‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 3)Chapitre 8 sur 221 · V. ce mot · texte numérisé non relu

V. ce mot

Le maxillaire inférieur, par ses relations et scs fonctions , fait réellement partie de la tête osseuse , et par conséquent du Crâne; mais comme les considérations qui s’y rattachent sont surtout relatives à la digestion , nous en parlerons à part. V. Mâchoires et Maxillaires. (a. d..ns.)

* CRANE, bot. cryft. [Lycoperda-

cées.) Sorte de Vesse-de-Loup , Lycoperdon , décrite par Paulet (pl. 200, fig. 1 ) , et qu’il pense être le Champignon désiguë par Cœsalpin sous le nom de Cranium-, sa couleur et sa grosseur le font ressembler à un Crâne humain. C’est probablement 1 eLycoperdon giganteum. (ad. b.)

* CRANE DE MER. polyp. Quelques voyageurs ont donné ce nom à X Alcyonium Cranium de Millier.

(LAM..X

C R A N G O N. Crangon. crust.

Genre établi par Fabricius, et placé par Lalreille ( Règn. Anim.’ de Cuv.) dans l’ordre des Décapodes , famille des Macroures , section des Salicoques, avec ces caractères : antennes latérales situées au-dessous des mitoyennes , et recouvertes à leur base par une grande écaille annexée à leur pédoncule; antennes mitoyennes ou supérieures à deux filets ; les deux pieds antérieurs terminés par une main reuflée , à un seul doigt ; l’intérieur ou celui qui est immobile , simplement avancé en manière de dent ; la seconde paire de pieds filiforme, coudée et repliée sur elle-même dans le repos, terminée par un article bifide, mais à divisions peu distinctes; prolongement antérieur du test , ou le bec très-court. Les Crangons ressemblent aux Alphécs par le nombre et la correspondance des pieds en pince , mais ils en di lièrent essentiellement par le doigt inférieur

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ou immobile des deux premiers pieds et par ceux de la seconde paire qui sont coudés et filiformes. Ce genre , qu’on pourrait confondre au premier abord avec celui des Palémons , s’en éloigne par les deux filets des antennes mitoyennes, par la petitesse du prolongement antérieur ae leur carapace et par la manière dont se terminent les deux premières paires de pâtes. Ces Crustacés ont un test incolore ou tirant un peu sur le vert , marqué souvent d’une infinité de points ou de lignes noires. Ces couleurs changent singulièrement lorsu’on les cuit ou quand on les plonge ans l’esprit de vin. Alors ils se colorent en rouge. On les trouve communémentsur nos côtes dans les endroits sablonneux. Ils ont des mouvemens très-brusques, nagent ordinairement, sur le dos , et frappent souvent l’eau avec leur abdomen qu’ils replient contre le thorax , et distendent ensuite avec beaucoup de force. Les pêcheurs en prennent en grande quantité dans leurs filets, et s’en servent quelquefois comme d’amorce pour attirer plusieurs Poissons riverains qui s’en nourrissent. On les sert aussi sur nos tables, mais leur chair n’est pas à beaucoup près aussi délicate que celle des Chevrettes. On les confond cependant quelquefois avec celles-ci , et on les nomme indistinctement Crevette de mer , Chevrette , Cardon ; mais les Chevrettes proprement dites appartiennent au genre Paléinon. V.

ce mot.

Les espèces les plus connues sont :

Le Crangon boréal, Cr. boraas , décrit et représenté par Phipps ( Voy . au Nord, pl. 1 1 , fig. 1 ). Il est le plus grand de ceux que l’on connaît; Herbst ( Cane. tab. 39, fig. 2) a copié cette figure.

Le Crangon vulgaire, Cr.vulgaris , Fabr., vulgairement le Cardon , représenté par Roësel (T. m, tab.

