‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 3)Chapitre 157 sur 221 · V. Autruche. (dr..z · texte numérisé non relu

V. Autruche. (dr..z

DIDELPHE. Didelphis. mam, GenredeMarsupiaux ou Animaux à bourse , établi par Linné, etcaraclérisé par dix incisives en haut , dont les intermédiaires sont un peu plus longues , et huit en bas ; trois mâchelières antérieures , comprimées , et quatre arrière-mâchelières hérissées , dont les supérieures triangulaires , les inférieures oblongues , en tout cinquante dents , nombre le plus grand que l’on connaisse encore parmi les Mammifères. Ils ne sont pas moins bien caractérisés par leur pied de derrière , qui est une véritable main de Singe , d’où leur était aussi venu le nom de Pedimanes , qu’ils partageaient avec les Phalangers dans la première classification de Cuvier, antérieure à celle du Règne Animal. Mais chez les Phalangers , ce pouce également dépourvu d’ongles , comme chez les Didelphes , est tout-à-fait dirigé en arrière , comme aux Oiseaux ; et en outre , les deux doigts suivans sont réunis par la peau jusqu’à l’ongle. Tous les autres doigts des Didelphes sont armés d’ongles assez crochus qui servent à fouir et à s’accrocher en grimpant. En marchant , ils appuient à terre la plante du pied qui est ronde, grande et lisse à ceux de devant. La brièveté et l’épaisseur des jambes en font des Animaux d’une marche lente. Leur langue est ciliée au bord , et hérissée vers la pointe de papilles cornées comme celles des Chats. Ils

ont la pupille verticale et l’iris jaune comme les Renards. Leur physionomie les distingue aussi bien que les particularités de leur organisation.

Une gueule de Brochet fendue jusqu’au-delà des yeux ; des oreilles de Chouette , ou , pour mieux dire , de Chauve - Souris ; une queue de Serpent et des pieds de Singe ; un corps qui paraît toujours sale, parce que le poil , qui n’est ni frisé ni lisse , est lerne et semblable à celui d’un Animal malade ou mal décrotté ; une peau d’un rose livide et d’aspect darlreux, qui se montre nue autour delà bouçhe et des yeux, aux quatre pieds, à la queue et aux ‘oreilles où elle est transparente ; des moustaches noires ou blanches, composées de soies roides et très-longues, se détachant fortement du rose ou blanc livide de leur museau dont la longueur démesurée n’est bornée que fort loin en arrière, par des yeux trèssaillans, quoique petits et bordés de rouge ou de noir ; et au-dessus de cette déplaisante figure, ces oreilles transparentes de Chauve-Souris à teinte rougeâtre ou violâtre : tous ces traits en font l'Animal de l’asp<?ct le plus rebutant que nous connaissions parmi les Mammifères. A quoi il faut ajouter une odeur fétide et urineuse, provenant d’un chapelet demi-circulaire de glandes situées dans l’intérieur du pourtour de la fente où s’ouvrent les canaux de la digestion, de l’urine et de la génération- Cette mauvaise odeur est encore renforcée par l’habitude qu’ont toutes ces espèces, de se mouiller de leur urine qu’elles lâchent quand elles sont effrayées ou seulement de mauvaise humeur. Cette puanteur qu’exprime leur nom guaranis Micoure , n’existe, qu a la peau dont le poil en est imprégné, et a S£ source dans l’appareil glanduleux de l’anus qu’a représenté Pallas sur le Didelphis Brachyura ( Jet. Petto}) . tab. 4 , partie 2 , pl. 5, fig.

4). Elle ne pénètre pas la chair qui est recherchée par ies Sauvages, et qui passe dans le Paraguay pour guérir les hémorrhoïdes. Les onctions de

la graisse passent aussi pour avoir fa \ même vertu. Cette fétidité dont s’en- ' tome l’Animal, quand on l’irrite soit en le poursuivant, soit en voulant le j prendre , est sa seule défense , car il ne 1 sait ou ne peut fuir. Il ne va pas plus i vite qu’une Souris , et sa gueule , I pourtant bien armée de dents presque aussi tranchantes que celles des { Carnassiers, ne lui sert qu’à mordre machinalement l’instrument qui Je frappe sans distinguer la main qui le dirige. — Toutes ces espèces , comme l’indique l’allongement vertical de leur pupille , sont nocturnes , et probablement leur œil , que nous n’avons pas eu l’occasion d’examiner, est pourvu d’un miroir réflecteur ( Tr.i notre Mém. sur l’usage des couleurs de la choroïde. Journ. de Phys, exp., janvier, 1824R par conséquent, leur vue doit être aussi bonne que celle des Chats, au lieu d’être faible et mauvaise comme on l’a dit récemment. Leur stupidité est extrême:?

aussi , leur cerveau , qu’a représenté Tiédeman pour la Marmose [ leon. cereb. Simiar. et quor. M animal. rar., tab. 5, fig. 9), est- il lisse comme celui des Rongeurs, et sans la moindre circonvolution ou repli.

Nous avons fait voir au mot Cérébro- Spinal, que la proportion d’étendue des surfaces cérébrales multipliées otil non par des plissemens, était en rap-* port constant avec le degré et le nombre des facultés intellectuelles des Animaux : aussi tous ces Animaux , tout en s’accoutumant à vivre dans la maison, ne sont-ils susceptibles de rien apprendre ni de s’attache]- à personne. La nuit, ils grimpent sur Les Arbres pour y surprendre les Oiseaux endormis et les Insectes, ou y manger des fruits. C’est le seul exercice où ils montrent un peu d’agilité, vu l’aisance que leur donne pour cela leur main postérieure , dont les ongles crochus des quatre doigts opposés au

Eouce , font une pince à crochets.

leurs pieds de devant sont également bien armés .; et comme tous leurs ongles , quoique déliés , sont aigus et courbes, ils peuvent aussi monter sur

murs. Les grandes espèces s'intro- ;: , ;ent la nuit dans les habitations > tîlles tuent la volaille pour lui suie sang. Elles ne mangent la chair i| par détresse ; le jour ils donnent | i-s leurs trous , roulés sur eux-mê- I comme les Cbiens.

