VOT
Russie, fils de Vsévolod Ie', arrière-petit-fils du précédent, fut élu, en 1113. Il se distingua par ses vertus, et mourut en 1125.
viieiand, Flevolandici, île qui dépend de la Hollande geptent. (Pays-Bas), â 9 kil. N.-E- du Texel : eh.-l., Viieiand.
Voconces, âne. peuple gaulois de la Viennoise lie, aujourd'hui partie E. de la Drôme. Ils avaient deux capitales : Vasio (Vaison), et Dea (Die).
\odabie, village à 12 kil. S.-O. d'Issoire (Puyde-Dôme). Ruines de l'antique palais des dauphins d'Auvergne.
Vodena, Edesse <le Macédoine, v. du vilavet et à 80 kil. N.-O. de Salonique ; 12,000 hab.
Vœrœsmarty (Michel), poète hongrois, né à Nieek (comitat de Weissembourg, 1800-1855, publia une tragédie, le Roi Salomon, un drame, le Roi Sigismond, un roman en vers, la victoire de la fidélité, qui tirent de lui le rénovateur de la poésie hongroise. Il écrivit ensuite, avec succès, trois épopées, un drame, un roman en vers, puis des Lieder ou chansons, qui lurent populaires. Il fut membre de l'Assemblée nationale en ISiS.
Yo»ei (Jean-Christophe), né à Nuremberg, 1756-1/88, a imité la manière de Gluck. 11 a donné à l'Opéra la Toison d'or, 1786, et l'on a représenté, après sa mort, Démophon, dont l'ouverture est resiée célèbre.
Vogei (Edouap.d), voyageur allemand, né à Leipzig, en 1829, aide -astronome de Hind, à l'Observatoire Bishop de Londres, 1851, s'offrit au gouvernement anglais pour aller rejoindre Barth en Afrique. 11 partit en 1853, arriva par le pays de Tripoli jusqu'au Soudan, visita les bords du lac Tchad, et se dirigea vers l'est. Il paraît qu'il y a trouvé une mort tragique, en
\ogeiberg, Avicula, sommet des Alpes Lépomie.nnes, au S.-E. du Saint-Gothard, haut de 3,423 met.
Yogelsberg OU VogeIs-Gebïrge,Chaîne de
montagnes de l'Allemagne du N., entre les bassins du Weser et du Main. Son point culminant, rôberwald, a 741 met.
Vogeiweide (Walther de), minnesinger allemand, né dans le château de ce nom, en Thurgovie, prit part' au combat poétique du château de la Wartbourg, 1206.
Vogesus nions, nom latin des Vosges.
Voghera, Vicus Iriœ, v. d'Italie, à 38 kil. N.-E. d'Alexandrie, sur la Staffora. Evêché ; 12,000 h.
Vogouis, peuple de race finnoise, encore nomade dans les gouvern. de Perm et de Tobolsk (Russie). Ils font le commerce des pelleteries ; beaucoup sont chrétiens , mais encore très grossiers.
Voïart (Anne-Elisabeth Petitpain, connue sons le nom abusa), née a ?sam y, 1783-1866, traduisit des romans allemands, composa des ouvrages de fantaisie et d'éducation : la Vierge d'Ardueune; Essai sur la danse; la Femme ou les Six Amours; Nouvelles étrennes, dédiées aux enfants; le Mariage et V amour; Mignonne; etc.
Void, eh -1 de eant., arrond. et a 10 kil. S -E. de Commercy (Meuse); 1,224 hab.
\oigt (.IeÀn), né dans le duché de Saxe-Meiningen, 1786-1863, professeur a Halle, a Kœnîgsberg, se lit connaître, en publiant : le Pape Grégoire VII et son époque, 1815, puis une Histoire de la ligne lombarde, 1818. Il s'occupa surtout de l'Ordre teutonique et des origines de la Prusse; son ouvrage ie plus important est : Histoire de la Prusse depuis les temps les plus reculés jusqiïà la fin de la domination de l'Ordre teutonique, 1827-2'9, 9 vol. On lui doit encore : les Tribunaux de Westphalie dans leurs rapports avec la Prusse, 1836, Codes diplomatiques prussiens, 4 vol. ; Manuel de Vhistoire de Prusse jus-
qu'à la réformation; Histoire générale de l'Ordre teutonique, etc., etc.
