‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 2)Chapitre 200 sur 274 · RES M · texte numérisé non relu

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diminue l'activité de celte fonction.

Or, pendant le sommeil, tous les actes par lesquels la vie se manifeste sont moins énergiques que pendant la veille. Il en est de même lorsqu'on éprouve de La fatigue, que Ton ne fait pas usage d'alimens dont la quantitéet la nature sont appropriées à nos besoins ou que l'on abuse de liqueurs spiritueuses. Dansl'extrême jeunesse , les Animaux sont plus faibles qu'à l'âge adulte. Enfin le froid , comme chacun le sait , produit une sorte de torpeur plus ou inoins profonde , non-seulement chez les Animaux , mais aussi dans les Végétaux , et si l'on attribue à cette action l'influence que cet agent exerce sur les phénomènes de la Respiration , on pourra faire cesser les contradictions apparentes que nous avons signalées plus haut dans les résultats des expériences faites sur les Oiseaux pendant l'hiver et l'été. En effet , dans celles où l'on a trouvé que l'étendue de la Respiration était plus grande pendant l'été , ces recherches avaient été faites comparativement en décembre et en janvier d'une part , et en août et septembre de l'autre. Or, dans ce cas, les Oiseaux qui avaient servi aux dernières expéiiences, avaient éprouvé, pendant toute la durée de l'été, l'influence continue d'une haute température, et, comme une foule de faits le prouvent , cette continuité de la chaleur exerce une influence débilitante des plus marquées. Les Animaux qui ont été expérimentés aux mois de décembre et janvier étaient soustraits depuis quelque temps à l'action de celle cause, et pouvaient ne pas avoir encore éprouvé l'influence d'un froid assez intense et assez continu pour produire chez eux une tendance à l'engourdissement. Il est aussi une autre cii — constance qu'il n'est pas indifférent de noter ici; c'est que pendant l'expérience où ces Animaux consument dans un temps doux plus d'air en hiver qu'en été, ils étaient placés loulà-coup dans de l'air à 20 degrés, ce qui pouvait produire en eux une ter-

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taine excitatioa. Daus la série d'expériences où les résultats furent opposés , on voit au contraire que les Oiseaux dont la Respiration était la

rlus active , étant celle soumise à expérience aux mois de mai et de juin, c'est-à-dire lorsque les froids de l'hiver ont cessé, et qu'il règne depuis quelque temps une température douce, sans queues chaleurs longtemps continues aient pu encore énerver ces Animaux. Il nous paraît donc bien probable que ces différences dans les résultats d'expériences dont l'exactitude ne peut être révoquée en doute , dépendent des effets divers produits par la chaleur suivant qu'elle est modérée ou de peu de durée , ou qu'elle est très -forte et couteuue pendant long-temps, ou en d'autres mots , suivant que la température ,

auelle qu'elle soit , ait exercé une inuence fortifiante et excitante sur l'Animal ou bien qu'elle tend à l'affaiblir ou à l'engourdir. En adoptant cette manière de voir , ces différences s'expliquent facilement , et la loi qui exprime la nature de l'influence de l'âge , du sommeil, des mouvemens, delà fatigue , de l'alimentation , etc. , devient également applicable aux modifications de la Respiration déterminée par la température. Les observations intéressantes de Guvier sur les rapports qui existent toujours entre l'énergie des mouvemens musculaires et l'étendue de la Respiration sont pleinement confirmées par les diverses recherches dont nous venons de parler, et la conclusion à laquelle ce savant est arrivé , peut être regardée comme étant pour ainsi dire l'expression générale ou le corollaire de ce que l'on sait relativement à l'influence de ces diverses conditions sur les phénomènes respiratoires.

