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France en i8o3, et dont les habitudes ont été observées avec beaucoup de 6oin pendant la traversée, restait constamment, pendant toute la durée du jour, calme et immobile; elle demeurait suspendue par une de ses pâtes de derrière comme le font aussi les Chauve-Souris insectivores , et entièrement enveloppée dans ses ailes. Cependant Quoy et Gaimard, ces savans et intrépides voyageurs qui ont rendu tant de services à la zoologie , rapporleut qu'aux îles Carolines on voit les Roussettes voler en plein jour ; et Lesson. et Garnot remarquent également que ces Animaux volent aussi bien de jour que de nuit: double témoignage qui établit d'une manière incontestable ce fait d'habitudes, consigné déjà depuis long-temps dans quelques relations de voyages. D'autres observations nous apprennent que les Roussettes vivent principalement de fruits pulpeux ; qu'elles mangent aussi le* fleurs; qu'elles ne font qu'un seul:
petit ; enfin qu'elles vivent par troupes nombreuses , quelques-unes sur les arbres , d'autres dans les trous des vieux troncs ou des rochers , quelques-unes enfin dans les vieux édifices. C'est dans la grande Pyramide que Geoffroy Saint-Hilaire a découvert en Egypte l'espèce qui porte aujourd'hui son nom.
Enfin . nous terminerons ces généralités en disant quelques mots de la distribution de ces Animaux sur la surface du globe, et en faisant remarquer combien cette distribution offre une heureuse application des lois de géographie zoologique posées par Bu don [fr. Mammifères , p. 1 23). On ne trouve en Amérique aucune espèce, soit du genre Roussette, soit de tout autre genre de Chauve-Souris frugivores; et c'est tout-à-fait à tort, et par suite d'une grave erreur, que l'espèce connue aujourd'hui sous le nom de Roussette Leschcnault, avait d'abord été donnée comme étant originaire du Brésil. Nous ne connaissons non plus aucune Chauve-Souris frugivore en Europe , car
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le Cephaloles tenions de Rafinesque , tri habiterait la Sicile , a été indiqué 'une manière trop incomplète pour qu'on puisse l'admettre dans l'état présent de la science. On trouve au contraire un grand nombre d'espèces dans le continent de l'Inde , en ■Egypte, au Sénégal, même au cap de lionne-Espérance, suivant Temminck, et surtout dans les îles ou les archipels del'Afrique et de l'Asie, aux îles de France, Mascareigne , Madagascar, aux Moluques, aux Philippines el aux îles de la Sonde ; enfin , depuis quelques années, on en a découvert aussi auv Marianes, et même duns le continent de la Nouvelle-Hollande.
Ce dernier fait est d'autant plus remarquable, que les Mammifères connus jusqu'à ce jour dans l'Australasie, appartenaient tous, si l'on excepte les deux Hydromys ce mot) et le Chien mari on , à des groupes caractérisés par un système de génération particulier, celui des Animaux à bourse, ou celui des Motiotrêmes , si du moins l'on veut admettre que ces derniers soient de véritables Mammifères ( P. Marsupiaux , Monotrêmes el Ornithokiiynq ue ).
i°. Les Roussettes proprement dites {Plerupus).
La plupart des Chauve-Souris frugivores ont été jusqu'à èes derniers temps réunies dans un seul genre auquel Brisson avait donné le nom de Pteropus [pieds ailés), et auquel les auteurs français donnent le nom moins convenable encore de Roussette; nom emprunté à Buffon qui l'avait appliqué spécialement à l'une des espèces du genre , à cause des couleurs de son pelage. Aujourd'hui, plusieurs groupes nouveaux ayant été établis, on ne
filace plus dans le genre Pteropus que es Chauve-Souris frugivores qui présentent les caractères suivans : tête longue, étroite, conique; museau fin, terminé par un mufle sur les côtés duquel s'ouvrent les narines; incisives verticales, et au nombre de quatre à chaque mâchoire comme chez les Singes; canines assez fortes et au
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nombre de deux à chaque mâchoire, comme chez la plupart des Chauve- Souris ; molaires au nombre de cinq en haut et de six en bas, de chaque coté , la première de toutes étant très-petite, principalement à la mâchoire supérieure; nombre total des dents, trente-quatre, quelquefois cependant trente-deux, parcequela première molaire supérieure , qui est toujours fort petite etsans aucun usage , vient quelquefois à manquer entièrement (ce qui n'établit qu'une différence en soi très-peu importante); membrane interfémorale très-peu étendue, et ne formant le plus ordinairement qu'une bordurelelong du côtéinterne de la cuisse el de la jambe; ailes conformées comme celles de la plupart des Chauve-Souris frugivores, c'est-àdire ayant le second doigt onguiculé.
Quelques Roussettes ont une petite queue , d'autres sont entièrement privées du prolongement caudal; et il est à remarquer que les premières sont toutes très-petites ou d'une taille moyenne, quand les secondes sont au contraire très-grandes. On trouve en effet parmi les Roussettes sans queue une espèce qui , à l'état adulte , a jusqu'à cinq pieds d'envergure.