\oigtiand, Variscia, pays de l'anc. Saxe, dans l'empire d'Allemagne. L'anc cercle de Voigtland, dans le roy. de Saxe, avait pour capit. Plauen.
Voïnîtza, v. de la Bosnie, au N.-O.; mines de fer. forges.
Voïoussa, Aoiis, riv. qui descend du Mezzovo, baigne Premiti et Tebelen, se jette dans l'Adriatique au N. du golfe d'Avlone. Cours de
Toiron, ch.-l. de cant., arrond. et à 25 kil N.-O. de Grenoble ilsère), sur la Morge. Industrie active : toiles de chanvre, draps, chapeaux de paille ; 11,955 hab.
Voisenon (CLADDE-HeNRY de Fusée, abbé
de), né au château de Voisenon, près de Melun, 1708-1775, écrivit, en 1738, l'Heureuse ressemblance, comédie en un acte et en vers, puis donna au Théâtre-Français, en 1739, l'Ecole du monde, en 3 actes et en vers. Il entra dans les ordres, fut nommé grand vicaire par l'évêque de Boulogne, son parent, 1740, s'établit à Paris, devint l'ami de M. et de Mme Favart, partagea son temps entre la cour et le théâtre, écrivit avec la plus grande facilité comédies, romans, petits vers, oratorios, ballets, et fut élu à l'Académie française, en 1760. Parmi ses comédies, la Coquette fixée, donnée aux Italiens. 1746, en 3 actes et en vers, est celle qui eut le plus de succès ; on peul encore citer la Jeune Grecque. Ses contes sont presque toujours très licencieux. Son style est souvent lourd; il y a dans toutes ses œuvres beaucoup de banalité et beaucoup d'indécence; mais il a aussi de la vivacité d'esprit et parfois de la grâce.
Voisin (CATHERINE Deshayes, veuve Mon-
voisin, dite la.), sage-femme à Paris au xvne s. devineresse, fut compromise dans l'affaire de la marquise de Brinvilliers, condamnée par la Chambre ardente, et brûlée avec La Vigoureux et plusieurs autres, en place de Grève, 1680.
Voisin (Auguste), né à Pennes (France 18'J0-1843, professeur à l'Université de Gand, publié de nombreux ouvrages, sur la Belgique principalement : Guide des voyageurs dans la ville de Gand ; Description des monuments gothiques de la Belgique, de l'Allemagne, de la France et de l'Angleterre ; Notice sur la bataille de Courtrai ou des Eperons ; la Châsse de sainte Ursule ; Examen critique des historiens de J. Van Artevetde ; etc.
Voiteur, ch.-l. de cant., arrond. et à 12 kil. N.-E. de Lons-le-Saulnier (Jura), près de la Seille , 1,201 hab.
Voiture (Vincent), né à Amiens, 1598-1648, fils d'un riche marchand de vins, gagna la faveur des grands par des pièces de vers latins et français, devint l'oracle de l'hôtel de Rambouillet par son esprit, sa verve et la politesse de sa galanterie. Ii suivit Gaston d'Orléans hors de France, rentra à Paris en 1633, et dès lors se ménagea l'appui de Richelieu, surtout par sa fameuse lettre sur la prise de Corbie. Il fit partie de l'Académie française, dès son origine, 1635 Mazarin et Anne d'Autriche continuèrent a le proléger; il fut pour ainsi dire le premier bourgeois qui, à force d'esprit, parvint à vivre dans la haute société. A sa mort, toute l'Académie prit le deuil. Il est difficile de comprendre l'engouement de ses contemporains, pendant tout le xvne siècle, il ne cessa d'être admiré. Il est certain qu'il a rendu service à la langue en lui donnant un tour vif et ingénieux , mais il est tombé souvent dans la recherche et l'affectation ; c'est avant tout l'homme de la société polie du xvne siècle. Ses Œuvres renferment surtout ses Lettres et des pièces de vers sur des sujets légers.
