‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 3)Chapitre 4 sur 221 · y. Martin-Pêcheur. (dr..z · texte numérisé non relu

y. Martin-Pêcheur. (dr..z

CRABITES. crust. Vieux nom des Crustacés fossiles. (aud.)

CRABRAN. ois. Syn. vulgaire de la Bernach e , Anas Erjthropus , L.

y . Canard , division des Oies. (dr..z.)

CRABRON. Crabro. ins. Genre de l’ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons , famille des Fouisseurs , tribu des Crabronites (Règn. Aniin. cle Cuvier), établi par I a lu ici 11s aux dépens du jjenreSpbcx de Linné , et avant pour caractères , suivant Latreille : antennes insérées près de la bouche , filiformes ou en iuseau , et den tées dans quelques mâles, de douze à treize articles dont le premier long et cylindrique; yeux cnlieis ; mandibules longues, étroites, bifides ou bidenlécs au bout; palpes Courts , presqu’égaux ; languette presqu entière. L’insertion des antennes et la forme des mandibules distinguent les Crabrons des Philuntlies,

des Mellines et de quelques petits genres associes à ces derniers. Us en different encore par quelques particularités remarquables de leur organisation. Leur corps est allongé; la tête est grosse et paraît presque carrée ; sa partie antérieure située au-dessus du labre présente un reflet brillant, doré ou nacré; les yeux sont entiers’, c’està-dire sans échancrure, comme dans les Guêpes; les palpes sont courts; les maxillaires ont six articles , souvent presqu’égaux, courts, conico-arrondis , et ne présentant guère plus de longueur que les labiaux; ceux-ci n’offrent que six articles ; la partie membraneuse et terminale de la lèvre inférieure est échancrée, évasée et festonnée. La première paire de pâtes est remarquable chez les mâles et. dans plusieurs espèces par une dilatation considérable de la jambe qui représente une sorte de coquille très-mince , convexe en dehors , concave en dedans, à l’intérieur de laquelle on croit voir une infinité de petits trous qui ne sont autre chose que des points transparens. C’est à Degéer ( T. 11 , p. 810 et pl. 28) qu’on doit la description exacte et détaillée de cette organisation curieuse. Au bout de celle jamber difforme est attaché le tarse qui n’est pas moins monstrueux qu’elle , quoiqu’il ait le même nombre d’articles que les tarses des autres pâtes ; ces pièces sont tout autrement figurées ; elles sont comprimées ou raccourcies, et gagnent en largeur ce que celles des autres pieds ont en longueur. Le premier article de ce tarse singulier est torse ou courbe , et le plus long de tous ; les trois qui suivent sont beaucoup plus courts , mais d’égale largeur que le précédent à son extrémité. Le cinquième et dernier article a une figure très-irrégulière, il supporte deux pelotes et deux crochets ; l’un des crochets est fort court, mais l’autre est long et comme difforme ; ces pâtes antérieures ont quelqu’analogie avec celles des Dytiques males , à cette différence près qu'ici c’est plutôt la jambe que le tai se qui présente un dévelop-

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peinent monstrueux. Frappé de cette ressemblance , et ayant d’adleurs observé que cet organe était propre aux mâles, Degéer a supposé avec beaucoup de fondement qu’il leur servait à saisir la femelle et à la retenir pendant la durée de l’accouplement. Les autres pâtes des Crabrons n’offrent rien de remarquable. Le thorax est convexe , et donne insertion à deux paires d’ailes de moyenne grandeur, dont les antérieures non plissées dans leur longueur, comme egez les Guêpes, offrent, suivant Jurine (Class.

des Hyménopt. , p. 209 ) une cellule radiale , grande , ovale , très-légèrement appeudicée , et une cellule cubitale également grande et très-éloignée du bout de l’aile ; cette cellule reçoit une seule nervure récurrente ; l’abdomen , de forme elliptique , est composé de six ou de sept anneaux , suivant le sexe ; les mâles qui en offrent le plus grand nombre se font remarquer par l’appareil copulateur dont ils sont armés, et que Degéer a décrit avec soin.

