CORFOU
Argosto -
Zante.
La superficie est de 50,123 kil. carr. La population est d'environ 1,458,000 hab. La capitale est Athènes, avec son port, le Pirée ; les v. principales sont : Hermopolis, Corfou, Zante, Patras, Livadie, Lamia, Nauplie, Hydra, Corinthe, Kalamata, Naupacte, Thiva, Missolonghi, Tripolitza, Sparte, etc. — La religion grecque est celle de l'Etat; le métropolitain d'Athènes est le président à vie du saint-synode. Il y a deux archevêques catholiques (Naxos et Corfou) et 4 évoques (Syra, Tinos, Santorin et Zante). — La langue est dérivée de l'ancien grec; il y a quelques patois, mélange d'italien, d'albanais, etc. On cultive la vigne, les figuiers, les oliviers, les orangers; le coton, la garance, le tabac réussissent bien ; il y a de magnifiques forêts peu ou mal exploitées. Nombreuses carrières de marbre; salines le long des côtes; pêche des éponges. — L'industrie est presque nulle ; mais le commerce est très actif.
Le gouvernement est une monarchie constitutionnelle; le pouvoir législatif s'exerce parle roi et par la Chambre des députés, élus pour quatre ans, parmi les citoyens âgés de 30 ans au moins. 11 y a une cour suprême ou aréopage, pour rendre la justice, 4 cours d'appel ou cours royales, a Athènes, Nauplie, Patras, Corfou. — Le budget est d'environ 5U millions de drachmes (89 cent. 1/2); le total de la detle est de 490,000,000 drachmes. — L'armée est d'environ 27,500 hommes , la flotte militaire est de 15 bâtiments, mais la marine marchande a environ 6,000 bâtiments, montés par 27,000 matelots
Les Grecs, opprimés depuis le xve siècle par les Turcs, essayèrent de se soulever au xviii* s. ; le soulèvement de 1821 fut plus général et plus heureux. Après des efforts héroïques, qui excitèrent l'admiration et les vives sympathies de toute l'Europe civilisée, l'indépendance de la Grèce fut proclamée le 3 février 1830 par la conférence de Londres. Le président, Capo d'Istria, gouverna quelque temps, il fut assassiné en 1831. Sur le refus de Léopold de Saxe-Cobourg, la couronne fut donnée à Othon, 2e fils du roi de Bavière, 1832. A la suite de la révolution du 22 octobre 1862, le roi Oihon a dû quitter le sol de la Grèce. La couronne a été acceptée par le jeune prince Guillaume, 2e fils du roi de Danemark, qui est monté sur le trône, le 13 octobre 1863, sous le nom de George 1er. Les îles Ioniennes, placées sous le protectorat de 1 Angleterre depuis 1815, ont été pacifiquement annexées au royaume de Grèce en 1864. V. Suppl.
Grèce (Grande-), nom ancien de l'Italie méridionale, à cause des colonies grecques fondées sur ses rivages. Elle comprenait le Bruttium, la Lucanie, la Messapie, l'Iapygie, l'Apulie, et même parfois la Campanie.
Giécourt (JEAN-BAPTISTE-JOSEPH Willart
de), né à Tours, 1683-1743, eut un canonicat a Tours, puis vint à Paris mener la vie d'un épicurien et composer des contes et des vers grivois; il fut l'Anacréon cynique du duc d'Estrees et du duc d'Aiguillon.
Gredos (Sierra de), partie de la chaîne espagnole entre le Tage et le Douro, unit la Sierra de Guadarrama a la Sierra de Gala, au N. de l'Estrémadure, sur une longueur de 9u kil.
Green (Valentin), né dans le comté de Warwick, 1739-1813, a été l'un des premiers graveurs anglais en mezzo-tinto.
ORÉ
GRE
Greene (Robert), né à Norwich, 1560-1592, publia un trop grand nombre d'ouvrages, des comédies, où l'on trouve de la facilité, de l'imaginai ion, de la gaieté, et qui servent à taire connaître les mœurs de l'époque.
Greene 011 C2-«»en (NaTHANAEL), né à Warwick (Rhode-Island), 1742-1786, entra dans l'armée, après le combat de Lexington, bien qu'il fut quaker, gagna la confiance de Washington, et successeur de Gates a l'année du Sud, lutta avec habileté contre Cornwallis
Greeuiaw , ch.-l du comté de Berwick (Ecosse), bourg de 2,000 hab.