63, fig. i, 2). Il Cst très-commun sur les côtes de l’Océan.

lie Crangon épineux , Cr. spinosus , Lcach, sur les côtes méridionales de l’Angleterre.

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Risso (Hist. des Crust. de Nice , p.

81 ) décrit deux espèces nouvelles de Crangon : la première , qu’il nomme Crangon fascié, Cr. fasciatus, et qu’il représente ( tab. 3, fig. 5 ) , semble appartenir, suivant Latreille , à un.

autre genre ; la seconde , qu’il ne figure pas , porte le nom de Crangon ponctué de rouge , Cr. rubro - punctatus. L’une et l’autre ont été trouvées dans la mer de Nice sur les bas-fonds sablonneux. (aud.)

0 CRANIA. bot. piian. (Théophraste.) Syn. de Cornus rnascula. V. Cornouiller. (b.)

CRANICHIS. Cranichis. bot.

fijan. Famille des Orchidées , Gynandrie Monandrie. Swartz , qui a établi ce genre dans sa Flore des Indes- Occidentales , lui a donné pour caractères : un calice déjeté latéralement ; les trois divisions externes et les deux divisions internes à peu près égales entre elles , rapprochées dans leurs parties inférieure et moyenne , un peu écartées supérieurement, quelquefois tout-à-fait écartées; le labelle est supérieur, placé entre les deux folioles internes ; il est concave et recouvre les organes sexuels; le gynostème est dressé, un peu dilaté dans sa partie supérieure qui porte antérieurement une anthère à deux loges , terminée en pointe à sa partie supérieure. Chaque loge renferme nue masse de pollen pulvérulent. Le sligmate est placé au-dessous de l’anthère, à la face antérieure du gynostème ; l’ovaire est à peine tordu. Le fruit est une capsule trigone s’ouvra ni en trois valves.

Ce genre ne se compose que d’espèces américaines , la plupart originauesde la Jamaïque, d’ou Swartz en a rapporte, six. Llhot en a trouvé une en Caroline , a laquelle il donne le nom de Cranichis multijlora. Ce sont en général de petites Plantes à racines fasciculées , à tige simple, quelquefois dépourvue de feuilles , portant des fleurs assez petites, disposées en épis. Aucune d’elles n’est cultivée dans nos serres. (a. tx.)

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CRANIE. Cranta . mou,. Le genre Granie , institué par Bruguière , avait été confondu par Linné /parmi les Anomies. Il ne connaissait qu’une seule espèce qui pûl se rapporter au genre de Bruguière , c’est VAnomia Craniolaris qui est encore, à ce qu’il paraît, la seule espèce vivante connue. Depuis Bruguière , presque tous les concliyliologues ont admis ce genre; Lamarck , Megerle , Ocken , Férussac, Defrance , Blainville, sont, de ce nombre ; Cuvier n’en fait pas mention , il ne le cite même pasparmf les Anomies. Quoi qu’il en soit , ce genre ne doit plus être placé parmi les Multivalves comme le pensait Bruguière , car il n’a , avec eux , aucuns rapports de forme et de structure , et ces trous dont la valve inférieure paraissait percée pour l’insertion des muscles sur des osselets analogues à ceux des Anomies , sont un fait que l’observation a détruit.

Les Cranies n’ont aucune charnière ; dépourvues de ligamens et de dents propres à retenir les deux valves, il est fort rare de les trouver ensemble dans les espèces fossiles surtout; il n’y en a que quelques-unes qui soient connues parfaites; la valve inférieure seule des autres , fixée aux différons corps sous-marins, se retrouve plus facilement. Le nombre des espèces connues n’est pas encore considérable; c’est Defrance qui en a fait connaître le plus dans le Dictionnaire des Sciences Naturelles. C’est d’après lui et d’après ce que nous possédons dans notre collection, que nousallonsdonnerles caractères génériques suivans : coquille inéquivalve, suborbiculaire ; valve inférieure presque plane , percée du côté interne de trois trous inégaux et obliques; valve supérieure convexe ou conique, semblable à une petite patelle , munie intérieurement de deux callosités saillantes; point de dents ni de ligament cardinal ; Animal inconnu.— On sera toujours embarrassé de placer convenablement les Cranies dans l’ordre des rapports , avant de connaître l’Animal qui ha-