Les Crabrons se nourrissent du suc mielleux des fleurs. On les y rencontre souvent ; leurs larves, au contraire, sont carnassières ; les femelles pratiquent des trous dans la terre à a manière des Sphex ou des Ponipies. Elles déposent un œuf dans chacun de ces trous , et bouchent leur orifice après y avoir introduit le cadavre de quelques Insectes apartenant ordinairement h l’ordre es Diptères. La larve qui vient à éclore trouve dans cette provision une nourriture toujours suffisante.

Walckenaer , dans un travail sur les Abeilles solitaires, a eu occasion d’observer plusieurs espèces de Crabrons qui planaient sans cesse audessus des habitations des Halictes perceurs , et cherchaient à y pénétrer. Peut-être étaicnt-ce des femelles qui butinaient pour leurs petits. Ce genre paraît nombreux en espèces ; U Jurine a eu occasion d’examiner I vingt-quatre mâles et vingt-sept fe- N nielles d’espèces différentes. La plus I connue est :

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Le Crabron Crible ou criblé, Cr. cribrarius de Fabricius, qui peut être considéré comme le type du genre. On le trouve aux environs de Paris. Selon l’observation de Walckenacr , la femelle donne à sa larve la Pyrale chlorane.

Panzer a représenté plusieurs Crabrons squs les noms spécifiques de serripes , lituratus , signa/ us , parus , vagabundus , dentipes , lapidarius , etc. Jurine ( /oc. cit. , pl. 11 ) figure une nouvelle espèce sous le nom de Crabro 5 -no/a/us. Cet auteur rapporte au genre Crabron les Pe/nphredron tibialis , genicula/us et albïlabris de Fabricius. (aud*)

CRABROINITES. Crabronites . ins.

Famille de l’ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, établie par Lalreille , et convertie ( Règn.

Anim. de Cuv. ) en une tribu de la famille des Fouisseurs, avec ces caractères : premier segment du corselet linéaire et transversal; pieds courts ou de longueur moyenne; labre caché ou peu découvert; mandibules sans échancrure au bord inférieur ; abdomen rétréci à sa base , ovalaire ou elliptique dans les uns, allongé, étroit eÇ terminé en massue dans les autres; tête ordinairement fort grosse.

Les Insectes de cette tribu sont trèsremarquables par l’habitude qu’ont les femelles de percer des trous dans la terre ou les vieux Arbres pour y déposer leurs œufs , et par le soin qu’elles mettent à approvisionner ces trous de cadavres d’autres Insectes , seule nourriture qui convienne à leurs larves.

Latreillc avait établi dans la famille des Crabronites les divisions suivantes :

t Antennes insérées près de la bouche ou au-dessous du milieu de la face de la tète ( le plus souvent filiformes ).

i- ^eux échancrés.

Genre : Trypoxylon.

ii. Yeux entiers.

a. Mandibules très-étroites et seulement dentées au bout.

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Genres : Goryte , Crabron , Stigme.

b. Mandibules fortes, dentées au côté interne.

Genres : Pemphredon, Melline , Alyson.

ff Antennes insérées au milieu de la face de la tête ( toujours plus grosses vers le bout).

Genres : Psen , Cerceris , Pmlanthe. V. ces mots. (aud.)

CRACCA. bot. phan. Nom de plusieurs Légumineuses chez les anciens. Il a été imposé par les modernes à une espèce du genre Yesce. V.

ce mot. (b.)

CRACELOT. ins. Même chose que Kakrelat ou Kacerlat. V . Blatte, (b.)

* CRACHAT, DE COUCOU ou DE GRENOUILLE, ins. V. Cercope.

* CRACHAT DE LUNE. bot.

crypt. L’un des noms vulgaires du Nostoc commun. (b.)

CPlA-CRA. ois. L’un des noms vulgaires de la Rousserole , SyLvia Turdoïdes, L. V. Sylvie. On doune ce nom , à Saint-Domingue, auTacco , Cuculus Vetula , L., P. Cou a ; et dans l’Amérique méridionale , à un Héron. F. ce mot. (b.)

CRA-CRA. bot. piian. L’un des noms du fruit de 1 ' Aibutus Uua-Ursi dans les Alpes. V. Arbousier, (b.)

CRACTICUS. ois. Cassican.

CRADE AU. pois. L’un des noms vulgaires de la Sardine sur quelques côtes du nord de la France. (b.)

CRADOS. pois. Syn. vulgaire de jeune Brême. V. Cyprin. (b.)