Green.Diouutains, Montagnes vertes, ramification des Alléghanys, couverte d'arbres verts, se dirigeant du S. au N., à travers le Conneclicut, le Massachusetts, le Vermont, sur une longueur de 500 kil.
Greeunck, v. du comté de Renfrew (Ecosse), à 31 kil. N.-O. de Glasgow, port a l'embouchure de la Clyde. Raffineries de sucre, fabriques de papier, savon, lainages, tuiles, cordages, faïence, ateliers de construction maritime, etc. Patrie de Watt ; 69,000 hab.
Greenou^h (Horace), sculpteur, né à Boston, 1805-185-2, a \ôcu a Rome et a Florence.
Green.River, riv. des Etats-Unis, vient du Keniueky et se reunit à l'Ohio dans l'Etat d'Indiana. Gours de 400 kil.
Greenwich, v. du comté de Kent (Angleterre), a 5 kil. S -E. de Londres, dont elle forme un véritable faubourg, sur la rive droite de la Tamise, par 51» 28' 40" lat. N. et 2" 20' 15" long.O.; Magnifique hôpital de la marine fondé en 1669. observatoire royal où Jes Anglais font passer leur premier méridien ; 128,000 hab.
Grées (Alpes). V. ALPES.
Orées (du grec •ypaïai, vieilles femmes), sœurs aînées des Gorgones. Il y en avait trois : Enyo, Péphrédo et Dino.
Grégoire I» (saint), le Grand, pape, né à Rome vers 540, d'une famille patricienne, fut préleur de la ville; puis, a la mort de son père, prit l'habit religieux et se fit le serviteur des pauvres. Benoît 1er je nomma diacre de l'Eglise romaine; Pelage II l'envoya, comme nonce apostolique, a Constantinoplè, et Maurice le choisit pour être le parrain d'un de ses enfants, 582-5S5. A la mort de Pelage, le clergé, le sénat et le peuple de Rome le nommèrent pape. 590. 11 se dévoua à ses difficiles fonctions, rétablit l'ordre et la sécurité dans Rome, ht venir des blés de Sicile et éloigna Je» Lombards. Il entretint la paix avec les empereurs d'Orient, s'occupa avec activité des égiises d'Italie, d'Afrique et des Gaules, en administrateur habile et vigilant. Sans cesse menace par le roi des Lombards Agi lui fe, il traita directement avec les Lombards, et, secondé par la reine Ttiéodelinde, s'efforça de les convertir au catholicisme II envoya des missionnaires, sous la conduite d'Augustin, pour conquérir les Anglo-Saxons a la loi chrétienne. Il fut comme la providence de la malheureuse Italie, soulageant les misères, fondant des écoles et des monastères; on l'a accuse, sans raison, d'avoir détruit beaucoup de monuments du paganisme et d'avoir fait brûler la bibliothèque Palatine. 11 a attaché son nom a la réforme de la liturgie romaine, a la propagation du chant grégorien. 11 mourut en 604. Ses ouvrages sont nombreux : Commentaire sur Job, en 35 livres, 22 Homélies sur Ezec/uel, 40 homélies sur le* Evangiles, en deux livres ; Pastoral sur Jes devoirs des eveques. en 4 parties,- les Dialogues, 14 livres de Lettres, matériaux précieux pour l'his ure de ce temps ; le Sacramentaire et \'Antiphonaire. Fêtes, le 12 mars et le 3 septembre.
Grégoire il (Saint), pape, né à Rome, successeur de Constantin 1er, 715-731, éloigna les Lombards de Rome et envoya des missionnaires
en Bavière. Il eut surtout à lutter contre l'hérésie des Iconoclastes; et les Romains prirent les armes, mais ils furent bientôt menacés par les Lombards. Grégoire II mourut au milieu de ces troubles On a de lui une trentaine de Lettres. On l'honore le 2 février.
Grégoire m, pape, né en Syrie, successeur de Grégoire II, 731-741, continua' la lutte contre les Iconoclastes, proclama nettement la distinciion entre la puissance spirituelle et la puissance temporelle, et dans le concile de 732 anathématisa les hérétiques. Menacé par les Lombards, il demanda l'appui de Charles- Martel contre Luitprand. Il protégea les prédications de Willibald en Bohême et de saint Bon if ace en Germanie. Il nous reste de lui quelques Lettres.
