‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 2)Chapitre 270 sur 274 · O ROU · texte numérisé non relu

O ROU

ter l'espèce indiquée par Edwards sous le nom de grande Chauve-Souris de Madagascar, est considérée par Temminck comme une simple variété d âge de l'Edule : cependant l'examen que nous avons fait de plusieurs sujets adultes, ne nous permet pas de douter qu'elle ne forme réellement une espèce distincte. L'individu qui a servi de type à la description de Geoffroy Saint - Hilaire , et plusieurs autres individus originaires, comme ce dernier, du Bengale , nous ont présenté les caractères suivans : tête d'un brun marron; parties postérieures et côtés du col d'un roux vif; dos couvert de poils très-couchés et rudes au loucher, dont la nuance varie du gris au noir-grisâtre; face antérieure du corps d'un roux qui passe au brun , sous la gorge, aux épaules ,vers l'insertion des cuisses et à la région des flancs; longueur du bout du museau à l'origine de la membrane interfémorale, huit ou neuf pouces chez l'adulte.

La Roussette intermédiaire , Pteropus médius. Temminck (Mon . de Mamm.) a décrit sous ce nom une espèce qu'il caractérise ainsi : tête, occiput, gorge el région de l'insertion des ailes d'un marron noirâtre ; dos d'un noirâtre légèrement teint de brun ; nuque d'un roux jaunâtre; côtés du col et toute la face ventrale du corps , à l'exception de la gorge et de la région humérale, d'un roux brun couleur de feuille-morte; membranes brunes ; longueur, onze pouces. Cette espèce , que nous ne connaissons que par la description de Temminck , habite le continent de l'Inde comme la précédente, avec laquelle elle nous paraît avoir de nombreux rapports ; peut-être doit-elle lui être réunie.

La Roussette a face noire , Pteropus phaiops, Tem., loc. cit. Cette espèce , qui est peut - être la véritable Chauve-Souris d'Edwards, ne nous est également connue que parla description de Temminck. Voici les caractères que lui assigne ce savant naturaliste:pelagelong, grossier, très-fourni, un peu frisé partout; museau, gorge,

ROU

joues, tour des yeux, d'un noir profond ; le reste de la tête , les côtés du. col , la nuque et les épaules d'un jaune de paille ; la poitrine d'un roux doré très-vif; les autres parties inférieures, à poils de deux couleurs, brunsà labase, etd'un jauneclairà la pointe ; longueur totale , dix pouces.

Cette espèce habite Madagascar.

La Roussette a col rouge , Pteropus rubricollis , Geoff. St.-H.; laRougette, Buff. T. x, pl. 17; sedistingue principalement parson col couvert de poils longs et doux au toucher, d'un roux-rougeâtre ; le dos est couvert de longs poils doux au toucher et d'un brun très-clair; la tête et ltf ventre sont aussi de cette dernière couleur; la longueur totale est de sept ou huit pouces. Cette espèce habite l'île de Bourbon.

La Roussette a tète cendrée , Pteropus poliocephalus , Tem. C'est une espèce très-voisine de la précédente par sou système de coloration.

Le dessus de la tête , les joues el la gorge sont d'un cendré foncé, mêlé de quelques poils noirs ; la nuque , les épaules et une partie du devant du col , sont d'un brun-marron roussâtre , et le reste du corps est d'un gris dont la nuance présente quelques différences suivant les diverses régions du corps. Celte espèce, l'une des plus grandes du genre, a près d'un pied de longueur totale , cl son envergure est de trois pieds trois pouces. La Roussette à tête cendrée nous paraît être l'une des espèces les plus intéressantes du genre, à cause de la région oii elle a été découverte. Elle habite la Nouvelle-Hollande d'où un assez grand nombre d'individus ont été rapportés par plusieurs voyageurs, et particulièrement par le docteur Busseuil.

La Roussette laineuse, Pteropus dasymallus, Tem.; n'est connue de nous que par la description de Temminck; la face, le sommet de la têle, les joues , la gorge et la région des oreilles, sont bruns; la nuque et le côl , à'un blanc légèrement jaunâtre, et le reste du corps d'un brun foncé;

ROU

le pelage est généralement long el laineux, et la longueur totale est d'un peu plus de huit pouces. Cette espèce a été nouvellement découverte au Japon par le voyageur néerlandais Siebold.

