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des journées entières), faire quatre ou cinq lois plus de route que le vaisseau qui file de quatre à cinq lieues par heure. Ce fait suffit pour donner une idée de l’infatigable vitesse de ces Animaux et se rattache à la loi que nous avons établie sur le rapport entre la proportion de masse du système nerveux et la densité des milieux où se meuvent les Animaux.
Telle est la source de toutes les fables qui ont couru et courent encore sur les Dauphins , avec cette différence qu’au jourd’hui de tels contes n’ont de crédit que chez les gens qui n’ont point vu la mer. Celle assiduité des Dauphins à suivre les vaisseaux , pour y trouver plus commodément à vivre ou bien à les
{irécéder par amusement , a donné ieu à Moreau de Jonnès de faire une observation importante en zoologie :
c’est que dans la même troupe de Dauphins de la même espèce , tous les individus n’ont pas la même répartition de taches ou de couleurs sur le corps ; de sorte qu’il ne faut pas faire un caractère spécifique de ces différences purement individuelles et toutes superficielles. Et comme les caractères spécifiques extérieurs sont encore plus incertains dans les Cétacés que dans les autres Mammifères , il s’ensuit la nécessité de trouver des moyens de détermination entièrement positifs et indépendans de ces accidens individuels.
C’est ce que vient de faire Cuvier dans le tome vm, irc partie de ses Ossemens Fossiles. Nous allons extraire de son ouvrage d’abord les caractères génériques; nous donnerons les caractères spécifiques eu traitant de chaque espèce. Le squelette seul , comme nous l’avons dit ailleurs , offre ces caractères positifs et permanens. Et comme les traits les plus personnels de l’espèce se prononcent toujours davantage dans le crâne qu’ailleurs , c’est principalement de la considération des crânes que se tirent les motifs de détermination.
Dans les Dauphins, le crâne est,
t-il (pag. 290), très-élevé , très- >urt , très-bombé eu arrière ; la crête xipitale entoure le haut de la tète , I descend de chaque côté sur le mi- , "u des crêtes temporales qui se l orient beaucoup plus en arrière u’elle. Cette face occipitale , si grande : si bombée , est formée par l’os du ième nom , par l’interpariétal et les jyiriétaux, tous réunis de bonne heure 1 une seule pièce. Les pariétaux •escendent de chaque côté dans la ; anpe entre le temporal et le frontal,
, ils y atteignent au sphénoïde posléteeur. En avant et en dessus, cés palétaux se terminent derrière la crête ;cipitale, et les maxillaires s’en raprochent beaucoup de leur côté. . Il ensuit que le frontal, à l’extérieur, e décrit qu’un bandeau transversal, »rt étroit , qui se dilate à chaque exi émité pour former le plafond de orbite. Mais après l’enlèvement du îaxillaire qui double en dessus et !■; plafond et presque toute la face anirieure du crâne , on voit que le ontal est en réalité beaucoup plus rge qu’il ne semble à l’extérieur, omme dans les autres Cétacés , les eux os du nez, plus ou moins cubiiues , sont enchâssés dans deux trous i j milieu du bandeau du frontal. Les arines plongent verticalement aui evant de ces os; leur paroi posté- 1 eure est formée par le corps de eîthmoïde, le plus souvent tout-à-fait nnperforé, et qui n’a jamais que des . ous vasculaires. Le vomer, cloison îs narines, tient à l’ethmoïde com- Leà l’ordinaire. En arrière du mutau , les maxillaires s’élargissent en ne lame dilatée qui recouvre toute |i partie orbitaire et cérébrale du 1 ontal , moins le bandeau qui les sé- >»re de l’occipital. Ils contournent ! ; nsi l’ouverture supérieure des nariîs jusqu’aux os du nez; les inter- 1 axillaires bordent l’ouverture nale en avant , et vont jusqu’au bout 1 museau sur et entre les maxillais. Le jugnl ferme l'orbite en des- ‘ us ; articulé en avant sous le axillaire et le frontal, il se prolonge i arrière sous forme de stylet arti-