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bite cette singulière Coquille. Les Ilipponices de Defrance , également placés sur une base adhérente tantôt par une grande surface , tantôt par un point seulement de leur face inférieure, sembleraient indiquer des rapports entre des genres que l’on a éloignés dans des classes différentes.

Pourquoi , avant de connaître les Animaux des uns et des autres , a-t-on placé les uns parmi lesTJnivalvesdans le genre Cabochon, tandis que les autres sont rangés parmi les Bivalves dans cette famille des Rudistes de Lamarck, qui semble être un réceptacle ou l’on a jeté des genres dont les caractères sout peu connus ? On ne pourra répondre à cette question que lorsque l’on aura quelques connaissances positives des Animaux , les caractères tirés des coquilles étant insuffisans.

Crame en masque , Cranta personata, Lamk. ( Aniin. sans vert. T. VI, irc part. , p. 258) ; Blainville ( Dictionn.

des Sc. Nat.); Anomia Craniolaris , L. (p. 334o), figurée dans l’Encyclopédie ( pl. 171, fig- 1 et 2) et dans Chemnitz (T. vm, t. 76, fig.

687). C’est une Coquille orbiculaire que l’on trouve non-seulement dans la mer des Indes, mais aussi dans la Méditerranée sur les Polypiers ; sa valve inférieure est plane, adhérente , présentant trois impressions dont la position en forme de triangle , et la forme de celle du milieu , lui donnent assez l’apparence d’un masque de tête de mort ; la valve supérieure est convexe , conique , blanchâtre', munie à l’intérieur de deux callosités qui semblent avoir servi à l’insertion des muscles.

Ckanie Épaisse , Cranta Parisicnsis , Lamk. (lue. cit .); Defrancc(Dict.

desSc. Nat.). Elle est très-bien figurée dans les Vélins du Mus. d’Hist. Naturelle (n° 47 , fig. 7 bis ) d’après un bel individu de la collcctiou de Défiance.

On la trouve assez fréquemment à Meudon et dans les autres lieux des environs de Paris où l’on exploite de la Craie. On 11c connaît que la valve inférieure qui est fixée, soit aux Oui-

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sins, soit à des fragmens de Catillus.

Cette valve est épaisse , plane , ovale , arrondie , adhérente par sa face inférieure; elle présente en dedans des stries rayonnantes et trois impressions profondes; le bord est élevé, lisse , fort épais.

Cranie Monnaie, Crania Nummulus , Lamie. ( loc. cit. n° 2). Cette espèce fossile avait été prise par Linné , mais à tort , pour l’analogue de l’ Anomia Craniolaris. Cette Coquille, que l’on nomme vulgairement Monnaie de Bratienbourg , est une espèce distincte dont 011 ne connaît également qu’une valve qui est probablement l’inférieure , quoiqu'on n’y remarque pas de traces évidentes d’adhérence ; elle est suborbiculaire ,

Présentant des stries rayonnantes à intérieur, ainsi que trois fossettes obliques; quelques stries concentriques se remarquent vers le bord qui lui-même est lisse ; elle est fossile. De Suède.

Deux autres espèces sont connues :

la Cranie antique , Crania antiqua , et la Cranie striée , Crania striata , pour la connaissance desquelles nous renvoyons à l’ouvrage de Lamarck (Anim. sans vert. T. vi , irc part., p. 25g). (d..h.)

CRANIOIDES. Cranioides. polyp.

ross. Bertrand Sclieuzer a donné ce nom à un Polypier fossile du genre Méandrine , ou bien à la portion supérieure de quelque grand Oursin également fossile. (lam..x.)

