‹ Dictionnaire biographique et bibliographique des prédicateurs et sermonnaires françaisChapitre 70 sur 78 · SIN · texte numérisé non relu

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Evangile. Tout cela coiuhnt l'autenr à deux réflexion)» qui font le partage de son prône , dans lequel il suit la méthode de l'homélie , qui est d'expliquer les différens versets de l'Evangile. Il est obligé , en suivant celte méthode , de parler quelquefois , dans la même instruction, de différentes vérités qui n'ont pas beaucoup de rapport les unes aux autres; c'est ce qui fait qu'il ne leur donne pas toujours toute l'étendue qu'elles exigeraient. Le premier volume contient les Prônesdepuis le premier dimanche de l'A vent jusqu'au quatrième dimanche d'après Pâques, et le second renferme ceux des autres dimanches de l'année. On trouve encore dans ce dernier un sermon pour le jour de la Pentecôte , et le Panégyrique de Saint-Bernard.

8INGLIN ( Antoine ) , fameux directeur et confesseur des religieuses de Port-Royal , était fils d'un marchand devin de Paris. Ayant renoncé au commerce , par le conseil de Saint - Vincent de Paul , il apprit le latin et embrassa l'état ecclésiastique. Saint-Vincent le mit ensuite dans l'hôpital de la Pitié pour faire le catéchisme aux enfans qu'on y élève. Quelque temps après , Singlin s'attacha à l'abbé de Saint-Cyran, qui lui fit recevoir la prêtrise et l'engagea de se charger de la direction des religieuses de Port - Royal. Singiin fut confesseur, de ces religieuses pendant vingt-six ans, et leur supérieur pendant huit. On dit que Pascal lui trouvait le jugement si solide , qu'il lui lisait tous ses ouvrages avant que de les publier, et qu'il s'en rapportait à seu avis. On ajoute que c'était aussi pour l'ordinaire Le Matlre de Sacy qui dirigeait sa plume. Singlin

lui disait le sujet qu'il voulait traiter, sur quelle vérité il avait dessein de prêcher , quel endroit do l'Evangile il se proposaitd'expliquer, et M. deSacy remplissait ce plan , ou du moins l'ébauchait- Singlin eut beaucoup de part aux affaires de Port-Royal. Craignant d'éfre arrêté en 1661 , il se relira dans une des terres de la duchesse de Longueville. Il mourut dans une autre retraite, le 17 avril 1664» et l'on porta son corps à Port-Royal des Champs. On a de l'abbé Singlin : Instructions chrétiennes sur tes Mystères de N. -S. J. - C. , et sur (es dimanches et principales fêtes de l'année. Cet ouvrage, qui a eu cinq éditions , 5 vol. in-8, fut réimprimé à Paris en 1736, en 12 vol. in- 12. Il présente l'explication des Evangiles et des Epitres des dimanches, qui fournissent deux instructions, en forme de prônes, pour chaque dimanche.

SOANEN ( Jean ) , fils d'un procureur au présidial de Riom , en Auvergne, et de Gilberte Sirmond , nièce du savant Jacques Sirmond le jésuite , né le 6 janvier 1647, entra en 16G1 dans la congrégation de l'Oratoire, à Paris. Au sortir de l'institution, il enseigna avec beaucoup de succès les humanités et la rhétorique dans plusieurs villes de province. S'étant livré au ministère de la chaire , pour lequel il avait beaucoup de talent , il prêcha à Lyon , à Orléans et à Paris. Demandé à la cour, il prêcha les Carêmes de i68(> et 1688 , et enleva tous les suffrages. Ses talens le lièrent étroitement avec les PP. delà Chaise, Bourdaloue, de la Rue, Gaillard et Giroust , dont il mérita toute la confiance. Il était wn des quatre prédicateurs qui brillaient alors

dans la congrégation , et qu'on appelait tes quatre Evangéiistes. Le P. de la Chaise et le P. Bouidaloiie se faisaient un plaisir d'assister aux prédications du P. Soanen , et ils disaient de lui : «Qu'au lieu d'aller » chercher les phrases , les phrases venaient le cher- » cher , et que sa noble simplicité le mettait au-dessus ,» de tous les orateurs les plus brillans et les plus pomn peux. » C'est ce qu'on peut remarquer dans ses sermons , où il n'y a point d'autre art que celui d'intéresser l'esprit et le cœur par des sujets qu'on n'a pas coutume de traiter. Le 'P. Soanen avait appris de bonne heure à se remplir de l'Ecriture et des Pères , et c'était là qu'il puisait les beautés dont il avait besoin -pour frapper et pour toucher. La Bruyère a dit de lui, dans ses caractères : « Il prêche simplement , fortement , » chrétiennement. » Fénélon ne se proposait d'auli-es modèles pour l'éloquence de la chaire que Bourdaloue et Soanen ; et il écrivit à un jeune ecclésiastique qui avait du talent pour la prédication : « Soyez simple . » naturel, sobre en antithèses et eu comparaisons , et » ne prenez point d'autre modèle que le P. Bourdaloue. B dont la beauté ne consiste pas dans les mots . et le » P. Soanen 4 qui me plaît d'autant mieux, qu'il prêche » comme chacun croirait pouvoir prêcher. » On récompensa les succès de ce prédicateur en le nommant à l'évêché de Senez : son économie le mil en état de faire beaucoup d'aumônes ; il donnait à tout le monde - Un pauvre s'étant présenté , et le charitable évéque ne se trouvant point d'argent , il lui donna sa bague. Soanen mourut à la Chaise-Dieu, en Auvergne, le 25 décembre 1740 j âgé de quatre - vingt - douze ans. Ses

