‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 2)Chapitre 199 sur 274 · R.ES · texte numérisé non relu

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sorbé. Henderson, Pfall', Huniboldt et Provençal , etc. , ont obtenu des résultats analogues. D'un autre côté, le phénomène contraire a clé observé par plusieurs expérimentateurs. Bertbollct trouva que la proportion d'azote au lieu d'être diminuée , était un eu augmentée. Le même fait avait éjà été annoncé par Jurine, et a été également observé parNvsten et par Dulong. Enfin dans les expériences de Spallanzani et d'Edwards , ces trois résultats se sont présentés tour à tour ; tantôt la quantité d'azote était diminuée , tantôt elle n'avait subi aucun changement ; d'autres fois au contraire elle était considérablement augmentée. Ces faits , en apparence contradictoires , mais tous également bien constatés , semblent au premier coup-d'ceil difficiles à concevoir. En effet comment supposer qu'un Animal placé dans des conditions à peu près semblables absorbe quelquefois de l'azote, d'autres fois n'agisse point sur ce gaz, ou enfin en exhale une quantité qui peut même être très-considérable ? Cependant , comme nous le verrons bientôt , ces résultats ne s'excluent nullement , et peuvent , par la théorie nouvelle qu'Edwards a donnée de ces phénomènes , être facilement expliqués d'après les lois générales de l'organisation.

On sait que l'absorption et l'exhalation sont deux fonctions dont les résultais sont diamétralement opposés , mais qui peuvent cependant s'exercer simultanément et dans les mêmes parties. Partout où l'une des deux existe , on doit même supposer l'autre. Quelquefois elles se contrebalancent, mais en général l'une prédomine sur l'autre. Les cavités séreuses nous offrent des cxenples frappans de surfaces présentant en même temps ces deux ordres de phénomènes; le péritoine qui forme un sac sans ouverture est le siège d'une exhalation continuelle, et cependant dans L'état de santé, il ne s'y fait aucun amas de liquide ; car l'absorption y est aussi active que l'exhala-

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tion. Mais lorsque par une cause quelconque l'équilibre entre ces deux fonctions vient à être rompu, et que l'exhalation prédomine de beaucoup sur l'absorption , il en résulte un amas de sérosité qui constitue une maladie appelée Hydropisie ascite.

Tout daus les poumons tend à favoriser ces deux ordres de phénomènes; aussi voyons-nous ces organes être le siège d'une absorption des plus actives et fournir en même tempspar l'exhalation des produits non moins abondans. Les injections faites sur le cadavre montrent déjà la grande facilité avec laquelle les liquides poussés dans les vaisseaux pulmonaires passent à travers leurs

fia rois et se répandent dans les cel— ules de ce viscère , et font voir que le phénomène opposé , c'est-à-dire le passage des liquides des bronchesdans les vaisseaux pulmonaires, n'est pas plus difficile. En effet si on pousse une injection peu consistante ( de l'eau colorée par exemple) dans l'artère pulmonaire, elle passe en partie dans les veines et en partie dans les ramifications des bronches. Il en est de même lorsqu'on fait pénétrer l'injection par la veine. Enfin on peut également faire parvenir l'injection dans les vaisseaux sanguins du poumon en le poussant dans les bronches. Ces faits montrent la facilité extrême avec laquelle les liquides passent par imbibition des vaisseaux dans les cellules du poumon et vice versa.

Sur l'Animal vivant ce phénomène est également marqué; aussi nous suffira-t-il de rapporter un ou deux exemples pour montrer cette vérité dans tout sou jour.

Fn faisant sur des Chevaux des expériences, dirigées d'ailleurs vers un autre but , nous avons, avec Vavasseur, injecté dans l'espace d'une heure plus de vingt litres d'eau dans les poumons d'un de ces Animaux sans produire d'accidens graves ; aussitôt après on le tua et on trouva que les poumons ne contenaient pas

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sensiblement plus de liquide que dans l'étal ordinaire. L'eau avait donc été absorbée.