Grégoire IV, pape, né à Rome, 827-844, prit part aux querelles de Louis le Débonnaire et de ses fils. Il vint en France dans l'armée de Lothaire, se déclara supérieur a la puissance temporelle, et détacha la plupart des défenseurs de Louis, qui fut forcé de se rendre prisonnier. On lui doit la célébration de la fête de Tous les Saints. On a huit Lettres de ce pape.
Grégoire v (Brunon) , pape, 996-999, fut nommé par son oncle Otton III, qu'il couronna empereur à Rome. Le tribun Crescentius le chassa et nomma pape le grec Philagate, sous le nom de Jean XVI. Mais Grégoire V les fit périr tous deux. Il excommunia le roi de France, Robert.
Grégoire VI (Jean-Gratien), pape, né à Rome, succéda à Benoîst IV, qui venait d'abdiquer, en 1045, et s'efforça de rétablir l'ordre dans l'Eglise. Henri III le déposa, au concile de Sutri, 1046, avec des rivaux. Il alla mourir en Allemagne, 1047
Grégoire VII (HlLDEBRAND), pape, de 1073 à
1085, né a Soane, en Toscane, vers 1013; fils d'un charpentier, Hilebrand entra dans l'ordre de Cluny, et devint prieur. Léon IX, passant par Cluny, le força à le suivre, et, par ses conseils, se fit élire par le clergé et par le peuple de Rome, 1049. Hildebrand, nommé cardinal, exerça la plus grande influence sur les papes Victor II, Etienne IX, Nicolas II, Alexandre II, et travailla avec ardeur à la réforme de l'Eglise. La simonie, le mariage des prêtres furent attaqués ; l'élection des papes fut enlevée aux empereurs pour être donnée aux cardinaux, au clergé, au peuple de Rome, et l'investiture conférée par des laïques aux ecclésiastiques fut condamnée. Hildebrand contribua a donner au saint-siege l'alliance des Normands de l'Italie méridionale. Nommé pape, en 1073, sous le nom de Grégoire VII, il aurait voulu réunir les peuples chrétiens dans une grande croisade contre les infidèles ; mais les affaires de l'Europe détournèrent ses efforts. Grégoire Yli renouvela les anathèmes contre les simoniaques et les prêtres mariés ; il eut à lutter, dans Rome, contre le préfet Cenci, qui l'arrêta au milieu d'une procession, et voulut le faire déposer. Grégoire VII triompha de tous les obstacles, et défendit à tout laïque de donner l'investiture de biens ou de dignités ecclésiastiques, à tout ecclésiastique de la recevoir d'un laïque. Ce fut le signal de la querelle des Investitures. L'empereur Henri IV rassembla un conciliabule d'évèques à Worms, et v fit déposer le pape, 1076. Grégoire Vil, dans le concile de Rome, excommunia l'empereur et délia ses sujets du serment de fidélité. Henri IV, menacé par ses nombreux ennemis en Allemagne, vint chercher en Italie un pardon qui lui paraissait nécessaire et s'humilia devant le pape, au château de Canossa. 1077. Mais, de retour en Allemagne, il trouva des partisans, et commença vigoureusement la guerre contre les rebelles ; vainqueur, il descendit en Italie, après avoir fait déposer Grégoire VII au concile de Brixen
GRÉ
GRE
(1080), et élire l'antipape Clément III, Malgré lessecours qui lui prodiguait la grande comtesse Mathilde, le pape fut assiégé dans Rome, et ne fut sauvé que par l'approche des Normands de Robert Guiscard ; Grégoire VII mourut dans leur camp de Salerne, 1085. Il a voulu délivrer l'Eglise de la domination des laïques, et placer la société ecclésiastique sous la direction absolue du souverain pontife ; ses légats ont partout proclamé et soutenu son autorité suprême II a également voulu soumettre l'autorité temporelle des rois, princes et seigneurs, à l'autorité spirituelle, en /disant de l'Europe chrétienne une sorte de vaste confédération dont le pape serait le chef, avec les rois pour ses lieutenants ou ses auxiliaires. Il a lutté, au nom de l'esprit et de la moralité chrétienne, contre le droit de la force et contre la brutalité féodale. On a de lui 41 livres de Lettres; on le croit auteur du Dictatus Papœ, recueil de 27 maximes composant sa théorie. [rice).]
Grégoire VIII, antipape. V. Rourdin (Mau-J
Grégoire VIII (ALBERT DE Moral, pape, né
à Bénévent, successeur d'Urbain III, 1187.
