CHARLES EMPEREURS
Charles Ier. V. Charlemagne.
Charles II. V. Charles le Chauve.
Charles m, le Gros, 3e fils de Louis le Germanique, 832-888, roi d'Alémanie, 876, réunit, par la mort de ses frères, la Saxe, la Bavière, l'Italie, devint empereur et roi de France, 884; montra sa faiblesse ou sa lâcheté, surtout en abandonnant honteusement Paris, assiégé par les Normands, 886; fut déposé à la Diète de Tribur, 887, et mourut à Reichenau en Souabe.
Charles IV, fils de Jean de Luxembourg, roi de Bohême, 1316-1378, élevé à Paris, roi de Bohême, 1346, empereur, 1347, trafiqua honteusement des droits de l'Empire en Italie ; promulgua la Bulle d'or, 1356 ; laissa l'anarchie désoler l'Allemagne, mais favorisa son roy. de Bohême, où il fonda l'université de Prague.
Charles V OU Charles-Quint, fils de Philippe le Beau, archiduc d'Autriche, et de Jeanne la Folle, né à Gand, 1500-1558, devint archiduc des Pays-Bas, à la mort de son père, 1506, roi des Espagnes, à la mort de son grand-père, Ferdinand d'Aragon, 1516; à la mort de son grand-père paternel, Maximilien, il hérita des domaines autrichiens en Allemagne, et obtint la couronne impériale, 1519. Maître de lanti d'Etats, il rêva la domination universelle en Europe; mais il eut à lutter contre trois ennemis principaux, la France, les Turks et les protestants d'Allemagne. — Il eut 4 guerres à
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soutenir contre François 1er, iui imposa l'onéreux traité de Madrid, 4526 ; l'humiliant traité de Cambrai, qui lui livrait l'Italie, 15-29; la trêve de Nice, 1538; le traité de Crespy. 1544; mais il avait toujours échoué dans ses invasions de la Provence et de la Picardie. La lutte recommença ave£ Henri II, allié aux protestants d'Allemagne : les Français s'emparèrent de Metz, Toul et Verdun, 1552; Charles échoua au siège de Metz, fut battu à Renty et forcé de signer la trêve de Vaucelles, 15o5. — Lorsque Soliman II, vainqueur a Mohacz, 1526, eut envahi la Hongrie, Charles, dont le frère Ferdinand devenait roi de Hongrie et de Bohême, eut à repousser les attaques périodiques des Turks, qui vinrent menacer "Vienne, 1529, 1532; il les combattit également sur mer ; si la brillante expédition de Tunis, 1535, porta bien haut la gloire du défenseur de la chrétienté, son échec devant. Alger. 1541, diminua sa puissance, et plus d'une fois il vit les flottes des Turks unies à celles de la France. — Dès les premiers jours, il s'était déclaré contre les Lutnériens; la Diète de Worms avait condamné Luther, -1521 ; les Luthériens protestèrent contre les décisions de la Diète de Spire, 1529 ; lorsque leur Confession de foi eut été repoussée à Augfbourg, ils formèrent la ligue de Smalkalde, 1530, et la Réforme en Allemagne prit le caractère d'une lutte contre la domination impériale qu'il voulait établir. Vainqueur des protestants à Muhlberg, 1547, il se crut le maître et imposa son Intérim; mais les princes, réunis sous Maurice, électeur de Saxe, le surprirent, le forcèrent à signer la trêve de Passau, 1552, et la paix d'Augsbourg, qui donnait aux Luthériens droit de cité en Allemagne, 1555. — Pendant son règne, les aventuriers espagnols, les Cortez, les Pizarre, lui donnaient un immense empire colonial; mais plusieurs fois des révoltes éclatèrent dans ses Etats; les Comuneros en Espagne; Gand dans les Pays-Bas; Charles-Quint triompha ; mais son ambition démesurée et le gouvernement de plus en plus despotique commencèrent le dépérissement de l'Espagne. Il avait obtenu un dernier succès, en mariant son fils Philippe II à Marie Tudor, reine d'Angleterre, 1554; mais épuisé par la maladie, dégoUté du pouvoir, il abdiqua, abandonnant, à regret, à son frère Ferdinand la couronne impériale et les possessions autrichiennes en Allemagne ; à Philippe II, tous ses autres Etals, 1555-1556. Il se retira près du monastère de Saint-Yuste (Estrémadure), s'occupant toujours des affaires politiques et mourut simplement dans les exercices d'une sincère piété.
Charles VI, 2e nls de l'emp. Léopold i", 1685-1740, disputa d'abord à Philippe V l'héritage du roi d'Espagne, Charles II, se fit nommer roi a Madrid, mais fut chassé, 1706, et succéda à son frère, Joseph Ier, en 1711. Le traité de Rastadt, 1714, lui donna Milan, Mantoue, Naples, la Sardaigne, les Pays-Bas. Vainqueur des Turks. il obtint par la paix de Passarowitz, 1718, Belgrade, Temeswar, une partie de la Servie et de la Bosnie. En 1720, il échangea la stérile Sardaigne pour la riche Sicile, enlevée au duc de Savoie. Malheureux dans la guerre de la succession de Pologne, il perdit aux traités de Vienne, 1735-1738, les Deux-Siciles et une partie du Milanais. Allié aux Russes, il recommença la guerre contre les Turks ; mais, à la paix de Belgrade, 1739, il dut leur rendre ce qu'il possédait en Valachie, en Servie, et Belgrade. La plus grande affaire de sa vie avait été de faire reconnaître par une Pragmatique- Sanction sa fille, Marie-Thérèse, comme héritière de tous ses Etats.
Charles vu (Charles-Albert), né à Bruxelles, 16 J7- 1743, électeur de Bavière en 1726, protesta contre la Pragmatique de Charles VI ;
s'allia à la France, à l'Espagne, à la Saxe, 1741 ; fut proclamé archiduc d'Autriche à Lintz, roi de Bohême à Prague, empereur à Francfort, 1742 ; mais fut dépouillé de ses Etats par les soldats de Marie-Thérèse et mourut de chagrin.