L'expérience suivante de Fodéra montre aussi combien est rapide l'absorption qui se fait à la surface pulmonaire. Immédiatement après avoir injecté une solution d'hydrocyanate de potasse dans les bronches d'un Chien , il ouvrit lu thorax et extirpa le cœur. Cette opération ne dura que vingt-deux secondes, et cependant ce court espace de temps avait suffi pour que la présence de ce sel fût manifeste dans le sang des cavités gauches du cœur.

Les vapeurs répaudues dans l'atmosphère sont également absorbées par les parois des cellules aériennes des poumons. Linning a constaté qu'en vingt-quatre heures il avait augmenté en poids de huit onces , Sans avoir pendant ce temps fait usage d'aucun aliment , mais seulement en Respirant un air chargé de brouillards KJiais.

L'exhalation dont ces organes sont le siège est également bien démontrée. Si on injecte, comme l'a fait Magendie , une dissolution de camphre dans l'abdomen d'un Animal , bientôt après, non - seulement le sang qu'on tire de ses vaisseaux en contient une certaine quantité , mais aussi l'air expiré en est. chargé. Il en est de même, lorsque au lieu de camphre on fait usage d'une dissolution de phosphore dans l'huile ; alors l'Animal exhale à chaque expiration , une certaine quantité de cette substance sous la forme d'une vapeur blanche et abondante. Enfin en injectant de l'hydrogène dans les veines d'un Chien , Nysten a constaté que ce gaz est exhalé par la surface pulmonaire.

La vapeur d'eau qui à chaque expiration s'échappe des poumons est un dus phénomènes les plus apparuns de la Respiration , surtout lorsque, par l'action réfrigérante de l'air ambiant , elle est condensée aussitôt après sa sortie de la bouche et qu'elle foi me ainsi un nuage épais.

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Cette exhalation a reçu ie nom de transpiration pulmonaire et a fixé de bonne heure l'attention des pinsiologistes. On chercha d'abord à reconnaître la proportion d'eau qui se dégage des poumons de l'Homme à l'état de mélange avec l'air expiré.

Haies a évalué à six cent trente-quatre grammes la perte de poids que nous éprouvons par la transpiration pulmonaire pendant vingt-quatre heures. Lavoisier et Seguin ont été conduits , par une suite d'expériences curieuses , à regarder la quantité d'eau ainsi exhalée , comme étant plus grande. Yoici comment ils ont procédé dans ces recherches.

Après avoir déterminé la perte totale du corps dans un temps donné, ils ont cherché quelle part y prenait la transpiration pulmonaire ; dans cette vue ils renfermaient tout le corps de l'individu soumis à l'expérience , dans un sac de toile cirée , qui offrait une ouverture destinée à s'adapter à la bouche. Au moyen de cet appareil , il était facile d'isoler les effets de la transpiration pulmonaire des autres causes de la diminution de poids qu'éprouve le corps pendant la durée de l'expérience; et ils parvinrent ainsi à constater que, terme moyeu , la quantité de vapeur exhalée par les organes de la Respiration pendant vingt-quatre heures, est de vingt-huit onces quinze grains.

Menzies et Abernethy portent cette quantité seulement à six ou ueuf ouces. Enfin Dalton chercha également à éclairer ce point en calculant la quantité d'eau susceptible de porter au degré d'humidité extrême , à la température du corps , la masse d'air qui s'échappe des poumous. Il conclut ainsi que le maximum d'eau que l'air expiré pendant l'espace de vingt- quatre heures peut tenir en suspension est environ d'une livre el demie; approximation qui se rapproche beaucoup des résultats obtenus par Haies et Lavoisier. Les travaux récens île Mageudie font voir que cette exhalation peut être augmentée à volonté chez un Animal en

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injectant de l'eau dans ses venues et par conséquent en augmentant la masse des liquides eu circulation.

L'exhalation d'une certaine quantité d'eau est donc un des phénomènes de la Respiration ; mais cette quanlilé varie suivant différentes circonstances , parmi lesquelles on doit ranger en première ligne, l'état de pléthore plus ou moins grand du système vasculaire.

