‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 2)Chapitre 147 sur 274 · V. les mots Grès et Sables · texte numérisé non relu

V. les mots Grès et Sables

Les diverses variétés du Quartz hyalin sont taillées et employées en bijoux, eu vases, en plaques d'oruenjeut. La variété incolore prend le nom de Cristal de Roche , lorsqu'on veut désigner les corps travaillés par l'art dont elle a fourni la matière; c'était pour les anciens le Cristal par excellence; ils le regardaient comme n'étant autre chose que de l'eau fortement congelée ( Krystallos ) ; et parce que ce mot de Cristal se trouvait lié avec l'idée d'un corps de forme géométrique , il est devenu dans la suite le nom de la science qui traite des formes régulières des Minéraux. Le Cristal de Roche a été employé principalement eu objets d'ornement et de luxe; on en a fait des lustres, des boîtes de poche, de grandes coupes sur lesquelles on sculptait ou gravait des figures. Plusieurs manufactures de ce Cristal avaient été établies dans le voisinage des montagnes qui le fournissent en abondance ; telle était celle de Briançon. Mais l'usage en est bien moins répandu, et la plupart de ces fabriques sont tombées depuis que le Cristal naturel a été remplacé avec beaucoup d'avantage par le Cristal artiflciel ou Verre de Cristal , qui est plus limpide, plus facile à travailler, et qui ne le cède au Quartz hyalin que sous le rapport de la dureté. On fait avec le Quartz rose des coupes qui sont assez agréables; avec l'Améthyste, de petites colonnes, des boîtes, de petits coffrets; avec le Quart/, jaune, des cachets, des pierres de ceinture et de diadème. Les seules variétés employées dans la joaillerie qui aient quelque valeur, sont l'Améthyste et l'Olîil de Chat. Les Améthystes de teinte l'onoée et uniforme

sout très-rares; une pier re de treize lignes sur onze, a été estimée deux mille cinq cents francs; un OEil de l Chat d'un pouce carré , lorsqu'il présente de beaux reflets, ne vaut pas i moins de quatre cents à cinq cents ira n es.

Quartz Agathe. Les variétés cornj prises dans cette subdivision , sout . décrites, dans les nouveaux systèmes . de minéralogie , sous les noms comi muns d'Agathe , de Calcédoine ou ( de Silex. Ces noms ne s'appliquaient I dans l'origine et ne s'appliquent eut core maintenant dans les arts qu'à ( certaines variétés du groupe. Les au- : tcurs ayant eu besoin d'une dénomit nation pour caractériser le groupe i entier , ont adopté tantôt l'un île ces moins, tantôt un autre, en le prei nant dans un sens plus étendu. Nous aurons soin, en présentant ici la séi rie de ces variétés, d'indiquer celles a auxquelles ces expressions, devenues h ainsi génériques, se rapportaient plus I particulièrement. Elles ont pour carra cl ères généraux, de ne point offrir ; la transparence ni la texture vitreuse ■idu Quartz hyalin; d'être seulement ! translucides , et quelquefois même 'opaques ; d'avoir un aspect lilhoïde , .une cassure terne ou subluisante , lécaillcuse ou conchoïdale; de ne se ppréseuter presque jamais sous des normes cristallines , mais presque toujours sous des formes nodulaires; de tn'êlrc enfin que des masses compacttes, à pâte plus ou inoius fine, plus iOU moins grossière, formées par voie . de concrétion ou de précipitation géllatineuse. Les Agathes font feu avec Ile briquet; elles sont infusiblcs, ce iqm sert à les distinguer des Pétro- I silex; seulement elles blanchissent ;au feu, mais sans dégager d'eau comme les Quartz résinites ou les Opales. La série de leurs variétés 'peut se partager en deux sections :

; iu les Agathes fines ou les Calcédoines qui ont la cassure écaillcuse ou cireuse , la transparence nébuleuse, •les couleurs vives et variées, mais presque toujours mêlées d'une teinte •de laiteux , et qui sont susceptibles

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de recevoir un poli assez éclatant; a" les Agalbes grossières ou les Silex, qui ont moins de translucidité que les Calcédoines , et dont la cassure est terne , ordinairement conchoïdale, quelquefois droite ou esquilleuse ; leurs couleurs sont moins vives ; et le poli qu'elles reçoivent n'a jamais l'éclat de celui des Calcédoines.