CRANIOLAIRE. Craniolaria.

bot. PH AN. Ce genre , établi par Linné, et placé dans sa Didynamie Angiospermie, appartient à la famille des Bignoniacécs. Lamarck (Encycl.

2 , p. 212) a réuni aux Martynia le Craniolaria annua, L., en lui donnant le nom de M. spalhacea ; d’un autre côté, le Craniolaria fruticosa , L. , ayant été reconnu par Jussieu comme appartenant aux Gesneria , la plupart des auteurs, et entre autres Swartz , Willdenow et Pcrsoon , ont cessé de compter le Craniolaria au nombre des genres , et scs deux cs-

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pèces ont été fondues dans les deux genres précités avec le nom spécifique de Craniolaria. Cependant , ce genre avait été bien distingué par Jussieu ( Gener. Plant., p. i4o), et dans ces derniers temps , Kunth {Noua Généra et Spec. Plant. Æquin.

vol. ni, p. r 55) l’a caractérisé de la manière suivante : calice campanule spathiforme , à cinq dents et tendu latéralement; corolle à tube trèslong, à gorge campanulée , à limbe bilabié; la lèvre supérieure bifide, l’inférieure trifide ; le lobe du milieu plus large; quatre étamines didynames avec une cinquième rudimentaire ; sligmate bilamellé ; drupe ovoïde , pointue, renfermant une noix ligneuse, dont le sommet a deux petites cornes et qui est quadriloculaire; quatre graines , souvent réduites à une seule dans chaque loge, ovées , un peu comprimées et non ailées.

La Cr anioe aire annuelle , Craniolaria annua, L., unique espèce du genre , est une Plante herbacée, trèsvelue et visqueuse ; à feuilles opposées, quinquélobées, à fleurs blanches , panachées vers l’entrée de la corolle et disposées en grappes. Elle croît dans les contrées équatoriales de l’Amérique, et principalement parmi les touffes de Graminées dans la république de Colombie , où , selon Humboldt et Bonpland , les habitans, qui donnent à sa racine le nom de Scorzonera, en préparent une boisson amère qu’ils regardent néanmoins comme rafraîchissante. (g.. N.)

CRANIOLARIS. moll. Syn. de Cranie en masque. V. Cranie. (d.. h.)

CRANION. bot. crypt. Ce nom , chez les anciens , désignait plus particulièrement la Truffe ou de fort gros Lycoperdons , qui devenaient semblables au crâne des enfans.

Dans Théophraste, il est appliqué à l’une des quatre grandes divisions que ce botaniste fit des Champignons.

y. Crâne, bot. crypt. ' (b.)

CRANIQUE. bot. piian. Pour Cranichis. V. ce mot. (b.)

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CRANÏUM. molx. Nom vulgaire que l’on donne aux Cranies , surtout aux espèces fossiles. (d..h.)

CRANQUILLIER. bot. phan. L’un des noms vulgaires du Lonicera Pe~ ryclïmenum. P'. Chèvrefeuille.

CRANSON. BOT. PHAN. V. Co-

CHLÉARIA.

CRANTZIE. Crantzia. bot. phan.

Un grand nombre de genres ont successivement été établis sous ce nom qui rappelle celui du botaniste Crantz connu par plusieurs travaux importans. Mais aucun de ces genres n’a été adopté par les botanistes ; en sorte qu’aujourd’hui il n’existe réellement pas un genre qui porte ce nom. Ainsi le Crantzia aculeata de Schreber est le ToddaLia aculeata de Lamarck. Le Crantzia de Scopoli est le Besleria cris ta ta de Linné. Le genre Crantzia , proposé par Swartz , est le même que le genre Pachysandra établi par le professeur Richard dans la Flore de l’Amérique septentrionale de Michaux. Nuttai, dans ses genres de l’Amérique septentrionale, a proposé un genre Crantzia pour VHydrocotyie iineata de Michaux.