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Voïvode ou VajTode, c'est-à-dire chef de guerre, en slave, nom porté dans l'anc. Pologne par les gouverneurs de provinces, et par les pnnees de Moldavie et de Valachie, avant qu'ils eussent pris celui d'hospodar.
Voïvôdie Serbe, pays de l'empire Austro- Hongrois, mainienant réuni à la Hongrie. Il occupe le rectangle compris entre le Danube et la Theiss ; le sud s'appelle Syrmie. Il y a de riches mines de houille et de fer Les v. princ. sont : Baja, Theresienstadt. Ris-Kanisa, Szenta, Zombor, Vukovar, Neusatz, Ruma. etc. La population est surtout composée de Slaves.
Voiaterrae, auj Volterra. l'une des 12 lucumonies de l'anc. Etrurie. à l'O. de Sena Julia.
Voicauo, Hiera ou Volcania, la plus au S des îles Lipari.
Volées, peuple de l'anc. Narbonnaise 1", qui comprenait plusieurs peuplades, les Tectosages, ch.-l. Toulouse, les Arécomiques, ch.-l. Aimes.
Volero iPublilics), centurion romain, souleva les plébéiens, et se fit nommer tribun, 472 av. J.-C. Il obtint de faire élire les tribuns par l'assemblée des tribus, et de donner à l'assemblée plébéienne le droit de faire des plébiscites.
\oi»a (Le), fleuve de Russie, anc. Rha, appelé Etel ou Atel ou Idel par les- peuplade* turques voisines de ses bords, a sa source dans l'immense forêt de Volkonski (gouvern. de Tver), sur le plateau du Valdaï, coule de l'O. à l'E. jusqu'à Kaz;m, puis du N.-E. au S.-O. jusqu'à Sarepta, enfin se dirige vers le S.-E., et se jeltedans la mer Caspienne par 70 embouchures environ. Il arrose les gouvernements de Tver, Iaroslav, Kostroma, Nijni-Novogorod, Kazan, Simbirsk, Saratov, Astrakhan. Il reçoit : a droite, l'Oka, la Soura, la Sarpa: à gauche, la Tverlza, la Mologda, la Roslroma, la Rama, la Samara, etc. Son cours est d'environ 3,400 kil. . la nagivation y est facile; il reste gelé pendant 5 mois ; il est très poissonneux, surtout en saumons et en sterlets.
Voiiiynie, en polonais WolhynsJc, gouvern. de la Russie, au S.-O. 11 est en grande partie couvert par les marais du Pripet. renferme de grandes torêts, des terres très fertiles en grains, légumes, plantes oléagineuses, tabac, lin, chanvre, etc. Industrie active. La Volhynie a 74,851 k. carrés et 1,981,000 hab. Le ch.-l. e'st Jitomir
Volkhov, riv. de Russie, longue de 200 kil., qui unit le lac Ilmen au lac Ladoga.
Voikonsky, noble famille princière de Russie, qui prétend descendre de Ruiik ; elle tire son nom de la Volkona, riv. du gouvern. de Toula.
Voikonsky (Pierre, prince), mort en 1832, aide de camp d'Alexandre I", en 1801. devint lieutenant général, après Lutzen, en 1813, et contribua au succès de la campagne de Saxe et de la campagne de France, comme chef de l'étal-major général. L'empereur Nicolas le nomma ministre de la maison impériale; il
f>résida à toutes les constructions et aux embelissemenls des résidences impériales, fut comblé de faveurs, et reçut le litre d'altesse avec le bâton de maréchal.
Voiienhove (Jean), théologien protestant du xvue s., est considéré comme l'un des meilleurs poètes hollandais.
Voiiore- Ville, Volotrense Castrum, comm.
du cant. de Courpièie, arrond. et a 12 kil. S.-E. de Thiers (Puy-de-Dôme); 2,507 hab.
Voinay, village de l'arrond. et à 6 kil. S.-O. de Reaune (Côte-d'Or). Excellents vins rouges.
