‹ Dictionnaire classique d'histoireChapitre 610 sur 657 · VON · texte numérisé non relu

VON

Il s'établit dans la maison qu'avait habitée la marquise, rue Traversière-Saint-Honoré, et appela auprès de lui sa nièce, M»* Denis, alors âgée de trente-neuf ans. Le roi et M«e de Pom-

Sadour lui témoignaient beaucoup de froieur; ses amis se montraient indifférents; alors seulement il céda aux sollicitations du roi de Prusse et se rendit a Berlin, pour y demeurer. Il fut comblé d'attentions et d'honneurs, nommé chambellan, pourvu d'un traitement de 20,000 livres, etc., mais la bonne intelligence ne dura pas longtemps , il y eut des torts réciproques; voltaire attaqua violemment Maupertuis et l'Académie de Berlin dans la célèbre Diatribe du docteur Akakia, et quitta Berlin en 1753. il avait achevé le Siècle de Louis XIV; c'est son chefd'œuvre dans le genre historique; le style en est toujours clair, vif, rapide et pur. Il" avait écrit le conte de Micromégas, dirigé contre Maupertuis, le beau poème de la Loi naturelle, et sa tragédie de Catilina ou Rome sauvée venait d'obtenir un grand succès à Paris, en 1752; mais le Duc de Foix et le Duc d'A/ençon étaient de pales imitations d'Adélaïde Du Guesclin.

Voltaire, en quittant Berlin, traversait lentement l'Allemagne, lorsque, par l'ordre de Frédéric II, il fut arrêté à Francfort par le baron de Frevlag, qui lui fit supporter toutes sortes d'avanies a lui et à sa nièce, et lui donna lieu d'exercer plus tard sa verve satirique aux dépens des poésies du roi son gracieux maître. Après quelque séjour à Mayence et auprès de l'électeur palatin, Voltaire rentra en France et se décida à s'établir sur les frontières de la France et de la Suisse, pour pouvoir vivre tranquille, parler et écrire librement, à l'abri des persécutions et des intrigues, 1754; il fit l'acquisition de Ferney et de Tourney, pour pouvoir être complètement'indépendant, 1758. L'Orphelin de la Chine eut un éclatant succès à Paris, 1755; puis il publia le poème du Désastre de Lisbonne, et ÏEssai sur l'histoire générale et sur les mœurs et l'esprit des nations depuis Charlemagne jusqu'à nos jours, 1756, 7 vol. in-8°. C'est alors surtout qu'il se livra presque tout entier à la polémique religieuse, économique, parlementaire, qui devait encore augmenter son influence et le nombre de ses ennemis. Il était comme l'âme de Y Encyclopédie; il écrivit des pamphlets contre Fréron, la comédie de l'Ecossaise, 1760, la satire du Pauvre Diable. Dans le mê ne temps il fil jouer Tancrède, et publia Candide. 1761. C'est vers 1760, 1761, qu'il devint complètement le patriarche de Ferney, admiré ou délesté, mais à coup sûr indifférent a personne, en France et même en Europe. Il attaqua plus ouvertement le catholicisme: se déclara pu'nr Catherine II. qui préparait la ruine de la Pologne; accabla J.-J. Rousseau en publiant contre lui les Sentiments des citoyens. 1765. Parmi les ouvrages qui nuiront le plus à Ja mémoire de Voltaire, il faut bien citer le poème de la Pucelle, dans lequel il a profané l'héroïsme de Jeanne d'Arc; mais à la même époque, il adoptait Rénéa^eusement Mlle Corneille, parente collatérale du grand poète, et il lui donnait la plus grande partie des bénéfices da la vente de son Commentaire sur Corneille; il écrivait un livre plein d'éloquence, Traité sur la tolérance, à l'occasion de la mort de J. Calas, 1763; et obtenait que la sentence du parlement de Toulouse fut cassée, 1765. 11 poursuivit dès lors avec une sorte d'acharnement les paiements : il écrivit V Histoire du Parlement, pamphlet plutôt qu'oeuvre historique; il applaudit au coup d'Etal du chancelier .Maupeou. Ses dernières œuvres, tragédies et corné lies, se ressentaient de son âge avancé; citons Olympie. où il y a encore quelques lueurs de génie, les Scythes, Sophonisbe, les Guèbres, Don Pèdre, etc. Son Histoire de Russie sous Pierre le Grand, la Phi-

losophie de l'Histoire sont bien inférieures à ses premières oeuvres historiques; mais il restait inimitable dans le roman (Jeannot et Colin, l'Ingénu, etc.). et dans la poésie légère (la Tactique, le Russe à Paris. l'Epïtre à Horace). Par son immense Correspondance, il était devenu pour ainsi dire le ministre des relations extérieures de la philosophie ; les souverains étaient ses a<:mi râleurs et, à certains égards, ses disciples.

