V. Embryon et Graine. (a. r
DICOTYLÉDONS ou DICOTY- LÉDONES (végétaux), bot. phan.
L’embryon ayant été considéré comme l’organe le plus important en.
botanique pour la classification , c’est de sa structure qu’ont été tirés les caractères fondamentaux de la division des Plantes en familles naturelles. Mais cet organe ne peut fournir de caractères que dans les Plantes phanérogames qui seules en sont pourvues. Or , dans ces Végétaux, on a remarqué qu’il présente deux modifications essentielles. Tantôt son extrémité supérieure est parfaitement indivise , tantôt elle est plus ou moins profondément divisée en deux lobes qu’on nomme Cotylédons ; dans le premier cas , les Plantes phanérogames ont reçu le nom de Monocotylédones , tandis qu’on les appelle Dicotylédones dans le second.
Cette différence dans l’embryon est loin d’être la seule qui existe entre les Monocotylédons et les Dicotylédons. Elle en entraîne d’autres dans le port et l’organisation intime de ces deux groupes. Il nous paraît important de les signaler ici rapidement, en nous attachant plus spécialement aux caractères qui distinguent les Dicotylédons. En effet, lorsque l’on veut connaître un Végétal, il n’est
fias toujours possible cl’en observer 'embryon qui fournit le véritable signe distinctif entre les Monocotylédons et les Dicotylédons; il est donc utile d’avoir quelques autres caractères qui puissent servir à distinguer au quel de ces deux groupes il appartient.
En general le6 Végétaux dicotyléclonés sont plus rameux que les Monocotylédons. Que l’on observe ceux de ces derniers Végétaux qui croissent dans nos climats ou que la culture y a naturalisés, et l’on verra que ce sont pour la plupart des Plantes à tiges simples, très-rarement rameuses. Ainsi le Blé , l’Orge , l’Avoine et toutes les autres Graminées, les Carex , les Scirpus, les Souchets et toutes les autres Cypéracées, toutes les Plantes bulbeuses qui appartiennent aux familles des Liliacées , des Amaryllidées, etc., qui toutes sont des Monocotylédons, présentent presque constamment une hampe ou tige simple. Il n’en est pas de même dans les Dicotylédons , et sous ce rapport , cette différence est surtout frap-
Eante entre les Monocotylédonésetles 'icotylédonésarborescens. Quel contraste entre ces Palmiers dont le stipe élancé et cylindrique s'élève quelquefois à une hauteur de cent pieds, sans donner aucune ramification , et qui se termine par un vaste faisceau de feuilles, et tous les Arbres Dicotylédous , tels que les Chênes, les Charmes, les Peupliers, les Saules , etc., qui forment nos forêts européennes ! Les feuilles ne sont pas moins différentes dans leur organisation si on les observe dans chacun de. ces deux groupes. Ainsi dans les Dicotylédons, les nervures ou faisceaux de vaisseaux qui se dessinent à leur face inférieure sous la forme de lignes plus ou moins proéminentes, sont irrégulièrement et en quelque sorte indéfiniment ramifiées et anastomosées entre elles. Observez au contraire celles des Monocotyledonés , et vous verrez que constamment les nervures et leurs ramifications sont toujours parallèlesentreelles : tantôt elles y suivent la même direction que la côte ou nervure médiane , comme dans les Graminées, les Cypéracées , les Orchidées , Liliacées , etc. ; tantôt elles sont perpendiculaires sur cette dernière, ainsi qu’on l’observe pour les Amomées et les Musacées. Ce parallélisme et cette simplicité dans les
nervures des feuilles, est un des caractères les plus faciles pour reconnaître une Plante à un seul cotylédon. ! Ajoutez à ce caractère que presque constamment les feuilles sont engainantes , ce qui est assez rare dans les Plantes dicotylédonées. L’organisaT ; tion de la fleur nous offrira encore quelques signes distinctifs quiue sont pas à négliger. Ainsi , à l’exception d’un très-petit nombre de familles, les Plantes à deux lobes séminaux ( sont pourvues d’un périanthe double, c’est-à-dire d’un calice et d’une corolle. Les Monocotylédons au. contraire n’ont jamais qu’un périanthe simple, c’est-à-dire qu’un calice t j qui très- fréquemment offre la délicatesse de tissu et les couleurs variées et brillantes qui font l’ornement de la corolle.