Mais ayant vu et examiné plus d’espèces a’Hydrocotyle qu’aucun autre botaniste, nous pouvons assurer que ce genre ne peut être admis , et que si l’on voulait séparer les espèces nombreuses de ce genre d’après les différences qu’elles offrent , il faudrait établir au moins six ou sept genres. Le Crantzia de Vahl et de Swartz ( Prodrom. ) est le Tricera lœvigata du même auteur ( Flor . Ind. -Occident. ). Enfin , dans le second volume de son jStyst. Pat., le professeur De Candolle cite un genre Crantzia de Lagasca ( Jdor. Hispan. ined. ) , qui se composededcuxespèces : l’une, Crantzia ochroleuca , Lag. , est le Brassica aus/riaca de Jacqüin et Y Ery simu m austriacum de De Candolle ; l’autre , Crantzia. frutesccns, Lagasc., est le Erassica a/vensis de Linné ou Moricandia a/vensis de De Candolle.

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CRAOUILLE ou CRAOUILLÈ- RE. ois. Même chose qu’Agasse- Crucllc. V. ce mot. (b.)

CRAPA. pois. Espèce du genre Serran. V. ce mot. (b.)

CRAPAUD. Bufo. BEPT. BATR.

Genre de la famille des Anoures de l’ordre des Batraciens , long-temps confondu avec les Grenouilles , par les naturalistes qui avaient adopté sans exception la classification de Linné , et que Cuvier n'a conservé que comme sous-genre dans son Histoire du Règne Animal. Laurenti avait indiqué la séparation des Crapauds d’avec les Grenouilles d’après Bradley , mais les caractères sur lesquels ii établissait cette division étaient la plupart faux. Ceux qu’on doit adopter consistent : dans la dimension des pâtes de derrière qui n’excèdent jamais la longueur du corps; dans la disposition des doigts antérieurs qui sont unis, courts, plats et inégaux; dans la langue qui, plus libre qu’elle ne l’est chez les Grenouilles, n’est fixée qu’aux bords de la mâchoire inférieure ; enfin , dans les verrues dont est couverte leur peau rude , et dont deux beaucoup plus grosses , appelées parotides , sont situées sur le cou. Ce dernier caractère est le plus décisif. Les Crapauds ont d’ailleurs un aspect hideux avec des couleurs tristes et mal assorties ; leur allure est ignoble, tandis que les Rainettes et les Grenouilles sont ordinairement sveltes et parées de teintes agréables ; leurs mœurs sauvages et abjectes semblent justifier l’espèce de réprobation dans laquelle ils viventabandonnés. Onles regarde généralement comme venimeux, et l’on raconte dans les campagnes une f oule de fables sur la propriété qu’ils ont de charmer les Hommes et les Animaux par l’effet de leurs regards et de leur souffle. Les misérables faiseurs de dupes qui s’adonnent, chez les villageois, aux pratiques superstitieuses de la magie , les font entrer dans leurs conjurations ou dans leurs remèdes. LeCra-

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paud joue toujours un rôle important dans les histoires de sorciers , et l’on se rappelle cet infortuné Vannini qui fut brûlé vif par arrêt de parlement parce qu'on avait trouvé chez lui un Crapaud renfermé dans un bocal de verre. — Le Crapaud, tout dégoûtant qu’il est , ne doit pas être aussi malfaisant qu’on le suppose communément; cependant il laisse ou fait suinter de son corps une humeur jaunâtre , fétide et horriblement acre , qui , selon Cuvier , peut être nuisible aux petits Animaux, quand ceux-ci en sont touchés. Lors^qu’on le tourmente, il se gonfle et lance par l’anus une liqueur particulière qui n’est pas de l’iirinc comme se l’imagine le vulgaire , et qui , si elle arrive dans les yeux , y cause une rande irritation et de vives douleurs, on haleine passe pour infecte. Il se nourrit de Vers, de Chenilles, de petits Insectes , et même des Abeilles mortes qui sont rejetées des ruches.