* CRÆPULA. bot. Herpa-

GANTHA.

* CRÆSUS. Crœsus. ins. Genre de

l’ordre des Hyménoptères , section des Térébrans , famille des Tentiiré-' dines , établi par Leach aux dépens du genre Némale de Jurine, et qui a pour type son Nema/us seplentriona- / is . V . Némate. (aud.)

CRAIIATE. pois. Espèce du genre' Labre. V. ce mot. (b.)

CRAIE. Creta. géol. Substance

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regardée comme une variété de Chaux carbonatée, dont elle est en effet prèsue entièrement composée, mais que es caractères imporlans particularisent, etqui mérite par le rôle considérable qu’elle joue dans la nature que nous lui consacrions un article particulier. Son analyse a donné selon la pureté des qualités mises en expérience : Chaux carbonatée de 70 à 98, Silice de 8 à 20 , Magnésie de i à 20 , Alumine de 1 à 2. La Craie est d’autant plus blanche qu’elle est moins pénétrée de corps étrangers qui lui donnent ordinairement une couleur jaunâtre , grisâtre ou tirant sur le vert ; sa texture est lâche , son aspect mat sans la moindre trace cristalline ; son grain est fin , peu cohérent , presque impalpable ; sa cassure un peu conchoïde ; sa pesanteur spécifique varie entre 2,3i et 2,65. La Craie, toujours opaque, est friable dans son état de sécheresse, et happe à la langue ; elle est très- employée dans les arts ; on en forme des crayons blancs grossiers ; elle sert pour nettoyer les Métaux et le Verre , fournit diverses couleurs à la peinture en détrempe ; et préparée par pains, après que par des lavages on l’a dégagée de toutes parties hétérogènes , elle donne ce que l’on appelle vulgairement Blanc d’Espagne daÀs le commerce. La préparation de ce Blanc d’Espagne se fait en concassant la Craie extraite des masses qu’elle forme dans la nature :

on la délaye ensuite dans l’eau qui en sépare facilement les molécules ; on laisse reposer la Craie ainsi liquéfiée afin que le Sable se précipite ; on décante sans remuer le fond , et après plusieurs manipulations semblables on obtient une pâte dont on forme des pains qui se dessèchent assez promptemeut, et qui se taillent au couteau.

On confond souvent la Craie avec des substances fort différentes , et l’on en étend généralement le nom à beaucoup de Calcaires différons. 11 est probable que le Creta des anciens , qu’on a regardé comme identique , n’était qu’une Argile propre à faire de la

poterie ; ils distinguaient le Fullonia employé pour le dégraissage des draps, et l’ sJrgeu tarin avec laquelle on marquait en blanc. Il est au reste facile de ne pas reconnaître la Craie quand on u’en étudie que des échantillons isolés ; mais si on l’examine répandue en grandes masses dans la nature, toute incertitude disparaît , et ses caractères géologiques ne permettent plus de la méconnaître : elle avait été jusqu’à ces derniers temps , comme le dit le savant Brougniart( Desc. Géol.

des environs de Paris, p. 10), considérée comme une roche de formation récente, peu distincte, et ne jouant ctoins la structure du globe qu’un rôle secondaire. Il résulte de cette fausse opinion qu’on lui a donné des caractères incertains , tant minéralogiques que géognostiques, et qu’on applique souvent son nom à des Marnes calcaires , blanches et tendres , qui ne sont de la Craie ni minéralogiquement , ni géognostiquement.

La Craie se présente en immenses dépôts formant le sol de provinces entières. Ces dépôts ne présentent aucune assise continue ou régulière appartenant à la masse même , c’està-dire qu’on ne voit aucune couche nettement séparée dans leur substance, et qui indique la moindre stratification. Partout ces masses nous ont paru le résultat d’un immense délaycment; et quand des couches siliceuses s’y sont présentées, nous avons expliqué la formation de celles-ci par un mécanisme particulier, dont l’effet est extrêmement moderne comparativement à la formation de la Craie, et agit continuellement ainsi qu’il sera établi tout à l’heure. Cette absence d’assises dans la masse des grands dépôts crayeux distingue principalement ceux-ci du Calcaire compacte des Alpes etdu Jura. Les bancs d’ Argile, de bablc ou même de Grès, qu’on prétend avoir observés dans leur étendue, et qu’on a regardés comme y indiquant des stratifications , ne nous paraissent pas plus concilia r.s , et nous en révoquons en doute l’existence dans la véritable Craie blanche. Les fentes