On voit doue, d'après ces faits, que l'absorption et l'exhalation ont lieu simultanément à la surface de l'organe respiratoire , et il sera facile alors de se rendre compte de ce qui se passe dans l'acte de la Respiration relativement à l'azote. « Dans les expériences, dit Kdwards, oh l'on obtient , d'une part la diminution de la quantité d'azote , et de l'autre l'augmentation de ce gaz , il y a deux manières d'envisager ces résultats. Dans la première la quantité d'azote qui disparaît serait due uniquement à l'absorption, et l'augmentation delà quantité de ce fluide uniquement à 1 exhalation ; de manière qu'une seule de ces fonctions s'exercerait à la fois. Dans la seconde les deux fonctions d'absorption et d'exhalation s'exerceraient en même temps, et l'on ne venait dans les résultats que les différences de leur action. Ainsi , lorsqu'un Animal respire dans l'air atmosphérique, les deux fonctions seraient simultanées; d'une part, il absorberait de l'azote ; d'autre part, il en exhalerait; cl du rapport des quantités absorbées et exhalées proviendraient nécessairement trois résultats dînerons suivant la constitution des individus et les circonstances ou ils sont placés. Lorsque l'exhalation prédomine sur l'absorption , on n'a pour résulta: de l'expérience que de l'exhalation ; lorsque l'absorption prédomine, la différence sera de l'absorption ; lorsque enfin ces deux fonctions ont lieu dans la même proportion, on ne voit les effets ni de l'une, ni de l'autre, et l'azote expiré est égal à l'azote inspiré.

Les expériences d'Allen et Pepys et

d'Edwards ne laissent aucun doute sur la justesse de cette dernière vue.

Ils ont placé l'Animal dans l'impossibilité d'absorber de l'azote, eu lui faisant respirer de l'oxigène presque pur, et ils ont obtenu pour résultat une exhalation d'azote qui surpassait de beaucoup le volume de l'Animal.

Mais craignant que cette grande production d'azote ne fût due à la Respiration de l'oxigène pur, ils ont répété l'expérience eu plaçant l'Animal dans un air factice composé d'oxigène et d'hydrogène dans les mêmes proportions que l'air atmosphérique, et dans ce cas ils ont obtenu un double résultat qu'il est facile de prévoir. D'une part , il y a eu exhalation d'un volume d'azote supérieur à celui de l'Animal , et de l'autre absorption d'une quantité considérable d'hydrogène. Il est bon d'obseï ver ici que, dans ces expériences, l'Animal ne paraissait ressentir aucune gêne, et que sa Respiration ne différait en rien de ce qu'elle est dans l'air atmosphérique.

Plusieurs circonstances sont susceptibles d'influer sur les rapports de ces deux fonctions , l'absorption et l'exhalation , et de faire prédominer l'une ou l'autre ; mais ce n'est pas ici le lieu de les examiner.

D'après les faits que nous venons d'exposer, nous arrivons à cette conclusion générale , que la Respiration , relativement aux changemens qu'elle apporte dans l'air , se compose de quatre phénomènes principaux : •

i °. L'oxigène qui disparaît est absorbé par la surface pulmonaire et ensuite porté en tout ou eu partie dans la circulation ;

2°. L'acide carbonique produit est exhalé par le poumon cl provient en tout ou en partie du sang et des liquides en circulation.

3°. L'azote es: absorbé en certaines proportions variables suivant plusieurs circonstances ;

4° Ce gaz est exhalé par la surlace pulmonaire et provient en tout ou en partie de la masse du sang.

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En résumé on voit , comme l'a dit Edwards , que la Respiration n'est pas un procédé purement chimique, une simple combustion dans les poumons où l'oxigène de L'air inspiré s'unirait au carbone du sang pour former de l'acide carbonique qui serait expulsé aussitôt ; mais une fonction composée de plusieurs actes ; d'une part , l'absorption et l'exhalation , attributs de tous les êtres vivans ; d'autre part l'intervention des deux parties constituantes de l'air atmosphérique , l'oxigène et l'azote.

( V. Edwards , De l'Influence des agens physiques sur la vie.)