Volney (CONSTANTIN-FRANÇOIS Chassebœuf,
comte de), né à Craon (Anjou), 1757-1820, abandonna bientôt la médecine pour l'érudition. Il publia, dès 1781, un mémoire Sur la chronologie d'Hérodote; il visita pendant quatre ans la
Syrie et l'Egypte ; puis, à son retour, publia le Voyage en Egypte et en Syrie, 1787, 2 vol. in- 4" et in-8°, qui eut le plus légitime succès. Il écrivit ensuite des Considérations sur la guerre des Turcs et de la Russie. Député aux Etats généraux, il continua ses travaux littéraires, envoya au concours de l'Académie des Inscriptions, en 1790, un mémoire sur la Chronologie des douze siècles antérieurs au passage de Xerxè* en Grèce, et publia en 1191 les Ruines, ou méditations sur les révolutions des empires, in-8«, livre déclamatoire, qui renferme cependant de grandes beautés. En 1793, il fit paraître un traité de morale sous ce titre : la Loi naturelle, ou catéchisme du citoyen français. 11 professa l'histoire à l'Ecole normale, fut nommé membre de l'Institut ; adhéra au 18 brumaire, et devint sénateur, comte, 1808. Il signa l'acte de déchéance en 1814, et continua de siéger dans la Chambre des pairs. On lui doit encore : De la simplification des langues orientales ; Tableau du climat et du sol des Etats-Unis d'Amérique; Recherches nouvelles sur l'histoire ancienne; Alphabet européen appliqué aux langues asiatiques ; etc. 11 a fondé un prix annuel de 1,200 francs pour le meilleur travail sur les langues orientales.
Volo, anc. Pagasus ou Iolcos, port du royaume de Grèce, sur le golfe de Volo (solfe Pélasgique Pagasétique des anciens), à 60 kil. S.-E. de Larisse. Archevêché grec. Commerce actif, 4,000 hab
voiogda (La), riv. de Russie, affluent de la Soukhona, a 180 kil. de cours.
Voiogda. ch.-l. du gouvern. de ce nom (Russie), sur la Voiogda, à 730 kil. S.-E. de Saint- Pétersbourg Archevêché grec. Cuirs, toiles, draps; commerce actif avec Arkhangel, la Sibérie, Saint-Pétersbourg; 16,000 hab.
Le gouvern. de Voiogda, au N., a 402,725 k. carrés, et 1,131,000 hab. 11 renferme d'immenses forêts et quelques lacs; le climat est très rigoureux.
Yologèse i", roi des Parthes, succéda à son père Vonones II, en 50, lutta contre les Romains, tut battu par Corbulon, et mourut probablement vers 81. [149, et fut en rapport avec Antonio. ]
Voiogèse II, régna probablement de 122 aj
Voiogèse m, hls du précédent, fut battu par les lieutenants de Marc-Aurèle, et perdit probablement la Mésopotamie.
Voiogèse iv, 191-208 (?), fils du précédent, soutint la cause de Pescennius Niger, mais fut battu par Septime Sévère,
Voiogèse v, fils du précédent. On ne sait pas s'il fut détrôné par son frère Artaban, ou s'il mourut dans la lutte contre Artaxerxès I«, chef des Sassanides.
Voionne, ch.-l. de cant., arrond. et à 18 kil. S.-E. de Sisteron (Rasses-Alpes), sur la rive gauche de la Durance; 928 hab.
Voipato (Giovanni), graveur italien, né à Rassano, 1733-1802, publia, sous le pseudonyme de Jean Renard, des gravures d'un trait vigoureux, et forma un grand nombre de bons élèves, entre autres Morghen. On a de lui : Principes du dessin, tirés des meilleures statues antiques.
Voipi (Gianantonio), né à Padoue, 1686-1766, fonda un établissement typographique , d'où sortirent des livres remarquables par l'élégance des caractères et par les annotations critiques qui les accompagnent.
Voisk, v. du gouvern. et à 140 kil. N.-E. de Saratow (Russie), sur le Voiga: 14,000 hab.
Voisques, peuple de l'Italie anc, dans le sud du Lalium; ils appartenaient à la race des Osques. Ils étaient divisés en un grand nombre de petits Etats ; les princ. villes étaient : Antium. Anxur, Arpinum, Privernum, Vélitres; les Voisques de la côte avaient une petite marine marchande. Ils luttèrent longtemps contre
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Rome, et finirent par être complètement domptés dans la grande insurrection latine de 341-338.
