I76 POL
poses de deux substances , une inférieure , membraneuse , ridée transversalement , susceptible de contraction et de dilatation; l'autre supérieure, polypeuse, poreuse, cellulifère, lamelleuse ou teritaculifèrc. Ici existe le passage des Polypiers Sarcoïdes aux Acalèpbes fixés de Cttyier , qui sont en partie les Radiaires de Lamarck. Les genres de cet ordre sont : Cliénendopore , Hippalime , Lymnorée , Montlivaltie et Iérée.
Telle est la méthode de Lamouroux la plus généralement adoptée, suivie dans le cours de cet ouvrage, et à laquelle probablement le temps et l'accroissement des découvertes n'apporteront point de changemens notables , la classe entière des Polypes subît -elle une transposition dans l'ordre naturel , pour former la plus grande partie d'un règne intermédiaire que nous nous proposons d'établir sous le nom de Psychodiaires.
Et par Psychodiaires ( V . ce mot.) nous entendons des êtres chezlesquels la vie est de deux natures, double, complexe; soit que les créatures de celte sorte présentent dans la durée de leur existence des phases purement végétales et purement animales alternativement; soit qu'après avoir végété , la vie s'y développe sous la forme d'Animaux-Fleurs ; soit que, toujours animale, il y ait dans leur ensemble une vie commune , résultant de vies individuelles; soit enfin qu'à quelque chose d'Animaux, les Psychodiaires joignent de tels rapports avec le règne inorganique , que l'existence vitale n'y soit guère qu'un moyen à l'aide duquel se forment des agglomérations de substances calcaires qui , sans ces singuliers appareils vivans , fussent peutêtre demeurées éternellement à l'état de dissolution , dans l'immensité des eaux, où la vie les vient élaborer pour en former plus tard des couches de la terre.
On voit que, dans sa méthode, Lamouroux adopte pour titre de ses divisions, des mots dont il intervertit la signification sans motifs suffisau.s.
POL
Ainsi ce qu'il nomme ordres, doit |! être considéré comme familles , ses sections sont des tribus , et ses divisions sout les véritables ordres. C'est encore à tort , selon nous , qu'il comprend les genres Liagore et Coralliné au rang des Polypiers. On n'y a jamais vu d'Animaux , nous n'avons ja^ mais pu y en découvrir, ce qui néanmoins n'établit pas que ce soit des Plantes , comme nous l'expliquerons à l'article Psychodiaihe [V. ce mot;; enfin nous ne saurions non plus voir des Polypiers , chez les Eponges , dont nous avons eu occasion d'examiner un grand nombre dans toute leur fraîcheur , et qui ne nous ont en aucun temps présenté quoi que ce soit qui puisse y être considéré même comme analogue. Y voir, avec certains naturalistes qui étendent leurs méthodes de classification à des choses qu'ils n'ont peut-être jamais regardées, des commencemens ' d'estomac manifestés par les oscules , nous paraît une manière de voir plus singulière encore que les Eponges elles-mêmes , quelque étrange que soit l'organisation de ces bizarres productions. Lamouroux ne donnait pas à la vérité dans ces idées baroques; mais ne condamna-t-il pas lui-même l'inti oduction des Spongiées dans la classe dont les Polypes forment le caractère principal , par sa phrase descriptive même qui commence par ces deux mots , Polypes nuit, en contradiction manifeste avec l'idée d'un Polypier qui cesserait d'en être un dès qu'il ne servirait plus de domicile aux créatures dont il emprunte uniquement son nom?
