H. VI
; trouvé la cuise dans un appareil tlièir -singulier que le Poisson poite entre
les pectorales, ia tête et les biiant ciliés, mérite d'occuper les natiira- : listes , et valut au Poisson qu'elle cairacléiise une grande célébrité. Un . appareil qu'on peut appeler galva- : nique est forme chez les Torpilles de [petits tubes membraneux , serrés les i uns confie les autres comme des i rayons d'abeilles , subdivisés par des (diaphragmes horizontaux en petites i cellules pleines de mucosité , animées ipar des nerfs abondaus qui viennent • •le la huitième paire. Tout être qui l en est frappé éprouve une violente ■ secousse, accompagnée d'un genre de ( douleur particulier, capable de sus- ( pendre instantanément toutes les fai cultes, et il paraît que c'est à l'aide de ( ce moyen tei rible que la Torpille s'emipare de sa proie. Aussi les pêcheurs me la toucheut pas sans de grandes 1 précautions , pour éviter le contact >des points de son corps oii corres- [pond l'appareil stupéfiant. Toutes les
Torpilles n'ont pas la même force galvanique; celle qui met en jeu la )plus grande quantité du fluide qui liait sa force , est l'une de celles que IRisso a récemment distinguées, et à llaquelle il donna par cette raison le IQOD1 même de Galvani. Les Torpilles ■'ont la queue courte , encore assez coharnue à l'insertion ; le corps est à [peu près circulaiie , le bord antérieur 'étant formé par deux productions 'ilu museau qui de côlé atteignent les (pectorales. Ce sout des Poissons plais, Ipresque orbicnlaires , que la queue, qqui s'y implante comme un manche, [pourrait , quant à la l'orme, faire (Comparer à un battoir. Leur chair, ssans être bonne , n'est pas à dédaigner. Les dents sont petites et aiguës. Linué avait confondu plusieurs
:les espèces de ce sous-genre dans mine seule, son Raja Torpédo, et le
compilateur Gmcliu n'en distingua ;oas davantage. Risso le premier signala ces différences, qui sont: i".
XSorpedo Is'arke , Risso, Nie. T. ail,
o. i4a ; Raja Torpédo, Jincycl. Pois.,
bl. a , fig. 5. La plus commune de
RAI 447 toutes, particulièrement dans la Méditerranée, est caractérisée par cinq grandes taches d'un bleu plus ou moins foncé, environnées d'un cercle brunâtre , placées sur le dos qui est agréablement nuancé de blanchâtre, de rougeâtre et de brun. 2°. Torpédo unimaculata , Risso , loc. cit. , p. i43, pl. 4, fig. 8; jaune, ponctuée de blanc, avec une grande tache bleue au milieu du dos. 5°.
Torpédo marmorala , Risso, loc. cit., p. j43, pl. 4, fig. 9; couleur de chair marbrée et tachetée de brun.
4°. Torpédo Gahani, Risso, loc.
cit., p. i44; Torpille de Rondelet, 565, hg. 1. La plus grande de toutes, celle qui se retrouve le plus communément sur nos côtes ooéanes. Le dos , sans taches ni marbrures , est roux ou d'un gris brun un peu plus noir que les bords. On trouve mentionnées dans Blainville les autres Torpilles dont nous reproduirons la liste.: Torpédo unicolor, gtittatus , bicolor, Ti/nlei, Gronovianus , dipterygius et si/iensis , que nous venons de voir en litige avec le sous -genre Jl/iina.
tttf Raies proprement dites, Raja. 1£1 les ont le disque de forme rhoinboïdale ; la queue mince, garnie en dessus vers sa pointe de deux petites dorsales, et quelquefois d'un vesfige de caudales; les dents minces et soirées en quinconce sur les mâchoires. Ces Raies viennent plus grandes que les précédente.^ ; ce sont les plus nombreuses en espèces, les plus connues sur nos poissonneries, mais en même temps celles qu'on a le plus imparfaitement distinguées les unes des autres, et dont les espèces sont couséquemmeiit le moins bien déterminées; ce sont celles que Blainville, d'après Klein , appelle Uasybate.s , Dasy battis. Nous citcions dans ce sous - genre : i°. La Raie bouclée, Raja clauata, L. , Gmel.
loc. cit., p. lâio; Encycl. Pois., pl. 7>\ fig. g ; la Ciavclade de nos côtes méditerranéennes , qui atteint jusqu'à douze pieds de long , et dont le dos , parsemé d'aiguillons épai s, est bruiià-
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tre , lâcheté de blanc et de noir. Cette espèce, dont on pêche d'énormes quantités et dont nos poissonneries consomment le plus, a la chair un peu coriace, aussi la laisse-t-on s'amortir avant de L'exposer dans les marchés , et l'on voit même dans certains ports de mer la l'aire traîner par les rues avec des chevaux. Quand on en a pris une trop grande quantité pour la vente, on a l'habitude en certains lieux de leur passer une corde par la bouche et par l'une des ouvertures branchiales ; par ce moyeu on les attache en vie à des piquets dans la mer , et l'on vient les y reprendre au besoin. On fait .sécher les petites au soleil pour les manger en hiver, ou pour les répandre dans les campagnes, ou les
Eauvres ouvriers en consomment eaucoup, principalement dans certaines parties de la Bretagne. 2°. La Raie blanche, Raja Bâtis, L., Gmcl. , loc. cit., p. i5o5; Encycl. , pl. 2, fig. 6. La Raie lisse de nos côtes océanes , qui est absolument en forme de losange, avec le dos âpre, mais non aiguillonné , et n'ayant d'aiguillons que sur la queue , ou ils sont disposés sur une seule rangée. Celte espèce est encore plus grande que la précédente. On en a péché qui pesaient plus de trois cents livres. On en fait en certains pays du Nord 'des salaisons comme de la Morue , et son foie produit une huile abondante.
