‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 2)Chapitre 38 sur 274 · TOI · texte numérisé non relu

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des Gades , des autres Poissons voraces , des Oiseaux marins , et des hommes qui livrent aux Poissons une guerre éternelle. Eu général les femelles pondent et sont à proprement parler ovipares. Ou a compté dans celles :

OEuf*.

Du Maquereau, de 129,200 a 546,681 De la Morue, de 3,686,96039,3441000 De la Carpe, de 169,400a 203,109

Du Carrelet i,357,4oo

Du Brochet, de 49>3o4à 166,400

De l'Eperlan. . . . 38,278

De l'Esturgeon, de 1,467,856a 7,653,ooo

Du Hareng; 36,960

De la Perche , de a8,323 à 38o,64o

Du Rouget 8i,586

De la Sole ioo,362

De la Tanche. . . . 383,232

Le mâle passe après la ponte sur ces œufs, y répand le fluide sperma tique qui les agglutine , les féconde, et en forme ce qu'on nomme vulgairement le frai. Cependant il est plusieurs espèces , et des genres même , tels que les Squales , par exemple , où il y a accouplement et ou de longs oviducles , faisant fonction, en quelque soi le, de matrice, les œufs y éclosent , de sorte que les petits naissent vivans.

La plupart des Poissons sont revêtus d'écaillés, qui, toutes petites qu'elles peuvent être, n'en existent pas moins dans certaines espèces oii l'on ne croyait pas qu'il y en eût, et deviennent visibles jusque dans l'Anguille quand la peau qui les revêt vient à se dessécher.. Ces écailles ont ouclque analogie avec La nature de la corne et du poil chez les autres Vertébrés; elles sont souvent très-dures , épaisses et serrées; revêtent jusqu'à la base des nageoires chez les uns , ou se convertissent en plaques et eu boucliers sur certaines parties du corps , ou à sa surface totale chez d'autres.

Le squelette est d'une nature particulière , mais consistante et dure dans la plupart, tandis qu'il demeure cartilagineux chez un grand nombre oii l'ossification complète n'a pas lieu. Peu d'Animaux varient autant dans les proportions. Depuis

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l'Epinochc jusqu'au Ilcquiu , il y a nue distance énorme, et dans la même espèce, selon l'étendue des eaux- oii elles habitent, on voit des différences encore très-considérables ; ainsi l'on trouve , par exemple , des Brochets adultes qui , dans certains étangs ou petites rivières, ne dépassent guère jamais un pied , tandis qu'ailleurs ils atteignent , dit-on , à douze. Chez les Accipcnsers la différence est encore plus grande. Les formes ne varient pas moius que la taille; chez les Poissons se présentent les plus bizarres, relevées souvent des teintes les plus éclatantes. Aucun n'habite un autre clément que l'eau , hors de laquelle tous meurent assez promplemenl. Beaucoup sont berbivores, c'est ù-dire qu'ils se nourrissent de Fticacécs et autres Hsdiophytes, soit de mer, soit d'eau douce, mais le plus grand nombre est Carnivore et recherche une proie vivante. L'appareil dentaire varie prodigieusement, mais dans les Poissons où il est dispose eu pavé , on peut à coup sûr supposer qu'ils se nourrissent de Crustacés ou de Mollusques à coquilles que cesdents en pavé servent à broyer. Il n'est guère d'eaux à la surface du globe qui n'aient leurs Poissons. Les rivières et les lacs en ont dont la chair est exquise et généralement blanche. Il y en a qui vivent alternativement dans l'eau douce et dans l'eau salée, quittant la mer au temps dus amours pour remonter bien avant dans les fleuves et dans les rivières. Ceux de la mer vivent par troupes innombrables, et comme cerl.dus Oiseaux obéissent à l'instinct d'émigration. Ceux-là sont eu général l'objet de pèches lucratives , et deviennent des rie liesses poulies nations maritimes qui s'adonnent à leur préparation. On a beaucoup discouru sur ce point de l'histoire de Poissons lorsqu'il était d'usage do commencer un livre d'histoire naturelle par le cui buno de la science , mais on oublia de remarquer au nombre des choses très-im portantes qui résultent de leur pèche et de l'a: t de