Si l'on voulait maintenant approfondir davantage cette question , et chercher ce que deviennent l'oxigène et l'azote absorbés , ainsi que les sources de l'acide carbonique et de l'azote exhalés , il est probable que l'on trouverait que les premiers sont employés soit à rendre aptes à l'assimilation les particules nutritives déposées dans l'épaisseur des organes , soit à agir d'une manière directe sur ces organes eux-mêmes, et que les derniers sont les produits excrémentitiels de la nutrition. Mais les faits nous manquent pour rendre plausible une opinion quelconque à cet égard; aussi nous abstiendrons-nous d'insister sur ce point, et nous bornerons-nous à dire qu'il serait d'un haut intérêt d'examiner expérimentalement cette question.

Quant à l'influence de ces différens actes constituant la Respiration , considérée d'une manière* générale dans la série des Animaux, nous ne pouvons rien ajouter à ce que nous avons déjà dit au commencement de cet article ; mais nous aurons occasion d'y revenir en examinant cette fonction dans les Animaux supérieurs.

Nous avons déjà fait observer que les phénomènes respiratoires ne sont pas toujours identiques chez le même Animal, et que diverses circonstances exercent une influence Irèsmarquée, tant sur les proportions des gaz

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exhalés et absorbés , que sur l'étendue de la Respiration.

La première circonstance dont on doit tenir compte dans l'appréciation des phénomènes de la Respiration , c'est la température.

Chez tous les Animaux qui n'ont pas une température propre, le froid tend ù diminuer considérablement l'étendue de la Respiration. Pour s'en convaincre , il suffit de placer pendant l'été un certain nombre de Grenouilles dans une quantité déterminée d'air atmosphérique , et de noter la durée de leur vie ; puis de répéter la même, expérience pendant la saison froide , car on trouve alors des différences énormes. Les mêmes différences se rencontrent aussi lorsqu'on examine l'air qui a servi à la Respiration sous le rapport de ses altérations chimiques. Les ex-

Î)ériences suivantes d'Edwards ne aissent aucun doute à cet égard.

Trois Grenouilles placées au mois de juin , la température étant de 270 centigrades, dans un vase contenant 74 centilitres d'air atmosphérique , ont produit, en vingt-quatre heures, 524 centilitres d'acide carbonique , tandis que d'autres , au mois d'octobre, à une température de i4° , placées absolument d ins les mêmes circonstances , ont fourni seulement 244 centilitres de ce gaz.

Les jeunes Animaux à sang chaud qui, dans les premiers temps de leur existence, ne produisent pas assez de chaleur pour conserver leur température, ainsi que le font les adultes, et qui , sous ce rapport , se rapprochent des Animaux à sang froid, sont soumis à la même influence et présentent des différences semblables. C'est ce que prouve clairement l'expérience suivante de Le Gallois , rapportée par Edwards (Infl. des agens physiques). « La section de la huitième paire produit , entre autres phénomènes , une diminution considérable dans l'ouverture de la glotte.

Elle est telle chez les Chiens nouveau-nés ou âgés d'un à deux jours , qu'il entre très-peu d'air dans

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les poumons , et cette quantité est si petite, que, lorsqu'on fait l'expélience dans les circonstances ordinaires, l'Animal périt aussi promptement que s'il était privé d'air. Il vit environ une demi-heure. Mais si l'on fait la même opération sur des Animaux de même espèce et de même âge, engourdis par le froid, ils -peuvent vivre toute une journée. »

Enfin les Animaux hibernans, offrant aussi , pendant leur engourdissement, une analogie frappante avec les Animaux à sang froid , présentent des phénomènes absolument semblables.