Grégoire ix (Hugolin), de la famille des comtes de Segni, cousin d'Innocent III, né à Anagni, succéda a llonorius III. 1227. Bien qu'octogénaire, il se montra continuateur ardent de la politique de Grégoire Vil et d'innocent III; il lutta contre l'empereur Frédéric II, qui, maître des royaumes d'Italie et de Naples, menaçait l'indépendance du saint-siège. 11 l'excommunia, en 1227, prêcha une croisade contre lui, arma son beau-père, Jean de Brienne; mais fut forcé de signer la paix de San-Germano, 1230. La lutte recommença bientôt ; les Romains- chassèrent le pape, 1232-1235; mais Grégoire IX souleva les villes lombardes, et offrit la couronne impériale à Robert d'Artois, frère de saint Louis, qui la refusa. Un concile fut convoqué à Rome , malade, presque centenaire, toujours plein d'ardeur, le pape fut assiégé dans Rome et y mourut en 1241. On lui doit un grand nombre de Lettres et une Collection de Décrétâtes.
Grégoire X (THEOBALDE OU THIBAUD), de la
famille des Visconti, né à Plaisance, 1271-1276, rassembla le concile de Lyon, 1274, qui ne put réunir l'Eglise grecque ; Grégoire X fit au moins une nouvelle constitution pour prévenir les longues vacances du saint-siège. Il obtint, de Philippe le Hardi, la cession au saint-siege du Comtat-Venaissin, et activa l'élection de Rodolphe de Habsbourg. On a de lui plus de cent Lettres.
Grégoire XI (PlERRE-ROGER DE Montroax),
né dans le Bas-Limousin, 1336, neveu de Clément VI, fut élu pape à la mort d'Urbain V, 1370. 11 s'efforça de réconcilier les rois ; condamna les hérétiques d'Allemagne, les bégards, les doctrines de Raymond Lulle. Sainte Catherine de Sienne vint à* Avignon pour presser le pape • de revenir à Rome; les habitants menaçaient de se donner un nouveau pape ; Grégoire XI, malgré le roi de France, Charles V, quitta Avignon, et arriva à Rome, 1377. Il y mourut peu de temps après.
Grégoire xn (Ange-Corrario), né à Venise vers 1325, succéda à Innocent Vil en 1406, tandis que Benoît XIII était pape à Avignon. Au concile de Pise, 1409, Alexandre V fut nommé pape; Grégoire et Benoît furent déclarés schisinatiques, hérétiques, séparés de l'Eglise. Grégoire envoya sa renonciation au concile de Constance, 1415, fut nommé doyen des cardinaux, et passa le reste de sa vie dans le repos. 11 mourut en 1417.
Grégoire XIII (Buoncompagno), né à Bologne, 1502, fut élu, à la mort de Pie V, 1572. Il s'attacha particulièrement à propager l'instruction ecclésiastique; il excita vainement les
puissances catholiques contre les Ottomans, approuva la Saint-Barthélémy, poursuivit les protestants et pressa Philippe II d'attaquer Elisabeth. Il s'entendit avec les Guises et favorisa la Ligue en France. Mais ses Etals furent troublés par les factions et désolés par les brigands. C'est lui qui a fait faire dans le calendrier la fameuse réforme connue sous le nom de réforme Grégorienne, 1582 11 mourut en 1585.
