‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 3)Chapitre 5 sur 221 · S CRA · texte numérisé non relu

S CRA

régions du globe, sont de formation crayeuse.

En examinant attentivement les grandes formations de Craie que nous avons eu occasion de visiter , et dans lesquelles nous avons cherché à nous rendre raison de la présence des couches siliceuses qu’on y remarque , nous avons acquis la certitude qu’on avait jusqu’icierré sur l’origine de ces assises singulières , certainement fort modernes en comparaison de ce qui les environne. Nos observations ont été faites particulièrement dans les environs de Maëslricht, où la nature semble appeler le géologue à d’importantes confidences. Dans la partie supérieure de ce grand banc, composé de ce Calcaire grossier que Brongniart a si bien distingué de la Craie , on trouve des blocs de Silex ; mais ils y sont dispersés en rayons irréguliers plus ou moins considérables ; ils n’observent alors aucun ordre régulier dans leur position respective ; et, se présentant comme au hasard où travaillent les carriers , forcent souvent ceux-ci à se détourner de leur direction afin de suivre la partie homogène exploitée, dans laquelle nul corps dur n’occasione de défaut ou de résistance. Au-dessous de la région des carrières , lorsque le Calcaire plus pur, parvenant au voisinage de la Craie qu’il recouvre , s’apprête à se confondre avec elle , la disposition des Silex commence à se régulariser ; mais les couches qui commencent à se manifester ne se rencontrent pas sur tous les points ; ce n’est cju’en se rapprochant des régions inferieures qu’elles affectent cette disposition particulière qui frappe d’étonnement l’observateur attentif. Dans un escarpement que nous nous sommes complus à décrire , et que nous avons soigneusement figuré (Voyage souterrain , p. i83 , pl. 11), ces assises siliceuses sont d’autant plus rapprochées que , formées dans la Craie ramollie par l'humidité, le poids des parties supérieures du plateau semble les avoir comprimées les unes contre les autres ; on dirait un

CRA

mur immense construit par des géants. C’est au point où la barque de Liège tourne en suivant un coude de la Meuse qui vient baigner l’escarpement à une demi-lieue au-dessus de Maëstricht, qu’on admirela régularité des assises siliceuses sur l’éblouissante élévation qui se présente aux regards étonnés. Le voyageur a besoin de rappeler toutes les idées qu’il peut avoir du possible pour ne pas s’imaginer qu’il contemple une bâtisse colossale. Cette muraille naturelle s’étend l’espace de quatre ou cinq cents toises. On y creusa des caves et même des granges. Les couches de Silex y sont exactement parallèles, épaisses d’un à trois mètres , et sans que la plus exacte symétrie soit jamais interrompue par quelque bloc amorphe interjeté. La proportion du grand mur de Craie siliceux qui nous occupe, et sa blancheur, rappellent les côtes âpres que l’on nomme falaises de Normandie. Ces lieux si distans présentent encore d’autres rapports ; aussi nous semble-t-il que tout indique en eux un système identique de formation , le long duquel on doit reconnaître la côte que baignait l’Océan septentrional quand la Belgique en formait la plage, et que la persévérance batave , à force d’enclaver des polders entre de prodigieuses digues, n’en avait pas conquis sur la mer les alluvions du Rhin et de scs aflluens. Fanjas de Saint-Fond avait remarqué les couches siliceuses qui nous occupent (Hist. de la Montagne de Saint-Pierre, p. 5?) ; mais il tomba dans une étrange erreur à leur égard; il y entraîna Héricart de Tlniry , qui répète textuellement d’après lui ( Essai potainographique de la Meuse dans le Journal des Mines, n9 .70 , p. 5 1 5 ) cc que l’escarpement taillé à pic dont il est question est composé de couches horizontales d’un Sable fin, blancct un peu crayeux, qui alternent avec des couches également horizontales de Silex noir, mamelonné et comme branchu, qui ont appartenu autrefois à des Madrépores passés à l’état siliceux, et qu’on y trouve