* Les Calcédoines.

Les principales variétés de formes qu'elles présentent donnent la série suivante : la Calcédoine cristallisée :

en rhomboïdes obtus, semblables à celles du Quartz byalin , à la partie supérieure des niasses de Calcédoine bleue ( à Tresztya , près de Kapuick en Transylvanie). Peut-être cette couche superficielle n'est-elle que la matière de la Calcédoine sous-jacenle plus épurée et passant à l'état de Quartz hyalin. — La Calcédoine en stalactites, mamelonnée ou cylindrique.— La Calcédoine en rognons ou nodules, tantôt pleins, tantôt géodiques ; souvent formés de couches concentriques ; ils renferment quelquefois de l'eau ( Calcédoine enhydre ).

Les variétés de couleurs sont les suivantes : la Calcédoine proprement dite ou Calcédoine des lapidaires , dont la couleur est bleuâtre ou blanchâtre, cl dont la transparence est troublée par une nébulosité laitpuse ( à Obcrstein , aux îles Féroé).

— La Calcédoine bleue ou la Saphirinc. — La Calcédoine jaune orangée ou la Sardoine; elle est très-recherchée pour la gravure en relief. — La Calcédoine rouge ou la Cornaline , souvent d'un beau rouge de cerise; elle est employée principalement à faire des cachets.

— La Calcédoine vert-pomme ou la Chrysoprase , à cassure cireuse; colorée par l'Oxide de Nickel (à Kosemiilz en Silésie, avec la Pimélite).

— La Calcédoine d'un vert d'herbe ou le Plasma , à cassure conchoïde.

— La Calcédoine vert obscur ou l'Héliotrope , souvent ponctuée de rouge ( en Bucharie , en Sibérie et en Mo-

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hême ). — Lu Calcédoine blanche et opaque ou lcCacholong, d'un blanc mat, happant à la langue, et offrant une texture plus ou inoins terreuse ; elle se trouve le plus souvent à la surface des rognons de Calcédoine , et provient probablement de la décomposition de cette dernière.

Les Calcédoines straliformes oit à couches concentriques présentent divers assortimens de plusieurs des variétés précédentes ou différentes teintes de la même variété. C'est à ces Calcédoines que l'on a donné plus particulièrement le nom d'Agatbes {V. ce mot). Les couleurs sont tantôt disposées par bandes droites , à bords nettement tranchés (Agathe rubannée) , tantôt par bandes curvilignes concentriques (Agathe Onyx). — Les Calcédoines se rencontrent principalement en rognons plus ou moins volumineux dans les cavités des Roches pyrogènes amygdalaires. C'est ainsi qu'on les trouve en Islande , dans les îles Féroé et à Oberstein dans le Palatinat; on en trouve aussi dan* l'intérieur des filons métallifères : elles ont été sans aucun doute produites par voie d'infiltration et de concrétion , et la matière siliceuse paraît avoir pénétré sous forme gélatineuse dans les cavités des Roches , et s'y être durcie en y formant des couches successives. On aperçoit souvent sur la coupe des géodes la trace du canal par lequel cette matière s'est introduite.