Si maintenant on examine l'influence delà température sur les Animaux à sang chaud qui conservent leur chaleur propre à peu près au même degré pendant tout le cours de l'année , on pourrait ,au premier abord , croire que la chaleur et le froid produisent sur eux des effets inverses de ceux ■que nous venons d'exposer. C'est en effet ce qui semble résulter de la première série d'expériences rapportées par Edwards , Tableaux 53 et 54 , dans lesquelles des Biuans placés, au mois de janvier, dans des vases contenant 1 litre 17 d'air atmosphérique et renversés sur le mercure , vécurent , terme moyen , 2 heures a' a5", tandis que d'autres individus de même espèce, placés exactement dans les mêmes circonstances , aux mois d'août et de septembre , vécurent 1 heure 22'. Une autre série d'expériences faites dans le même but et de la même manière, excepté que les vases étaient renversés sur une forte dissolution de potasse pour absorber l'acide carbonique à mesure de sa reproduction , a fourni des résultats semblables et tout aussi évidens. Si, au contraire, on jette les yeux sur une autre suite d'expériences faites par le même auteur, dans un but différent (Tabl. 63 et 64) , on voit que, dans ce cas, l'influence de la température a déterminé , dans l'étendue de la Respiration , les mêmes modifications que chez les Animaux à sang froid. En effet , des Moineaux,

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aux mois de mai et de juin ,ont vécu , ternie moyeu, 1 heure 38' , et aux mois d'octobre et de novembre, des Oiseauxde la même espèce ont prolongé leur existence pendant 2 heures i", toutes les circonstances étant d'ailleurs les mêmes , excepté la température.

Mais si l'on cherche à se rendre raison de ces différences dans les résultats de l'expérience , on verra , à ce que nous pensons, que cette contradiction n'est qu'apparente, et disparaît lorsqu'on rapporte ces phénomènes à une loi plus générale que celle dont nous venons de parler , et sur laquelle nous reviendrons bientôt.

Examinons maintenant quelle influence la température exerce sur la mesure des divers phénomènes respiratoires, c'est-à-dire sur la proportion de l'oxigène et de l'azote absorbés, comparée à celle de l'acide carbonique et de l'azote exhalés. Il résulte de nombreuses expériences faites par Edwards sur des Grenouilles et des Oiseaux, dans les deux saisons opposées de l'été et de l'hiver , que la portion d'acide carbonique exhalé est plus grande en été qu'en hiver, et vice uersd. En effet, en prenant la quantité d'oxigène qui disparaît pour unité de mesure, on obtient de ces expériences :

Sur des Grenouilles :

Oxig. absorbé. Ac. carb. exh.

En été 1000 .... 706.

En hiver . . . 1000 .... 681.

Sur des Oiseaux :

Oxig. absorbe. Ac. carb. exh

En élé 1000 .... 960.

En hiver . . . 1000 .... 787.

Ce que nous venons de dire pour l'acide carbonique est aussi applicable à l'azote. De même que po r l'exhalation de ce gaz, une température , soit basse , soit élevée , ne paraît exercer aucune influence sensible sur les proportions de l'azote exhalé et absorbé , lorsque celte température ne se continue pas pendant un laps

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<ie temps assez considérable ; mais quand l'un de ces extrêmes de letnpérature se mnintient pendant longtemps comme il arrive dans l'une des deux saisons opposées , l'été et l'hiver, on voit alors survenir des modifications importâmes dans les proportions d'azote absorbées et exhalées pendant la Respiration. Les expériences nombreuses d'Edwards , faites avec le plus grand soin , prouvent clairement que, pendant l'hiver, l'absorption de l'azote prédomine sur l'exhalation d'une manière presque constante, et que pendant l'été c'est le contraire qui a eu lieu. Ces recherches ont été faites sur les Oiseaux adultes , de jeunes Mammifères , des Grenouilles , etc.

L'influence de l'âge sur les phénomènes généraux de la Respiration peutse fairesentir de deux manières , eu modifiant son étendue ou les proportions de ses produits. Dans la jeunesse, les mouvemens respiratoires sont plus rapides , la circulation est plus accélérée , et la nutrition plus active que dans l'âge adulte; aussi aurait-on pu croire que l'étendue de la Respiration, c'est à-dire la quantité d'air employée pour l'entretien de la vie dans un temps donné , était également plus grande à celte époque de l'existence ; mais les expériences d'Edwards ont fait voir que le contraire avait lieu; et cela ne doit pas nous surprendre , puisque , sous d'autres rapports , les Animaux à sang chaud, dans les premiers temps de leur vie , se rapprochent des Animaux à sang froid, et que, chez ces derniers, l'étendue de la Respiration est bien moindre que chez ceux qui jouissent d'une température propre.

