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composition d'un êlre si bizarre , dont chaque fragment élait une possibilité d'individus indépendante de la niasse , quoique asservie à l'existence commune, tant qu'elle n'en était pas distraite. Il vit que les Polypes , essentiellement privés d'organes internes, n'étaient formés que d'une molécule globuleuse , monarliforme , agglomérée dans un mucus , mais où nulle enveloppe solide ou même pelliculaire ne contenait et n'asservissait. irrévocablement l'une à l'autre la molécule et la mucosité, de sorte que lorsque par l'effet de l'âge, qui amène aussi la mort jusque dans les Polypes individualisés, ou par quelque autre cause , cette mucosité venant à se dissoudre , la masse des Polypes s'évanouissait sur le porte-objet de son microscope , un nuage moléculaire qu'il a parfaitement représenté , mais où chaque petite graine sphérique , qu'on dirait un Monas , ou ce que Turpin nomme une globuline, n'est plus apte à reproduire un Polype , parce que les conditions vitales y ont cessé. Mais, à notre tour, quelle a été notre surprise , lorsque dans les verres de montre remplis d'eau , où nous avons laissé mourir et se dissoudre les Polypes , nous avons trouvé après et lorsque la dissolution a été complète , notre matière agissante , partout développée? Elait-ce la molécule, la globuline du Polype retournant à sa 'forme élémentaire? Nous laissons ce point à la décision des bons esprits qui savent distinguer les transmutations des transsubstantiations ( V .
Métamorphoses ) ; comme Roësel , Baker , Ellis et plusieurs autres , nous avons répété toutes les expériences de Trembley , et nous les avons étendues à beaucoup d autres Polypes marins , parce que nous avons très-souvent, long-temps et en beaucoup de mers , vu autrement nue dans les herbiers, dans l'esprit*de-vin , ou dans les étagères d'un Muséum. Nous avons trouve que tous les Polypes jouissent des mêmes facultés reproductives que ceux de Trembley. De-là celte multiplication
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extraordinaire des Polypiers, où nulle parcelle animale n'est perdue; de sorte qu'un morceau , tant que les parties vivantes n'y sont pas dissoutes en molécules , croît pour son compte et devient un Polypier nouveau , semblable à celui dont il fut détaché , s'il tombe dans une localité et dans des circonstances favorables à sa végétation. Nous tenons de Risso un fait parfaitement coufirmatif de ce que nous venons d'avancer. Dans la mer de Nice , que ce savant semble avoir épuisée, les pêcheurs de Corail ne se procurent cette précieuse substance qu'au moyen de dragues imparfaites qui vont en mutiler les rameaux à d'assez glandes profondeurs. Ces mutilations , dont il ne revient qu'une bien petite partie à celui qui les fait subir, ne nuisent en rien à la reproduction du Corail; au contraire, ceux des morceaux chargés de Polypes que ne ramène pas la drague, tombant autour des vieux pieds, se fixent aux mêmes rochers et deviennent à leur tour des Arbres pareils à ceux dont ils avaient fait partie. La faculté reproductive des Polypes est donc leur essence; ils la transmettent jusqu'à leurs supports lorsqu'ils en ont , et lorsqu'ils n'en ont pas, leur mollesse n'en présente pas moins une puissante végétation. Pour se convaincre de cette vérité , il suffit d'examiner comment se reproduisent naturellement les Polypes d'eau douce , lorsqu'on n'aide point à leurs multiplications en les divisant soi-même. Du Polype complet que vous ramassez dans un marais ou dans un étang, se charge en tout temps de bourgeons, où le microscope vous fait reconnaître la même organisation que dans le corps même du Polype.