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les saler , combien il serait dillicile à la chrétienté, en temps de carême, de faire son salut, puisqu'on ne pourrait trouver assez de maigre pour subvenir aux besoins de ces bonnes a m es qui savent bien qu'on est éternellement puni dans une autre vie pour avoir mangé gras dans celle-ci quand l'Eglise le défendait; telle est 1 utilité de Vu hlhyologie, qu'elle peut nous préserver de la damnation éternelle. Pour nous éviter ce malheur, et pour avoir du Poisson aux jours oii l'on en fait un commandement exprès, on a des viviers cl des étangs ou l'on en nom rit et qu'on a soin d'empoissonner au moyen de l'alvin, c'csi-à-dire de jeunes individus des espèces qu'on veut propager; ce sont ordinairement des Carpes , des Tanches , des Vendoises , des Brèmes , des Truites , des Anguilles même , quoique ces dernières soient destructrices. La Perche y peut également être accueillie , mais le Brochet eu doit être proscrit comme trop féroce consommateur. Il ne faut pas trop nettoyer les étangs et en arracher toutes les Plantes; les lacincsde celles-ci offrant une nourriture et des abris salutaires.aux Pois- .sous qui se' pèchent d'ordinaire tons les quatre ans. Dans certains grands lacs de Prusse, en Poméranic particulièrement, on a naturalisé, comme dans des étangs ordinaires, d'excclleus Poissons qui n'en étaient pas originaires , mais il est difficile de les y retrouver.

Il nous resterait beaucoup à dire sur la science des Poissons et sur les Animaux qui en sont l'objet, mais comme Cuvier prépare de grands changemens dans cette partie de l'histoire naturelle, ainsi que nous l'avons annoncé au mot Icutiiyolociii de notre tome huitième, nous renverrons au Supplément afin d'y profiler des nouvelles lumières qui nous sont promises. Là aussi nous traiterons tics Poissons fossiles ou iehthyolilcs , qui jouent un rôle fort important dans la contexture du globe actuel. (is.)

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POÏT./EA. bot. phan. Genre de la famille des Légumineuses, tribu des Lolées , et de la Diadelphie Décandrie, L. , établi par Ventenat (Cboix des Plantes, p. et lab. 36) , et ainsi caractérisé par De Candolle (Prudr.

Syst. ueget. rifltur. , 2 , p. 260) : calice tronqué obliquement , à cinq dents très-courtes, les deux supérieures surtout ; corollcpresquepapilionacée, à cinq pétales connivens , oblongs; l'étendard plus court que les ailes, et la carène plus longue que celles-ci ; dix étamines diadelphes presque saillantes ; style filiforme , glabre ; stigmate terminal; gousse slipitée, linéaire, comprimée , polysperme, mucronée , à valves planes ; graines lenticulaires. Ce genre renferme trois espèces qui ont le port des Galega ou des Robinia. Ventenat a donné le nom de Poitœa galegoides à l'espèce qui doit être considérée comme type du genre. C'est une Plante de Saint- Domingue, dont les feuilles sontimparipinnées , à douze ou quinze paires de folioles, et dont les fleurs, d'un rose purpurin , sont penebées.

Les deux autres espèces , nommées par De Candolle Poitœa viciœfolia , et P. Campanilla , sont également indigènes de Saint-Domingue où le docteur Berlero les a recueillies, et les a distribuées à ses amis sous le nom générique de Robinia. (g..n.)

* POITRINE. Pectus. in s. V.

Thorax.

POrVTŒ. bot. phan. Fruit du Poivrier noir , d'un très-grand usage dans l'art culinaire. Ce nom a été étendu à beaucoup d'autres Plantes de saveur aromatique ou brûlante.

Ainsi l'on a appelé :

Poivre d'Afrique , les graines de Y TJ varia aromatica.

Poivre d'Amérique, le Schinus Molle déjà naturalisé en Andalousie oii on emploie ses graines dans la cuisine.

Poivre d'eau , le Polygonum Hydropiper. Poivre d'Ethiopie, YUnona et

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YUvaria dans les anciennes pharmacies. V. Grains de Zelin.

Poivre de Guinée , les Pimens à saveur très-piquante.

Poivre de la Jamaïque , le Myrtus Pimenta.

Poivre des Maures , même chose que Poivre d'Ethiopie.

Poivre de muraille, le Sedum acre.

Poivre des nègres , le Fagara guyanensis.

Poivre a queue , les Cubèbes, etc.

* POIVREE. Poivrœa. bot. phan.

Commerson, dans ses manuscrits, donnait le nom de Pevrœa , qui fut adopté par Du Petit-Thouars (Observ.