Tout ce qu'on appelle aujourd'hui Polypes, avec quelques autres êtres maintenant rejetés plus ou moins loin de cette classe , était , dans les premiers ouvrages de Linné , compris dans la classe des Vers, et terminait le système en deux ordres , savoir : la quatrième , des Lilkophytes , qui comprenait trois genres, l'ubipora. , ■ Millepora et TiJadrepora ; la cinquième , des Zoophytes , qui en renfermait onze, savoir: Isis , Gorgo-
PGL
lia, Alcyonium, Tubulaiia, Eschara, ll'œnia et Volvox. Les Tœnia sont |i epuis long- temps des Intestinaux u Entozoaires; les Volvoces appariennent à nos Microscopiques , et uinué n'admettait point alors les éponges dans le règne animal ; c'est iilus tard , qu'entraîné dans cette manière de voir par l'opinion commune îles zoologistes, il les y comprit; et tinalement Gmelin en donnant une s eizième édition du Systema Natures, iréuuissanl les deux ordres des Lilihoplntes et des Zoophytes sous ce Idernier nom, y renferma tous les Polypes, en définissant ainsi son ordre quatrième: Etres composés, vivant de deux manières , à la façon des Plantes t3t des Animaux , où plusieurs ont comme des racines avec des tiges , ou revoient des rameaux qui Se chargent le (leurs animées, etc. Linné avait ■le premier , avec son ordinaire sagacité, appelé Fleurs, les Hydres de ses r'-Zoophy tes. L'ordre des Zoophytes .contenait, dans l'édition de Gmelin, iquiuze genres , savoir : Tuiipora , ^Madrepora , Cellepura , Isis , Antipates , Gorgonia , Alcyonium , Spongia, ' Flustra , Tubularia , Curaltina , Sertularia , Pennatula et Hydra. Ces •genres sont aujourd'hui autant de fal milles. H devient inutilede citer d'auittres méthodes, oii les Polypes sout raugés à peu près dans le même ordre, -seulement sous des noms différens; oces méthodes ne sont d'aucun usage, cet n'étant même fondées sur aucune vvue nouvelle, ne peuvent qu'introdduire la contusion dans une science :qui menace de disparaître sous un ■ amas de noms barbares.
Sur la Physiologie des Polypes.
Il nous reste à parler des particu- 1 larilés physiologiques qui singnlari- • sent les Polypes. Dans tous on n'obl serve , à proprement parler , aucune < existence qu'on puisse appeler indivii cluelle. C'est là leur grand caractère, I dont l'influence cntiaîne la possibilité de supporter des déchiremens , non-seulement sans que la mort s'ensuive , pour le fragment enlevé à la
POL i77
masse commune , ou pour cette masse même ; mais encore sans que ce déchirement puisse être considéré comme une lésion pour l'une ou pour l'autre, puisque, au lieu d'une destruction , il en résulte des augmentations dans les parties déchirées oii Se développent des individus nouveaux. Tremblev, comme on l'a vu lorsqu'il a été question du genre Polype,découvrit celte merveilleuse propriété dont on était jusqu'ici loin d'avoir même enlrôvu les conséquences énormes. Le premier s'étant avisé de partager un Polype de hi seconde espèce (Pulypus B liai eus , N. ) avec des ciseaux, il vit avec admiration chaque moitié devenir en peu de temps un Polype complet. Des tentacules ne lardèrent pas à garnir tout autour , pour en former une nouvelle bouche, la partie antérieure du tronçon de derrière , tandis que le tronçon de devant où les tentacules primitifs étaient demeurés , se forma et s'allongea en manière de corps parfaitement semblable à celifi qui terminait auparavant le Polype entier.
Dans sa surprise , il ne croyait pas au témoignage de ses yeux ; il raconte avec la plus noble et la plus élégante naïveté, comment il n'ajouta foi à ses propres observations qu'après les avoir répétées de toutes les manières. Enhardi par le succès , il ne s'en tint bientôt plus à un simple partage, il coupa des Polypes en plusieurs morceaux; chaque morceau redevint en tout semblable à celui dont il avait fait partie; il finit par les hacher en quelque sorte , et chaque parcelle se reproduisit. Il en coupa plusieurs longitudinalement et, soit qu'il les eût partagés en long' obliquement ou en travers, il obtint toujours les mêmes résultats.
La singularité de ces faits produisit une grande sensation dans toute l'Europe, et parmi les observateurs qui en vérifièrent l'exactitude, nul n'y a porté plus de soin que le sage Roësel , dont le beau travail est accompagné d'admirables figures. Cet observateur s'occupa en outre de la