] es Animaux sont célèbres par les nans qu’on a imaginés sur leur géaation , au lieu d’observer le mécai ne même de cette fonction. Ils sont

• les exemples les plus saillans,que ss l’anatomie des organes actifs la ldogie n’est qu’une nomenclature üiigmes. Jusqu’à la fin du dernier siè- ,, les Sarigues furent les seuls Ani- ; ix à bourse connus, quoique pourtt Valentyn , Clusius et même Pluîjueeussentparlé très-clairement de 'ilquesautres de ces Animaux , comi nous allons le faire voir. Nous ren- ; ons pour l’histoire de la généran, et pour la description des orga- ; sexuels de ces Animaux , au mot ntsuPlAUX. Nous préviendionsseui ient ici que la bourse n’est pas estante dans tous les Animaux de i ordre; et, par exemple, dans le lire même dont nous traitons ici , bî division en est pourvue et l’autre in a pas. Mais il est bien remarr.ible, comme Pallas l’a observé le limier {A et. Pelrop'. , t. 4, part. 2), e; les os dits marsupiaux, saillans

•devant du pubis, existent indé- 1 îdamment de la bourse , sans même

• 2 leur grandeur relative en soit diji îuée , cat on les retrouve et dans

males des espèces à bourse et dans deux sexes des espèces qui n’ont -i de poche. On a prétendu, pour pouyer l’idée de l’unité de composin , que cet os existait dans tous les 1 rtébrés , que dans l’Homme et les très Mammifères, il était situé au iid de la cavité cotyloïde. Il aurait ne ici perdu sa position ordinale et connexions , ce qui implique con- ■ diction avec l’idée que l’on prétenit soutenir. D’ailleurs ce même os f retrouve chez les Monitors , où le ud de la cavité cotyloïde offre aussi s petit osselet central, comme on voit quelquefois dans les Mammi-

fères. — Le nombre des tetines varie d’une espèce à l’aulre; il n’y a qu’un orifice commun pour les organes diestifs et génito-urinaires. Le gland e la verge des mâles et du clitoris des femelles est divisé en deux comme le fond du vagin de celles-ci. Le nom de ce genre est significatif de cette division, Didelphe signifiant double matrice.

Linné avait rangé dans ce genre tous les Animaux marsupiaux qu’il connaissait. On a dit au commencement de cet article par quels caractères il restait distingué. Mais les espèces auxquelles conviennent ces caractères, .sont restées pendant très-longtemps confondues, soit entre elles, soit avec les Phalangers. BufFon(T.

x, pag. a84 à 299) a entrepris de débrouiller cette confusion. Dans cette longue discussion , dont il s’excuse en disant que, lorsqu’il s’agit de relever les erreurs des autres , on ne peut être trop exact ni trop attentif, même aux plus petites choses, il a pourtant montré moins de sagacité que de prévention, et est tombé dans une erreur grave. Il donne étourdiment un démenti à Valentyn, qui assure qu’un Auimal qu’il nomme Philandre ( de Pelandok , nom malais d’un petit Kanguroo) , et qui est très-commun dans les îles d’Aroë , a pour matrice une poche ventrale , dans laquelle sont conçus les petits , et qu’a près avoir lui-même disséqué le Philandre , il n’en a pas trouvé d’autre.

Il ajoute que si celte poche n’est pas une vraie matrice , les mamelles sont, à l’égard des petits de cet Animal, ce queles pédoncules sont aux fruits, etc.

11 résulte évidemment de ce passage de Valentyn, qui avait, durant quinze ou vingtans, habité Amboine, la preuve de 1 existence , dans les Moluques , d’un Animal à bourse. Or Buffon , qui treize ans plus tard (Suppl. T. m, p.

270) admit qu’absolumenl parlant et même raisonnant philosophiquement, il peut se trouver dans les climats méridionaux des deux continens quelques Animaux qui seraient précisément de la même espèce (abstraction

qui, touteldgique qu’elle puisse être , uc s’est, point encore réalisée), n’avait aucun motif de dire que quand Valenlyn assure que rien n’est si commun que les Philandres aux îles Moluques , il n’y en avait peut-être jamais vu. En outre Bullon qui affecte tant d’érudition dans sa critique, aurait dû savoir que Plutarque , qui certes n’avait pu connaître les Pli i— lapdres ou Didelphes d’Amérique ni en entendre parler, désigne pourtant de la manière la plus claire des Animaux à bourse dans les îles orientales d'Asie. « Fixez, dit - il ( Traité dé l’Amour des parens envers leurs eufans), votre attention sur ces Chats qui, après avoir produit leurs petits vivans , les cachent de nouveau dans leur ventre, d’oii ils les laissent sortir pour aller chercher leur nourriture , et les y reçoivent ensuite pour qu’ils dorment en repos. »

Buffon aurait' dû savoir encore que plus de cent ans avant Valentyn , Clusius , parlant d’un Phalanger d’Amboine sous le nom de Cusa ( Cu ræ post. ad lib. exot. T. il , in-folio , Rapheling. i6o5 à 1611), dit qu’à son troisième voyage à Amboine , l’amiral Vanderkagen vit dans cette île un Animal un peu plus grand que notre Chat, portant sous le ventre un sac velu dans lequel pendent ses mamelles; que les petits s’y forment, et restent adhérens aux telines, qu’ils ne s’en séparent pas avant d’avoir une taille suffisante; quûtprès leur naissance ils y rentrent pour teler ; que cet Animal vit de grains , d’herbes vertes et de légumes; que les Portugais le mangent habituellement, mais que les Mahométans se l’interdisent. — Ce récit est presque le même que celui de Yalentyn. Buffon n’eût pu le dire copié de Pison ou de Marcgraaff. Et il n’eût pas ainsi de sa certaine science affirmé à faux que tous les Philandres que Yalentyn et d’autres avaient pu voir à Amboine , y avaient été apportés d’Amérique.

Tous les raisounemens de Buffon , pour prouver que les Animaux à

bourse, Sarigues ou Didelphes connus de son temps , n’existent qu’en Amérique , sont justes dans leur restriction à des Animaux du genre Uidelphe actuel. Ils sont entièrement faux dans Jeurextension aux Auimaux à bourse en général.