Il est une autre cause qui paraît exercer une influence assez marquée sur les phénomènes de la Respiration; c'est la pression barométrique. Prout a observé que toutes les fois que dans ses expériences, la quantité d'acide carbonique produite dans un temps donné, était beaucoup au-dessous du

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terme moyen , et que toutes les au-r 1res conditions étaient sensiblement les mêmes, la pression barométrique était considérablement diminuée. Ce physiologiste s'en étonna beaucoup , mais cela s'explique facilement , puisque la production de ce gaz est due à l'exhalation , et que la pression doit diminuer cette exlialalion ainsi que nos expériences tendent à le prouver ( K. Recherches expér. sur l'Exhalation pulmonaire , Annalesdes Sciences naturelles, T. ix j. Il paraîtrait aussi que les variations diverses que Prout a remarquées dans la quantité d'acide carbonique exhalé tient, du moins en partie, à celte influence, car, dans les Tableaux qu'il a publiés , on voit que le maximum et le minimum correspondent presque toujours à des variations correspondantes dans la pression barométrique.

Tels sont les phénomènes généraux de la Respiration considérée dans le règne animal. Voyons maintenant quels sont les organes destinés à cette fonction importante , et comment elle est modifiée dans les divers ordres d'Animaux.

Dans les Animaux dont l'organisation est la plus simple, la Respiration n'e'sl pas localisée; cette fonction n'est l'apanage d'aucun appareil spécial , mais s'exerce dans toutes les parties en contact avec l'élément dans lequel il vit. C'est indistinctement dans toutes les parties de la surface extérieure ou cutanée que la Respiration a lieu , et les Animaux qui sont dépourvus d'organes spéciaux destinés à cet usage, n'en sont pas moins soumis à la même loi que les Animaux des classes plus élevées ; comme eux ils absorbent l'oxigène et meurent lorsqu'on les prive du contact de ce gaz. Spaliànzani , qui observa le premier ce fait sur des Vers de terre , a été naturellement conduit à examiner si la surface cutanée agit aussi sur l'air chez des Animaux pourvus de poumons ou d'organes analogues. Dans celte vue, il enleva les poumons chez les Limaçons , et

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lies plaça dau's une quantité délermii née d'air. Ces Animaux, ainsi prives de l'appareil spécial de la Respiration , vécurent assez long-temps , et absorbaient toujours du gaz oxigène , i quoiqu'en bien inoindre quantité que i lorsqu'ils avaient leurs poumons. En • expérimentant sur des larves de certains Insectes et sur des Poissons, il obtint un résultai analogue. Humboldt ■ et Provençal , dans leur beau travail sur la Respiration des Poissons , rapportent des expériences qui' confirment pleinement ce dernier fait. Les Quadrupèdes ovipares sont pourvus de poumons dont le volume est trèsconsidérable ; cependant Spallanzani, en comparant les altérations do l'air produites par des individus de celte classe cbez lesquels il avait extirpé ces organes , et par d'autres qui étaient intacts, a trouvé que la surface cutanée contribue encore d'une manière puissante à la production des phénomènes de la Respiration.

Les expériences d lidwards sur les Batraciens prouvent aussi que l'air exerce sur la peau de ces Animaux une influence très-marquée , car ce physiologiste a conslaléquc ,dans certaines saisons , il suffit d'empêcher celte Respii ation cutanée pour faite périr des Grenouilles qui , du reste, pouvaient respirer librement. Dans les Animaux à sang chaud, l'appareil spécial delà Respiration acquiei l une importance si grande , que la peau ne partit plus concourir que d'une manière peu notable à l'exercice de celle fonction. L'expérience démon- Ire cependant qu'elle exerce encore , sous ce rapport , une certaine influence. C'est ainsi qu'après avoir interrompu la Respiration chez de jeunes Mammifères , par l'occlusion de l'organe spécial de la Respiration , Edwards a observé qu'on abrège encore l'existence de ces Animaux, en empêchant l'action de l'air sur la peau.

Plusieurs physiologistes ont cherché si , chez l'Homme , la peau agit aussi dans la production des changemens chimiques que la Respiration

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