Quant aux organes des sens , nous ne dirons rien des yeux et des oreilles qui ne présentent rien de particulier; mais nous devons remarquer que 1rs narines sont un peu tubuleuses , el que la langue est, principalement à sa partie antérieure, hérissée de papilles dures, dirigées en arrière, et de différentes formes: les plus grandes , placées à la partie moyenne de la langue, ont trois pointes , et peuvent être comparées à des tridens ; les autres , plus petites el placées autour des premières, sont elles-mêmes de deux sortes, les unes ayant quatre, cinq, six, et même jusqu'à douze pointés , et les autres n'en ayant qu'une seule. Buffon et 'Daubenlon ont décrit avec serin cette organisation remarquable, et représente, dan* le tome x de l'Histoire naturelle, les détails les plus remarquables étudiés à la loupe et au microscope. Ces-
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illustres naturalistes ont même cherché à expliquer, par la conformation et la disposition des papilles linguales , les récits de plusieurs voyageurs qui attestent que , dans certaines contrées, il existe de grandes Chauve-Souris qui , pendant la nuit, sucent le sang des Hommes et des Animaux endormis, sans leur causer assez de douleur pour les éveiller. .Mais on sait aujourd'hui que ces récits doivent être appliqués seulement à certaines Chauve-Souris «le l'Amérique méridionale ( V. Vampires au mol Vesi'eiitil,ion) , et non aux Roussettes , qui appartiennent toutes à l'Ancien - Monde , comme nous l'avons dit, et qui sont toutes des Animaux frugivores , et par conséquent entièrement inoffeusils à l'égard de l'Homme et des Animaux.
C'est ce que savent fort bien les habitans des pays oh vivent les Roussettes; et s'ils font la guerre à ces Chauve-Souris , ce n'est point du tout qu'ils les redoutent pour euxmêmes , mais à cause du tort qu'elles leur causent eu dévorant leurs meilleurs fruits. Dans plusieurs contrées, et , par exemple , à l'Ile-de-France, à Madagascar, à Timor, aux Mariams, au Malabar, on recherche aussi les Roussettes pour s'en nourrir, maigre l'odeur fétide que répandent souvent ces Animaux: leur chair, principalement celle des jeunes individus, a une saveur assez agréable que quelues voyageurs ont comparée à celle u Lièvre. BufTon rapporte qu'on se les proeme en les enivrant, et que, pour cela faire , on place à portée de leur retraite des vases remplis de vin de Palmier.
f Roussettes sans queue.
La Roussette vulgaire, Pterupus vulgaris, Geoff. St. -H., Ann.
Mus. T. xv; la Poussette, Bufl'on , T. x, pl. i4. Elle se dislingue facilement par son système de coloration ; ses parties supérieures sont généralement rousSes avec une grande tache d'un brun noirâtre en foi me de croix; les parties inférieures sont noires , à
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l'exception de la région pubienne qui est l oussâtre. Cette espèce habite l'Iledi -France et Bourbon ; c'est le P'espt-rtilio ingensàc quelques auteurs. On l'a aussi désignée sous le nom de Vespertilio Vampirus , mais sous ce nom elle a été confondue avec plusieurs autres espèces.
La Roussette èdui/e, Pteropus edu/is, Vér. et Lesueur ; Geoff. St.-H.r loc. cit. C'est l'une des plus grandes espèces du genre • les individus bien adultes ont , d'après Temminck , jusqu'à quinze pouces de longueur du bout du museau à la membrane interfémorale, et quatre pieds dix pouces d'envergure. Le pelage de cette espèce est généralement noir ou noirâtre, la partie postérienredu col etdcs épaules éi an t d'une nuance qui tire su rie roux, et les poils du dos étant ras, luisans et ti ès-couchés ; ce dernier caractère se trouve chez presque toutes les grandes espèces. La Roussette édule , ainsi nommée parce que sa chair blanche, délicate et très-tendre, est regardée par les Timoriens comme un mets exquis. Elle habile les Moluques et principalement à Timor.
La Roussette Kai.ov , Pteropus javanicus, Uesm. , Mamin. ; Horsfield , Zoo/. Jies.,n été d'abord indiquée par Geoffroy qui la considérait comme une simple variété de l'Edule ; elle en diffère, suivant Dcsmarest, par la couleur de son col qui est d'un roux enfumé, et par sa taille plus considérable encore. Nous avons sous les yeux le squelette d'un trèsvieil individu dont l'envergure est de cinq pieds deux pouces. Dans ces derniers temps , Temminck est revenu à l'opinion d'aboi d émise par Geoffroy, et, dans sa Monographie des Roussettes, il réunit le Pteropus Jai'anicus au Pteropus cdu/is.hti Kalou.qui habite Java, comme sou nom spécifique l'indique, offre de très-grands rapports avec l'Edule : ce n'est donc qu'avec doille que nous le mentionnons ici.
La Roussette d'Edwards, Pteropus Edwardùi , Geoff. St. -H. Cette Roussette, à laquelle il n'est pas entièrement certain qu'on doive rappoi-