** Les Silex.

Les principales variétés de Silex sont : le Silex pyromaque, ou la Pierre à fusil , à cassure couchoïdale, subluisante, divisible par la percussion en fragmens convexes , à bords tranchans , qui, étant frappés par l'acier, en font jaillir de vives étincelle-;. Il est translucide, au moins sur les bords ; ses couleurs sont le noir , le noir-grisâtre , le blond , le rouge et le verdâtre. En rognons de diverses •grosseurs et de formes irrégulières , placés les uns à côté des autres , et formant des espèces de lits

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interrompus dans les terrains calcaires, et principalement dans le terrain de Ciaie. — Le Silex corné (llorustein infusible des minéralogistes allemands) : opaque, à cassure plate ou légèrement esquilleuse; éclat gras ou terreux , mais le plus souvent analogue à celui de la corne; sa pâte est plus grossière que celle du Silex pyromaque; il est moins fragile. Ses couleurs les plus ordinaires sont le gris, le gris-jaunâtre ; le rougeâtre, le brunâtre et le verdâtre. On le trouve en rognons, ou en lits iuierl ompus , dans les calcaires compactes des terrains de sédiment les plus anciens, dans les assises inférieures du terrain de Craie, dans les bancs moyens du Calcaire grossier , et jusque dans le terrain d'eau douce supérieur au Gypse. — Le Silex molaire , ou la Meulière, la Pierre à meules : à cassure droite et à texture cellulaire, criblé de cavités irrégulières , que remplit en partie une Argile ordinairement rougeâtre ; faiblement translucide ou toul-à-fait opaque , tantôt presque plein , tantôt très-poreux. Ses couleurs sont pâles et sales : elles varient entre le blanchâtre , le jaunâtre , le rougeâtre , et le gris tirant sur le bleuâtre. Il appartient aux dernières couches des terrains tertiaires , et on l'observe principalement aux environs de Palis , en bancs non continus, en ainas ou en blocs de dimensions variées au milieu d'un dépôt argileux qui couronne presque tous les plateaux élevés. On l'emploie dans la bâtisse et

four faire des meules : celle de la èrlé-sous-Jouarre est surtout recherchée pour ce dernier usage. — Le Silex nectique : en masses nodulaires , blanches ou grises, à le\ture lâche et terreuse, très - légères , au point de surnager quelques iuslans sur l'eau lorsqu'on le met dans ce liquide ; mais il finit par se précipiter au* fond lorsqu'il eu est imbibé. Le centre des nodules est souvent occupé par un noyau de Silex pyromaque. A Saint -Oucn près Paris, dans un terrain marneux d'origine

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l'eau douce. — Le Silex pulvérulen t : •eu poussière blanchâtre ou grise, rude au toucher , d:ms l'intérieur des géodes siliceuses , ou eu dépôts assez .considérables dans les terrains cal-

> caiies, à Vierzou , département du t Cher. V., pour l'histoire géologique ides Silex eu général, leur formation •.dans la nature et leur emploi dans les .taris , le mot Silex.

Le Quartz Jaspe. On range ordinairement, sous cette dénomination li toutes les variétés de Silex qui, par -suite d'un mélange mécanique, mais i intime avec diverses matières colortrantes, sont devenues opaques, et [présentent une cassure terne et comi pacte avec des couleurs plus ou i inoins vives , et souvent variées dans I le même échantillon. V. Jaspe.

Le Quartz résinite ou I'Ofale.

(Celle sous-espèce comprend tous les fSilex qui renferment de l'eau , dont I l'éclat est résineux, et qui sont fi agiles rail point de ne pas faire feu avec le 1 briquet, comme les autres variétés [précédemment décrites. Leur cassure eest largement conchoïdale , quelquefois cireuse. Leur pesanteur spécit fique varie de a,n à y, 35. Ils sont i infusibles, blanchissent au feu, et i donnent de l'eau par la calcinatiou.