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meilleurs Sermonr, soiil ceux sur les Spectacles , s;u- V Amour de ta patrie^ sur VOrrfueit, sur <a Morf et sur VExempte. Ou a réimprimé , .«•ou» son nom , en 17G7, 2 vol. in-i2, de Serinons, mais quelques-uns doutent qu'ils soient de lui. Lors de l'apparition de la bulle Unigenilus , ce prélat , à qui elle déplut, en appela au futur concile, et publia une Instruction pastorale Adins laquelle il s'élevait avec fuice contre elle. Le cardinal de Fleury fit assembler le concile d'Embrun, tenu en 1727. Le cardinal Tencin y présida. Soanen y fut condamné, suspendu de ses fonctions d'évêque et exilé à la Chaise-Dieu. Les jansénisles en ont fait un saint. Sa retraite fut très-fréquentée; on le visitait , on lui écrivait de toutes parts ; il signait ordinairement Jeak, évêque de Senez , prisonnier de J .-^C. On a encore de lui des Instructions pastorales , des Mandemens et des Lettres imprimées avec sa vie , en 2 vol. ifi-4 5 ou 8 vol. in-12, Paris, 1750.

SURIAN (Jean-Baptiste) , né à Sainl-Chamas , en Provence, le 20 septembre 1670 , d'abord prêtre de la congrégation de l'Oratoire , prêcha deux Avents et deux Carêmes à la cour; ses sermons lui valurent révêché de Vence. Retiré dans son petit diocèse , il n'en sortit que pour se rendre aux assemblées du clergé. Le soin de son troupeau fut sa seule occupation. Lorsque quelque paroisse se plaignailde son cuié, l'indulgent prélat répondait aux paysans : « Souvenez-vous, » mes eal'ans , (jue les j)rêtres sont des hommes; votre » curé se corrigera, il me Ta promis. Retournez dans " votre paroisse el vivez en paix. » On lui offrit d'autres

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sièges que le sien : « Je ne quitterai pas, répondît-il» une ; » femme pauvre pour une femme riche. » Ce pieux évêque menait une vie frugale , et quoiqu'il possédât un (les évèchés les plus modiques de France , il laissa aux pauvres des épargnes considérables à sa mort , arrivée le 3 août 1754. Il fut de l'Académie française à la place de M. de Coislin , et la même année il prononça à Notre-Dame VOraison funèbre de Victor- Ar)iédt6 , roi de Sardaigne. Surian élait un homme doux et timide ; malgré celte timidité , il montra du courage et du patriotisme, à l'époque de rinvasion des Autrichiens en Provence. Un officier ennemi lui ayant demandé combien il faudrait de temps à l'armée pour se rendre à Lyon : <• Je sais, répondit-il, le temps dont » j'aurais besoin pour faire ce voyage ; mais j'ignore » celui qu'il faudrait à une armée qui aurait des Franp çais à combattre. » Le travail d'apprendre par coeur lui coûtait inliniiuent, et cela seul lui aurait fait renoncera la prédication , si l'espérance de parvenir paice moyen ne l'avait souteniT? Nous avons quelquesuns de ses discours ( entre autres celui du Petit nointre. des élus , (\\.\\. esi son chef-d'œuvre), dans le recueil des Sermons choisis pour tes jours de Carême, Liège, 1758, 2 vol. in-12. Voici le plan de ce sermon : 0 Peu » d'élus , parce que parmi vous il y en a peu qui soient » véritablement chrétiens, moins qui soient sincère - » ment convertis, presque point qui soient persévé- » ramment justes. Vous nous dites quelquefois , com- » ment ces paroles , Mutti vocati , pauci vcro eiecti , » peuvent-elles avoir ce sens de rigueur? Il y a au- » jourd'hui tant de fidèles. Erreur grossière ! Peu qui

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