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verticales appelées filets ou filières

Jiar les carriers, et que présentent es vastes dépôts de Craie, ne sont pas plus importantes ; elles sont dues au dessèchement de la masse qui seul y causa les accidens de brisure ou d’inclinaison qu’on y observe. — Les débris de corps organisés fossiles que renferme la Craie peuvent encore la caractériser et la distinguer des autres Calcaires , et surtout de ces Marnes d’aspect assez analogue qu’on serait tenté de confondre avec elle. Ils ne sont pas nombreux , et consistent dans quelques Bélemnites ou Trochus particuliers ( Troc/ius Bastervtii , Brongniart), Yüstrea vesicuiaris , quelques autres Conchifères , six ou sept Térébratules et quatre ou cinq Echinoderrnes. «Aucune de ces espèces, dit encore Brongniart , ne se retrouve dans le Calcaire grossier ; la formation de la Craie est donc parfaitement distincte de la formation du Calcaire grossier qui l’approche ; il ne paraît pas qu’il y ait eu entre ces substances de transition insensible ; au contraire on ne reconnaît pas de différences aussi tranchées entre la Craie et le Calcaire compacte qu’elle recouvre , et nous sommes portés à croire que ces deux formations passent insensiblement de l’une à l’autre. » Nous ajouterons aux preuves qu’on trouvera dans les excellens ouvrages de notre illustre géologue , l’appui de nos propres observations sur le plateau de Maëstricht , qui présente un immense banc de Craie avec assises de Silex, et que surmonte le Calcaire grossier dans lequel des débris de corps organisés différens se retrouvent en changeant insensiblement d’espèces , et passant de celles qui paraissent les plus anciennes à de beaucoup plus modernes. Brongniart démontre même que la formation de la Craie dans les environs de Paris a été suivie de cinq formations très - distinctes , et qui indiquent un long espace de temps, avec de grandes révolutions physiques, entre l’époque du dépôt de la Craie et celles ou les continens reçurent la forme qu’ils ont

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aujourd’hui. Il est remarquable que dans les débris de corps organisés que nous avons dit s’être trouvés dans la Craie on n’ait rencontré qu’une Coquille univalve à spire régulière ( le Trochus Basterotii ) , point de Cérites ou de Fuseaux, tandis que ces dernières se rencontrent en si grande profusion quelques mètres au-dessus et dans des couches également calcaires , mais d’une nature différente.

Du reste , aucun gîte métallique d’une importance no table ou de Charbon fossile ne se trouve dans la Craie. Le seul Métal qui s’y rencontre est le Fer à l’état de pyrites globuleuses.

On peut aisément reconnaître dans la formation de la Craie trois états assez distincts dans leurs parties éloiguées, mais qui se confondent par des nuances insensibles dans leur point de contact. L’inférieure, homogène et blanche, est la Craie dans son plus grand état depureté. La seconde, appelée vulgairement Tufau , est généralement mêlée de Sable, impure et jaunâtre ou grisâtre ; la supérieure, ferrugineuse et pénétrée de grains verts qui la colorent, peut être appelée Chloritée , c’est la Glauconie crayeuse de Brongniart. Telle est du moins la disposition que nous avons observée dans les parties inférieures du bassin de la Meuse , à Folécave en Belgique , nonloinde Bruxelles, et dans quelques points des falaises de Normandie que nous avons eu occasion d’examiner.

Une grande partie du nord de la France est de formation crayeuse.

Dans le bassin de Paris , fond d’un golfe immense , celle Craie forme des collines entières et des monticules

3ui durent être des îles ou des écueils ont les côtes antiques étaient hérissées. Les plaines arides de la Champagne Pouilleuse en sont formées; les côtes du Nord et celles de l’Angleterre qui leur correspondent en empruntent cctle éblouissante blancheur qui leur valut le nom d’Albion. La Gallicie , partie autrichienne de la Pologne , d’autres vastes pay^ de l’Europe, des cantons de l'Afrique, et probablement beaucoup d’autres

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