'Suivant Berzelius et la plupart des ■ minéralogistes, celle eau n'est qu'in- : terposée entre les particules siliceu- •ses , et sa quantité est toul-à-fiit vai riîable. Bcudant la regarde au coni traire comme combinée avec la Silice, ' et pour lui l'Opale forme une espèce (particulière sous le nom d'IIydroxide 'de Silicium. Parmi ses variétés, on i distingue principalement : l'Opale Ipeilée, en concrétions lislulaires on i mamelonnées; elle est tantôt limpide

> et vitreuse (Hyalile , Miiller-Glass) : I telle est celle que l'on trouve en enduit sur des laves ou des trachyle.s aux environs de Francfort sur le Mein , de Schemnilz en Hongrie, et en Auvergne; tantôt elle est blanche, opaque et nacrée ( Fiorite , Amiatite), à Santa-Fiora , dans le Monta mia ta

i en Toscane. — L'Opale hydrophanc :

: poreuse, blanche ou jaunâtre, légè-

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renient translucide, et acquérant un.

certain degré de transparence lorsqu'on la plonge dans l'eau et que ses vacuoles se remplissent de ce liquide.

V. Hydrofiiane. — L'Opale irisée ou Opale noble : c'est à celte variété que se rapporte spécialement le nom d'Opale dans le langage des lapidaires ; elle se distingue par de beaux rellels d'iris qui présentent les teintes les plus vives et les plus variées. V. Opale. — L'Opale chatoyante ou le Giiasol : fond laiteux , d'un blanc bleuâtre , d'oit sortent des rellels rougeâtres ou d'un jaune d'or, lorsqu'on fait mouvoir la pierre à la lumière directe du soleil : au Brésil cl au Mexique. — L'Opale miellée ou Opale de feu (Feueropal de Karstein) : fond d'un rouge orangé, avec des reflets d'un rouge.de l'eu : en veines dans les filons de Zimapan ait Mexique. — L'Opale commune : réniforme, en rognons ou en veines d.ius les Porphyres argileux , dans les calcaires et roches argileuses des terrains tertiaires , clans les filons métallifères. Ses couleurs les plus ordinaires sont le jaune, le brunâtre, le lougeâtre, le jaune-roussâtre , le rose purpurin et le verdâlre. — L'Opale subluisante ou la Méni- 1 il c ( Pechstein de Ménilmonlant ) : opaque, grise, ou d'un brun tirant sur le bleuâtre. Elle se trouve en plaques ou en masses tuberculeuses aplaties dans l'Argile schisteuse happante , sorte de Magnésite terreuse souillée d'Argile, à Ménilmontant et à Saint-Oueu près Paris. — L'Opale xyloïde : présentant la forme extérieure è't la structure du bois ordinaire ou du bois de Palmier. On en Irouve en beaucoup d'endroits , mais une des variétés les plus remarquables est l'Opale xyloïde d'un jaune orangé, qui vient de Telkobanya en Hongrie. — L'Opale incrustante ou thermogène , ou le Tuf du Geyser :

en concrétions d'un blanc mat , qui se déposent en Islande sous forme de croules à la surface du sol, près d'une source d'eau bouillante qui contient de la Silice en dissolution.

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« — On connaît aussi quelques variétés d'Opale, produites par mélanges mécaniques avec ries substances étrangères : telles sont entre antres l'Opale calcifère mêlée de Calcaire, et l'Opale ferrugineuse ou le Jaspe-Opale.

— Le gîte spécial des Opales est dans les roches qui proviennent du remaniement par les eaux des terrains lraclvytiqu.es; on en trouveaussi clans les cavités ou les fentes de quelques roches primordiales altérées, dans les filons qui traversent ces roches et dans les dépôts argileux ou calcaires des terrains tertiaires.

Quartz cubique. V. Magnésie

BORAïÉE.

Quartz Fels. V. Quartzite.

Quartz Flus. INoin donné par les anciens minéralogistes allemands aux Quartz colorés.

Quartz magnésien. C'est une variété silicifère de Magnésie carbonatée, qui accompagne là Chrysoprase à Kosemiïtz en Silésie.

Quartz Sapuir. C'est le Quarlz bleu , mais plus ordinairement le Dichroïte ou Cordiérite.

Quartz zÉOLiTHiroRME, le Quartz hyalin fibreux. V. Quartz hyalin.

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