 1676 , montra , dès sa jeunesse, un goût décidé pour l'éloquence de la chaire. La ville où il avait reçu le jour applaudit à ses premiers essais. Il vint ensuite à Paris pour s'y former sur le modèle des grands maîtres, et bientôt il fut recherché lui-même avec le plus grand empressement, et toujours écouté avec un nouveau plaisir. 11 ne fut pas moins goûté h la cour, où il prêcha les J vents de 1714 et de 1727, et le Carême de 1721. 11 mourut à Paris en 1 736. On a de lui le Panégyrique de Saint-Louis , prononcé en présence de messieurs de l'Académie française, et quatre oraisons funèbres: celle de M. le cardinal de Fursteméerg , évêque de Strasbourg , prononcée à l'abbaye de Saint- Germain - des - Prés , en 1704. Fléchier a parlé avec éloge de cette pièce dans ses lettres. Celle de M. Desmarais i évêque de Chartres ^ prononcée dans l'église de cette ville en 1710 ; celle de Louis XIV, prononcée à Beauvais et à Rouen en i7i5; et celle de M. le duc de Berri, prononcée dans l'église de Saiut-Denis. tly a surtout dans cette dernière de beaux traits que l'on peut proposer pour modèles. On y trouve au commencement une vive peinture du bonheur dont la France jouissait pendant les beaux jours du règne de Louis-Ie- Grand, et des calamités dont elle fut aflligée sur la fin de ce règne mémorable. On y admira l'apostrophe sui-