Pl. A fric. , p. 28) , à un genre déjà distingué du genre Combretum par Sonnerat , sous le nom de Cristaria.

Mais Cavanilles ayant établi parmi les Malvacées un genre Cristaria {V.

Cristaire), De Candolle, dans le troibième volume de son Pmdromus , a préféré admettre la dénomination proposée par Commerson , en rétablissant l'orthographe du nom du célèbre et vertueux Poivre , administrateur des îles de France et de Mascareigne. Le nom de Gonocarpus , proposé récemment par Hamilton , doit être considéré comme superflu , puisque indépendamment de ce qu'il est le plus moderne, il existe encore un genre de ce nom créé par Thunberg. Le genre Poivrœa se compose des espèces de Combretum à dix étamines. De Candolle en décrit cinq qui croissent dans les climats intertropicaux , savoir : deux de l' Amérique méridionale et des Antilles, une du Sénégal , une de lTnde orientale , et une de Madagascar introduite dans l'île Maurice. C'est cette dernière espèce qui doit être considérée comme le type du genre, sous le nom de Poivrœa coccinea. On la nomme vulgairement Aigrette de Madagascar. V. , pour les détails génériques , l'article CoMBRET. (g..N.)

POIVRÉS, bot. crypt. Diverses

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espèces d'Agarics , particulièrement les espèces laiteuses. (d.)

POIVRETTE. bot. puan. Nom vulgaire du Nigella sa/iva. (b.)

POIVRIER. Piper, bot. phan.

Genre de Plantes dont la place , dans la série des ordres naturels , nous paraît encore incertaine. Linné l'avait rapproché des Arum parmi les Monocotylédons ; Jussieu l'a placé dans les Urticées , et le professeur Richard en a fait le type d'un ordre nouveau qu'il a nommé Pipéracées, et qui, d'après la structure de l'embryon, appartient aux Monocotylédons. Ce rapport a été adopté par Kunth (in Humb. Nov. Oen. ) qui admet la famille des Pipéracées et la range auprès des Aroïdées, et plus récemment par 131 unie , célèbre botaniste hollandais , qui , dans une Monographie des Pipéracées de l'île de Java , dont il a étudié avec soin les productions végétales , a reconnu dans ces Plantes une lige organisée comme celle des Monocotylédons, et un embryon parfaitement indivis et par conséquent mouoeolylédon. Mais comme d'un autre côté ces rapports des Poivriers avec les Monocotylédons ont été niés par plusieurs botanistes, et tout récemment encore par Jussieu et Rob. Brown , etc. , nous croyons devoir décrire avec quelque soin l'organisation des diverses parties des Poivriers, afin qu'après avoir mis sous les yeux de nos lecteurs toutes les pièces du procès, ils soient en état de porter eux-mêmes un jugement. On a distrait de ce genre les espèces herbacées qui ont constamment deux étamines , et l'on en a formé le genre Peperomia qui a été traité dans le volume précédent de ce Dictionnaire, de sorte que nous n'avons plus qu'à nous occuper ici des véritables espèces de Poivriers qui forment le genre Piper proprement dit. Les espèces de ce genre, extrêmement nombreuses , croissent toutes dans les régions inlertropicalcs du nouveau et de l'ancien continent; mais elles sont incompara-

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blcment plus nombreuses dans le premier. Les espèces sont en général grimpantes, tantôt herbacées , tantôt ligneuses, frutescentes ou même arborescentes. Leur tige , coupée en travers , présente , selon le professeur Blume, l'orgauisation suivante : elle n'a pas d'écorce proprement dite , et sa substance n'est pas formée de couches concentriques , comme dans les Dicotylédones; les vaisseaux les plus anciens, et qui ont acquis la consistance ligneuse, occupent la circonférence de la tige , tandis que les plus récens sont placés au centre. Les feuilles sont alternes, opposées ou verlicillées , et toujours simples et entières , à nervures ramifiées irrégulièrement. Les fleurs sont hermaphrodites , très-rarement uuisexuées etdioïqucs, disposées sur un spadice ordinairement cylindrique , quelquefois conique ou même sphérique. Il naît en général en face de chaque feuille , et est porté sur un pédoncule plus ou moins long. Chaque (leur se compose : i.° d'une écaille en général peltcc , mais d'une forme variée qui est quelquefois celle d'un casque s'ouvrant obliquement; 2° d'étamines en nombre très-variable , dont les filets , généralement trèscourts , naissent soit immédiatement de la surface du spadice, soit sur la paroi externe de l'ovaire lui-même.