Grégoire XIV (NICOLAS Sfondrate), né à
Crémone, successeur d'Urbain VII, 1590-1591, excommunia Henri IV et le déclara hérétique
Grégoire XV (ALEXANDRE LUDOVISIO), né à
Bologne en 1554, succéda à Paul V, en 1621 II donna des subsides considérables à Ferdinand Il pour soutenir la lutte contre les protestants, pendant la guerre de Trente ans; aux Polonais, pour les aider à combattre les Turcs. Il protégea les jésuites, fonda la congrégation de la propagande, érigea l'évêché de Paris en métropole, 1622, décida que l'élection des papes se ferait au scrutin secret, 1621, et mourut
Grégoire XVI (MAURO Cappellari), né a Bellune en 1765, moine camaldule, théologien et orientaliste savant, fit paraître, en 1799, le Triomphe du Saint-Siège et de l'Eglise. Il succéda à Pie VIII en 1831. L'Italie centrale s'insurgeait alors; Grégoire XVI fut soutenu par les Autrichiens, par les paysans de la Sabine, par les san-fedistes ; l'occupation de Bologne par les Autrichiens amena l'occupation d'Ancône par les Français, 1833-38. Le pape n'accéda pas aux réformes libérales que lui avait suggérées le mémorandum des cinq grandes puissances, mais les Etats romains ne cessèrent d'être troubles par des complots qu'il fallut réprimer par les mesures les plus sévères. Il embellit Rome (reconstruction de la babilique de Saint-Paul hors les murs), fit creuser un nouveau lit à l'Anio près de Tivoli, etc. ; mais il était l'ennemi du libéralisme et se déliait de l'industrie moderne. Il condamna les doclrines et les écrits de Lamennais, protégea les jésuites et protesta avec éloquence contre le traitement dont la Pologne était la victime. Il punit cruellement les tentatives insurrectionnelles des Réformistes et du parti de la Jeune Italie. Il a institué, en 1831, l'ordre de Saint-Grégoire le Grand (croix octogone attachée à un ruban rouge avec liséré orange). Il a eu pour successeur Pie IX, en 1846,
Grégoire (Saint), le Thaumaturge (faiseur de miracles), né a Néocésarée vPont), au commencement du ine s., mort vers 270, s'attacha à Origène, passa trois ans dans les écoles néoplatoniciennes d'Alexandrie, puis reçut le baptême. En 240, il fut nommé évêque de Néocésarée, et travailla surtout à la conversion des infidèles. On l'honore le 17 novembre. L'Eloge d'Origène, le Symbole ou Exposition de foi, sont ses œuvres les plus remarquables.
Grégoire (Saint), de Nazianze, surnommé le Théologien, né à Azianze, bourg du territoire de Nazianze en Cappadoce, 329-389, fils d'un père qui fut élu évêque de Nazianze, vers 329, fut à Athènes l'ami de saint Basile et y connut Julien. De retour dans sa famille, il reçut le baptême, fut ordonné prêtre malgré lui, aida son père dans ses travaux apostoHques, et écrivit contre l'empereur, qui interdisait aux chrétiens la lecture des auteurs profanes, deux discours pleins de colère et d'éloquence Saint Basile le fit nommer évêque de Sasime en Cappadoce, 372 , mais Grégoire revint bientôt à Nazianze; en 379, il devint archevêque de Constantinople; mais, malgré l'appui de Théodose, il crut devoir offrir sa démission, 381, et retourna à Nazianze, où il vécut dans la solitude. Fête, le 9 mai. — C'est le plus grand des orateurs chrétiens du iv« siècle après saint Jean Chrysos-
GRÉ
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tome et saint Basile. On a de lui 53 discours (Elogea funèbres, panégyriques, invectives contre Julien, sermons); ses Lettres sont au nombre de 2*2; ses Poésies comprennent 156 poèmes et 2-2$ petites pièces de vers; on lui attribue (à tort probablement) une tragédie, intitulée le Christ patient.
Grégoire (Saint), de Nysse, frère de saint Basile, ne a Sébaste (Pont), vers 331 ou 332, mort de 397 à 400, quitta sa femme pour le sacerdoce, retourna au monde , enseigna la rhétorique, puis aida son frère dans le diocèse de Césarée et fut, en 373, élu évèque de Nysse en Cappadoce. Il eut à lutter contre les ariens, et fut honoré par l'empereur Théodose. On le fête le 9 mars. — Ses ouvrages d'exégèse sont pleins d'une poésie subtile, et renferment de longs passages d'une grande élévation (Vie de Moïse, commentaire sur le Cantique des cantiques, de la Formation de l'Homme, de l'Ame et de la Résurrection, etc. Il a composé des Traités dogmatiques et des Livres de controverse ; des Discours, des Oraisons funèbres (saint Basile, l'impératrice Flaccille, saint Etienne, etc.), des Panégyriques, des Vie»; ses Lettres sont peu nombreuses.