La PiOUSSETTE Kéraudren, Pteropus Kéraudren, Quoy et Gai m-, Voy.

autour du Monde ; est une espèce nouvellement découverie aux îles Marianes par Quoy el Gaimard. Elle a l'occiput, le col , les épaules et le haut ■ le la poitrine d'un jaune pâle, et le reste du corps brunâtre ; sa longueur totale est de sept à huit pouces.

La Roussette de Dussumier, Plerupus Dussurnieri. Nous décrirons sous ce nom une Roussette découverte dans le continent de l'Inde par le voyageur français Dussumier, el qui, assez voisine de la llout-settc Kéraudren , est néanmoins très-facile à distinguer de celle-ci par son système de coloration. La face et la gorge sont brunes , le ventre et le dos sont couverts de poils bruns mélangés de quelques poils blancs; ceux du dos diffèrent du ventre en ce qu'ils sont très-couchés , comme cela a lieu cbez presque toutes les Roussettes. La partie supérieure de la poitrine est d'un brun roussâtre, et les côtés du col , et tout l'esp'ice compris à la face postérieure du corps, depuis les oreilles jusqu'à l'inserliou des ailes, sont d'un fnuve tirant légèrement sur le roussâtre. La longueur totale est de sept pouces , et l'envergure est de deux pieds trois ponces. Nous avons constaté l'existence de cette espèce par l'examen de deux individus entièrement semblables , dont l'un vient, comme nous l'avons dit, du continent de l'Inde, et dont l'autre e-it donné comme originaire d'Amboine. La couleur brune de sa gorge et de la partie antérieure de son col permet de la distinguer an premier coup-d'œil delà RotissctteKéraudren, qui a ces parties d'un jaune pâle; et des caractères non moins tranchés la séparent des autres espèces , et particulièrement de la Roussette d'Edwards {Plcropus médius, Tem.? ; qui

ROU loi

habite, comme elle, le continent indien.

La Roussette masquée, Plerupus personaïus, Tem. Nous empruntons à l'ouvrage de Temminck la description de cette espèce que nous ne connaissons pas par nos propres observations : tête peinte d'une manière tranchée de blanc pur et de brun ; du blanc tres-éelatant couvre encore tout le chanfrein , et s'étend jusqu'au-delà des yeux . les joues, le bord des lèvres et le menton sont aussi d'un blanc pur; une laigezône brune couvre la gorge, et envoie des prolongemeus au-dessus des yeux ; le sommet de la tête, l'occiput, tout le col et une partie de la poitrine sont d'une teinte jaune-paille; les épaules et le bras sont blanchâtres , le dos est grisâtre; enfin, la poitrine, le ventre et les flancs ont des poils cotonneux colorés de brun à leur base, et d'une teinte isabellc à leur pointe.

Longueur totale, six pouces six ligues. Cette espèce remarquable a été découverte à Ternale par le voyageur Reinwardt.

La Roussette paxe , Pteropus pallidus , Tem. Celle espèce, que nous ne connaissons également que par la description de Temminck , est caractérisée ainsi qu'il suit par le célèbre zoologiste hollandais : pelage trèscourt, mélangé de poils bruns, gris et blanchâties ; nuque, épaule, et collier qui entoure la poitrine, roux; dos couvert de poils couchés , d'un brun pâle; tête, gorge, ventre et flancs d'un brun couleur de feuillemorte ; membranes des ailes d'un brun pâle. Longueur tolale , sept pouces six lignes. Cette espèce habite Banda , oii elle est très-commune.

La Roussette guise , Pteropus griseus,Geoiï.Si.-H\\.,loc. cit., pl. 6.

Cette espèce , dont la longueur totale est de six pouces et demi, se dislingue parsa tête el sou cou d'un roux clair, <:l le reste de son pelage d'un gris légèrement roussâtre qui, sur le dos, passe presqu'à la couleur lie de vin.