Linné dit qu’il se délecte de Cotule, d’ActéeetdeStachys fétide. Nous avons surpris l’espèce commune mangeant des Fraises. — Les Crapauds sont en général nocturnes ; ils habitent les endroits frais et obscurs, les trous des vieux murs , sous les pierres et dans la terre ; n’en sortent que lorsque des pluies abondantes viennent en été pénétrer le sol, et paraissent souvent dans ce cas, en si grande quantité , que l’on a cru qu’il en tombait du ciel ; c’est surtout dans le fort de l’été que ce phénomène a lieu, et nous ayons même observé parfois une si grande quantité de petits Crapauds sautant sur la terre après une ondée, que nous aurions été tentés de croire à ]a tradition populaire si la faison ne nous en eût démontré l'impossibilité.— Les Crapauds habitent beaucoup moins les eaux que ne le font les Grenouilles ; ils ne semblent même s’en rapprocher que pour y venir déposer leurs œufs. Ils y deviennent souvent la proie des Brochets et même des Anguilles ; à terre, ce sont les Serpcns , les Hérons , les Cigognes et les Buses , qui leur font une guerre

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cruelle. Nous en avons trouvé dans des Couleuvres, qui, ayant été avalés tout vifs, n’étaient pas encore morts après être demeurés quelques jours dans l’estomac de leur vorace ennemi- On prétend que les Loups et les Renards ne les dédaignent pas ; nous avons de la peine à croire qu’aucun Mammifère s’en puisse nourrir ; en effet, il suffit d’avoir vu un Chien mordre un Crapaud , et , la gueule enflammée , l’abandonner avec des cris arrachés par la douleur, pour juger que la matière âcre qui suinte des pustules de l’ignoble proie , est un moyen de défense certain contre tout être dont les lèvres , la langue et le palais sont les parties destinées aux perceptions du goût, l’un des sens les plus délicats.

L’anatomie de ces Animaux, grâce aux recherches de Roëael et de Klœtzke, est assezbiencqnnue. Les os de la région supérieure de leur tête 'sont rugueux à leur superficie; à l’exception de la sympliise du menton et des intermaxillaires , ceux du crâne et de la face sont totalement soudés chez les adultes. Les osselets de l’ouïe au nombre de deux , savoir le marteau ell’étrier, sont proportion^ nellement fort grands et cartilagineux ; un ou deux Crapauds seulement ont des dents dont la morsure n’est pas venimeuse. Le nombre des vertèbres est , selon les espèces , de sept à huit ; leurs apophyses sont fortes et longues , et les transverses fort larges. Le sacrum est robuste , comprimé , terminé par une longue pointe, mais sans coccyx. Il n’y a aucune apparence de côtes; le sternum est large, uni en devant avec les os de la fourchette et les clavicules , il varie de forme dans quelques espèces; l’omoplate est brisée pi composée de deux pièces articulées dont la supérieure se j apporte vers l’épine. Les os de l’avantbras sont soudés entre eux de manière à n'en former qu’un seul qui est cependant creusé inférieurement par un sillon peu prononcé. Le nombre des os du carpe est ordinairement de huit sur trois rangs , d’autres fois de six sur deux rangs; ceux du métacarpe

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sont au nombre de quatre avec quatre doigts et un pouce rudimentaire; le fémur est dépourvu de trochanter.