Voici ce qui donna heu à la confusion que Buffon voulut débrouiller, et ce qu’il n’a pas aperçu. Séba représenta de vrais Didelphes ou Sarigues sous le nom de Philander , par lequel Valentyn ( t. 3, iie partie, p. 273 et suiv. ) avait désigné le Kanguroo d’Aroc , distingué par luidu Phalanger des Moluques qu’il nomme Koës- Koës, du nom indigène à Amboine et non malais. Il dit précisément que le Philander est appelé par les Malais, Pelandok Aroë ( Lapin d’Aroë ), par les indigènes d’Amboine, Koës-Koës d’Aroë , et par les Hollandais , Chat d’Aroë. Après Séba vinrent les nomenclateurs, Bris^on, etc. , qui confondirent d’abord le Philander (Kanguroo) avec le Koës-Koës (Phalanger), et qui, trouvant extérieurement beaucoup de ressemblance entre les Koës-Koës et les Sarigues américains, les confondirent ensemble. Voilà comment ce nom de Philander, étranger originairement même aux Phalangers, leur devin t commun ainsi qu’auxSarigues.

En effet ce nom de Philander ne se trouve avant Séba attribué à aucun Didelphe américain. Valentyn avait donc eu raison de donner, comme indigènes de l’Orient , les Pliilanders et les Koës-Koës qu’il caractérise spécifiquement par leur nom de pays, qu’il 11e rapproche que par l’existence de la bourse , et dont il précise d’ailleurs les différences. C est ainsi que tous les auteurs qui avaient écrit auparavant sur l’histoire naturelle de l’Amérique avaient adopté les noms du pays où ils avaient observé.. Ainsi Pison et Marcgraaff écrivirent plus ou moins exactement le nom de Sarigoueya ; Hernandez, Tlaquatzin au Mexique, Acosta à la Nouvelle Grenade; les écrivains anglais, Opossum, Apossum ; les Français, Sarigue , Ccrigou, synonymes dans

tels les .noms de pays sont plus loins altérés. Le contraste de ce de Philandre donné à un Anidu pays, dans un livre fait à mine, avec les noms américains >tés par les Européens sur les .;ues, aurait dû suggérer à BufFon rlication du double emploi fait de om par Séba , qui , n’ayant eu ugure ni original du Phalanger , i ia à la place un Sarigue , sous le de Philander, par lequel Valeni iésigne un Animal génériquement rent du Koës-Koës et du Sarigue.

iifFon s’est donc étrangement trom- 1 1 disant, T.x,p. 296, que le Phi- Ire oriental et le Philandre d’Ami e ne font qu’un seul et même mal avec son Sarigue, t :s Didelphes ou Sarigues vivans 1 exclusivement propres à l’Amé- 3, depuis la Plata jusqu’à la Vir- :. Un seul , le Sarigue Opossum ,

! ît indigène de toute l’étendue ; prise entre ces deux limites , loins Barrio de Guatimala nous ve qu’il est commun dans cette i e du Mexique. Mais il est ac- I 3ment impossible de dire si les Bss qui tous sont certainement L ,'èucs au Paraguay, se retrou- ■ également dans toute l’Améri- 1 méridionale , ou bien s’ils hait aussi le Mexique. La synoi e des diverses espèces dans la Lie de difFérens peuples , serait moyen supplémentaire de l’obserti locale pour déterminer l’indide ces espèces en difFérens lieux ois, si elle n’était beaucoup trop rfaite, comme on le verra à la iption des espèces. Il n’y a réelleque deux espèces qui parais- [ propres à l’Amérique septentriol’une le Didelphis Virginiana , utre encore inconnue aux zoo- :es qui n’en savent que le nom et •scription donnée par Hernandez ès un tlidelphe qui habite les agnes du Mexique. Or, ainsi que 1 Jrve Cuvier, cette .description ipas applicable au Didelphis dor- 1 de Linné qui est de la Guiane, nquel on a transporté le nom

mexicain de Cayopolin donné par Hernandez à son Animal. Des espèces vivantes qui constituent ce genre , deux seulement semblent donc appartenir à l’Amérique septentrionale.

L’une des deux , celle de Hernandez , ne figure même pas encore dans la nomenclature zoologique.

Plusieurs espèces de Didelphes manquant déboursé, l’existence ou l’absence de cet organe sépare naturellement ce genre en deux divisions.

f Didelphes à poche.

i.Didelpheou Sarigue a oreille bicolore, Didelphis Virginiana , Pennant, Hist. Quad. : seule bonne figure dans les Marnm. lithog., 3e douzaine ; BufFon, Suppl, vi , pl. 53 et 34 , sous le nom de Sarigue des Illinois ; Encycl. ; Opossum des Anglais; Manicou des Antilles; Ossa au Mississipi d’après Lahontane, T. 11 ; Tlaquatzin des Mexicains , Hernandez et Ximenès; Sarigoueya des Guaranis , d’où Sarigue, Cerigou, Sarigou, Carague des auteurs qui ont visité le Brésil; Micouré au Paraguay , Azzara , Quadr.

T. 1, p. a44. Est-ce un jeune de cette espèce qu’a représenté F. Cuvier sous le nom de jeune Opossum à tête blanchâtre, ainsi que tous les doigts et le tiers postérieur de la queue , le corps d’un noir plombé , les oreilles brunes et d’environ un pied de long?

— Tout entier d’un gris blanc jaunâtre, dit F. Cuvier ( loc. cit. ), couleur résultant de ce que ses poils sont d’un blanc sale , noir ou brun à la seule pointe; il n’y a de soies toutes noires que le long de l’échine, et sur une bande descendant du cou aux jambes de devant; les quatre jambes sontnoires. Il n’y a que quelques poils rares et courts aux interstices des écailles sur la queue qui 11’est noire qu’à la base, blanche sur le reste de sa longueur et composée de vingt-trois à vingt-cinq vertèbres. Les mains , les oreilles et le museau sont entièrement nus; les doigts et les ongles couleur de chair; la paume des mains est d’un noir violâtre ; la