D'abord presque imperceptible et globuleux , on dirait de petites pustules , où , bien examinées , on reconnaît un vide intérieur communiquant avec celui du Polype même qui est une espèce de cylindre ou sac vivant, dont la lubulosité , si cette expression nous peut êlre permise, s'étend jusque dans les tentacules buccaux, ou
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I iu moins assez avant vers L'insertion bile celle-ci ; si l'hiver approche , el l si le froid qui semble eDgourdir les Polypes empêche les bourgeons de ■;3e développer davantage , la base de ces bourgeons s'élrangle , ils prennent la figure d'une petite verrue , •se détachent et tombent au fond des reaux , où la gelée ne doit point atteindre; ils y demeurent en réserve ■comme des semences pour le printemps prochain , quand l'influence ;de la saison de vie pénétrera jusque iidans la vase des marécages; mais ce une sont là ni des œufs, ni des graiunes. La nature, avant d'introduire .:dans son immensité de tels déposi- ! taircs d'une végétation et d'une vie compliquée, devait compliquer la vé- :gétatirin et la vie. Elle n'avait besoin , I pour conserver la lignée de l'être Ile plus simple, que d'un mode trèssimple de propagule ; de quelle utilité y eût été une enveloppe? Il n'en devait pas sortir de créature contei nue dans un test, dans une peau , ou dans une tunique quelconque; jqu'y eût servi un embryon? Nul or- ;gane ne s"y devant développer , une bulbine suffisait pour reproduire un I être capable de s'accroître par absorption externe, et qui ne devait jamais i posséder divers organes , quelque forme que la molécule constitutrice dût prendre dans la matière mul queuse qui en était la base. Et cette • voie de reproduction ou plutôt de ] perpétuation par bulbines, persista ' dans les créatures d'ordre fort élevé, même après que la nature eut ajouté à ses productions des moyens reproducteurs qui semblaient les rendre inutiles. C'est ainsi que les Végétaux, dont le plus grand luxe floral accompagne les amours et qui se multiplient par graines et par bulbes , se peuvent toujours reproduire par des bulbines bien plus analogues qu'on ne l'a soupçonné jusqu'ici à celle des Polypes , puisqu'elles sont également homogènes.
Si la saison est chaude , si les conditions favorables protègent la multiplication des Polypes , les bulbines
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ou bourgeons qui se sont développés à sa surface ne s'en détacheront point pour être léthargiquement mis en réserve au fond des eaux ; mais sous l'œil de l'observateur ils s'allongent, deviennent en tout semblables à l'individu qui les émit, et, en peu d>:
temps , peuvent se suffire à euxmêmes; ils se détachent sous la figure de Polypes complets, et vont exercer une vie individuelle , d'où ne tardent pas à résulter des bourgeons et des Polypes semblables à ceux qu'on a vu poindre et devenir des individus parfaits. Dn Polype vigoureux peut ainsi produire jusqu'à vingt Polypes semblables a lui dans la durée d'un mois. Il arrive souvent qu'il se développe clans toute son étendue de trois à six et même dix bourgeons qui , ayant apparu les uns après les autres , deviennent des Polypes de tailles diverses sur la souche qu'on ne peut qualifier de père ni de mère; et ce qu'il y a de merveilleux, c'est que présentant alors véritablement la figure de l'Hydre de l'antiquité , le groupe jouit d'une vie commune , puisque ce que chaque Polype mange tourne au profil de tous , tandis que chacun de ces Polypes manifeste une volonté indépendante de celle du tout, en péchant pour son compte, et en disputant une proie à l'un de ceux qu'on peut indifféremment nommer ses frères ou ses morceaux.
En raison de leur âge et de leur taille , ces Polypes cessant de s'appartenir, se séparent successivement les uns des autres. Cette séparation a lieu quand chaque rameau vivant étant assez fort pour n'avoir plus besoiu de l'appui producteur , se rétrécit par le point d'attache; alors le tube interne qui communiquait à celui du tronc, oui en recevait des sucs vi vifères , ou lui en envoyait , selon que la souche ou le rameau avaient mangé séparément , alors le tube interne se ferme et il y a indépendance.
Le Polype ne communiquant plus par son sac alimentaire avec le sac alimentaire des vieux, tout rapport e.-t
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rompu , les membres de la famille se déjqignent. Chacun agira, mangera , digérera pour son propre compte , jusqu'à ce que la force végétatrice qui partage son existence , lui fasse émettre à sou tour des bulbiues et des rameaux.