Quanta l'influence que l'âge exerce sur les quantités proportionnelles des divers produits de la Respiration, nou6 ne possédons que peu de faits propres à éclairer ce sujet. Despretz a l'ait des recherches comparatives Sur les altéi alions chimiques de l'air produites par la respiration d'Animaux de difi'érens âges et de diverses espèces; mais les détails de ces expé-

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riences n'ont pas été publiés. En examinant, sous le point de vue qui nous occupe , quatre expériences de ce physicien, on obtient les résultats suivans :

Oxig.abs. Acid. carb. exh.

Lapins adultes . 1000 . . . 789

Lapins de quinze

jours .... 1000 . . . 708

Chiens de cinq

ans 1000 . . . 676

Chiens de quatre à cinq semaines. . .. 1000 . . . 644

D'après ce tableau , il paraîtrait que, dans le jeune âge, la quantité d'acide carbonique exhalé est moindre , comparativement à celle de l'oxigène absorbé que dans l'âge adulte.

Mais nous ne pouvons placer une entière confiance dans ce résultat, car nous ne connaissons pas l'époque de l'année à laquelle ces diverses expériences ont été faites , et nous avons vu plus haut que les saisons exercent une influence très-marquée sur ces phénomènes.

En étudiant l'influence des mouvemens musculaires sur la Respiration , il est essentiel de distinguer l'exercice modéré de la fatigue qui peut en être la suite. En effet , les expériences de Lavoisier tendent à prouver que , pendant l'élal d'excitation qui accompagne l'action musculaire , l'activité de la Respiration est augmentée , taudis que , d'api è? les recherches de Prout, on voit qu'un exercice violent et que la fatigue tendent à diminuer la quantité d'acide carbonique exhalé , et probablement aussi celle des autres gaz absorbes ou exhalés pendant l'acte respiratoire.

Pendant le sommeil , l'étendue de la Respiration est également diminuée , comme on peut le voir par les expériences d'Allen et Pepys.

La nourri! ure tend , d'après Prout , à produire l'augmentation dans la quantité d'acide carbonique produit, tandis que l'abstinence exerce une influence contraire.

Il en est encore de même pour le régime végétal ; Fyfe a constaté que

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l'usngc presque exclusif d'alimens de celle nature, tenil à produire uuediminution notable dans la quantité absolue d'acide carbonique exhalé, el par conséquent dans l'étendue de la Respiration. L'usage exclusif d'aliim ns tirés du règne auimal ne produit pas toujours les mêmes effets.

L'iulluence des liqueurs spiritueuses détermine une diminution très-grande dans la quantité d'acide carbonique produite , et cela , principalement un certain temps après leur ingestion dans l'estomac. Fyfe a également observé qu'un traitement mercuriel exerce une influence du même ordre.

Si l'on cherche maintenant l'expression générale de tous les phénomènes dont nous venons de parler, on verra qu'en résumé toutes les causes qui paraissent tendre à diminuer l'énergie des fonctions vitales , déterminent une diminution soit dans l'étendue de la Respiration , soit dans la proportion relative de l'acide carbonique exhalé. D'un autre côlé , les circonslances qui augmentent la force de l'Animal produisent un changement correspondant dans l'activité de la fonction respiratoire. Faisons pour un moment abstraction des expériences dont nous avons parlé plus haut sur l'influence qu'exercent les saisons sur les Animaux à sang chaud, et rappelons les autres faits dont il vient d'être fait mention.

jNous avons vu, i° qu'eu général la Respiration est bien moins étendue dans les Animaux des classes inférieures que dans ceux d'un ordre plus élevé; 2° qu'à des époques rapprochées de la naissance , l'activité de celte fonction est moins grande que lorsque l'Animal est dans toute sa force , et qu'il est parvenu à l'âge adulte ; 5° que le sommeil exerce une influence du même ordre; 4° qu'il en est de même de la fatigue, de l'abstinence, de l'usage continu de certains alitnens, de l'abus des liqueurs spiritueuses, etc. ; 5e enfin , que la chaleur augmente l'étendue de la Respiration , tandis que le froid

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