Si nous coupons transversale- I ment la tige d’une Plante dicotylédouée , annuelle ou vivace, nous la verrons composée de quatre parties emboîtées les unes dans les autres sous la forme de cercles concentriques. Le premier de ces anneaux , en procédant de la circonférence vers le centre, constitue l’écorce ; le second forme la plus grande partie de la masse de la tige; il se compose de fibres longitudinales entremêlées de tissu cellulaire ; le troisième qui est mince constitue autour de la moelle, occupant le centre et formant la quatrième partie , un cercle composé de vaisseaux séveux qui porte le nom d’étui médullaire. Une tige de Monocotylédonée est plus simple dans sa composition , c’est en quelque sorte une masse de tissu cellulaire' dans laquelle sont éparses quelques fibres longitudinales. Mais ces différences sont encore plus grandes entre les Végétaux ligneux de ceS deux groupes. Le tronc du Chêne ou de tout autre Dicotylédon est foi niée d’une suite de cônes creux très-allongés, emboîtés les uns dans les autres , offrant au centre un canal longitudinal rempli par la moelle, et a l’extérieur une écorce bien distincte.
Coupé en travers, ce tronc présente
i s patties différentes : i° la moelle (fermée dans le canal médullaire;
; es couches ligneuses , qui se comment intérieurement du bois pro- Mnent dit, dont le grain est plus ise et plus coloré , et de l’aubier (>né parles couches les plus exter- ,, qui sont d’un tissu plus pâle et i-s lâche; 3Q de l’écorce qui se ;:ipose extérieurement de l’épideret de l’enveloppe herbacée ou iulle externe, des couches cordes et du liber. La médulle exüie est analogue par sa structure fornique* avec la moelle qui occupe oentre de la tige et remplit le canal dlullaire. Elle communique avec
■ par le moyen des prolongeinens ilullaires , qui se dessinent sur la pe d’un Arbre Dicotylédon com-
i des lignes parlant en rayonnant centre vers la circonférence. Tel st pas l’aspect du stipe d’un Pal- :::r que l’on a coupé transversaleiat. Au lieu de présenter cette suite ceercles placés les uns dans les auun canal médullaire au centre j inc écorce bien marquée à la cirtférenee, c’est une masse de tissu i ulaire , sans écorce distincte , sans *:al médullaire et dont les libres lit uses, au lieu d’être rapprochées et former des couches ligneuses , it éparses au milieu du tissu celi lire.
Dans les Dicotylédons, le tronc préi: te deux surfaces d’accroissement, moyen desquelles son diamètre { mente chaque année. Ces deux ; faces sont con ligués ; l’une estplaà l’intéiieur de l’écorce et l’autre : extérieur des couches ligneuses.
■ ique année il se dépose entre ces x surfaces un liquide épais et vis-
: ux qui , pai‘ les progrès de la véi ilion , s'organise et forme une uvelle couche de bois et une nou- • e couche d’écorce. Les Monocoty- < mes, au contraire , n’offrent qu’u- ■seule surface d’accroissement. Ce -;t jamais que par le centre même î1 le stipe des Palmiers augmente i diamètre.
‘•L’auteur du Généra Plantarum a
d’abord divisé les Dicotylédons en trois sections pi'incipales , savoir : j 0 les Apétales qui sont tantôt entièrement dépourvues de vrai périanthe et dont les organes sexuels sont simplement enveloppés decailles, tantôt accompagnées seulement d’un calice; 20 les Monopétales qui ont un
fiériauthe double dont l’intérieur ou.
a corolle est monopétale ; 3° les Polypétales ou ceux qui offrent une corolle formée de plusieurs pièces ou pétales. Chacune de ces sections est ensuite partagée en trois classes d’après l’insertion des étamines , savoir :
les Apétales épigynes, périgynes et hypogyues; les Monopétales hypogynes, périgynes et épigynes qui se subdivisenten deux , suivant que les anthères sont libres ou soudées entre elles ; enfin les Polypétales épigynes, périgynes et hypogynes; ce qui fait dix classes pour les Dicotylédons, auxquelles il faut ajouterles Diclines qui comprennent tous les Végétaux à deux cotylédons qui ont des sexes séparés sur deux individus distincts. V ., pour de plus grands développemens , les mots Méthode et Familles naturelles , où nous exposerons la nouvelle classification que nous avons proposée pour grouper les familles naturelles en classes. (a. r.)
DICRÆIA. Dicrœia. bot. phan.
Et non Dic/xea. Selon Jussieu, le genre décrit par Du Petit-Thouars sous le nom de Dicræia paraît être le même que le Podostemum de Michaux. Néanmoins le premier de ces genres offre quelques caractères qu’on n’a pas signalés dans le second. V.