conque de l'oreille noire, excepté à la base et au bord ou elle est tachée de rose livide. Ce caractère assez constant a valu à l’espèce Je nom d Oreille bicolore. Toutes les moustaches sont blanches ; l’œil est noir, petit et presque sans paupière ; mais la paupière nictitantc est trèsdéveloppée , et peut le recouvrir tout entier. Ces yeux sont si sa il— lans qu’ils semblent être le segment d’un ellipsoïde. Les narines terminales bien au-delà de la mâchoire s’ouvrent sur les côtés d’un mufle nu et un peu glanduleux. L’oreille susceptible de se fermer se reploie d’avant en arrière par trois plis longitudinaux , et s’abaisse à l’aide de phs transverses plus nombreux coupant les autres à angle droit. L’individu qui a servi à cette description avait onze pouces de la queue à la nuque; sa tête était longue de six pouces; sa queue de onze ; sa hauteur était de sept à huit pouces. On le nourrissait de viande crue et de pain avec du lait; il buvait en lapant, et recevait aussi de l’eau d’une chute dans la bouche qu’il tenait ouverte. Sa queue prenante et très-forte ne se repliait qu’en dessous. Il paraissait se servir de ses doigts pour toucher; sa voix ressemblait au feutement du Chat. La femelle a de onze à treize mamelles. A l’état sauvage , cette espèce se creuse un terrier dans les buissons voisins des habitations, et y dort le jour. C’est aussi ce que nous lui avons vu faire en captivité ; mais on a eu tort de conclure que c’était parce qu’il y voyait mal alors. Nous avons montré ( Mém. sur l’usage des couleurs de la choroïde ) que les Animaux à œil de Chat y voyaient également bien la nuit et le jour. La nuit il se met en mouvement, monte sur les Arbres , pénètre dans les bassecours, tue la volaille dont il ne fait que sucer le sang , mange aussi des Insectes , des Reptiles et des fruits.

Ce que Buffon a rapporté d’après Dumont (Mém. de la Louisiane) que le Sarigue bicolore se suspend par la queue pour guetter le gibier au pas-

sage, et que môme il expose un Oi- j seau mort pour attirer les Oiseaux de proie, est trop contradictoire , et avec la stupidité de l’Animal et avec scs habitudes nocturnes, pour être seulement vraisemblable. Azzara a vu les femelles de cette espèce emporter leurs petits entortillés par la queue à la sienne , ainsi qu’à ses jambes I et à son corps. Dans cet état elle ne l marche qu'avec beaucoup de peine. |

— Il y a des individus albinos dans I celte espèce avec laquelle Buffon confondait le Sarigue Crabicr ou grand Sarigue de Cayenne , et le Quatre- OEil ou moyen Sarigue de Cayenne.

C’està tortquelemême auteur (Suppl.

T. m ) attribue à cet Animal , d après Laborde , ce rourou que fait le Chat quand on le caresse. Suivant Barton, la gestation utérine durerait vingt-six jours , et le séjour des petits dans la poche environ cinquante.

Azzara a vu des petits longs de cinq pouces avoir les yeux fermés, le poil commençant à poindre , adhérer à la tetine ; il les en arracha tous ; au bout de huit heures , ceux qu’on avait remis dans la bourse avaient repris adhérence aux tetines , et il fallut en déchirer de nouveau la peau pour les en arracher. Il existe au Muséum d’anatomie un squelette d’Opossum entièrement rachitique ; l’arc de chaque côté est formé de trois tronçons; les os même de la tête en sont déformés.

2. Didelphe Crabier , Didelpka cancrivora et marsupiaiis , L.; grand Sarigue de Cayenne , du Brésiffl Buff., Suppl. T. m, pl. 54, copié Encycl. pl. ai, fig- 5; F. Cuvier, Mammifèr. lithograph. 5e douzaine, qui représente le mâle; grand Phi" landre oriental de Séba , Mus. pl.

Didelphis marsupiaiis , Schrebcr, pl.

i45 , la seule bonne parmi les lig.

Didelphes américains de cet auteur.

— A pelage jaunâtre , museau plu?

effilé , chanfrein plus droit quejj précédent qui a le front dépriine; toutes les moustaches noires ainsi que les oreilles et les yeux; la tpt* d’un blanc jaunâtre; cou ,dosetflano

îâtres parsemés de noir , à cause es poils plus longs dont la moitié cérieure est noire , et qui dépassent les autres, lesquels sont d’un îc sale. Ces longs poils noirs, plus ibreux siu l’échine, s’y redressent 5 la colère. Membres tous noirs qu’aux ongles , qui sont blancs F i que leurs phalanges ; premier '» de la queue noir , le reste blanre; testicules nus et blanchâtres ;

. eau et lèvres couleur de chair ; la e inférieure est bordée de noir. La . ;ueur du museau à l'anus est de epouces , celle de la tête de quaipouces; la hauteur moyenne de jouces et demi. Cette espèce par exclusive au littoral du Brésil es Guianes. Elle y habile les pawrers, et vit surtout de Crabes.

jeune , on dit que le Crabier i privoise aisément. Quelques nalistes ont confondu même récemt le Sarigue Crabier avec le Chien )ier, Canis cancriuorus jou Tkoiis , qui n’est pas même, comme on du même genre ( V. Chien).

>n en avait déjà fait cependant la irque ( Suppl. T. ni , p. 278), quoitn cet endroit même il nomme ce dphe Chien Crabier. Suivant Laie , le Sarigue Crabier introduirait 1 leue dans les trous des Crabes les en tirer quand ils l’ont saisie.

<e nomme Pian à Cayenne.

Dideephe Quatre -OEie ou . :n Sarigue de Cayenne ; Didell Opossum de Linné , Buff. , pl. 45 ., copié Encyclop. pl. 23, fig.

2; Séba , pl. 56, sous le nom

Iiilandre. BufFon , T. x, rapporte te espèce les récits de tous les rs , et sur les Sarigues et même :s Phalangers, puisqu’il prétenue les passagesde Valentyn conient le Sarigoueya. Nous avons ré à quoi tenait son erreur. Celte ’C, pl us petite que les deux prêtes, a tout au plus un pied de du museau à la queue qui est ede onze pouces. Le poil qu’elle à sa base n est pas un caractère, est commun aux deux espèces 1 lentes cl aux Micourés 2 et 3

DID 4g 1

d’Azzara. Le pelage est partout d’un seul poil gris brun en dessus et un peu plus foncé sur la tête; le dessus de chaque œil est marqué d’une tache ovale , jaune pale , qui a valu à l’Animal son nom de Quatre-OEil. Oreilles bordées de blanc en arrière; mulle , lèvres et menton blanchâtres ; poitrine et devant du ventre jaunâtres; pâtes gris brun en dehors , blanc jaunâtre en dedans, dernière couleur qui peint aussi les doigts.

fj- Didelphes sans poche et à mamelles découvertes.

4. Dideephe a queue nue , T)idelp/i. nudicaudata , GeofF. Pelage de même couleur qu’au précédent , mais les oreilles n’ont pas de blanc derrière leur base. La taille est plus petite, et n’a que neuf pouces du museau à la queue qui esta proportion beaucoup plus longue , puisqu’elle excède d'un quart la longueur du coips entier ; elle e>t partout nue et d’une seule couleur. — Cette espèce est de Cayenne. L’individu du Muséum est une femelle qui a encore ses petits attachés aux mamelons.