Voua (Alessandro). né à Cômc, 1745-1827. Doux mémoires, adressés l'un à Beccaria, De vi attractiva ignis electnci, 1769, l'autre à Spallanzuni, De modo constrnendi novam machinant electricam, 1771, lui valurent la chaire de physique à l'école de Corne, 1774. Ses travaux sur l'électricité le rendirent bientôt célèbre, et il fut nommé professeur a l'Université de Pavie, en 1779. Membre de la consulte de Lyon, sénateur du royaume d'Italie, avec le titre* de comte, il ne professa que jusqu'en 1819. Il a attaché son nom a l'eleetrophore, a l'électromètre, à l'eudiomèlre ; il parvint a force de sagacité a composer la pile voltaïque, 1799, cette merveilleuse invention qui devait rendre tant de services.
\oita, fleuve de la Guinée (Afrique), vient des montagnes de Kong, et se jette dans le golfe de Guinée, sur les limites de la Côte-d'Or et de la Côte des Esclaves. Cours de 620 kil.
Voltaire (FRANÇOIS-MARIE Arouet de), né à
Chàtenay, près de Sceaux, le 20 février 1694 (ce qui est peu probable), ou plutôt à Paris, le 21 novembre 1694, mort à Paris, le 30 mai 1778, était le 5e enfant de François Arouet, ancien notaire au Châtele , et de Marie-Marguerite Daumart, tous deux originaires du Poitou. Le jeune Arouet passa sept années au collège de Louisle-Grana, y fit de brillantes études,~el composa dès lors un grand nombre de vers, poésies légères, odes, et même une tragédie, Amulius et Aumitor. Il abandonna dès le premier jour la jurisprudence pour vivre dans la société du Temple, frondeuse et débauchée, où l'avait fait introduire l'abbé de Châteauneuf, son parrain; il composa, en 1712, YOde sur le vœu de Louis XIII; en 1713, YOde sur les malheurs des temps, et se mit à travailler à une tragédie d'OEdipe. Secrétaire du marquis de Châteauneuf, ambassadeur auprès des Provinces-Unies, il eut une vie dissipée, fut rappelé, et se laissa enfermer dans une étude de procureur, 1714, où il se lia avec Thieriot, qui resta son ami; mais il continuait à courir les théâtres. Chez M. de Caumarlin, oncle maternel des deux d'Argenson, condisciples de Voltaire, il conçut l'idée de la Henriade et du Siècle de Louis XIV ; mais on lui attribua des vers cyniques, dirigés contre le Régent; il fut exilé a Tulle, à Sully-sur-Loire; puis mis à la Bastille, 1717-1718; c est là qu'il écrivit les deux premiers chants de la Henriade et qu'il acheva son Œdipe. C'est alors qu'il changea son nom d'A rouet contre celui de Voltaire. Le succès d'OEdipe, 1718. acheva de le mettre à la mode ; il fit jouer Art émir e, 1720, puis Marianne, 1724, et la comédie de V Indiscret, sans beaucoup réussir. Par la protection des seigneurs, ses amis, il obtint des privilèges qu'il revendit à des traitants; il plaça une partie de son bien dans la Compagnie des Indes; il poursuivit à la fois la gloire et la fortune. Il accompagna en Hollande M** de Rupelmonde, pour laquelle il composa sa belle Epître à Uranie, visita J.-B. Rousseau, à Bruxelles, et se brouilla pour toujours avec lui. Il venait d'achever la Henriade; l'abbé Desfontaines la fit imprimer frauduleusement a Rouen sous le titre de la Ligue, 1723, in-8° ; ce fut pour le poète une cause de vif déplaisir. Une cruelle aventure vint interrompre sa vie de plaisir et de succès. Le chevalier de Bohan, qu'il avait blessé par quelques vives paroles, le fit hâtonner, 1726 Personne ne soutint l'homme outragé qui demandait justice, et lorsqu'il envoya un cartel au chevalier, il fut de nouveau jeté â la Hasiille. Au bout d'un mois, il obtint la permission de passer en Angleterre. Il vécut aux environs de Londres, surtout chez un riche négociant, M. Falkener, en contact
avec les lettrés et les libres penseurs; il publia en anglais : Essay on epic poetry, et Essay upon the civil wars of France, appendices de la Henriade qu'il venait d'achever. Ce poème parut sous le patronage de la reine d'Angleterre ; il fut accueilli avec une sorte d'enthousiasme. Voltaire revint à Paris en 1729; lirutus n'obtint qu'un succès médiocre, 1730; mais Y Histoire de Charles Xll fut accueillie comme devait l'être ce chef-d'œuvre de narration, d'un goût parfait, d'un style net, intelligent, précis. A la même époque, Voltaire improvisait la comédie des Originaux, écrivait pour Rameau l'opéra 'de Samson, faisait jouer Eriphile, 1732, puis Zaïre, cette pièce enchanteresse, la Mort de César, 1733. Les Lettres sur les Anglais, plus connues sous le nom de Lettres philosophiques, révélèrent à la France la littérature anglaise, Shakspeare , Locke, Newton, mais aussi la verve d'un esprit audacieux qui attaquait la religion ; le Parlement les condamna a être brûlées, 1734. Menacé dans sa liberté, Voltaire courut se cacher à Cirev, sur les contins de la Lorraine, auprès de Mme Du Chàtelet.
