‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 3)Chapitre 110 sur 221 · TOME V · texte numérisé non relu

TOME V

torales sont médiocres , taillées en faux; sa dorsale pointue est assez élevée ; sa caudale, eu forme de croissant, est échancrée dans son milieu, à cornes peu aiguës et peu prolongées ; la queue avant sa base est un peu comprimée latéralement, et carenée en dessus et en dessous; son dos est noirâtre , et ce noir fait un angle descendant vers le flanc; les flancs sont grisâtres et le ventre blanchâtre ; sa tête osseuse se reconnaît parce que le museau est étroit, allongé, un peu moins long que la mâchoire inférieure, un peu convexe en dessus, plat en dessous ; l’occiput est à peu près hémisphérique ; la tempe se porte en arrière par un angle saillant et arrondi ; les os du nez sont un peu plus larges que longs ; le milieu du palais forme une saillie longitudinale étendue depuis sa pointe jusqu’à la pyramide des arrière - narines ; cette saillie est flanquée de chaque côté d’un enfoncement longitudinal; le plafond du palais ne devient plane que vers la pointe. Cette espèce, nommée Oie de mer par nos matelots à causé de la forme dépi’imée et aplatie de son museau , est la plus commune le long de nos côtes. Elle se trouve également dans l'Océan et la Méditerranée ; mais on est loin de savoir la limite des parages qu’elle habite.

C’est elle que les naturalistes supposent être le Dauphin des anciens , et cette supposition n’a d'autre fondement que l’aplatissement que présente le museau dans des figures de cet Animal qui nous ont été conservées sur les monumens de la sculplure et de la peinture antiques. Il faut qu’une superstition particulière ou une singulière confusion ait porté les anciens à défigurer cet Animal dans les représentations qu’ils en ont faites , car nulle part , soit sur les marbres , soit sur les médailles, soit même dans les peintures d’Herculanum où de nombreuses espèces de Poissons sont représentées avec une fidélité que l'on n’observe que depuis peu en histoire naturelle, le Dauphin n’est reconnaissable que comme Animal

554 DAÜ

symbolique. Tantôt on lui donne des écailles , tantôt une gueule de Squale , tantôt une queue verticale , etc.

Ce qui aura donné lieu à ces disparates ne peut venir que de récits contradictoires sur des Animaux trèsdifférens , et cette conjecture est appuyée par cette observa lion de Cuvier, que Pline ( lib. 9, cap. 7, 8 et 11) applique le nom de Dauphin à des Animaux dont il cite des caractères qui 11’appartiennent qu’à des Squales. Sénèque ( A 'al. Quest. , lib. 9 , cap. 2 ) et Athénée ( lib. 7) font le même emploi du mot Dauphin. Ces passages corroborent les principes de critique que nous avons le premier établis au mot Cétacés sur la manière dont il faut entendre les récits des anciens sur les noms génériques de Cètè , dç Ce/us , et de Wall chez les auteurs du moyenâgc, puisqu’ils ont pu appliquer si faussement les noms spécifiques.

Cuvier ( loc . cit. ) demande si l’on doit distinguer de cette espèce le Dauphin de Pernetty ( Voyage aux Maiouines, T. 1, pl. 11, fig. 1) vu près des îles du Cap-Vert, et dont le ventre paraît avoir été tacheté. — Blainville fait du Da uphin de Pernetty la quatrième espèce ae son premier sous-genre.

2. Souffleur des Normands, Delphinus Tursio , Fabricius , Faun.

Groenl. ,'p. 4g ; Nesarnak des Islandais , de Bonnalerre , Cetol., pl. 11, fig. 1 ; Lacép. , Cét. Séparé en deux espèces dans le Dictioun. d’Hist.Nat. , où il figure comme huitième et neuvième espèces sous les noms de Grand Dauphin ou Souffleur, et de Dauphin Nesarnak. C’est aussi le même que Hunter ( Ti ans. Phil. 1787 , pl. 18 ) nomme Bottle-Nosewale , et prend pour le D. Delphis , L. — Long de neuf à dix pieds , il porte de chaque côté, à chaque mâchoire, vingt-une à vingt-trois dents coniques, émoussées par le bout. Il est reconnaissable dans l’Oudre de Belon que cet auteur croyait VOrca des anciens , et qu'il confond à tort avec le Capidogliu des Italiens, lequel est un Cachalot. Linné, dit encore Cuvier , avait réuni sous son Delph. Orca cet Orca de Belon et

DAÜ

celui de Rondelet, ou l’Épaulard qui n’a que vingt-deux dents en tout à chaque mâchoire avec une tête ronde. Ce Souffleur ou Delphinus Tursio est le même dont Camper a figuré le crâne, pl. 35, 56, 3g et 4o , sous le nom de Dauphin vulgaire. — Le crâne du Delphinus Tursio est représenté (/oc. cit ., pl. 21 , fig. 3 et 4 ); il est à peu près au Bredanensis ce qu’est le Dubius au Delphis. Son museau est plus large, plus court, plus déprimé , mais les tempes ont la même grandeur relative. Les os du nez sont plus petits et ne louchent pas aux intermaxillaires ; le vomer s’y montre à deux endroits de la face inférieure , une fois entre les maxillaires et les palatins , et plus en avant entre les intermaxillaires et les maxillaires. Les vertèbres cervicales , quoique minces, sont toujours distinctes; il y a treize dorsales et trente-huit vertèbres terminales; il n’y a point de trou au premier os du sternum , et ses angles latéraux sont moins aigus que dans le précédent. — Nous avons vu deux fois, la Seine étant grossie par la fonte des neiges dans des années où la Manche avait été très-orageuse durant le mois de février, une troupe de six à huit Souffleurs se tenir pendant plusieurs semaines à la hauteur de Rouen entre J umièges et le Pontde-l’Arche; le plus souvent ils se tenaientdans le port même de Rouen, où la vue des curieux et la multitude des canots et des barques ne semblaient pas les intimider. On nous a assuré qu’ils n’avaient jamais remonté audessus du Pont-de-l’Arche , qui est la limite des marées. Or on prétend que des Marsouins ont été vus dans la Seine jusqu’auprès de Paris.

3. Dauphin de Geoffroy, Blainv., Delph. frontatus , Cuv. , loc. cit. p.

278; c’est peut-être sa tête qu’on voit représentée sous le nom de Marsouin blancdans Duhamel (Pêches , part. 2 , sect. 10, pl. 10 , fig. 4; D. rvstratus, Shaw?) Moins connu que les deux précédens. La chute de sa convexité frontale est plus rapide ; le bec plus prononcé et plus comprimé. Geoffroy

r DAU

int-Hilaire en a rapporté île Lis- >nne un individu enlier qui a ugt-quatre ou vingt-cinq dents rtout. Il est long de sept pieds , son bec de huit ou dix pouces ; u dos est gris ; le ventre et le ur des yeux blancs ; les nageoires l reçu dans la préparation de la au une teinte d’un blanc roussâtre Me l’Animal avait sans doute dans

Ita t frais ; les pectorales sont taillées faux comme au Dauphin et au irsouin. Blaiuville a rapporté è tte espèce un Dauphin vu par Fréinvillcsurla côte du Brésil. Ce voyaur lui donne quinze pieds de long, ;ie convexité tres-forte sur la gueule nt la mâchoire formait un museau ;s-avancé. Il était de couleur centée,avec une raie blanche de cliaie côté de la tête , laquelle raie s’étndait pour dessiner une grande lai e de la même couleur sur le dos , us la gorge et sous le ventre. Si le ; pprochement est exact, cette espèce rait donc des mers du Brésil.

Page 1