Elle est la plus estimée sur nos tables. 3°. La Raie Foulon ou Chardon, Raja Fulloiiica, L. , Gmcl., /oc. cit., p. 1507, représentée par Bloch , pl. 80, et par Lacépède , T. I, pl. 4, hg. 1, comme l'Oxyrhinque , dont tout le dos est couvert d'épines , et qui est surtout répandue dans les mers du Nord. 4°. La Lenlillade ou L'Alêne, Raja Oxyrhincus , L. , Gmel. , loc.
cit. , p. i5o6 ; Encycl., pl. 2 , fig. 7 5 qui parvient à sept pieds de long sur cinq de large , et qui portant sur chaque œil un rang d'aiguillons, en ;i égalemeut un qui règne longiludinalement sur le dos et sur la queue.
Le Miraillcl, Raja IrJiralettis , le
RAI
Raja Ciwierii; la Mosaïque, Raja <Mosaica; l'Eglantier, Raja Eglanteria, Lacép. ; la Rose, Raja Raclu/a, des îles Baléares (Aun. Mus. T. xni, p. 3a 1) ; !e Raja asterias , L. ; le Raja rostellala , Risso; les Raja marginata et uiuiulala , Lacép. T. IV, pl. i4; enfin les Raja aspera , oculata , punctata et rostrata , Risso , fort petites espèces de la Méditerranée, appartiennent encoreau sousgenre Raie , avec quelques autres dont Blainville ne fait connaître absolument que le nom.
ttttt Pastenagues , Trygon. Ces Raies se reconnaissent à leur queue armée d'un aiguillon ou quelquefois deux , dentés en scie des deux côtés, qui s implantent vers le milieu. La tète pointue est enveloppée dans les nageoires peclorales, qui ne s'étendent point latéralement en angle. Les dénis sont ténue-. , serrées et disposées en quinconce. « Les Pastenagues , dit Risso (Nie. T. lit, p. 161), quoique armées d'un long dard qui les rend redoutables aux Sommes et aux Animaux , paraissent avoir les mœurs paisibles. Astucieuses par besoin, elles restent à demi ensevelies dans la vase, ou couchées sous l'ombrage touffu des Zostères , dans l'espoir de'saisir quelque Poisson à leur passage. Ce n'est ordinairement que pendant la nuit qu'elles quittent leur retraite , et c'est alors qu'elles tombent dans les filets qu'on leur tend. La chair de ces Poissons a peu de goût. » L'espèce la plus commune est le Raja Pastinaca, L., Gmel., loc. cit., p. i5og; Bloch, pl.
82 , Encycl., pl. 5 , fig. 8. Sa tête est en forme de cœur ; sa couleur est d'un brun ou d'un gris livide en dessus, et blanche en dessous; elle ne pèse guère que dix à douze livres.
Elle abonde surtout dans la Méditerranée. Les autres Pastenagues sont:
l'Altavelle, qui est fort ressemblante à la commune cl qui porte deux aiguillons à la queue; le Coucou, Lacép. T. IV, p. 672 ; le Raja o/biculafis , de Schneider , qui est Y Aiereba de Marcgraafï; la Tubei culée de Lacépèdé; les Raja Un mac et Se-
RAI
phen, de Forskahl , qu'on pêche dans la mer Rouge; la Raie de Sloanc , Jamaïq., pl. 246, fig. 1 ; le Trygon Aldiwandi , de Risso ; enfin le Raja Lymna, de Forskahl , que Cuvier ne croit point différer de la Pastenague ordinaire. Biainville ajoute à ces espèces les noms suivans : Trygonobatus oxydontus , microurus , carnpaniformis , Rosselliantts , Sindrachus , longicaudatus , dorsatus , imbricatUs , asperus , Commersonii , rnacutatus , Pltimerii et pinnalus. Desmarest nous a communique une singulière espèce de ce genre, qui a été pèchéc dans les mers de la Havane , et dont nous avons fait graver la figure dans les planches du présent Dictionnaire sous le nom de Tryguuubatus Torpcdi/u/s , que sa forme cfc Torpille iui méritait ; elle est presque ronde, avec la queue nue, non terminée en fouet, mais munie d'une caudale en spatule, postérieurement hilobée; l'aiguillon est implanté en dessus vers le point où correspond le commencement de la caudale. Le corps est d'un brun chocolat en dessus, ponctuée de brun plus foncé; la couleur du dessous est d'un gris sale.
Des petits points blancs se voient au bord des pectorales et sur les ventrales. C'est ce genre que Lesucur a principalement enrichi d'espèces américaines à deux aiguillons sur la queue.
[| j,| | [■ Movjune, Myliobatis , les Aétobatcs ou Raies- Aigles de Biainville. Elles diffèrent des Pastcnagucs, dont elles ont l'aiguillon denté sur deux rangs à la queue, en ce que leur tète arrondie demeure libre, c'est-à-dire que les pectorales ne s'y étendent pas au pourlo'ur. La queue est d'ail leurs bien plus longue , nue, cylindrique et fort pointue ; elle a la forme d'un fouet. Les mâchoires sont garnies de dents plates, assemblées comme les carreaux d'un pavé mosaïque, et conséquemment fort différentes de celles qui caractérisent le sous - genre précédent.
L'aiguillon caudal des, Pasteuagues et des Mourines, souvent double,