Un os particulier aux Batraciens, considéré à tort par quelques naturalistes comme l’analogue des os de la jambe , vient ensuite. La rotule, pareille à celle de l’Homme , est placée dans l’épaisseur des tendons. Le tibia et le péroné demeurent séparés dans toute leur longueur. Le tarse se compose de quatre os dont le dernier est fortement crochu , et le métatarse de cinq. — L’appareil musculaire est peu compliqué, mais la fibre qui le compose est très-forte, très-irritable et très-sensible à l’action galvanique. — Quoique les nerfs soient très - distincts et très- gros chez les Crapauds, la cavité du crâne qui en est le point de départ est très-resserrée, et le cerveau y occupe un fort petit espace ; ses hémisphères sont lisses, sans convolutions , allongés et étroits; les' couches optiques, placées en arrière , sont grandes avec un ventricule qui communique au ventricule moyen ; le cervelet est aplati, triangulaire, appliqué en arrière sur la moelle allongée ; il n’existe ni tubercules quadrijumeaux , ni pont de Varole. Le sens de l’odorat ne doit pas être trèsdéveloppé ; celui de la vue l’est beaucoup davantage; trois paupières garantissent l’oeil qu’humecte un liquide analogue aux larmes. La membrane du tympan est à fleur de tête en arrière et au-dessous de l’œil , sans qu’il y ait ni conque ni pavillon , en un mot , d’oreille externe ; l’appareil de l’ouïe offre du reste plus d’un rapport avec celui des Poissons cartilagineux. Les doigts , dépourvus d’ongles , sont revêtus d’une peau très-fine qui peut faire supposer que le tact y esttrès-développé. La langue est entièrement charnue , attachée au bord de la mâchoire inférieure, et repliée dans la bouche dont elle peut sortir pour y rentrera volonté; elle doit être sensible au goût si l’on en juge par la couche glanduleuse qui la revêt. — L’estomac, qui est assez dilaté, se rétrécit graduellement , puis,

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se recourbant en un petit tuyau étroit dont les parois sont épaisses , aboutit au pylore; la longueur des intestins équivaut à peu près au double de celle du corps; le rectum est cylindrique, et l’anus garni d’un sphincter ; cet anus correspond à un cloaque et sert conséquemment au

fiassage du résultat des organes de a digestion et de la génération. Le cœur, fort simple, n’a qu’une seule oreillette plus large que sa base, et affermie par des colonnes charnues ; il renferme un seul ventricule conique dont la cavité s’ouvre dans le tronc commun des artères par un orifice unique au-dessous de l’ouverture auriculo-ventriculaire. Par la répartition des artères qui y aboutissent, une partie du sang seulement passe par les poumons ; ceux-ci forment deux sacs dont les parois intérieures sont divisées par des feuillets membraneux en cellules polygonales nombreuses où la respiration s’opère suivant un mode particulier, puisqu’il n’y a ni côtes ni diaphragme. L’air y est introduit par ia déglutition ; la bouche se ferme , la gorge se dilate, il s’y produit un vide , et l’air extérieur se précipite par les narines ; alors le pharynx se ferme et l’air ne trouve d’autre issue que la glotte. L’expiration a lieu par la contraction des muscles du bas-ventre , de sorte que si l’on ouvre le ventre à un Crapaud , l’action de ses muscles venant a cesser, les poumons se dilatent sans pouvoir plus s'affaisser, et si I on contraint l’ Animal à tenir la bouche ouverte , ne pouvant plus renouveler l’air de ses poumons , il meurt asphyxié. Roësel a parfaitement figuré dans de magnifiques planches ( Hist .

Nat. Ranar. nost. , pl. 19, 21 , 23 et 24) l’anatomie de quelques espèces de Crapauds d’Europe, et l’on peut y avoir recours pour l’étudier.