Voltaire était l'ennemi des préjugés et des abus; il les poursuivit surtout dans la dernière partie de sa vie si remplie. A l'avènement de Louis XVI, les édits réformateurs de Turbot excitèrent son enthousiasme; et. quand Turgot fut renversé, il fut comme frappé au cœur, et le vengea noblement dans VEpître à un homme. Comme philosophe, Voltaire est le disciple de Locke; dans le Dictionnaire philosophique, dans le Philosophe ignorant, les Lettres au prince de Brunswick, le Traité de l'dme, les Dialogue d'Evhémère, il croit à une raison innée, à une loi morale nécessaire; il est théiste, mais d'une manière un peu vague et sans trop d'affirmations précises.

Il revint à Paris, fév. 1778, descendit chez le marquis de Villette, et fut accueilli avec un enthousiasme extraordinaire par la cour et par la ville. La représentation d'Irène, le 16 mars, fut un véritable triomphe pour le vieillard. Mais le 20 mai, il retomba malade, et mourut le 30 mai. Son neveu, l'abbé Mignot, s'empressa de faire transporter ses restes a l'abbaye de Scellières; en 1791, l'Assemblée nationale décréta que la corps de Voltaire serait transporté au Panthéon; ce fut l'occasion d'une fête nationale, le 11 juillet.

Voltaire a donné a la tragédie des formes nouvelles et un autre but, la prédication philosophique; il est au premier rang par ses poésies légères; c'est un de nos grands prosateurs par la pureté et la clarté admirable de son style: mais il a été surtout le représentant le plus remarquable de l'esprit français au xvme siècle; a préparé, plus que tout autre, la grande révolution qu'il pressentait, et qui éclata quelques années après sa mort. Contentons-nous de rappeler ce jugement de Gœlhe : « Génie, imagination, profondeur, étendue, raison, goût, philosophie, élévation, originalité, naturel, esprit et bei-esprit et bon esprit, variété, justesse, finesse, chaleur, charme, grâce, force, instruction, vivacité, correction, clarté, éloquence, élégance, gaieté, moquerie, pathétique, et vérité : voila Voltaire. »

Voiterra, v. d'Italie, à 50 kil. S.-E. de Pise. Evèché. Restes de murs cyclopéens. Aux environs, riches salines, carrières de marbre el d'albâtre; près de là, au mont Cerboli,' se trouvent les Lagoni, petits lacs d'où se dégagent des vapeurs très chaudes, qui contiennent beaucoup d'acide borique; 5,000 hab. V. Voi.aterr^e.

Voitri, v. d'Italie, à 12 kil. O. de Gênes, au fond du golfe. Fabriques de draps et de papier; 10.000 hab.

Voituroo, Yulturnus, û. d'Italie, tributaire de la mer Tyrrhénienne, naît dans le Sannio, traverse la Terre de Labour, passe a Capoue, reçoit le Calore et finit a Caslel-Volturno, après un cours de 150 kil.

Voiumnie, femme de Coriolan.

Voiusianus (Caïds Vibius) fut associé à l'empire par son père Gallus. 251, et fut massacré avec lui uar les soldats, à Interamna, 253.

\roivic, Vialoscensis pagns. coin m. du cant., de l'arr. et a 8 kil. S -O. de Riom ^Puy-de-Dôme). Aux environs, grande exploitation de pierres de Volvic, bleuâtres et provenant des lacs volcaniques ; 3,780 hab.

Vonck (Jean-François;, né à Baerdeghem (Flandre orientale), 1743-1792, avocat distingué à Bruxelles, se déclara contre les réformes de

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