5. Dideephe Cayopolin, Vid PhilanderelD. dorsigera, L., Buflf., T. x, pl. 55; Micouré 2 d’Azzara , Quadr.

6. — Long de sept pouces trois lignes du museau à la queue qui en avait onze cinq lignes d’après Daubenton, et à laquelle nous avons trouvé une trentaine de vertèbres. Il se distingue encore des espèces voisines, parce que le crâne n’olFrc pas de crête pariétale r mais estassez uniformément rond. Les yeux sont bordés de brun ; le chanfrein a sur sa longueur une raie de la même couleur, et ses côtés sont d’un gris cendré. Tout le dessus du corps gris fauve, le dessous jaunâtre; oreilles entourées de jaune à la base ; queue tachetée de jaunâtre et de brun. Daubenton n’a trouvé de poil que jusqu’à un pouce et demi de la naissance delà queue : or , dans l'individu vu par Azzara et qui provenaitde l'intérieurdu Paraguay , elle était velue sur les deux tiers de sa longueur, nue seulement sur le dernier. Ensuite il observe qu’elle

“iga DID

n’est ni conique ni ronde; mais prismatique à angles très-ëmoussés, avec une ra in ure sur la fa ce in férieu rc .Mais Daubenton, si attentif, ne signale aucune différence de forme à la queue de son Cayopolin. Azzara dit en outre que le tour de l’œil est cannelle ardent , séparé de la ligne brune du chanfrein par du brun clair; l’oreille est violet livide , et la queue et les pieds avaient un poil de plus d’un pouce de long. Or Daubenton a trouvé très-court le poil des pieds de son Cayopolin. Un autre individu dont la description fut fournie à d’Azzara par Woseda , également du Paraguay, ne différerait pas du sien. Il est évident

Sue le Micouré laineux diffère du ayopolin deDaubentonetde Buffon.

Il y a donc certainement trois Animaux confondussous cenomde Cayopolin. Or il est difficile de croire que celui deHernandez,qui habite les montagnes du Mexique, soit identique à celui d’Azzara, indigène des plaines et forêts marécageuses du Paraguay. On ignore la patrie de celui de Daubenton. Il est probable cependant qu’il venait de Cayenne, o u, suivant Desmarets qui ne cite pas ses autorités, il serait assez connu, et produirait ordinairement cinq ou six petits.

6. Didelpiie a grosse queue, VidelphisMacroura, Azz., Quadr.p.284.

— De onze à douze pouces de long du museau à la queue , laquelle en a environ autant, est ronde et n’a pas moins de trois pouces et demi de tour à sa base. Elle n’est donc pas , comme le dit Desmarest, tout d’une venueavec le corps qui , suivant les mesures prises par Azzara, est presque double au rétrécissement du ventre. Elle est velue sur son premier tiers , écailleuse sur tout le reste ou elle est noire, excepté la pointe, blanche sur un pouce et demi. Tout le dessus du corps , le dessousdelatêteetdel’œil est cannelle clair ; les pieds et la face plus foncés. La femelle qu’a possédée Azzara avait à chaque aine un pli elliptique où se trouvaient d’un côté quatre tetines, et, deux seulement de l’autre. La couleur cannelle des femelles paraît plus claire

que celle des mâles. Cette espèce lui a j paru aussi stupide que les autres. Elle! est du Paraguay.

7. Didelpiie Marmose, Did. mûri-, /za,L.,Buff. ,T.x,pl. 02 mâle, 53 feme!-i le, reproduit T. xv, sous lenom dej Philandredc Surinam, d’après Sybille-f Merian et le n° 4 de la pl . 5 1 de Séba., Lon g de cin q po uces a u corps eide cinq j pouces à la queue qui est jaunâtre.!

Pelage gris fauve plus clair en dessous ; œil dans un ovale brun ; oreilles tout-à-fait nues; quatorze mamelles dans les plis inguinaux. On ne connaît pas au juste de nom de pays à cette espèce. Marcgraaff dit seulement que les Brésiliens la nomment Taïbi.

Mais Buffon a aussi attribué ce nom ïLU.Didelphis bicolore tau Sarigue qu1!

confondit avec le Crabier. Azzara (Quadr., p. 290, t. 1) rapporte à cette espèce son Micouré 4 à longue queue, laquelle est toute pelée, très-douce el luisante; tout le pelage ressemble i celui de la Souris domestique; l’œi est enfermé dans un premier anneau noir, inscrit lui-même dans un cercle blanchâtre. Il dit qu’on le troim dans les trous d’Arbres et les buis-

sons.

8. Didelphe a queue courte, D Brachyura , Pallas , A et. Petrop T. xv, partie 2, pl. 5; Séba, Thés., pl 3i, fig. 6, et non pl. 21 et 5i que l oi cite à tort sous le nom de lUus syhestris americanus. — A oreilles proportionnellement plus courtes que tousle:

autres ; long de cinq pouces et demi ai corps, de deux pouces quatre lignes; la queue . Il n’aurait que douze çôte suivant Pallas ( loc.cit .), tandis qu tous les autres Didelphes que nou avons examinés en ont treize. D’ail leurs , sept lombaires comme au:

autres Sarigues , et douze à la queue La mamelle des lemelles est de couverte, ovoïde, portant onze te tines. Le scrotum offre un spheroïd déprimé sur la ligne médiane? »

queue 11’est velue que sur le prenne tiers de la face dorsale ; tout le rcsl est comme la queue d’un Rat. Le ne et la bouche sont nus et couleur chair livide. Tous les doigts sont a

DID 4g 3

velus et écailleux comme laquelle u Rat ; la peau estblanche partout ; ■oil très-moelleux et brillant , noir le dos , roux sur les flancs et à igine des membres et de la queue , s clair sous le cou , gris pâle sous entre. La longueur de l’intestin valait pas le double de celle du is ; il n'était que de neuf pouces mes. Pallas lui a trouvé bcaup de Poux acaroïdes plus petits que :arus des Coléoptères, mais n’ayant six pâtes et caractérisés par trois s saillantes en arrière de chaque c ( tab . cit. fig. 5). D’Amérique, détermination de contrée. Si t le même que le Touande Buffon, pl. T. vu , pl. 5 , il serait des fode la Guiane ; Buffon en faisait Belette.

e Micouré 5 ou à queue courted’Azne semble en différer que par la ieur cannelle blanchâtre du ventre, femelles ont quatorze letines et ne nent pas la même puanteur que nâles; peut-être n’ont-elles pas à us l’appareil glanduleux trouvé îâle par Pallas , et décrit ci-dessus, e espèce, comme la précédente , îomme génériquement Angouya ;t) au Paraguay. — Desmarest , doute d’après les enluminures >éba(Dict. d’Hist. Nat., 2e édit.), un double emploi du Didelphis tchyura; il lui trouve un second idansla fig. 6 de la pl. 5i deSéba.