On nous dit que des personnes qui oirt récemment trouvé des Polypes d'eau douce prétendent y avoir découvertdes Propngules internes qu'ils nomment ovaires. Si ces personnes n'ont pas pris une chose pour une autre , il faut convenir que la nature qui leur révéla du premier coup un fait échappé à la persévérance de Trembley , à Réaumur, à Baker, à Ellis, à nous, à la sagacité de Roësel surtout, les traita en enfans gâlés.
Outre la propriété reproductive par végétation, on a signalé comme un autre caractère chez eux , l'existence d'une seule ouverture qui, mettant leur extérieur ou sac stomacal en rapport avec ce qui les environne , remplit les fonctions de bouche lorsqu'il est question d'avaler, et celle d'anus quand , après que le Polype a extrait de sa proie ce qui était utilcà sa nutrition, il en rejette le superflu.
Baker croyait à tort voir une ouverture postérieure dans les Polypes qu'il observa"; en vain , l'on a récemment reproduit celte idée pour faire preuve de sagacité , après des gens qui avaient vu des Polypes sans y avoir aperçu deux ouvertures. Le caractère de ce qu'on pourrait nommer monophorisme est encore des plus positifs, et c'est à lui que les Polypes doivent même la singulière faculté de vivre en commun et séparément , selon les temps et leurs besoins. Tant qu'il n'a pas lieu , les jeunes sont dans la dépendance des vieux qui les nourrissent par une ouverture de communication , parce qu'ils ne peuvent pas entièrement se substanter euxmêmes; mais dès que cette seconde ouverluie de communication se ferme, !e monophorisme avertit les Polypes développés à la surface de leur prédécesseur, qu'ils peuvent se passer de tout secours étranger; et la
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chose est rendue sensible par le fart que nous avons observé sur des Tu-r bulariées ,- soit de mer, soit d'eau douce , et des Sertulariées qu'on peut considérer comme un ensemble de Polypes analogues à ceux de Trembley et de Ruësel , mais qui, s'élant compliqués de tubes piotecteuis, soit simples, soit rameux , y vivent en commun, communiquant tous les uns aux autres par leur sac alimentaire , capillairement prolongé à l'intérieur des pédicules individuels : delà cette subordination de chaque individu dans la vie commune , où existent autant de bouches-anus que d individus béans et étendant leurs tentacules pour saisir une nourriture qui doit profiter à tous. Mais que, dans un des individus , le pédicule s'étrangle , et que , par cet étranglement, la communication qui existait entre cet individu et le troue sur lequel il vivait en communauté vienne à cesser , le petit Polype se trouve bine et va se fixer ailleurs pour végéter , se ramifier et donner lieu à de nouvelles lloiuisons vivantes. Tel est le mode constant de reproduction de tout véritable Polype. [1 échappa à l'habile Millier qui, cependant, vit de jeunes Tubulariées émancipées (au moment où venant de se détacher de la masse qui les avait produites, ces jeunes Tubulariées allaient chercher un site d'élection pour se fixer), croître, se ramifier et perpétuer l'espèce ; il les prit pour des Leucophres , crut y voir des poils et des intestins , et les décrivit sous le nom Leucuphra keteroclita ( Infus. , p.