Grégoire de Tours (GeORGIUS FlORENTIUS,
Saint), né en Auvergne, 544 (?), mort en 595, d'une famille illustre dans l'Etat et dans l'Eglise, fut dès l'année 573 nommé par Sigebert, roi d'Austrasie, à l'évêché de Tours. Il montra de la fermeté et de l'intelligence au milieu de cette société si troublée et si grossière du vie siècle. Il fut le seul à ne pas vouloir condamner l'évèque de Rouen, Prétçxtat, dans le concile de Paris, 578. Il contribua probablement à rapprocher Chilpéric de son neveu Childebert, mais eut à soutenir des controverses théolôgiques avec le roi de Neustrie lui-même. Souvent médiateur dans les différends des rois Francs, il fut l'un des principaux auteurs du traité d'Andelot, 587; il défendit surtout avec vigueur les privilèges de sa ville épiscopale. — Son Histoire ecclésiastique des Francs, en 10 livres, est un ouvrage du plus grand intérêt pour les origines de notre histoire et surtout pour la fin du vie siècle. Narrateur plein de rudesse, de franchise et de naïveté, il écrit dans une langue barbare, mais non pas sans vigueur. Les traités De Gloria Martyrum, de Gloria Confessorum ; les Vies des Pères, les Miracles de saint Martin et de saint André, quoique moins importants, ne sont pas sans valeur.
Grégoire (Saint), X Illuminât eur , né à Vagharchabad, 257-332 , échappa au massacre de toute sa famille, mise à mort par les Sassanides. Il s'attacha au roi d'Arménie, Dertad ou Tiridate, et finit par convertir le roi et son peuple a la foi chrétienne. Evèque d'Arménie, il fonda des monastères, des hôpitaux, des écoles, des bibliothèques, et fut élevé à la dignité de patriarche par le pape Silvestre. Grégoire se retira ensuite sur le mont Sébouh, dans la caverne de Mani, où l'on découvrit plus tard son cadavre Ses reliques sont dispersées; on le fête le 30 septembre. On a de lui : un Recueil d'Homélies, 1737; des Oraisons et des Prières. — Douze patriarches d'Arménie ont porté, après
lui, le nom de Grégoire.
Grégoire Magisdros ou Magister, prince arménien de ia famille des Arsacides, né au commencement du xie s., mort en 1058, étudia à Constantinople, fut accusé d'être trop favorable aux Grecs, et se retira à Constantinople. où il fut nommé magisdros (général). Il reçut le gouvernement héréditaire d'une partie de la Mésopotamie et de grands domaines en Arménie. 11 se montra propagateur intolérant du christianisme. On a de lui : Grammaire arménienne; une Collection de Lettres; un Poème de mille vers sur la Bible; des Eloges de la Croix, du
Bâton doctoral; de nombreuses traductions, eu arménien, du Phédon, du limée, à'Euclide, de Callimaque, d'Olympiodore, etc. — Ses descendants ont occupé le siège patriarcal d'Arménie jusqu'au xme siècle.
Grégoire, gouverneur grec de la province d'Afrique au vue siècle, se révolta, dit-on, contre Constant II. avec l'aide des Maures et se rendit indépendant, 646. Cette insurrection favorisa l'invasion des Arabes, qui, sous la conduite d'Abdallah, le vainquirent et le tuèrent, en bi7.
Grégoire (Pif.rre), né à Toulouse, vers 1540, mort, selon Bayle, en 1597, selon D Calmet en 1617, professa le droit et eut de longs démêlés avec les jésuites. On a de lui : Syntagma Juris universi, in-fol., premier essai d'un système de législation comparée ; Syntaxis Artis mirabilis, Lyon, 1583, 3 vol. in-8» , De Republica, Pont-à- Mousson, 1596, in-4».
Grégoire, né à Calavrita (Arcadie), vers 1740, métropolitain de Smyrne, devint patriarche de Constantinople, en 1795. Il s'efforça de favoriser la rénovation intellectuelle de ses compatriotes, mais fut plusieurs fuis déposé. Au début de l'insurrection grecque, 1821, il refusa de fuir. Arrêté, au sortir des fêtes de Pâques, il fut aussitôt pendu devant l'église; son corps fut traîné dans les rues par les juifs, puis jeté à la mer; recueilli par un capitaine de navire, il reçut à Odessa des honneurs solennels.
