‹ Dictionnaire classique d'histoireChapitre 289 sur 657 · V. Malte (chevaliers de · texte numérisé non relu

V. Malte (chevaliers de

Jeanne (La papesse). D'après plusieurs chroniques du moyen âge et l'histoire des papes de Platina, une femme, originaire de Mayence, aurait occupé, par ruse, la chaire de saint Pierre entre Léon IV et Benoît III, vers 855. La chronologie mieux étudiée a démontré l'invraisemblance de cette fable.

Jeanne, comtesse de Flandre et de Hainaut. V. Hainaut (Jeanne de).

Jeanne de Bourgogne , fille d'Othon IV,

comte palatin de Bourgogne, épouse de Philippe V, fut accusée d'adultère en 1313, enfermée au château de Dourdan et reprise par son époux. Elle mourut en 1325. .

Jeanne Ier, reine de Naples, née en 1327, succéda à son grand-père, le roi Bobert, en 1343. Elle épousa son cousin, André de Hongrie, puis le fit étrangler, en 1345. Elle se maria alors à Louis de Tarente, également son cousin ; mais fut forcée de fuir devant Louis de Hongrie. Elle vendit Avignon a Clément VI, et put rentrer à Naples en 1352. Après la mort de Louis de Tarente, 1362, elle épousa Jacques, roi de Majorque, qui se retira en Espagne. Elle adopta bientôt Charles de Durazzo, son cousin; se maria, en 1376, à Othon de Brunswick ; fit un second testament en faveur de Louis, duc d'Anjou, frèro de Charles V. Charles de Durazzo envahit le royaume de Naples, prit Jeanne, et la fit étouffer entre des matelas, 1382.

JEA

JEA

Jeanne II, reine de Naples, fille de Charles de Durazzo, née en 4370, succéda à son frère Ladislas, en 1414. Deux fois veuve, après avoir lutté contre son 2e mari, Jacques de Bourbon, elle livra le pouvoir d'abord à Pandolfello Alapo,

Euis à Carocciolo; adopta Alfonse V d'Aragon, ouis III et René d'Anjou. Après une vie de désordres, elle mourut en 1435 ; et les deux partis, aragonais et angevin, se disputèrent longtemps sa succession.

Jeanne de France, fille de Louis XI, née

en 1464, petite et contrefaite, épousa en 1476 son cousin, le duc d'Orléans. Devenu le roi Louis XII, 1498, il fit prononcer le divorce; Jeanne se retira à Bourges, où elle fonda l'ordre de YAnnonciade. Elle mourut en 1505. On la fête le 4 février.

Jeanne Henriquez, fille de l'amirante de Castille, née vers 1425, épousa, en 1444, Jean, roi de Navarre, puis d'Aragon, en 1458. Elle persécuta don Carlos, prince de Viane, eut à lutter contre les Catalans soulevés et mourut en 1468.

Jeanne, reine de Castille, née en 1438, fille d'Edouard, roi de Portugal, épousa, en 1455, le roi de Castille, Henri IV, Elle est surtout connue par les désordres de sa vie, et mourut en 1475.

Jeanne de Castiiie,surnommée Beltraneja, fille de la précédente, née en 1462. A la mort du roi de Castille, Alphonse V de Portugal, oncle de Jeanne, voulut soutenir ses droits, mais fut vaincu à Toro par Isabelle et Ferdinand, 1476. Elle prit alors le voile dans le couvent de Sainte-Claire à Coïmbre ; et mourut à Lisbonne, 1530.

Jeanne la Folle, reine de Castille, fille de Ferdinand d'Aragon et d'Isabelle de Castille, née en 1479, épousa, en 1496, Philippe le Beau, archiduc d'Autriche. A la mort d'Isabelle, elle fut proclamée reine de Castille, 1504. Philippe voulait rester seul maître du pouvoir et songeait à la faire interdire, lorsqu'il mourut en 1506. Plongée dans un morne désespoir, Jeanne se laissa diriger par son père Ferdinand et vint s'établir à Tordesillas, où elle veillait sur le tombeau de son mari. Les révoltés des Comuneros invoquèrent le nom et l'autorité de Jeanne, lorsqu'ils se soulevèrent. La malheureuse princesse mourut seulement en 1554. Elle avait eu deux fils, Charles-Quint et Ferdinand d'Autriche. Sa folie a été révoquée en doute.

Jeanne d'Albret, reine de Navarre, née à Pau en 1528, fille de Jean II d'Albret et de Marguerite de France, sœur de François 1er, épousa, en 1548, Antoine de Bourbon, duc de Vendôme. Elle succéda a son père, 1555, dans la souveraineté de la Basse -Navarre, du Béarn, des pays d'Albret, de Foix, d'Armagnac, etc. Elle défendit ses Etats contre l'avidité de Henri II, contre les prétentions de la cour d'Espagne, repoussa l'inquisition et embrassa le protestantisme. En 1567, elle amena une armée de protestants au prince de Condé et à Coligny ; et, après la mort de Condé, ranima le courage des calvinistes, enfin, fut, avec Coligny, l'âme de la lutte pendant la 3e guerre civile. Elle consentit avec peine au mariage de son fils avec Marguerite de Valois, sœur de Charles IX; mais mourut à Paris, le 9 juin 1572. On prétendit qu'elle avait été empoisonnée au moyen d'une paire de gants parfumés. Elle laissait Henri, qui fut plus tard le roi Henri IV, et Catherine de Navarre.