i58 , lab. 171). Cependant le hasard avait mis Millier sur la voie d'une découverte qu'il n'eût pas dû nous abandonner. C'est dans un vase, où ce grand observateur tenait des Tabulaires , qu'il trouva son Leucophra heteroelita , et il le soupçonna d'avoir quelques rapports avec ces Tabulaires; niais il renonça à cette idée qui s'est changée en réalité pour nous. Lor-squîaprès La paix de Tilsitt , qui. fut la conséquence de la brillante victoire de Énedland, le 5e régiment
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de dragons , ou l'auteur de cet article avait l'honneur de commander îun escadron , vint prendre ses can- . tonnemens aux environs île Marienwverder et dans l'île de la Nogat, i il rencontra en abondance une esf pèce non décrite , assez grande , du | genre Naisa de Lamouroux , ou Plut inalellc de Lamarck, qui, conjoin- : tement avec le campanulata , habitait j à la base inondée des grands scirpes Ile long des étangs si fréquens dans I la Prusse ducale. Ces deux Tubular riéesy formaient, soit distinctement , f soit confusément , des masses grosses i comme des cerises et des noix , ou i rampaient en couches plus ou moins t épaisses; entre celles que nous élevâ- 1 mes durant deux mois d'été, plussicuis émirent de ces sortes de pro- [pagules, si bien rendues par Roësel , idont beaucoup devinrent, sous nos ;yeux, des êtres distincts, selon cha- ( que espèce, mais toujours ressem- I Elans au prétendu Leucophrc de Miililer, tandis que ces êtres , que nous ; avions rencontrés nageant individuellement en d'autres parties des i marais, devinrent de véritables Tu- I bulariées.
Nous avons observé néanmoins ( dans des espèces dcFlustrées ,de Seri tulariées, sur l'un des côtés de chai que capsule, ou au-devant , au-des- : sous du grand orifice antérieur par 1 lequel se développait l'Animal, un ] pore ou petit trou que nous avions i d'abord considéré comme une ouverture anale; mais comme celte obscr- • vation n'a pas été faite sur le vivant , ■ et que des espèces très-voisines n'offraiont pas de trou pareil, il faut attendre qu'on ait, par de nouvelles recherches, décidé quel rôle ce trou joue dans l'économie animale oii nous n'hésitons pas à le considérer comme fort différent d'une ouverture anale.
Se substantant uniquement par absorption, les Polypes, tant qu'ils ne se sont pas compliqués d'une enveloppe, soit cornée, soit solide et calcaire, absorbent indifféremment à l'extérieur et à l'intérieur. Ils peuvent vivre conséquemment très-long- temps sans
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rien dévorer, et trouvent dans la matière muqueuse que l'eau tient en dissolution, de suffisais élémens d'entretien; cependant, s'ils en sont réduits là , ils languissent sans couleur et se teignent tout au plus de la matière verle qui vient à se développer autour d'eux; mai.-> à l'approche d'une proie vivante qu'ils perçoivent fort distinctement, soit au mouvement que celle-ci communique au fluide environnant , soit de toute autre manière , on les voit étendre leurs bras tentaculiformes autant qu'ils le peuvent; l'Entomostracé , la Naïs s'y trouvent saisis et demeurent aussitôt comme frappés de stupéfaction. Veulent-ils un instant résister? un autre bras ou plusieurs autres viennent au secours de celui qui a fait Ja capture, entortillent la victime, et, eu se contractant , la portent vers la bouche qui se dilate de manière à la recevoir; le sac l'engloutit, et on la distingue dans son intérieur se décomposant , pour que ce qui en doit être digéré soit assimilé par le Polype. En raison de la couleur de ce qu'il a avalé, celui-ci se colore en rose si l'objet mangé contient un fluide circula tcur de cette nuance; en noirâtre si c'est une petite Planaire noire ; en gris , en brun , en fauve , et même en rouge, si c'est un petit Poisson , car l'on a vu des Polypes avaler jusqu'à de jeunes Goujons bien plus gros qu'eux, et de trois à quatre lignes de longueur. Ainsi remplie, la petite bête vorace retire ses tentacules , et plongée dans un étal de torpeur qu'on peut comparer à celui qu'éprouvent les grands Boas et les Couleuvres, qui, ayant fait effort pour avaler des Animaux plus gros que leur tête, sont obligés de se remettre, en digérant, des fatigues d'une dilatation buccale. Un Polype ordinaire a avalé de suilc jusqu'à trois Nais ou bien douze Daphnies , et les ayant digéréesdans vingt-quatre heures , en a rejeté le résidu. A peine un autre venait d'être partagé, que ses tentacules étendus ne laissaient pas.