Podostéme. (a. r.)
DICRANE. Dicranum. bot. cryft.
( Mousses. ) Ce genre a été subdivisé par quelques auteurs d’après diverses considérations que nous ne pensons pas qu’on doive adopter; une seule de ces subdivisions mérite peut-être d’être admise, si elle est fondée sur des caractères bien exacts ; c’est le genre Campylopus de Bridel. Le genre Dicrane nous paraît devoir renfermer toutes les Mousses dont le péris-
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tome est simple, composé de seize dents larges divisées en deux à peu près jusqu’à moitié , et dont la coiffe est fendue latéralement; les espèces ui forment le genre Campy lopus de ridel ont été placées tantôt parmi les Dicranes , tantôt parmi les Grimmia. En effet, elles réunissent au port des Dicranum et à un péristomeà peu près semblable , une coiffe campanuïée , semblable à celle des Grimmia.
Si les dents du péristome sont en effet bifides , ce genre mérite d’être conservé, sinon on doit le réunir aux Grimmia comme Hookcr l’a fait.
Les Dicranes , tels que nous venons de les caractériser , présentent deux sections bien tranchées ; la première , ou les Fissidens d’Hedwig , a les feuilles insérées sur deux rangs opposés , et placées verticalement ; leur bord supérieur est divisé en deux lames qui embrassent la tige.
Trois ou quatre espèces assez communes , et d’une forme très-élégante , appartiennent à cette section qui mériterait certainement de former un genre particulier, si on trouvait des caractères autres que ceux de la végétation pour les distinguer; ces Plantes sont les Dicranum bryoides , adianthoïdes , taxifolium , etc. , de De Candolle. Les autres Dicranum qui ont assez d’analogie par leur port ont les feuilles insérées tout autour de la tige, mais souvent déjetées d’un seul côté ; leur tige est presque toujours rameuse , à rameaux Pressés et serrés. Ces Plantes viennent en général par touffes serrées , ou forment des tapis d’un vert gai dans les bois et sur les berges de sable; une des plus remarquables est le Dicranum scoparium , espèce très-commune aux environs de Paris, et l’une des plus grandes du genre; sa tige est simple ou à peine rameuse , droite et couverte de feuilles longues , déjetées toutes d’un seul côté; les capsules qui naissent de l’extrémité de la tige sont ordinairement solitaires et portées sur un long pédicelle ; elles sont arquées, et leur opercule est très-long. Nous citerons encore le Dicranum glau-
cum qui forme dans nos bois desf touffes larges et très-serrées , d’un vert blanchâtre , composées de tiges»
rameuses très-rappi’ochées et couq vertes de feuilles presque blanches eti obtuses. Celte espèce fructifie asseri rarement; ses capsules, d’un brun foncé, sont petites et portées sur un
fiédicelle assez court et de mêrfte coueur.
Les espèces de ce genre et surtout* de cette seconde section sont très-* nombreuses; plusieurs présentent à* la base de la capsule une apophyse) unilatérale ou struma , qu’on 4 com-»
parée à un goitre ; tels son t les Dicranum strumiferum , virens , falcatum , Starkii , etc. (ad. b.)
* DICRANOPTERIS. bot. crypt.
(Bernhardi.) V. Mertensie.
* DICROATUS. ois. Huitième famille de la Méthode ornithologique de Klein , qui comprend les genres) dont les doigts sont garnis de membranes frangées, tels que les Foulques et les Grèbes. V. ce mot. (b.)
* DICROBOTRYUM. bot. phaÈ Une Plante des envii ons d’ Yngostura»
dans l’Amérique méridionale , rapportée par les célèbres voyageurs Humbofdt et Bonpland , reçut le» | nom de Dicrobotryum diuaricatumidt | Willdenow, qui laissa dans son Herbier une note manuscrite sur ses caractères génériques. Ceux-ci ont été publiés dans le Systema V egelabilium , T. ix, de Rœmer et Schultes, sans aucune recherche qui puisse éclaircir l’histoire de ce nouveau genre. Cependant Kunth, dans V IndeS qui termine le troisième volume de ses Noua Généra , a donné pour synonyme du Dicrobotryum de Willdenow, son Gueltarda xyliostl/ides , dont il a donné une belle figure ( loc.. cit. , p- 5a8 , t. 292). Guettarde. (gvn.)