Elle habile Timor, où elle a été découverte par Péron cl Lcsucur.

roi ROU

Quant à la Roussclte mélanocéplia le , Pteropus melanocephalus , Tem., qui a été placée par Temminck et Desmaresl daus celte section , elle n'appartient pas , ainsi que nous le montrerons, au genre P/eropus. V. plus bas l'article du genre Pachysoma.

ff Roussettes à queue.

Toutes les espèces comprises dans celte section sont petites ou de taille moyenne. Nous avons examiné le ciâne de la plupart d'entre elles, telles que la Roussette paillée , la Roussette Lcschenaull, la Roussette à oreilles bordées, et nous avons remarqué quelques caractères intéressans qui paraissent être communs à toutes les Roussettesà queue. Dans toutes les espèces sans queue, la boîle cpi ébrale est séparée de la lace par un rétrécissement considérable, correspondant à la partie postérieure de l'orbite. Chez les Roussettes à queue , le rétrécissement n'existe pas, comme Geoffroy Saiut-Hilaire L'a remarqué au sujet du Pteropus marginatus (Leçons sténog. sur l'Hist. nat. des Mainm.). En outre, chez les dernières, la boîte cérébrale est un peu plus renflée, et le museau est moins effilé. Du reste, le système dentaire ne présente aucun caractère particulier chez les Roussettes à queue , même chez la Roussette à oreilles bordées. Nous avons même toujours trouvé à la mâchoire supérieure la petite fausse molaire que nous avons dit être ordinairement très-petite' et sans usages , et qui manque quelquefois dans d'autres espèces. C'est donc très-vraisemblablement sur une erreur d'observation que repose l'existei/ce du genre Cjnopterus , qui serait caractérisé par un système dentaire particulier (quatre molaires supérieures , cinq inférieures) , et qui aurait pour type cette même Roussette à oreilles bordées. Celte remarque a déjà été faite par Geoffroy (Leçons sténog.); et nous continuerons, à son exemple, à placer le Pteropus marginatus parmi les véritables l\ous-

ROU

settes. Nous ne pensons pas d'ailleurs que les petites différences osléologiques que nous venons d'indiquer chez les Pteropus marginatus , P.

stramiueus et P. Lesckenaultii , et qui se retrouvent également clicz le Pteropus Geoffroy i , comme nous l'apprend une des figures de l'ouvi âge de Temminck, et chez le Fteropus amplexicaudatus , comme nous nous en sommes assuré, puissent motiver l'établissement d'un genre ou sous -genre nouveau. Ces différences peuvent nu premier abord sembler assez importantes , mais elles ne paraissent être en rappoit qu'avec la taille des Animaux qui les piésentenl. Ainsi très prononcées chez les liés- petites espèces*, elles le sont déjà beaucoup moins chez, celles dont la taille est plus considérable , telles que le Pteropus strami/ieus , qui , si l'on voulait séparer les Roussettes en deux sous-genres, se tiouveriut ainsi placé sur leur limiie.

La Roussette Geoffroy, Pteropus Geujfroyi, Tem. , se dislingue par son pelage laineux, d'un giisbrunâtre, plus foncé en dessus qu'en dessous, et sa queue exliêmemcnt courte. Sa longueur totale est de cinq pouces et demi, et son envergure d'un pied neuf pouces. Elle habile le Sénégal et l'Egypte; et c est dans celte dernière contrée qu'elle a été découverte par Geoffroy Saiul- Uilaire, qui l'a publiée sous le nom de Pleiopus œgypliacus dans le grand ouviage sur I Egypte.

La ROUSSKTTE PAILLÉE, Pteropus

stramiueus, Geoff. Sl.-liil., se distingue facilement par sou pelage d'un jaune de paille. Sa longueur tolale est de sept p<»uccs , et son envergure d'un peu plus de deux pieds.

Sa queue ne paraît à l'ejftprieur que sous la forme d'un petit tubeicule.

Elle habite Timor.

La Roussette Lescuknau.lt , Pteropus Lesclienaullii , Desin. , Mair.m.

Cette espèce , dont nous dounous les caractères d'après l'examen de deux individus, est d'un fauve cendré sur le ve'ilre,.et d'un brun légèrement

Page 1