Grégoire (Henri), né à Vého, près de Lunéville, 1750-1831, prêtre, écrivit en 1773 Y Eloge de la poésie, couronné par l'académie de Nancy ; en 1788, un Essai sur la régénération physique et morale des Juifs, couronné par celle de Metz; et il était curé d'Embermesnil, près de Lunéville. lorsqu'il fut envoyé aux Etats généraux par le clergé de Lorraine". Il fut l'un des premiers a se rallier au tiers état; tous ses votes furent dirigés vers l'affranchissement du peuple, il parla en faveur des israélites et des hommes de couleur. L'un des premiers il adhéra à la constitution civile du clergé, et fut nommé évêque par les électeurs de la Sarthe et de Loir-et-Cher ; il opta pour le siège de Blois. Elu à la Convention en 1792, il fit décréter l'abolition de la royauté; pendant le procès de Louis XVI, il était en mission à Chambéry ; il écrivit une lettre dans laquelle il demandait que l'accusé fût condamné; mais il s'est toujours défendu d'avoir réclamé ou approuvé la mort du roi II contribua à l'établissement du Bureau des longitudes , du Conservatoire des arts et métiers; il fit les plus constants efforts pour répandre l'instruction, protéger les savants et défendre les monuments des arts contre le vandalisme (le mot est de lui). Il rit voter l'abolition de l'esclavage des nègres, 1794; demanda qu'une déclaration des devoirs fût jointe à la déclaration des droits, proposa une sage déclaration du droit des gens ; et s'honora surtout en résistant courageusement aux partisans d'Hébert et de Chaumette, qui le sommaient d'aposlasier. Membre du conseil des Cinq-Cents, président du Corps législatif, après le 18 brumaire, il devint sénateur en 1801, resta fidèle à ses principes et cependant fut nommé comte de l'Empire. Il aida à la chute du gouvernement impérial et fut poursuivi par la Restauration. Eliminé de l'Institut, il vendit sa bibliothèque pour vivre: il écrivit alors son Essai historique sur les libertés de l'Eglise gallicane, ISIS. Nommé député de Grenoble, en 1819. par une coalition des libéraux et des ultra-royalistes, il fut repoussé delà Chambre, par les uns pour vice de forme, par les autres comme indigne. Il publia : Histoire des confesseurs des empereurs, des rois et d'autres princes, 1824; Histoire du mariage des prêtres en France. 1 826 ; De l'influence du christianisme sur la condition des femmes ; de
GRE
GRE
la Littérature des nègres ; enfin Histoire des sectes religieuses, 1810-1828, 5 vol. in-8°; un 6e vol. a paru après sa mort. M. Hipp. Carnot a publié les Mémoires de Grégoire, écrits dès 1808, 2 vol. in-8o.
Grégoras (Nicéphore), né à Héraclée du Pont, 129o-1360, entra dans les ordres et se distingua par ^a science et son attachement a l'empereur Andronic Ier; il s'opposa a l'union des deux églises et lutta victorieusement contre le moine Barlaam. Parmi ses nombreux ouvrages, la plupart inédits, on cite les 38 premiers livres d'une Histoire Byzantine (24 seulement ont été publiés), de 1204 a 1351).
Grégurianus, jurisconsulte romain du ive siècle, est connu par sa collection de rescrits impériaux, le Codex Gregorianus.
Giegonen (Calendrier). Dans la réforme du calendrier julien, l'astronome SOvsigène s'était trompé de plus de 11 minutes. Au xvi* siècle, l'erreur était de lu a 11 jours. Le pape Grégoire XIII, avec le concours de l'astronome Lilio, retrancha 10 jours de l'année 1582, et, pour prévenir autant que possible les erreurs a l'avenir, décida que dans l'espace de 400 ans, on retrancherait trois jours, pris sur trois années qui auraient dû être bissextiles. La réforme grégorienne n'a été acceptée qu'en 1700 par les protestants d'Allemagne, en 1701 par ceux de Suisse, en 1752 par l'Angleterre, en 1753 pirla Suède. Les Russes et les Grecs schismatiques ont conservé le vieux style, leurs dates retardent de 12 jours sur celles des autres peuples chrétiens.
Gregorio (FERDINAND), fils de GREGORIO
(Charles), graveur distingué de Florence, né a Florence, 1740-1800, fut l'un des meilleurs graveurs de son temps.
Gregorio (KosARio), né à Palerme, 1753-1809, se livra aux études archéologiques, et fut historiographe royal. Ses principaux ouvrages sont : Bibliotheca Scriplorum qui res in Sicilia gestas sub Aragonum imper io retulere, 2 vol. in-fol. ; Consideratiotis sur l'histoire de Sicile, depuis le temps des Normands jusqu'à nos jours, 7 vol. in- 8o, etc.
Grcgorius Tiphernas V TlPHERNAS.
Gregory, lac de l'Australie méridionale.