que de saisir une proie , de la porter à
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s:i boucha et de l'avaler, sauf à ce qu'elle s'échappât par le côté de la section qui n'élait pas cicatrisé. Mais de toutes les expériences faites par Trembley sur la manière dont les Polypes digèrent, l'une des plus délicates et en même temps des plus surprenantes , est le retournement de ces Animaux végétans. Gomme on a vu des Arbres plantés par leur cime convertir leurs racines en branchage feuillé , et au contraire leurs rameaux devenir des racines , de même un Polype dont on saisira adroitement le sac intérieur à sa pointe , et qu'on parviendra à retourner comme on retournerait un doigt de gant , convertit sa face externe en face interne digérante. Il fera bien quelques efforts pour se déretourner, selon l'expression de Trembley ; il y parviendrait même en tout ou en partie ; mais si avant qu'il tente de se remettre clans sa forme première , on lui livre quelque Animalcule à dévorer, il semble oublier aussitôt l'état de gêne où l'a mis d'abord l'opération , il saisit , attire, dévore, et aussitôt concentré dans les délices q^u'il trouve à digérer, une fois qu'il a digéré ainsi à l'envers, il demeure retourné comme s'il était dans son état naturel , sans songer à se remettre comme il fut d'abord. Enfin , il est des Polypes retournés , déretournés et retournés encore , qui ont pris les habitudes de l'état inverse qu'on leur avait donné. Les Polypes donc sont des Végétaux par la manière dont ils croissent et absorbent, mais des Végétaux agames , c'est-àdire sans sexe; ils sont tomipares , bulbipares, et plusieurs même sont gemmipares , mais nul n'est ovipare ni vivipare dans le vrai sens de ces deux mots. Cependant ils sont aussi des Animaux, car ils se meuvent, agissent , se déplacent en manifestant la conscience du bien-être. Ils ne se trompent pas sur le choix de leurs alimens : essentiellement carnivores , ils repoussent ce qui n'a pas vie, et ne conservent , dans leur sac alimentaire, que ce qui les peut convenablement substanter ; ils savent à pro-
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pos tendre des embûches , diriger leurs bras vers le point oii s'agite une faible victime ; ils n'attaquent pas les eties qui, par leur force, pourraient se débarrasser de leurs lacs et les rompre. Aimant la lumière , nonseulement ils se tournent vers elle comme les fleurs , mais ils s'y portent et accourent à l'éclat de ses rayons, en voyageant à la manière des chenilles arpenteuses quand ils ne sont pas captifs dans quelque agrégation qui leur interdit tout déplacement , et c'est de cette faculté de discerner la lumière et de venir à elle, selou le degré d'intensité qui lui convient , que résulte l'élection du site que fait chaque espèce pour se propager. Chaque Polype individualisé voyage en se fixant par son extrémité inférieure au fond , contre quelque corps résistant, puis se courbant, il pose l'extrémité de ses tentacules , qui alors ne sont plus des bras , mais font les fonctions de pieds, à la plus grande distance possible, et en rond sur le plan où sa pointe le retient , puis détachant celle-ci , il la porte au centre du rond formé par les tentacules,
au'il porte ensuite plus loin, et ainsi e suite, jusqu'à parcourir la distance de quelques pouces dans vingtquatre heures. C'est par ce mécanisme , qu'aidés par les courans , les petits Polypes des Sertulariées et des Flustrées , après s'être individualisés , vont choisir le Fucus ou quelque autre Polypier sur lequel leur I progéniture se plaira; les nombreuses tribus madréporiques ne se propagent pas autrement , et de cet asservissement à une vie commune qui , dès le développement de chaque rangée de Polypes, fit le fond de l'existence de l'être complet , résulte cette sorte d'état social nécessaire qui fait que les Polypiers se recherchent en quelque sorte et se confondant les uns les autres comme dans un dessein de protection naturelle contre la fureur des flots, finissent, tout faibles qu'ils sont, par triompher des tempêtes même qui ne sauraient les empêcher d'envahir l'Océan , en ti-
roi.
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rapt île sa masse même les élémeus rie rochers qu'ils préparent pour combïer son lit.