> cette figure est justement celle i. citée Pallas -, comme type de son \3rachyura. D’ailleurs, la coloriades figures de Séba n’est, pas un elère authentique, et ne peutmot * cette division.

Didelthe nain, Didelphis pu- , Azzara ( loc. cit. , p. 5o4 ) , son juré n° 6„Longeu tout de sept pousur quoi la queue toute nue a trois ces deux tiers ; elle est prenante medans tous les autres. Le tour de ; 1 noir, les sourcils blanchâtres, sé- ;s par^une tache triangulaire, obs- : ; tout le reste du corps de la coud’une Souris ; testicules pendans viron un demi-pouce dans le scro- . Du Paraguay où il vit dans les

broussailles et les jardins (cliacanras) des Indiens.

Sarigue fossile.

io. Cuvier (Oss. Foss. T.nï,pl. 71 , fig. 1 et 4) a représenté les débris d’un Animal fossile qu’il a prouvé être un Sarigue. L’Animal a été saisi à peu près dans sa position naturelle ; seulement son cou paraît avoir été tordu de manière que sa tête se présente à gauche. Voici les moyens et les preuves de la détermination de ce Fossile. — L’élévation de l’apophyse coronoïde au -dessus du condyle annonçait un Carnassier, et la saillie aiguë de l’angle postérieur de la mâchoire qui n’existe qu’imparfaitement dans les Rongeurs et les Paresseux , ne se trouve au même degré que dans les Marsupiaux. Restait alors l’embarras du genre auquel l’Animal avait appartenu. Or le condyle est luimême fort élevé au-dessus de la ligue dentaire. Ce caractère exclut tous les vrais Carnassiers à dents tranchantes qui ont tous le condyle à peu près à la hauteur de cette ligne. Les seuls Insectivores offrent une disposition approchée en même temps que les Sarigues. Or les Sarigues ont la saillie de l’angle maxillaire ployée en dedans avec tout le bord inférieur de la mâchoire ; le Fossile présente justement ce pli représenté f. 5; c’est donc un Sarigue. — Les dents donnent la même conclusion ; elles sont à tubercules aigus, non tranchantes, à couronne plate , comme aux Insectivores. Mais celles d'en haut ont une couronne triangulaire dont la pointe estait bord interne , et le bord externe est lisse et enferme de croissant. Ce caractère ne se retrouve que dans les Sarigues et les Dasyures. Et comme le nombre des incisives forme la seule différence des mâchoires dans ces deux genres , la connaissance de ce nombre pourrait seule à cet égard résoudre la question. Mais cette donnée manquait absolument dans le Fossile. Il y avait d’ailleurs treize côtes , six vertèbres lombaires si longues qu’elles occupaient plus d’espace que les dorsales.

Tout , clans le squelette , était conforme avec un Sarigue , surtout avec la Mannose qui est à peu près de la même grandeur. — L’identité de genre fut tout -à -fait établie par la découverte des os marsupiaux. Cela prouvait donc l’existence fossile en Europe d’un Animal qui ne pouvait avoir d’analogue qu’en Amérique ou en Australasie. Or le Tapir est le seul enre américain dont on ait retrouvé es fossiles en Europe , et on u’y en connaîtpasde l’Australasie. — La ressemblance qu’offre le pied de derrière du Fossile avec celui des Sarigues, lequel diffère de celui des Dasyures, parce que le pouce est très-long et trèsmobile daus les premiers, très-court et très-liaut situé dans les derniers, et que les quatre doigts extérieurs y> sont égaux , tandis que dans les Sarigues ils sont inégaux , et surtout le petildoigtou externe; cetteressemblance seule , disons-nous , pouvait résoudre la difficulté si l’on pouvait mettre à découvert les os du pied de derrière. Or le métatarsien du' petit doigt du Fossile est justement d’un tiers plus court que celui du doigt précédent, et si c’était un Dasyure, les deux métatarsiens seraient égaux. Le Fossile est donc un Sarigue.

Une espèce de ce genre , aujourd’hui exclusivement américaine , a donc autrefois habité notre contrée.

Resterait à savoir si cette espèce est l’une de celles aujourd’hui existantes en Amérique ; ou si , comme pour tous les autres Fossiles de notre zone appartenant à des genres des contrées équinoxiales , l’espèce fossile a été anéantie. La comparaison avec les squelettes des espèces vivantes pourrait seule fournir les données de cette détermination. Le tableau donné par Cuvier des proportions des os de la Marmosc , celui de tous les Uidelphcs qui en approche le plus, avec ceux du Fossile, prouve que ce n’est pas une Mannose. Il est donc certain qu’il n’est identique avec aucune des quatre espèces dont les squelettes sont connus. (a.d..ns.)

DIDELPHES. mam. 131a inville, d i—

visant les Mammifères en deux grandes classes , appelle la première celle dés Monodelphes , et la seconde celle des Didclphes qui renferme les Marsupiaux de Cuvier et les Monotrèmes de Geoffroy. V. ces mots. (b.)

DIDELTA. bot. pijan. Famille des Synantbérées , Coryinbifères de Jussieu, et Syngénésie frustranée, L.