Cette liaison célèbre dura plus de quinze ans; il vivait largement, sans cesse entouré d'hôtes spirituels, travaillant la plus grande partie de la journée, jouant la tragédie, la comédie, la farce, jusqu'aux marionnettes, déployant une ardeur infatigable et une verve intarissable Alors il écrit des contes, des comédies ; il travaille au Siècle de Louis XIV ; il s'associe aux études de M^e Du Châlelet sur la physique et la géométrie; en 1736, il fait jouer à'Paris avec un très grand succès sa tragédie d'Alzire, l'Enfant prodigue, la meilleure de ses comédies; il publie le Mondain, 1736, poème badin; il achève ses Eléments de Aewton. Zulime fut jouée sans succès, 1740; de cette époque datent l'opéra de Pandore, la comédie de la Prude, et les beaux Discours sur l'homme, imités de Pope. Depuis longtemps le prince de Prusse, Frédéric, était en correspondance avec Voltaire ; quand Frédéric II fut roi, Voltaire se rendit â Berlin, mais sans s'y arrêter. A son retour a Cirey, il acheva Mahomet, qu'il dédia a Benoît XIV ;" Mérope eut un succès éclatant, 1743. C'est alors que le comte d'Argenson, ministre de la guerre, eut J'idée d'employer Voltaire, comme diplomate, pour décider Frédéric II a rompre avec Marie-Thérèse; il se rendit à Berlin, mais échoua dans sa mission, 1743. Voltaire s'appliqua â gagner les bonnes grâces de M»e de Pompadour, et écrivit la Princesse de Navarre, comédie-ballet, représentée a Versailles, en 1745. Il fut nommé historiographe de France, et gentilhomme ordinaire de la chambre; dans sa reconnaissance de courtisan, il composa le Poème de Fontenoy et l'opéra du Temple de la gloire; avec l'appui de Mme de Pompadour, il parvint à entrer a l'Académie française, 1746. On lui opposa le vieux Crébillon, dont les tragédies furent im-
f>rimées au Louvre; retiré à Sceaux, auprès de a duchesse du Maine, 1746, il composa le premier de 3es romans, Zadig; forma le projet de refaire une â une toutes les pièces de Crébillon, et commença Sémiramis. En 1748, il passa quelque temps â Lunéville, auprès du bon roi Stanislas. Il écrivit Aanine, r ^présentée a Paris avec succès, 1749, la Femrpj qui a raison, jouée a Lunéville, et s'occupa a*. ec ardeur de travaux plus graves : Histoire de la guerre de 17 49, Eloge des officiers qui sont morts dans la campagne de 1741, Panégyriques de Louis XV, de saint Louis, etc. Ii se délassait en publiant les Embellissements de Paris, le Philosophe indien et le Bostangi, ou l?.s Embellissements de la ville de Cachemire; etc. La mort de M"ie Du Chàielet a Lunéville fut pour Voltaire un coup terrible ; il 1 abandonna Cirey, et revint à Paris, 1749.
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