CRA

également du bois et des Coquilles passés au même état. » Ce n’est point du Sable fin un peu crayeux qui l’orme la partie des escarpemcns de Maës tricht ou se voient les assises siliceuses , mais de véritable Craie dans son plus grand état de pureté. Les Silex n’y sont pas dus à des Madrépores , et encore moins à du bois , ou meme à des Coquilles. Les Madrépores ne jouent ici aucun rôle. Claire, ingénieur des^ Mines , a beaucoup mieux observe la nature de la Craie et des Silex de ces lieux, lorsque, dans une Notice géologique sur Maëstricht (Journal des Mines , n° 2i4 , p. 244 ), il remarque qu’on voit au voisinage des assises moins de débris fossiles que dans le Calcaire grossier supérieur. Si l’on rencontre dans quelues Silex de celte dernière formation es Madrépores et dubois devenu Silex, ce dont nous doutons sans nier la facilité avec laquelle de tels corps passent à cet état, ce n’est qu’accidentellemcnt; quant aux couches dans la Craie, elles sont dues évidemment à l’eau infiltrante qui , dissolvant par des moyens et à l’aide d’agens qui nous demeurent inconnus la matière des Silex abondamment répandue dans l’épaisseur du plateau , la dépose quand elle rencontre les conditions convenables. C’est au mot Silex que nous démontrerons celte doctrine.

Il paraît donc qu’en général la Craie repose sur des couches d’Argilejqu’cllc est d’autant moins pure, queses bancs sont plus profonds ; que les Fossiles qu’on y rencontre sont de nature fort différente de celle des Fossiles qui abondent dans les couches supérieures; que le Silex s’y dépose par bancs ou assises plus régulièrement qu’ailleurs où on n’en trouve que par ronons; qu’on n’a jamais reconnu auessous la moindre trace de terrains d’eau douce ; et qu’enfin étant d’une formation fort ancienne , c'était une idée bien bizarre que celle de Patrin qui prétendait trouvqf l’origined’une grande partie des masses de Craie dans les feux souterrains.

CRA 9

On a donné le nom de Craie de Briançon à une sorte deTalc laminaire dont il sera question au mot Talc.

CRAITONITE ou CRIC1JTO- NITE. min. ( De Bournon. ) Fer oxidulé titane, Haiiy. Nouvelle espèce établie par de Bournon , et ainsi dénommée en l’honneur de son ami le docteur Chrichton. Elle paraît être un Titanate de Fer , d’après l’essai d’analyse qu’en a fait Berzélius. Sa forme primitive est, suivant de Bournon , un rhomboïde très-aigu dont l’angle plan au sommet est de dixhuit degrés, et qui se divise dans le sens perpendiculaire à son axe. La couleur de ses cristaux est le noir dé Fer, joint à un éclat très-vif; celle de la poussière est le noir foncé. Ce Minéral rayé la Chaux fluatée et non le Verre; sa cassure est conclioïde et éclatante; il est Eans action sur l’aiguille aimantée ; au chalumeau il est infusible et inaltérable , lorsqu’il est seul ; il se comporte avec les flux comme l’Oxiduicfde Fer pur. Les formes sous lesquelles il se présente le plus ordinairement sont des rhomboïdes aigus ou obtus , dont les sommets sont remplacés très - profondément par deux faces perpendiculaires à l’axe ; on en connaît aussi une variété lamelliforme. Ce Minéral se trouve dans le département de l’Isère sur le même Feldspath qui sert de gangue aux Cristaux d’Anatase. (g. del.)

CRAM. bot. piian. T7-. Cran.

CRAMBE. Crambus. ins. Genre de 1’ ordre des Lépidoptères, famille des Nocturnes, tribu des Tiueïtes , établi par Fabricius , et ayant suivant lui pour caractères : quatre palpes ; les antérieurs plus courts, plus épais à leur extrémité et tronqués obliquement; les postérieurs avancés, comprimés , connivcns ; antennes sclacécs. Latreille, prenant en considération le port des ailes qui tantôt forment un triangle aplati et allonge , et tantôt sont roulées autour du corps à la manière de plusieurs teignes, a dispersé les espèces qui offrent le pre-

CRA

mier de ces deux arrangemens dans les genres Aglosse , Bolis , Herminie, et il a restreint le genre Crambus de Fabricius à celles qui présentent pour caractères : palpes intérieurs grands , avancés ; ailes roulées autour du corps , et lui donnant une forme presque cylindrique. Ainsi restreint, ce genre comprend plusieurs espèces européennes figurées par Hiibner , et dont les plus remarquables sont le Crambe des prés , Crambus pra/ensis; le Crambe des pins, Crambus Pineti; le Crambe argenté, Crambus argenteus. On trouve ces Lépidoptères dans les pâturages secs sur les Plantes. Le Crambe incarnat, Crambus carneus , et quelques autres espèces pourraient, suivant Latrcille, former un sous-genre propre. (aud.)