Ce genre a été établi par L’Héritier [Stirpes nouæ , p. 55, t. 28) et adopté par Jussieu avec les caractères sui.vans : capitule rayonné ; les fleurons du centre mâles ; ceux de la circonférence hermaphrodites; les demi-fleurons de la circonférence , au nombre de douze, en languettes et femelles; involucre formé de folioles disposées sur deux rangs ; trois extérieures très - grandes , cordiformes , t les intérieures longues, lancéolées, au nombre de douze , alternativement plus grandes et plus petites ; réceptacle central trigone, piesque nu ou couvert de courtes soies, \ divisible en trois péricarpes osseux , trigones, qui adhèrent chacun à la base de la foliole de l’in vol ucre externe, et qui sont entourés d’un autre côté par trois des folioles intérieures. Ces sortes de péricarpes renferment plusieurs loges dans lesquelles sont enchâssé^ autant d’akènes oblongs, et couronnés par une aigrette ciliée, roide et proéminente extérieurement. L’espèce décrite par L’Héritier sous le nom de Didelta telrago - j niœfolia est une belle Plante herbacée, rameuse, pubescente au sommet, dont les feuilles sont alternes et charnues; les fleurs jaunes, terminales et solitaires. Aiton ( Horl . Ketv., vol. 5, p. s56 j et Persoon ont changé son nom spécifique en celui, de carnosa. j D’un autre côté , Thunbcrg et Liuuc fils l’ont décrite sous des noms de genre différons ; ainsi , pour ce dernier, c’était une espèce de Polymnie, et Thunbcrg en faisait le type de son genre C/ioristea. Elle a été introduite dans les jardins d’Europe par des graines venues du cap de Bonnc-Es-q pérance. Comme elle fleurit pendant

DTD

t l’été el l’automne, que ses grai- ; viennent à maturité , qu’elle peut -sei à l’état frutescent si on la conwe dans une serre chaude , et

■ elle se multiplie facilement de houes et de graines , cette Plante mé-

■ irait d’être cultivée avec soin , si le } nbre des belles fleurs composées Üait pas déjà extrêmement consi-

able dans les jardins.

Uiton ( loc . cit.) en a publié une sei de espèce sous le nom de Didelta vaosa , qui correspond au Choristea .iosa de Thunberg ou Favonium niosum de Gaertner. (g.. N.)

) IDEM NE ou DIDEMNON. Diunum. pojlyp. Sa vigny a établi î?s ce nom un genre voisin des Al- » ns , dont les caractères consistent ):S une masse opaque spongieuse, ru blanc de lait, à la surface de -telle se voient des mamelons dises eu quinconce. Les Didemnes i uslent les Madrépores et les Al- >s. Chaque mamelon contient un (t Polypier dont la bouche est en muoir et munie de six denlicules.

ccorps est comme étranglé vers le .eu. Savigny a figuré les deux es- :-îs qu’il a trouvées sur les côtes K'ypte et que nous avons retrou-

■ . sur les côtes d’Andalousie, (b.)

ilDERME. Didermn. bot. CRYPT. coperdacées. ) Ce genre établi par oon a été depuis limité par Link espèces qui présentent les carac- - s suivans : le péridiuin est globuou irrégulier, sessile ou stipité, lé , comme dans le genre Didyvz, de deux membranes, l’une irieure, dure et fragile; l’autre l'ieure, plus mince; toutes deux ! ivisent irrégulièrement au som- ;; on n’observe pas de columellc . sou intérieur, mais seulement ques filamens peu nombreux qui •sent du fond de ce péridium.

e.*s espèces de ce genre sont peu preuses ; elles croissent , comme {uc toutes celles des genres voi- ,, sur les tiges sèches et sur le mort en automne. (ad. bA

DID 4c>r,

DIDESME. Didesmus. bot. pii an.

Genre de la famille des Crucifères, de la Tétradynamie siliculeuse, L., proposé par Desvaux pour le Myagrum Ægyptium de Linné, adopté par De Candolle (Sys/. Nat. ) qui y a ajouté deux autres espèces. Ses caractères distinctifs consistent en une silicule partagée fn deux articles contenant chacun une ou deux graines; l’inférieur est tronqué à son sommet , le supérieur porte le style. Les graines # contenues dans chaque article sont pendantes.

Le Didesmus Ægyptius , Des vaux , D. C., Syst. Nat. n, p. 658; Delessert, Icon. Sel., il , t. 92, est une Plan te annuelle qui croît en Egypte et dans les îles de l’Archipel. Ses feuilles inférieures sont entières , elliptiques ou pinnatifides et lyrées ; les supérieures sont étroites, lancéolées et simplement dentées.

De Candolle réunit aussi à ce genre le Sinapis bipinnata de Desfontaines, et le Bunias teniiifolia de Smith , Prodrom. Flor. Grœcæ. Il y ajoute encore , mais avec doute , le Myagrurn pinnatum de Russel. (a. R.)

DIDICILIS ou DIDICLIS. bot.

crypt. {Lycopodiacées. ) Palisot de Beauvois avait d’abord donné ce nom au genre que plus lard il a nommé Gymnogymim. V. ce mot. (a. r.)

DIDUS. ois. F~. Dronte.

DIDYMANDRA. bot. phan. Willdenow nomme ainsi un Arbre du Pérou qui paraît appartenir à la famille des Euphorbiacées , et que Ruiz et Pavon ont décrit dans leur Flore Péruvienne sous le nom générique de Synzyganthera. F~. ce mot.(A.D. J.)

DIDYME. Didymus. bot. Un organe est Didyme quand il est formé de deux parties arrondies et réunies entre elles par leur côté interne. Ainsi l’ovaire d’un grand nombre d’Ombellifères, les anthères d’un grand nombre de Plantes sont Didymcs.

DIDYMËLE. D idy meles . bot. phan.

4g6 DID

Genre étalxl i par Du Pelil-Thouars (Hist. des Végét. d’Afriq, xrc livr. , p. 23), sur une Plante nouvelle recueillie parce savant dans l’île de Madagascar. II appartient à la Diœcie Diandrie , et sa place, dans les familles naturelles, n’est pas encore fixée. Ses caractères ont été ainsi exposés : llcurs unisexuées et dioïques ; flairs mâles disposées en grappe composée, formées de deux petites écailles , dans lesquelles sont deux anthères sessiles, cunéiformes, jointes à leur base et, extrorses ; lleurs femelles disposées en épi simple , situé un peu au-dessus de l’aisselle des feuilles, composées de deux petites écailles appliquées contre les pistils ; ceux-ci sont formés de deux ovaires monospermes ovés et sillonnés par leur face interne; ils manquent de style et sont couronnés d’un stigmate bilobé. Aux ovaires succèdent des drupes , dont un avorte quelquefois dans chaque fleur ,de formes semblables à celles des ovaires ; leur noyau est solide , osseux et enveloppé d’une sorte d’arille charnu et réticulé ; la graine est ovée et acuminée ; son cordon ombilical est court , et descend du sommet ; l’embryon qu’elle renferme est de même forme qu’elle , inverse , et n’est point accompagné d’un périsperme ; sa radicule est courte et ses cotylédons sont épais, semi-elliptiques et planes à leur face inteine. Le nombre binaire de toutes les parties de la fleur caractérise assez bien ce genre , et lui a mérité son nom de Didymeles , qui signifie double membre. Le D. Ma dagascariensis, Du Petit-*Tbouars (loc.

cit., tab. 5 ), est un Arbre qui s’élève à une hauteur médiocre ; ses fleurs sont peu apparentes; ses branches forment une cyme élégante; elles sont allongées, garnies de feuilles alternes épaisses, très-grandes, ovales, lancéolées et acuminées. On ignore si cette Plante est utile aux habitans de l’île où elle croît naturellement.