Jeanne d'Arc OU Darc, née le 6 janvier

1412, à Domremy, sur les frontières de Champagne et de Lorraine, était la fille de Jacques Darc, laboureur, et d'Isabelle Romée. De bonne heure l'âme tendre et rêveuse de la jeune fille fut exaltée par un enthousiasme mystique et patriotique. Elle entendit des voix qui lui ordonnaient d'aller en France pour délivrer le royaume; elle vil sainte Marguerite , sainte

Catherine et saint Michel, qui lui promettaient leur secours. Sa pieuse exaltation triompha de tous les obstacles que lui opposaient ses parents. Le capitaine de Vaucouleurs, Baudricourt, finit par céder aux instances de la jeune fille, et elle partit le 29 février 1429. Après un voyage miraculeux à travers le pays ennemi, elle rejoignit Charles VII à Chinon* lui fit accepter sa glorieuse mission, émerveilla les docteurs de Poitiers qui l'examinaient , et enthousiasma le peuple. On lui donna un commandement militaire; quelques jours après, la ville d'Orléans était délivrée, 8 mai 1429, et les Anglais fuyaient. Jeanne courut aussitôt chercher le roi à Loches pour le conduire au sacre de Reims. Meung, Jargeau, Beaugency, Janville furent emportés, et la belle victoire de Patav fit tomber toutes les objections. On marcha sur Reims. Le voyage fut triomphal ; Auxerre, Saint-Florentin, Troyes, Châlons-sur-Marne, Reims, ouvrirent leurs portes. Le 17 juillet, Jeanne, son étendard a la main, assistait au sacre de Charles VII. Sa mission n'était pas encore terminée; elle entraîna le roi sur la route de Paris ; mais les trop prudents conseillers de Charles VII se défiaient de l'enthousiasme qu'ils ne comprenaient pas ; Jeanne ne fut pas secondée au siège de Paris, elle fut blessée à l'assaut de la porte Saint-Honoré. Elle continua cependant de guerroyer; elle se jeta dans Compiègne; dans une sortie, elle fut prise par le bâtard de Wandomme, le 23 mai 1430, et remise par lui à son capitaine, Jean de Luxembourg, comte de Ligny.

Il la vendit pour 16,000 livres aux Anglais qui la conduisirent au château de Rouen. Les politiques de l'Angleterre décidèrent qu'elle serait jugée comme hérétique et sorcière. L'évêque de Beauvais, Pierre Cauchon, présida le tribunal ecclésiastique chargé déjuger l'héroïne ; alors commença, 20 février 1431, ce procès inique où Jeanne Darc fut plus grande, plus sublime que jamais; elle fut condamnée à une prison perpétuelle, avec défense de porter jamais des habits d'homme. Les Anglais voulaient sa mort. Alors on lui enleva, pendant la nuit, ses vêtements de femme ; elle fut forcée de reprendre son armure; on la condamna, comme relapse, à être brûlée vive, et la sentence fut odieusement exécutée sur la place du Vieux-Marché, le 30 mai 1431. Sa mort fut un martyre; la cause des Anglais fut à jamais condamnée. — Charles VII se repentit plus tard de sa coupable ingratitude. Il provoqua une tardive réhabilitation, qui fut prononcée a Rouen le 7 juillet 1456. La famille de Jeanne fut anoblie, sous le nom de du Ly3 ; et tous les ans, le 8 mai, une procession solennelle a rappelé depuis à Orléans la mémoire de la libératrice.

Jeanne de Flandre, femme du duc de

Bretagne, Jean IV, soutint héroïquement un long siège à Hennebont, 1342, et eut pour adversaire Jeanne de Penthièvre, femme de Charles d£ Blois; de là le nom de Guerre des deux Jeanne donné à la guerre de la succession de Bretagne.

Jeanne de Penthièvre, nièce du duc de

Bretagne, Jean III, femme de Charles de Blois, neveu de Philippe VI, soutint ses droits à la succession de Bretagne contre son oncle, Jean IV. Après la mort de Charles de Blois à Auray, elle dut, par le traité de Guérande, 1365, renoncer à le Bretagne.

Jeannin (Pierre), homme d'Etat, né à Autun, 1540-1622 (?), fils d'un tanneur, avocat à Dijon, en 1569, fut député du tiers aux Etats généraux de Blois, 1576, puis président au parlement de Bourgogne. Pendant la Ligue, il servit le duc de Mayenne et put dès lors^ déployer ses talents remarquables de négociateur; Henri IV apprécia l'honnêteté du président Jeannin, l'employa pour les négociations de Vervins, 1598, de Lyon,

JËH

Page 1