Les anthères sont ordinairement globuleuses , à deux loges s'ouvrant par une fente latérale; 5° d'un pistil sessile, même dans les espèces dont le fruit finit par être pédicellé comme dans le Piper Cubeba par exemple.

L'ovaire est toujours à une seule loge contenant un ovule dressé , le stigmate est ordinairement sessile , à deux , trois ou quatre lobes. Le fruit se compose d'un péricarpe mince, .légèrement charnu dans l'état frais, indéhiscent , et contenant une graine dressée. Celle-ci a son tégument propre double, recouvrant un très-gros endosperinc granuleux ; à son sommet , il préseule une petite dépression ou fossette superficielle, dans laquelle est placé l'embryon. Celui ci

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est discoïde > déprime , lenticulaire, mince daus son contour, parfaitement indivis. Si on le fend longitudinalement, on trouve dans sou centre uue petite fossette exactement remplie par un petit corps également lenticulaire , légèrement bilobé à sa partie inférieure qui est libre, et adhérente par son extrémité supérieure.

Il est impossible de ne pas reconnaître dans un pareil embryon la structure ordinaire des Monocotylédons; tout le corps extérieur et indivis est le cotylédon; l'intérieur, légèrement bilobé, est la gemmule, qui, comme l'on sait, est toujours renfermée dans l'intérieur même du cotylédon , dans tous les embryons monocolylédonés. ( V, l'Atlas de ce Dictionnaire où nous avons figuré l'analyse de deux espèces de Poivriers.) Le professeur Blurae a soumis à la germination la graine de plusieurs espèces de ce genre, et voici en somme la manière dont elle s'opère : la partie supérieure de l'embryon , c'est-àdire celle qui est immédiatement recouverte par le tégument propre de la graine devient d'abord plus proéminente ; au bout de huit à dis jours, elle se déchire, et l'on voit sortir de son intérieur la radicule qui était par conséquent endoihizc ou coléorhizée , comme daus tous les Monocotylédons. Le cotylédon reste engagé dans la graine , et par son allongement progressif, la radicule finit par entraîner avec elle la gemmule, elles deux lobes qu'elle présente , en se développant , se changent en feuilles primordiales , qui ont élé considérées par tons les observateurs comme deux cotylédons ou feuilles séminales. Mais il est évident que le corps qui a formé ces deux feuilles était complètement renfermé dans le cotylédon , adhérent et confondu entièrement par l'une de ses extrémités ,-tvec sa cavité intérieure , et que pav conséquent c'était la gemmule. D'ailleurs , si l'on compare l'embryon des Poivriers avec celui du Sauràrus , des Cabombées et des Nymphéacées , il est impossible de n'y pas reconnaître

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la même structure. Mais le célèbre R. Brown donne de cette structure une explication qui , suivant lui , ferait rentrer ces différeus Végétaux dans la grande division des Dicotylédons. Pour cet habile observateur , la partie considéiée par le professeur Richard et par Blume comme le cotylédon , est un organe entièrement différent. C'est un secondendosperme qui n'est autre chose que le sac de l'amnios de Malpighi, et la partie regardée comme la gemmule est le véritable embryon qui est dicolylédoné. Nous laissons nos lecteurs maîtres de choisir entre ces deux opinions également soutenues par des autorités imposantes. Si l'on se décide pour la première , on aura pour la fortifier la structure intérieure des tiarc-i qui, suivantles observations du professeur Blume, est celle des Monocôlyléilones , et, de plus, l'aspect et l'organisation de l'embryon qui nous paraît la même que dans les EndorLizes ou Monocotylédones. Si au contraire on admet la seconde , il faudra négliger l'organisation de la lige et supposer un prétendu endosperme accessoire formé parle sac de l'amnios et renfermant un embryon qui serait soudé avec sa paroi interne par l'uuc de ses extrémités.

Pour nous , nous croyons la question encore indécise, et nous pensons que de nouvelles observations sont encore nécessaires avant qu'on puisse se décider définitivement.

Plusieurs espèces de ce genre, par leurs usages dans l'économie domestique ou la thérapeutique , méritent d'être mentionnées ici. Nous allons dire quelques mota des principales.

