‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 2)Chapitre 165 sur 274 · V. ce mot. (b · texte numérisé non relu

V. ce mot. (b

RAGUETTE. bot. phan. L'un des noms de pays du Rumex acutus, L. (b.)

RAIANE. bot. phan. Pour Rajanie, Rajania. K. ce mol. (b.)

RAIE. Raja. pois. Ce genre , fort nombreux en espèces de formes bizarres et très-variées , est des plus naturels, et fut l'un de ceux dont

la formation fut du premier coup très-heureusement saisie par Artedi et Linné. On a tenté depuis de le partager en genres nombreux , mais ces genres, fort distincts, quand ou ne considère que l'espèce qui leur sert de type , se confondent tellement par leurs limites , qu'il est difficile de les conserver autrement que ue l'a faitCuvier, c'est-à-dire que comme de simples sous-genres. Linné n'y admettait que deux sections, celle des Raies à dents aiguës , et celle des Raies à dents obtuses; c'était trop

{)eu. Un tel caractère ne vaut d'ailetirs rien , parce qu'il arrive qu'avec l'âge les espèces à dents aiguës finissent par les avoir toutes usées en pavé et que certaines espèces ont des des deux sortes de dents aux mêmes mâchoires. Le professeur Blainville , qui annonce avoir fait un grand travail monographique inédit sur les Raies , conjointement avec notre collaborateur C. Prévost , en établit huit, sous les noms de Dasybate , Dasybatus , ou Raies communes; Trygohobates , T/ygonobatus , ou Raies Pastinaques; ./Etobate, Mtobatus, ou Raies Aigles ; Dicérouates, Dicerobatus, ou Raies cornues ; Lejobâtes , Leiobatus , ou Raies lisses ; Nabcobates, Narcobatus , ou Raies Torpilles ; Rhinobates , Rhinobatus, ou Raies SqualesjPBiSTOBATiîS , P/istobatus , ou Raies en scie. Cuvier , dans sou Règne Animal, antérieur à l'extrait que Blainville a donné comme prise de possession d'un travail qui n'a pas vu le jour, Cuvier a donné une division qui ne diffère guère de celle dont il vient d'être question , et que nous adopterons ici, parce qu'elle .paraît très-suffisante. « Les Raies, dit l'illustre professeur , forment un genre non moins nombreux que celui des Squales ; elles se reconnaissent à leur corps aplati horizontalement Pt semblable à un disque , à cause de son union avec les pectorales extrêmement amples et charnues, qui se joignent en avant l'une à l'autre , ou avec le museau , et qui s'étendent en arrière des deux côté?

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de l'abdomen , jusque vers la base des ventrales; les omoplates de ces pectorales sont articulées avec l'épine derrière les branchies; les yeu\ et les évens sont à la face dorsale du disque; les narines , la bouche et les ouvertures des branchies à la face ventrale ; les nageoires dorsales sont presque toujours sur la queue. » Les Raies appartiennent à la famille des Sélaciens [K. ce mot) de l'ordre des Chondroplërygiens ou Poissons dont le squelette est cartilagineux. C'est au large, c'est-à-dire assez loin des rivages , qu'on les pêche dans la mer ; la plupart y atteignent une grandeur énorme , il en est même de gigantesques; très-aplalies, taillées à peu près en losange ou en forme de cerf-volant , très-élargi , et appointi par les angles; elles volent et planent dans l'eau plutôt qu'elles n'y nagent., et on les a comparées , à cause de leurs allures, aux Oiseaux de proie , qu'en effet, elles . représentent à certains égaras dans l'immensité de l'Océan ; le dessus est coloré, la partie inférieure est blanche ; les yeux , munis d'une membrane clignotante , se voient en dessus , et sont disposés de façon à ne pouvoir distinguer la proie que la bouche , fendue en travers , et disposée précisément en dessous saisit au moyen de dents fort dures, bien émaillées , et qui sont les seules parties du squelette capables d'acquérir la consistance qu'on leur trouve dans le reste des Vertébrés qui eu sont munis. Derrière la bouche , sont les ouvertures branchiales. Les évens et les narines sont , comme les yeux, à la partie supérieure de la tête qui , chez la plupart , est confondue par le pourtour des nageoires. Ce sont proprement les pectorales qui, s'étant étendues considérablement dans le plan horizontal , ont donné aux Raies les formes extraordinaires qui les singularisent ; dépourvues de ces nageoires en ailes, on y verrait bien plus les formes générales de certains Reptiles , et particulièrement de Batraciens urodèles, que celles des Poissons dont

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elles n'onl point les écailles , car leur peau est lisse et muqueuse quand des aiguillons epars ne la hérissent pas.