DICROCÈRE. Dicrocerus. ANNEfi Genre établi en 18 14 par Rafinesque- Schmaltz (Précis des Découvertes sémiologiques, p. 3i) qui le range parmi les Vers ( Helmintosia ) et lui assigne pour caractères : corps (ihfornie?
DIG
x yeux et deux antennes sur la ; flancs nautiques. Il renferme une : le espèce.
<e Dicrocère rougeâtre , D. ru~ ■eus. Il est rougeâtre avec la têtç use et la queue aiguë ; les anneaux t plus larges que longs. On le rive dans les mers de Sicile. Une i criplion aussi abrégée et aussi iniplète ne peut guère servir à re- » naître un genre , et surtout* à en ictériser un nouveau. Toutefois j. :roit voir qu’elle se rapporte à une i îelide voisine des Néréides, (aud.) •ICRURUS. ois. ( 'Vieillot. ) F.
[))NGOS.
)>ICT AME DE CRÈTE, bot.
."N. Espèce du genre Origan. On a iné improprement le nom de Dici e de Virginie au Pouliot, et de l : Dictame à un Marrube. F. ces ss et Origan. (b.)
! I C T A M N E. Dictamnus. bot.
' 'N. Ce genre, que l’on connaît aussi t- . le nom vulgaire de Fraxinelle , partiedela famille des Rutacées et a Décandi ie Monogynie, L. Un t :e à cinq divisions profondes et i iques; une corolle de cinq pétales ;;uliers et inégaux; dix étamines ss , déclinées, dont les filets sont rerts de glandes tuberculeuses ; .tyle également décliné , offrant sillons longitudinaux, ce qui ronce qu’il est formé de la réunion i nq styles intimement soudés; un ti aate simple , un fruit composé de
É capsules uniloculaires , bisper- , soudées entre elles per leur cô- . terne, comprimées latéralement, vrant par leur partie supérieure :
sont les caractères qui distinguent enre Dictamne. Une seule espèce ) mpose.
ICTAMNE BLANC, DictamilUS Cll- , L. , Lamk. , Ulust. tab. 544 , 1 ; Dictamnus Fraxinella , Pers.
tt une Plante vivace , à racine :use, qui croît dans les lieux roeux des contrées méridionales Europe , en Orient , etc. Sa tige laute d’environ deux pieds, droicylindrique, rougeâtre dans la <1 ie supérieure. Les feuilles sont
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alternes , imparipinnées , ayant beaucoup de ressemblance avec celles du Frêne ; de-là le nom de Fraxinelle donné à ce genre par Tournefort et Gaertner. Les folioles sont ovales, aiguës , glabres , luisantes , dentées. Les fleurs sont blanches ou purpurines, pédicellées, obliques, et forment un long épi au sommet de la tige.
Les pédoncules de ces fleurs , le calice et la partie supérieure de la tige sont chargés d’une multitude de petites glandes pédicellées qui sécrètent une huile volatile très-abondante et d’une odeur très-forte. Aussi cette Plante donne-t-elle lieu à un phénomène très-remarquable , et qui a été observé pour la première fois par la fille de l’immortel Linné. Pendanc les grandes chaleurs de l’été , il s’échappe des glandes qui couvrent la Fraxinelle une grande quantité d’huile volatile qui forme autour de celte Plante une sorte d’atmosphère éthérée. Si vers le soir on y plonge la flamme d’une bougie , l’huile volatilisée s’enflamme et brûle rapidement. On cultive assez fréquemment le Dictamne blanc dans les jardins ; il y forme un très-bel effet par se3 longs épis, et présente deux variétés : dans l’une les fleurs sont tout-à-fait blanches, tandis qu’elles sont purpurines dans la seconde. La racine de cette Plante qui est amère et aromatique était jadis employée comme sudorifique et vermifuge ; mais les praticiens en ont abandonné l’usage.
D I C T I L E M E . Dictilema . bot .
crypt. ( Confervées ? ) Rafinesque a décrit sous ce nom un genre de Plantes marines qu’il caractérise ainsi :
filainens anastomosés, réticulés, inarticulés, offrant à leur surface ou à leur point de contact , des tubercules séminifères. Ge genre , qui ne peut être adopté sans un nouvel examen, paraîtrait voisin des Ilydrodictyons. (b.)
DICTYARIA. bot. crypt. (C/iam pignons. ) Hill désigne sous ce nom le genre Phallus. F. ce mot. (a. r.)
* DICTYCIA. bot. crypt. ( Chant pignons.) Rafinesque appelle ainsi uu