A leur tête se préscute le Poivrier koir , Piper nigrum, L. , Ricli. , Bot. Méd. , i , p, 5i. C'est un Arbrisseau sarmcnlcuv , qui porte des feuilles allcrnes, ovales, acuminées , entières , glabres , longues de trois à cinq pouces , largesd'euviroudeux pouces, portées sur de courts pétioles. Les (leurs forment des chatons grêles et pendans , longs de quatre à cinq pouces. Les fruits sont globuleux, jpisi-

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Formes , sessiles , rougeâtres , un peu charnus extérieurement, monospermes et indéhiscens. Celte espèce croît dans l'Inde ; on la cultive particulièrement dans les îles de Java , de Bornéo , de Sumatra et de Malaca. Le fruit entier, quand il a été desséché, devient noirâtre, se ride, et porte dans le commerce le nom de Pohre noir; dépouillés de la partie externe et charnue de leur péricarpe, ces graius ont une teinte jaunâtre pâle, et sont appelés Poivre blanc. Les usages dupoivre , comme aromate et épice, sont trop généralement répandus et trop connus de tout le monde pour que nous croyions nécessaire d'entrer dans aucun détail à cet égard. Mélangé à petite dose dans cei tains alimens , il en favorise la digestion par l'excitation qu'il communique à l'estomac Aussi doit-on surtout remployer pour les substances un peu fades, pour les légumes par exemple , qui , par eux-mêmes , n'exercent qu'une faible action stimulante sur les organes de la digestion. Le professeur OErsted avait annonce que la saveur acre et piquante du Poivre était due à une nouvelle base salifiable. Mais notre habile chimiste Pelletier , dans une analyse plus récente du Poivre, a reconnu que cette base salifiablc qu'il a nommée Piperin , était insipide, et que la saveur poivrée était due à uue huile particulière peu volatile.

Poivnixn Cubêiik, Piper Cubeba, L. , Rich. , Bot méd. , 1 , p. 5a. Originaire des mêmes contrées que la

fnécédente , cette espèce est égaement sarmenteuse et glabre dans toutes ses parties ; sa tige est flexueuse et articulée; ses feuilles sont pétiolées , ovales, oblongues , quelquefois lancéolées, entières et coriaces. Les fleurs sont disposées en un spadice long et cylindrique. Elles sont d'abord sessiles ; mais après la fécondation , le support du pistil s'allonge et forme une sorte de pédicclle long de uatreà six lignes qui porte les fruits, eux-ci ont du reste les mêmes caractères que ceux de l'espèce précé-

dente , dont ils se distinguent surtout par leur long pédoncule ; de-là le nom vulgaire de Poivre à queue sous lequel on connaît cette espèce. La saveur du Poivre Cubèbc est moins acre et moins brûlante que celle du Poivre noir; cependant elle est aussi d'une très grande activité. Le professeur Vauquelin ayant soumis ces fruits à l'analyse chimique , en a tiré les principes suivans : une huile volatile presque concrète; une résine semblable à celle du baume de Copahu; une petite quantité d'une autre résine colorée; une matière gommeuse colorée; un principe exlraclif analogue à celui des Plantes légumineuses et quelques substances salines.

Cette espèce était fort peu usitée en médecine , lorsqu'il y a un petit nombre d'années, certains praticiens en Angleterre et eu France l'administrèrent contre la blennonhagie. On l'emploie eu poudre à la close d'un gros et demi, répétée trois fois dans les viugt-quatie heures.

iNous pourrions citer ici encore d'aulres espèces, telles que le Piper Bétel, L. , dont les feuilles entrent dans la préparation masticatoire connue sous le nom de Bétel , et que les Iudieus mâchent continuellement ; le Piper longum dont les fruits sont employés comme condimens, ainsi que ceux du Poivre noir , etc. , etc. (a., r.)

* POIVRIERS. Piperineœ ou Piperaceœ. bot. fhan. Dans son Gênera P lantarum , Jussieu avait placé le genre Piper parmi les Drticées.

Plus tard, il proposa d'en former le type d'une famille distincte , à la-

Juelfe De Caudolle donna le nom e Pipéritées , en continuant de la ranger non loin des Drticées. Le professeur Richard, en adoptant le Piper comme type d'une nouvelle famille , sous le nom de Pipéracées , la transportait auprès des Aroïddes, parmi ies Monocotylédones , et ne la composait que rlu seul genre Piper; mais le célèbre Jussieu ne partage pas cette opinion; pour lui, la famille des Pipéracées reste distincte, mais il la

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