La subslance des os semble s'être cxîravasée dans ces aiguillons quand il y en a , et on les compare à des dents déviées dans leur situation. L'ouïe et la vue paraissent être des sens bien développés chez les Raies ; mais c'est l'odorat surtout qui doit y êli e excellent. L'ouverture de- l'anus est à l'extrémité du ventre, près de la queue; c'est derrière cette ouverture qu'on remarque dans le mâle deux corps saillans qu'on a long-temps pris pour les organes de la génération, mais qui ne sont que deux membres de préhension au moyen desquels la femelle se trouve plus étroitement saisie peudant l'acte de l'accouplement qui est réel , et a lieu par une application immédiate , .mais il n'y a point d'intromission faute de pénis , et la liqueur spermatique est plutôt absorbée que reçue par la femelle. Dès le temps d'Aiislote ce fait avait été annoté. Les femelles, toujours comme dans les Oiseaux rapaces , sont plus grosses que les mâles. Elles ont deux ovaires où se trouvent des œufs à difféjens degrés de maturité , de sorte qu'il ne s'en échappe qu'un seul à la fois , et un accouplement nouveau est nécessaire pour chaque ponte; aussi, au temps du frai, quand les Raies se rapprochent des rivages, la chose s'y voit-elle très-souvent, mais dans les approches successives , le hasard seul ramène les mâles auprès des femelles , il n'existe ni apparence de préférence marquée de choix, ni attachement même pour une saison.

Le ci âne ne forme qu'une trèspetite partie dans la tête des Raies , elle cerveau n'en remplit pas entièrement la cavité ; les vertèbres cervicales et dorsales sont soudées, tandis qu'il eu existe un grand nombre pour la queue; les côtes et le sternum manquent entièrement. Les^ rayons des nageoires pectorales, également cartilagineux et flexibles , sont 1 1 es— nombreux, serrés parallèlement les

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uns contre les autres , articulés dans toute leur longueur , et mus par un puissant appareil musculaire qui est la partie la plus délicate d'un Poisson , qu'on sert sur la table du riche, où il ne laisse pas que d'être assez recherché malgré qu'il soit excessivement commun, et l'un des mets les plus habituels du pauvre dans les ports de mer. On regarde ces Animaux comme vivipares , ou du moins comme n'expulsant leurs petits qu'après que , descendus des ovaires , ils se sont fait jour dans l'intérieur de la mer. Le fait ne nous paraît pas prouvé , et quoiqu'on le répète de toute antiquité , même dans les ouvrages où l'on a donné les détails les plus minutieux sur l'anatomie des Raies , nous n'y croyons pas, au moins pour plusieurs espèces. iNous donnerons ici le motif de nos doutes.

On trouve fréquemment au rivage, on voit dans toutes les collections des corps en forme de carré long, aplatis , terminés à chaque angle par un appendice en. forme de corne, d\ine substance à peu près semblable à celle des fanons de Baleine Irèsa mincis; du îes'.e noirâlies et vides à 1 intérieur qui est poli ; ces corps sont connus pour être des œuf-, de Raie, dont les Raietons sont sortis. Dans quelques-uns de ces œufs de Raies , qui varient pour la taille d'un à six pouces de longueur d'angle en angle , on remarque deux des appendices du même côté qui sont beaucoup plus longs que lèa autres , et si on les examine avec soin, on voit qu'ils ont été cassés , et conséquemment qu'ils fuient plus longs encore. L'on n'a pas cherché à deviner quelélaill'usage de ces sortes de liens; le hasard nous l'a appris. INous avons trouvé sur des \arecs, aux lieux que la mer n'abandonne jamais, de ces œufs de Haie parfaitement frais, très-iécemment pondus, si l'on peut employer cette expression , fortement fixés aux liges, au moyen décos deux appendices les plus longs, et qui, faisant l'office d'attache, y étaient entortillés et comme ficelés avec une telle force , que l'agi-