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cidé sur l’apophyze zygomatique du temporal. Cette apopnyzc est unie à 1 ’apophy/c post-orbitaire du frontal ; d ou il suit que toute l’arcade zygomatique proprement dite appartient au temporal; le jugal n’y entre pas ; le rocher et la caisse , soudés de bonne heure en une seule pièce , sont suspendus par des ligamens à une voûte que forment des lames saillantes de l’occipital latéral, du basilaire, de l’aile ptérigoïde et du temporal; le pariétal lui-même prend part à celte voûte; le temporal se trouve donc presque exclus des parois cérébrales ( F". Crâne). — Les dents finissantbien en avant de l’orbite, le maxillaire ne fait que plafonner l’orbite, il ne lui donne pas de paroi inférieure ou la-r térale ; les palatins et les apophyzes ptérigoïdes internes développent, de chaque côté des arrière-narines , de vastes cellules tapissées par des sacs de membranes muqueuses comme les sinus maxillaires, frontaux, etc., dans les autres Mammifères. Chaque palatin se replie sur lui-même en un anneau irrégulier pour former la base de cette grande caverne que le maxillaire plafonne en haut. C’est dans cette caverne osseuse qu’on a placé le sens supplémentaire de l’odorat des Dauphins ; mais on ne l’a fait qu’arbitrairement , n’ayant pas décrit la structure anatomique de cette partie, surtoutsouslerapportdes nerfs qu’on suppose s’y distribuer. Le trou par où passe la deuxième branche de la cinquième. paire, n’est pas sous-orbitaire, mais ouvert au-dessus de la voûte de •l’orbite. Il n’y a ni os ni trou lacrymal. Le trou optique est médiocre , et dans le sphénoïde, comme à l’ordinaire. La hauteur de la cavité cérébrale surpasse sa longueur; la selle turcique est presque eflacée ; les fosses cérébelleuses sont les plus creuses. Il y a souvent une tente cérébelleuse très-saillante dans son milieu ; la faux est toujours osseuse en arrière ; il 11’y a pas de crête de coq à l’ethmoïde; à peine aperçoit-on quelques petits trous à la lame cribleuse qui est dans quelques espèces toul-à-fait imperfo-
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rée. Nous avons déjà dit que jamais les deux côtés delà tête ne sont parfaitement symétriques dans les Cétacés proprement dits.
Nous avons, au mot Cétacés, donné un aperçu de la distribution géographique des espèces de cet ordre.
Nous avons dit qu’il n’y avait aucune raison de croire que cette distribution fût aujourd’hui différente qu’elle n’était autrefois ; que ce qui avait jeté tant de confusion sur celte question , c’est que le mot de Wall et ses synonymes , chez les peuples germains et Scandinaves, étaient employés comme Cetus chez les Romains , et Cétè chez les Grecs, pour désigner tous les grands Animaux marins, Poissons ou Mammifères indistinctement.
Noël de La Morinière ( Hist. des pêches ) a le premier signalé cette confusion, et entrepris de la débrouiller; mais il a trop restreint , en ne l’appliquant qu’ait seul Marsouin , la pèche que faisait des Cétacés , durant le moyen âge , sur les côtes de Normandie et d’Angleterre , la société dite <les Wallmans. Cuvier pense que même la Baleine franche habitait autrefois nos pax-ages , et que des chasses trop meurtrières l’ont reléguée sous le pôle. Nous avons dit en substance aux mots Baleine et Cétacés quelles raisons empêchent d’adopter cette opinion. Nous développerons ces raisons dans un Mémoire particulier dont on peut se figurer les motifs et les preuves par notre Mémoire sur la patrie du Chameau ( Mémoires du Muséum, T. x). Ainsi donc, le Dauphin à bec, le Marsouin, l’Orque, l’Epaulard ou Grampus , et le Souffleur , les plus communs sur nos côtes, qu’ils n’ont pas quittées, quoique bien évidemment , d’après tous les textes des chroniques et chartes du moyen âge , ils fussent l objet de la pêche des Wallmans, sont les espèces dont il est seulement question dans ces chroniques et dans ces chartes à l’exclusion des Baleines franches. Et la rareté des fanons dans les arts industriels, à cette époque, prouve bien que même les autres Baleines
ne se pêchaient pas sur nos côtes, au; moins régulièrement.