*D1DYM1E. Didymium, bot. crypt.

(Lycoperdacées.) Le genre décrit sous ce nom par Schrader sc rapproche

beaucoup des Didenna et des P/tysarum de PersoOn ; il est caractérisé par son péridium stipité ou rarement ses- | sile, ordinairement sphérique, composé de deux membranes distinctes extérieure plus dure et cassante, l’intérieure plus mince et transparente; dans son intérieur on observe une coluinclle ovoïde ou globuleuse ; c’est le seul caractère qui distingue ce genre des Diderma , dans lesquels il n’existe pas de columelle. Les sporules que renferme le péridium ne sont entremêlées que d’un petit nombre de filamens.

Les espèces de ce genre sont assez petites et croissent sur les bois morts, sur les feuilles sèches , etc. (ad. b.)

DIDYMOGHLÆNA. bot. crypt.

( Fougères. ) Ce genre , décrit par Desvaux , se rapproche beaucoup par ses caractères des Diplazium-, aussi une Plante à peine différente de celle que Desvaux a fait connaître, a-t-elle été décrite et figurée depuis par Raddi, sous le nom de Diplazium pulcherrimum. Ce même genre a été également indiqué long-temps après la description qu’en a donnée Desvaux , par Langsdorff, sous le nom de Hysterocarpos ,• le Didymochlæna ne diflère des Diplazium , que par ses groupes de capsules , beaucoup plus courts et ovales; les capsules qui forment ces groupes , sont également placées des deux côtés d’une nervure , de laquelle naissent deux tégumens qui les recouvrent et s’ouvrent en sens opposés, et tous deux en dehors, panapport à la nervure. Ces deux genres diffèrent par conséquent entre eux , comme les Athyrium des A splénium- La première espèce connue a été décrite sous le nom de Didymochlfefc siuuosa par Desvaux, qui la croyait originaire des Indes-Orientales.

cette localité était certaine, il n’y aurait pas de doute que la Plante du Brésil ne dut former une seconde espèce ; clic n’en diflère cependant epue xar scs frondes plus grandes, dont es pinuules sont plus larges et plus obtuses ; dans l’une et dans l’autre ,

pétioles soht couverts d’écailles •sses , les frondes sont bipinnées ; pinnules, assez nombreuses, sont ires , presque rhomboïdales et aulées supérieurement; chaque nerj secondaire ne porte qu un seul ipç de capsules près de son extré-

ii. (AD. B.)

DTDYMOCRATER. bot. crypt.

coperdacées. ) Martius a établi ce ’e dans sa Flore Cryptogamique langue. Il a beaucoup d’analogie ; celui qu’il a découvert depuis au i- .il , et qu’il a décrit sous le nom Viampkora. Dans le genre Didyrater , on observe lies fiiamens des , droits , cloisonnés , très-dés , rapprochés par touffes ( ils mtàleur sommet deux péridiums mieux , cylindriques , géminés , rrant au sommet par un orifice ndi; ces vésicules renferment des des nombreuses , globuleuses , mélange de fiiamens.

irtius en a observé une espèce es tiges des Plantes mal des- •es et conservées dans les her- ; ses péridiums sont de couleur ■ rée ; dans une autre espèce qu’il rite depuis , les péridiums sont

s. (ad. b.) IDYMODON. Didymodon. bot.

t. ( Mousses. ) On a donné ce à un genre de Mousses voisin ’richostomes, et caractérisé par périslome simple, composé de î-deux dents filiformes , rappropar paires, et quelquefois même ■es par la base , et par sa coiffe e fend latéralement ; dans ce

viennent se ranger plusieurs es décrites par différens auteurs, rticulièrement par Bridel , sous l >m de T richostomum. On doit nent lui réunir le Cynànlodium Swartzia d’IIedwig, qui n’en l ent pas sensiblement ; enfin , er y place même le Dicranum reum d’Hcdwig, qui en a le port nt le péristome a une grande .gie avec celui des Didymodon , u’il en diffère par scs dents réun grande partie par des filatransversaux.

L’espèce la. plus remarquable de ce genre , et qu’on peut en regarder comme le type , est le Didymodon capillaceum , ou Swartzia capillacea d’Hedwig ; cette espèce , très-abondante dans quelques parties des Alpes , et en général dans les montagnes , foryie des touffes serrées d’un beau vert pâle et d’un aspect soyeux ; scs tiges sont assez longues , couvertes de feuilles sétacées , presque distiques ; ses capsules sont droites et cylindriques.

Les espèces de ce genre sont peu nombreuses , et presque toutes croissent dans les montagnes; elles ont le port des Dicranum et des Tortula , et presque les caractères des Trichostomum , dont elles diffèrent surtout par leur coiffe fendue latéralement.

(ad. b.)

* DIDYNAMES (étamines), bot.

than. Lorsque dans une fleur il existe quatre étamines , et que ces quatre étamines sont disposées par paires, de manière qu’une des paires est plus longue que l’autre, ces étamines sont appelées Didynames. Telles sont celles des Labiées , des Scrophulaires, etc. (a.r.)

DIDYNAMIE. Didynamia. bot.

phan. C’est le nom de la quatorzième classe du système sexuel de Linné , caractérisée par quatre étamines dont deux plus grandes et deux plus petites. A cette classe appartiennent plusieurs familles naturelles , telles que les Labiées , les Scrophulariées , les Verbénacées, etc. Linné y a établi deux ordres : i° la Gymnospermie qn’il caractérisait par quatre graines nues au fond du calice, et 20 l’Angiospermie , renfermant toutes les Plantes à étamines didynames dont le fruit est une véritable capsule. Au

firemier de ces deux ordres appartient a famille des Labiées; au second les familles des Scrophulariées , des Rhinanthacées , etc. Mais celte distinction est fondée sur une erreur. En effet il n’existe pas de graines nues, et le fruit des Labiées offre un véritable péricarpe, mais profondément parta-

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