Nous ajouterons aux caractères qui doivent singulariser 'cs Polypes, et qu'on avait jusqu'ici négligé de leur assigner , l'absence totale d'yeux et de branchies, ou autre système respiratoire quelconque. Ils ne voient donc pas? Cependant la lumière et l'air leur sont indispensables pour vivre : on ajoute qu'ils sont sensibles au son. Les Sangsues, qui sont cependant des Animaux bien avancés, et qui ont jusqu'à du sang rouge, respirent et éprouvent l'ipiluence de la lumière à la façon des Polypes , c'està-dire par toute leur surface. Les Polypes , s'ils étaient entièrement des Animaux , seraient donc les plus simples de la nature, puisqu'il est impossible de rien découvrir eu eux qui ressemble non-seulement aux organes des sens , mais encore on n'y trouve ni ceiveau , ni moelle longitudinale , ni ganglions , ni nerfs, ni cirres vibratilcs ou rotaloires , ni la moiudrc traced'appareil respiratoire, ni système de circulation , ni intestins proprement dits. Ils vivent uniquement par absorption, soit externe, soit interne; la sensation de la lu^ mière, l'inllueuce du son, l'air qui leur est nécessaire, leur sont transmis comme la nourriture par leur surface; ils sont donc encore plus sensibles que les Plantes même les moins compliquées, à l'exception de nos Ghaodinées {V. ce mot) qui sont au règne végétal , comme les Polypes seraient à la zoologie , si l'on continuait de les y comprendre. Linné qui
Paraissait indécis à cet égard , et que on crut cependant être , sous d'autres points, dans la confidence du Créateur, les appelait des Animaux- Plantes, des Animaux-Pierres. C'est au mot PsYCUODiAiiiE que nous examinerons jusqu'à quel point Linné avait tort ou raison. En attendant, les Polypes formeront pour nous, dans ce règne , un ordre de sa troisième classe.
Les premiers observateurs qui s'oc-
cupèrent de recherches sur les Polypes d'eau douce , type de l'ordre des Polypes , appelaient aussi Polypes a bouquets et Polypes a va n \ cues les Crislatelles et les Pluinalcl les. PT. ces mots. (n.)
* POLYPÉTALE (corolle), bot.
PHAN. Corolle formée de plusieurs folioles ou pétales distincts. fr. Corolle, (a. h.)
* POLYPÉTALIE. bot. fhan. Dans nos Elémens de botanique et notre Botanique médicale , uous avons employé ce mot pour désigner les huitième et neuvième classes de la Méthode que nous y avons proposée, classes qui renferment toutes les familles de Plantes à corolle polypétale.
La huitième, PulypélalieSymphysogyuie, comprend les familles polypélales à ovaire adhérent , et la neuvième , Polypétalie-Eleuihérogynie , les familles pol^ pétales à ovaire libre.
* POLYPIIACUM. BOT. CRYPT.
(Agardh.) V. Osmonoaria.
POLYPHEMA. bot., phan. Loureiro a décrit sous le nom de Polyphema Jaca, Y Artocarpus inlegrij'ulia , L. , Suppl. V. Jaquier. (g..n.)
POLYPI1ÈME. iNS. Espèce du genre Goliath. V. ce mot, (b.)
* POLYPI1ÈME. Polyphemus.
crust. Genre de l'ordre des Lophiropode», famille des Ostracodes, extrait par Miillcr du grand genre Monocle de Linné , et ayant pour caractères :
pieds uniquement propres à la natation , simplement garnis de poils tantôt simples, tantôt brauchus ou en forme de rames. Tète confondue avec l'extrémité antérieure du tronc; deux yeux réunis en un seul fort gros situé à l'extrémité antérieure du corps , et figurant une espèce de tête; pieds au nombre de dix , dont les deux premiers plus grands*et ressemblant à deux rames fourchues. Le corps de ces Animaux est transparent , presque crus lacé , comprimé et terminé par une queue en forme de dard , avec
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deux soies au bout ; ils nagent sur le dos et poussent l'eau avec promptitude à 1 aide de leurs pieds en forme de rames. Degéer a vu une femelle accoucher de tous ses petits à la fois ; ils étaient au nombre de sept. Le type de ce genre est le Polyfijème OEil , Polyphemus Oculus , Miill. , Latr. , Hist. nat. des Crust. , etc. T. IV, p. 287, pl. 3o , fig. 3 , 4 et 5 ; Monoculus pediculus , Fabr. : Cephaloculus stagnorum , Lamk. , Syst. des Anim. sans vert. , p. 170; Celle espèce est commune dans les eaux des lacs et des marais de toute l'Europe.