Les sens des Dauphins paraissent aussi obtus que ceux des Baleines et des Cachalots. La cavité de l’oreille creusée dans la masse épaisse de leur rocher n’annonce qu’une ouïe trèsimparfaite. L’odoratestnul, elle goût n’est guère plus développé, à en juger par la fixité de la langue. Le toucher n’y a pas d’appareil spécial. La vue seule paraît devoir une certaine perfection au miroir choroïdien qui garnit l’intérieur de l’œil. Nous avons découvert dans le Marsouin, et Cuvier a aussi trouvé dans le Dauphin, uc la surface concave de la cboro’ie est d’un gris de nacre. Il en est probablement de même dans les autres espèces. Cette même couleur peint aussi la choroïde de la Baleine' qu’il est si difficile d’approcher dans l’eau diaphane , et qu’on approche au contraire très-aisément dans l’eau verte. Or, il n’y a pas de raison pour
au’elle entende mieux dans l’une e ces eaux que dans l’autre. Nous avons montré (Anat. et Physiol. des Syst. nerv. et Mém. sur l’usage des couleurs delà choroïde, lu à l’Institut les 19 et 26 janvier 1824, imprimé dans le Journ. de Physiol. T. iv) quel était! l'effet de ces miroirs réflecteurs dans la vision. Et quoique toutes les autres circonstances de la structure de l’œil dans les Dauphins soient peu avantageuses, néanmoins les réflections qui s’opèrent sur le miroir choroïdien servent de compensation à cette imperfection.
Avant la révision que Cuvier vient:
de faire des espèces de ce genre d’a-j près une comparaison de têtes bien conservées, révision qui n’eût été que conjecturale sans les collections dont il dispose, Blainville comptait, non compris les sept espèces de son sousgenre Hélérodon dont la seule espèce authentique forme le type du genre liypéroodon de Cuvier, vingt-cinq espèces de Dauphins réparties en cinq sous- genres : Delphinorhinque, Dauphin proprement dit, Oxyptère, Marsouin et Dclphinaptère. On va voir que
j s vingt-cinq espèces sc réduisent à | eizeou quatorze authentiques. Il eût | é bien facile , dit Cuvier , en profint de figures grossières faites d’imanation ou de souvenir , et de des- ; iptions confuses et tronquées , et eu •cumulant des synonymes qui ne nt que des copies les uns des autres,
* faire paraître de Ion gués listes d’esi :ces qui n’auraient aucune réalité , que le moindre souffle de la critique nversefait ou mettrait en désordre.
I ais c’est précisément la conduite ntraire qu’il est , selon nous , néssaire de tenir si l’on veut tirer hiistoire naturelle du Uhaos où elle t encore. Nous avons cru devoir cir ces réflexions qui s’adaptent si en aussi à la physiologie et à l’anamie , pour prévenir le soupçon que | Icotre article serait incomplet sous le
Spport zoologique parce qu’il consent presque moitié moins d’espèces ie ceux des autres Dictionnaires, en que nous en ayons mentionné ii ne s’y trouvaient point.
La tête osseuse des Dauphins , dit icore Cuvier ( loc . cil.) , varie par le us ou moins de longueur et de lare:ur du museau. Ceux à museau rge ont la tête ronde , ou , comme r,i a dit, en forme de chaloupe, test-à-dire que la ligne du profil desnd par une convexité uniforme jusî’au bout du museau; ceux à muau grêle ont au contraire au bas ; cette convexité une partie plane l-i ai forme comme une espèce de bec.
j fm a tiré de cette conformation des
Si ractères propres à diviser ce genre ni deux petites tribus ou sous-genres.
f Dauphins à bec.
1. Dauphin yuugaike , Delphinus elphià , L. , Cuvier, Osseru. Foss. , édition , ire part. ; le crâne, pl.
, fig. 9 et îo, T. v. Long de six lu sept pieds; son museau, à comp- I1 r du front, égale en longueur le #■ ste de sa tête; il porte à chaque l âclioire quarante-deux à quarante- |pt dents de chaque côté , et en a , •r conséquent, cent soixante-huit cent quatre-vingt-huit ; ses pec-