Gregory OU Gregorj (JEAN-GASPARD DE), né
en Piémont, 1769-1846. professeur de droit civil à Turin, député en 1809, président de la cour impériale a Rome, 1811, a publié plusieurs ouvrages de littérature, mais s'est principalement occupé de Y Imitation de Jésus-Christ, qu'il attribua au moine Jean Gersen, abbé de Verceil. Il a publié la Sardaigne dans Y Univers pittoresque, et de nombreux articles dans la Biographie Michaud.
Gregory (Jacques), né à Aberdeen, 1038-1675, professeur de mathématiques, inventa le télescope réflecteur, qui porte son nom. Ses travaux, le firent nommer membre de la Société royale de Londres, 1668 II publia en 1668 ses Exercitationes geometricce.
Gregory (David), neveu de Jacques, mathématicien, né a Aberdeen, 1661-1718 fut professeur à Edimbourg, a Oxford, et a publie plusieu:s ouvrages estimés.
Gregory (.Jean), petit-fils de David, né à Aberdeen, 1724-1773, vint a Londres se consacrer a la médecine, fut de la Société royale en 1775, retourna professer la médecine au King's Collège d'Aberdeen, et est surtout connu par un livre de morale, Legs d'un père à ses filles, qui, devint populaire.
Gregory (Jacques), fils du précédent, médecin anglais, né à Aberdeen, 1753-1821, correspondant de l'Institut de France, a écrit Cullen's first Unes of the pratice of physic, 2 vol. in 8°, qui a eu de nombreuses éditions.
Greiffenberg, v. de la Poméranie (Prusse),
à 66 kil. N.-E. de Stettin, sur la Réga. Toiles renommées, draps, chapeaux: 5.000 hab.
Greiffenhagen.v. de la Poméranie (Prusse), sur la Reglitz, a 20 kil. S. de Stettin ; 5,600 hab-
Grerfswald , port de la Poméranie (Prusse), à 90 kil. N -O. de Stettin. Université fondée en 1456. Chantiers de construction, fabriques d'épingles, d'huile, de tabac, de cuirs. Commerce actif de céréales. Dans les environs, bois pittoresque d'Eldena académie d'agriculture) et salines considérables; 17,000 hab.
Greîz.capit. delà principauté de Reuss-Greiz, sur l'Elster Rlanc, à 28 kil. S.-E. de Géra, a 90 kil. S. de Leipzig; 15,000 hab. V. Reuss-Greiz.
Grémonville (NICOLAS Bretel, sieur DE;, né
à Rouen, 1606-1648, fut ambassadeur de France à Venise, 1644-1647, puis à Rome. On a de lui un Récit de la bataille de la Marfée.
Grémonville (JACQUES Bretel DE), frère du
précédent, de l'ordre de Malle, diplomate, est surtout célèbre par le traité de partage éventuel de la monarchie espagnole, qu'il négocia secrètement à Vienne, de 1667 a 1671, avec les ministres de l'empereur Léopold.
Grenade (province ou intendance de), en Espagne, entre les prov de Malaga a PO., d'Almeria a l'E., sillonnée par la Sierra Nevada et les Alpujarras, arrosée par le Jenîl, fertile en oliviers, citronniers, orangers, etc., a 12, 787k.il. carrés et 478,000 hab.
Grenade, capit. de la province de ce nom (Espagne), au confluent du Jenil et du Darro, à l'extrémité orientale de ia Vega de Grenade, plaine de 40 kil. de long, sur 32 de large, renommée par son extrême fertilité, a 420 kil. S. de Madrid. Archevêché, belle cathédrale qui renferme les tombeaux de Ferdinand et d'Isabelle, de Philippe le Beau et de Jeanne la Folle. L'Alhambra est l'ancien palais fortifié des rois maures, maintenant en ruines, la Généralif, au sommet d'une colline couverte de vignes et de figuiers, est une magnifique villa où résidait la cour pendant Pété. Il y a encore quelques fabriques de soieries, de velours et des papeteries. — Grenade fut la capitale d'un royaume indépendant, de 1235 à 1492; ses hautes murailles flanquées de 1,030 tours, (-0111611316111 400,000 habitants. Elle succomba après un siège d'un an, 2 janv. 1492, sous les coups de Ferdinand et d'Isabelle; 76,000 hab.
Grenade (Nouvelle), OU Etats-Unis de la Confédération Grenadine OU Colombie.