POLTYPHÈME. Polyphemus. moll.
C'est avec quelques espèces du genre Agathine deLamarck, que Montfort, dans sa Conchyliologie systématique, T. 11, p. 4i5, a établi le genre Polyphème. Le Bulimus G/ans de Bruguière {Agalhina Glans , Lamk. ) lui sert de type. Les rapports de cette Coquille et d'autres , semblables avec les Agathines proprement dites, le passage insensible et la fusion des divers caractères sur lesquels Montfort a établi son genre avec les autres Agathines , prouvent avec évidence que ce genre est inutile et ne peut être adopté. P^. Agathine et Hélice.
POLYPHORE. bot. phan. Le professeur Richard a proposé ce nom pour une sorte de réceptacle qui porte plusieurs pistils, comme dans le Framboisier , le Fraisier. V. Réceptacle. (■*■• R)
* POLYPHRAGMON. bot. phan.
Genre de la famille des Rubiacées , et de la Décandrie Monogynie, L. , établi par Desfontaiues (MLém. du Mus. d'hist. natur. , vol. VI , p. 5) qui l'a ainsi caractérisé : calice persistant, cylindrique, supère , entier ou courouné par cinq petites dents.
Corolle supère , tubuleusc, soyeuse ; le limbe à dix découpures ovales, elliptiques, étalées. Dix étamines insérées sur le milieu du tube, alternes avec les lobes de la corolle , à anthères linéaires et à filets très-
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courts. Ovaircinfère , ovoïde ,ohlong, surmonté d'un style épais, sillonné longitudinalement , portant des stigmates aigus et recourbés, au nombre de six , sept et même davantage. Baie globuleuse , ombiliquée , légèrement sillonnée, divisée en un grand nombre de loges ( environ' vingt) polyspermes, et séparées par des cloisons longitudinales qui aboutissent à un placenta central. Graines petites t oblongues, aiguës au sommet , placées régulièrement en travers les unes au-dessus des autres autour du placenta auquel elles adhèrent par la
E ointe. Elles sont revêtues d'un doule tégument; l'extérieur osseux, terminé par de petits appendices aigus ; l'intérieur plus mince, membraneux , également appendiculé. Ce singulier genre appartient à la dernière section des Rubiacées de Jussieu , c'est-à-dire à celle oii le fruit est multiloculaire. Mais le nombre très-considérable des parties de la fleur, ainsi que la singulière organisation de son fruit et de sa graine, l'éloiguent de toutes les Plantes connues , si ce n'est de YEiithalis unï- Jlora décrit et figuré par Gaertner fils (Carpolog., p. g3, lab. 196 , fig. 4). Le Polyphragmon sericeum , Desf. , îoc. cit. avec figure , est un Arbrisseau de cinq à six pieds de haut, dont les rameaux sont noueux, velus supérieurement j garnis de feuilles opposées, ovales, lancéolées, acuminées, velues en dessous. Les (leurs sont axillaires, pédonculées , solitaires et opposées à la partie supérieure des raroeaux. Cette Plante croît dans l'île de Timor. (g. .n.)
POLYPHYSE. Pulyphysa. bot.
crypt. (Hydrophytes.) Genre rapporté par Lamarck , Cuvier et Lamouroux, à la classe des Polypiers, et regardé comme une Corail inée ou une Acétabulariée , mais qu'Agardh nous paraît avoir eu raison de rapporter au règne purement végétal , et nous croyons qu'il ne doit pas être éloigné du genre Vallonie. V. ce mot. Rien n'indique la moindre ap-