CRAMBE. Crambe. bot. phan.

Genre de la famille des Crucifères et de la Tétradynamie siliculeuse , L., établi par Tournefort et adopté par tous les botanistes qui l’ont suivi.

Dans son grand travail sur les Crucifères , le professeur De Candalle ( Syst.

Veget. Nat. T. n, p. 65o) le caractérise ainsi : calice étalé, égal à sa base; pétales égaux et entiers ; filets des étamines très-longs , munis d’une dent située près de leur sommet et latéralement ; ovaire ovoïde ; style nul ou très-court; stigmate capité ; silicule coriace , à deux articulations ; chaque article indéhiscent et uniloculaire, l’inférieur stérile et faisant fonction de pédicelle , le supérieur monosperme et globuleux. Le cordon ombilical s’élève de la base de la loge, se recourbe vers son sommet; etsuspend une semence sphérique , dont les cotylédons sont épais, presque foliacés , profondément émarginés et condupliqués, c’est-à-dire pliés longitudinalement de manière à cacher la radicule dans leur plicature. Celte disposilion des cotylédons , jointe à la structure du fruit , a fait placer les Crambes , par De Candolle , dans sa seizième tribu qu’il nomme Rapiianées ou Orthoplocées Lomcntacécs.

Ce genre , un des plus naturels entre les Crucifères , et des plus faciles

CRA

à distinguer et par son port et par les caractères que nous venons d énoncer , se compose de Plantes herbacées ou sous-frutescentes. Elles ont des feuilles caulinaires, alternes, pétiolées, dentées ou incisées, pinnatifides ou lyi'ées. Leurs fleurs sont blanches, portées sur des pédicelles droits , filiformes et sans bractées ; elles sont très-nombreuses , et forment des grappes allongées disposées en panicules très-lâches.

Treize espèces ont ?té décrites par De Candolle (/oc. cit.)-, il les a distribuées en trois sections auxquelles il a donné les noms de Sarcocrambe , Leploc/ambe et Dendrocrambe. La première de ces sections en contient à elle seule les deux tiers , et c’est elle qui renferme le Crambe maritima , L., dont nous allons donuer une description succincte : en général , les Plantes de ce genre habitent la région méditerranéenne depuis les îles Canaries jusqu’en Orient, et principalement en Perse. Le C. maritima fait seul exception à cette spécialité de distribution géographique. On le trouve aussi sur les côtes des mers de l’Europe boréale.

Le ' Crambe maritime , Crambe maritima , L. , a une racine épaisse dont le collet porte plusieurs tiges hautes de près d’un mètre, très-rameuses, lisses, glauques et charnues. Ses feuilles inférieures sont pétiolées , oblougues ou presque arrondies , ondulées, sinuées et dentées; les supérieures sont presque linéaires, aiguës et entières. Cette Plante , connue vulgairement sous le nom de Chou de 'Mer , est maintenant cultivée dans les jardins de la Grande- Bretagne pour des usages comestibles. Goodenough a donné un procédé pour rendre plus tendres et plus agréables ses turions ou premières tiges naissant du collet de la xacine.

Il consiste ù les faire étioler , en les abritant de la lumière solaire au moyen de vases cylindriques percés au sommet. Ils deviennent alors tendres et charnus; on les faitcuirc àla manière des Asperges , et leur saveur

est à peu près celle des Choux-Fleurs.

CRAMBION. BOT. PHAN. (Dioscoride. ) Adanson regarde cette Plante corame une espèce de Tithyraale. V.

Euphoree. (b.)

CRAMBITES. Crambites. ins. Famille de l’ordre des Lépidoptères établie par Latreille avec ce caractère :

quatre palpes apparens. Cette famille, qui comprenait les genres Botys , Aglosse , Gallerie, Crambe et Aluci te , a été réunie (Règn. Anim. de Cuv. ) à celle des Nocturnes , et fait partie de la quatrième et de la septième tribu. (aud.)

CRAMBUS. ins. V. Crambe.

CRAMERIA. bot. phan. Pour Krameria. P". ce mot.

CRAMPE, pois. Syn. vulgaire de Torpille. ce mot. (b.)

CRAN ou CRAN DE BRETAGNE.

bot. PHAN. On l’écrit aussi Cram.

Noms vulgaires du Cochlearia Arrnoracia, L. ,Armoracia ruslica , Baumg.

Page 1