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talion des vagues ne les en pouvait détacher. Ainsi fixés, les œufs suivent tous les mouvemensde l'Hydrophyte robuste qui les protège. Nous en avons vu si fréquemment dans cet état que nous avons peine à concevoir comment on n'en a point parlé iusqu'ici. Ils étaient alors d'un vert de fucus, moins durs qu'on ne les trouve communément quand le petit en est sorti. Au milieu , qui avait un peu de transpareucc , on distinguait parfaitement le jaune qui , lorsqu'on ouvrait l'œuf, était oblong , parfaitement limité, comme celui d'un Oiseau , un peu plus pâle seulement , et nageant dans une sorte d'albumen plus ou inoins limpide. Nous avons conservé de ces œufs durant plusieurs jours, mais la difficulté de renouveler l'eau de mer les faisait tôt ou tard gâter. Il était bien évident que les œufs avaient été mis au jour à l'époque convenable, déposés oii nous les voyons, fixés aux Plantes marines pour qu'ils y pussent éclore ; ainsi les espèces dont ils provenaient au moins, ue sont pas vivipares. Nous engageons les naturalistes qui demeurent au voisinage des lieux où l'on pêche le plus de Raies , à suivre notre observation , que nous mîmes notamment feu notre ami Lamouroux à portée de vérifier au Port-en-Bessin , ou nous lui montrâmes de ces œufs non éclos attachés à des liges de Laminaires qu'avaient ramenées les fales , et d en conserva plusieurs de ceux que nous ramassâmes sous ses yeux , et qui doivent conséquemment 'se trouver dans un bocal d'esprit de vin au Muséum de la ville de Caen.

Quoi qu'il en soit , pour faire connaître les diverses espèces de Raies qui sont très- nombreuses et dont Lesueur a fait encore connaître quelques nouvelles de l'Amérique du nord, nous les diviserons ainsi qu'il suit:

f Rhinobate , Rhinobates. Ce nom vient de ce que les anciens crurent que l'Animal auquel ils l'appliquaient était le produit d'une Squatine el d'une Raie, parce qu'il tenait

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de la forme des deux Poissons. En effet , dans les Raies de ce sous-genre , le passage aux Squales est parfaitement établi par une queue grosse, chai nue et garnie de deux dorsales, avec une caudale bien distincte; museau libre, pointu; dents serrées en quinconce comme de petits pavés.

L'espèce la plus anciennement connue est assez répandue dans la Méditerranée , surtout dans le golfe Adriatique. C'est le Raja Râinobatos , L. , Gmel. , Syst. Ara(. , i , p. i5io ; Salvien , Pisc, 1 55, caractérisée par une seule rangée d'aiguillons qui règne le long du dos. Ou l'a trouvée, dit-on , jusque dans la mer Rouge. Son corps est allongé , d'un brun foncé en dessus, d'un blanc rougeàtre en dessous. Elle ne dépasse pas trors ou quatre pieds de longueur. Sa chair est médiocre. — La Raie ïhouin de Lacépède (Pois. T. 1, pl. i ,fig. i-3) en paraît être fort voisine , si elle est autre qu'unedeses variétés. Le Rhinobatus Lœuis , Schneider, dont le Raja Djiddensis de Forskahl ne serait qu'une variété , et Rliinobales elec— tricus du Brésil sont les autres espèces du sous-genre , auxquelles Bbiinville ajoute seulement par indication les suivantes : integer, granulatus , Russellianus , coromandelicus , fasciatus , bifurcatus , lœvissimus et aiuylostomus. Cette dernière appartient au sous-genre suivant :

-ff Rhin a, R/ii/ia, dont le Rhina ancylostoma de Schneider ( pl. 72 ) est la seule espèce bien constatée. Ce sous-genre diffère principalement du précédent en ce que le museau y est court, large el arrondi ; il forme un passage aux Torpilles, et la Raie chinoise, décrite d'après un dessin venu de Chine , par Lacépède (l'ois.

T. r, pl. 2, fig. a) flotte incertaine entre les deux sous-genres.

■\\\ Torpille, Torpédo. Ce nom vient de l'espèce d'engourdissement ou de torpeur que les Poissons qui la portent causent quand on les touche. La INarcobate de Blainville en est à peu près l'équivalent. Celte propriété d'engourdir , dont on a

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