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nemens extraordinaires, tels que sont les horreurs de la peste, les ravages de la famine, les débordemens des fleuves , les tremblemens de terre , etc. , de remplir les esprits de terreur et d'engager les hommes à la pénitence; ensuile il conclut que tel doit être aussi l'efFet de la ruine de Lisbonne, parce que, i°. il est incertain si le malheur de Lisbonne ne nous arrivera pas ; 2°. parce qu'il est certain que le malheur de la surprise nous arrivera, quoique d'une autre manière, i*. Incertain si , etc. L'exposition de la nature de la terre , et des secousses qu'elle peut éprouver, servit de preuve à l'orateur. Elle fut assez vivement tracée pour répandre un esprit de terreur dans tout l'auditoire. « Mais , re- » prit-il, je veux cependant que ce malheur ne vous » arrive pas, il n'en doit pas moins être un avertisse- » ment frappant , etc. » 2°. // est certain.... Il rapporte toutes les raisons (ju'ont les hommes de tous les âges de craindre la surprise de la mort , et les lieux communs tirés naturellement du sujet, parurent faire l'eiret le plus vif sur plusieurs personnes que la grâce touchait intérieurement. « Convertissez - vous donc, » enfans des hommes , convertimini, filii hoininum. » Puisse l'époque de la ruii^e de Lisbonne être l'époque » de votre salut et de votre conversion ; et tandis que » celle-là sera tracée dans l'histoire de l'univers, puisse » celle-ci être écrite dans le livre de vie ! Ainsi soit il.
VILLIERS ( Pierre de ) , né à Cognac en 1648 , entra chez les jésuites en 1666, Après s'y être distingué dans les collèges et dans la chaire , il en sortit en 168g, pour rentrer dans l'ordre de Cluni, non réformé ; il
devint prieur de Saint-Tanrin , et mourut à Paris le i4 octobre 1728. On a de lui des Sermons et differens autres ouvrages, dont lés principaux sont : Pensées et Réflexions sur ies égaremens des hommes dans la vie du salut , Paris, 1702, 3 vol. iu-i2. IL Nouvelles Réflexions sur les défauts d'autrui , et sur ies fruits que chacun en peut retirer -pour sa conduite , iu-12 , 4 vol. , etc. Mais l'abbé de Villiers est principalement connu par son Art de prêcher, qui a été imprimé plus de trente fuis ; la dernière édition fut faite àParisen 1728, in-i2. Les principes que l'auteur a établis dans son poëme, doivent être considérés comme le fruit de ses réflexions et de son expérience. On y trouve les règles principales de l'éloquence de la chaire , et même celles de la véritable éloquence, en général.
VINCENT DE PAUL ( Saint ) , né à Poy au diocèse d'Acqs , le 24 avril 11*76, de parens obscurs, lut d'abord employé à la garde de leur*'petit troupeau ; mais la pénétration et l'intelligence qu'on remarqua en lui , engagèrent ses parens à l'envoyer à Toulouse pour y faire ses études. Après les avoir finies, il s'adonna aux missions, et fut élevé au sacerdoce en 1600. Un modique héritage l'ayant appelé à Marseille, le bâtiment sur lequel il s'en revenait à Narbonne tomba entre les mains des Turcs. Il fut esclave à Tunis sous trois maîtres différons, dont il convertit le dernier, qui était renégat et savoyard. S'élant sauvés tous les deux sur un esquif, ils abordèrent heureusement à Aigues- Uortes en 1607. Le vice légat d'Avignon , instruit du mérite de Vincent de Paul , l'emmena à Rome. L'estime
avec laquelle il parlait du jeune prôiie frar)çais l'ayant fait connaître à un ministre de Henri îV , il fut chargé d'une affaire importante auprès de ce prince en 1608. Louis XIII récompensa dans la suite ce service , par l'abbaye de Saint-Léonard de Chaulme. Après avoir été quelque temps avimônier de la reine Marguerite de Valois, il se relira auprès de Buretle,son directeur, fondateur de la congrégation de l'Oratoire , qui le fit entrer, en qualité de précepteur, dans la maison d'Emmanuel de Gondy , général des galères. Madame de Gondy, mère de ses élèves, avait beaucoup de piété. Ce fut elle qui lui inspira le dessein de fonder une congrégation de prêtres qui iraient faire des missions à la campagne. Vincent obtint la place d'aumùnier-général des galères en 1619. Le ministère de zèle et de charité qu'il y exerça , fut longtemps célèbre à Marseille , où il était déjà connu par de belles actions. Ayant vu un jour un malheureux forçat inconsolable d'avoir laissé sa femme et ses enfans dans la plus extrême misère , Vincent de Paul avait offert de se mettre à sa place : ce qu'on aura peine sans doute à concevoir, et ce qui est peu vraisemblable , l'échange fut accepté. Cet homme vertueux fut enchaîné dans la chiourme des galériens , et ses pieds restèrent enflés pendant le reste de sa vie du poids des fers honorables qu'il avait portés. Saint-François de Sales, qui ne connaissait pas dans l'église un plus digne prêtre que lui, le chargea, en 1620 , de la supériorité des Filles de la Visitation. Après la mort de madame de Gondy , il se retira au collège des Bons -Enfans, dont il était principal., et d'où il ne sortait que pour faire des missions avec