Les Crapauds mâles ont , durant le temps des amours, les pouces des mains armés de pelotes composées de papilles dures qui s’étendent jusque sur la paume ; c’est au moyen de ces pelotes qu’ils se cramponnent

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sur le dos des femelles pendant la ponte. Cette opération a lieu au premier printemps ; elle varie selon les espèces connues; on en verra le singulier mécanisme quand nous traiterons de chacune d’elles. Les Crapauds passent pour jouir d’une grande longévité ; on en cite un qui , s’étant familiarisé avec les habitans d’une maison sous l’escalier de laquelle il se tenait, mourut au bout de trente ans par un accident, et qui, parvenu à une taille monstrueuse , semblait devoir vivre encore fort long -temps. Ils peuvent aussi vivre presque privés d’air et sans manger. On connaît les expériences à l aide desquelles on a prouvé la certitude de ce fait étrange. Des Craauds ayant été enveloppés dans des ouïes de plâtre , et blottis dans le centre , n’y étaient pas morts au bout de dix-huit mois de solitude , d’obscurité et de privations. On eut tort cependant d’en conclure que l’air n’était pas nécessaire à ces Animaux pour exister. Edwards, auquel la science doit tant de découvertes curieuses sur la respiration des Reptiles , Edwards , notre savant ami et collaborateur, a prouvé qu’un peu d’air parvenait au Crapaud à travers les pores du plâtre , et que ces Crapauds y mouraient assez promptement si le plâtre demeurait plongé dans l’eau. Nous avons depuis fait mourir des Crapauds en les enduisant de suif. Cependant , le peu d’air nécessaire à l’existence des Crapauds, n’en est pas moins un fait très-remarquable en histoire naturelle. — Le genre qui nous occupe contient aujourd’hui au moins une trentaine d’espèces dont une dixaine se trouvent en Europe; on le divise de la manière suivante en trois sections :

f Les doigts des pâtes postérieures totalement libres comme ceux des pâtes antérieures, ou à peine semi-palmés.

Le Calamite ou CnAPAiru df.s Jokcs, Bufo Calamita, Laur., Amp h.

u. 9 ; Encycl. Rcpt., p. 18, pl. 4, f. h (copiée de Rocscl ); Uaudin, pl. p.8,

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f. j ; Bufo terrestris fœtidus , Roës., p. 107, pl. 24; Jiana Bufo, , L.; Gmel. , Syst.lNat. xm, i,p. 1047.

Si la vivacité ou l’élégance des couleurs pouvait déguiser la laideur ou l’abjection des formes , l’on pourrait dire du Calamite qu’il est le plus beau des Crapauds. L’iris brillant de son œil est du plus beau vert tendre mélangé de filets noirs ; son dos présente la teinte verdoyante du feuillage, et de nombreuses taches vertes se voient encore sur ses flancs, sur ses cuisses et sur ses bras. On dirait des perles d’émail sur un fond de perles blanches ; une raie jaune règne tout le long du dos depuis l’extrémité de la tête jusqu’à l’anus , et comme une large broderie de la même couleur règne également sur les flancs , ces teintes sont relevées de points écarlates , et la même nuance rouge vif forme une tache en manière de sourcil au-dessus de l’œil, ainsi que d’autres taches à l’extrémité de tous les doigts ; mais une telle parure couvre un corps raccourci , grossièrement arrondi , que traînent avec peine sur la terre quatre membres épais et grossiers. L’Animal n’a guère que deux pouces de longueur, il est assez commun dans les parties tempérées de l’Europe et dans les envii ons de Paris. En quelques cantons de l’Allemagne, il s’introduit jusque dans les maisons. Il habite en général les lieux secs , pai'mi les Graminées , et se réunit , en petites sociétés , pour passer l’hiver dans une espèce d’engourdissement parmi les rochers et entre les fentes des vieux murs. Il ne s’approche des eaux qu’au temps de la ponte qui a lieu vers le mois de juin , comme dans le Crapaud commun.

Le cri du mâle ressemble à celui de la Rainette verte. L’humeur qui transsude de ses pustules répand une odeur forte qu’on a comparée à celle de la poudre à canon.

Nous avons souvent observé dans les environs de Bordeaux une variété un peu plus petite de cet Animal , qui 11’a point de mauvaise odeur., et qui, mieux examinée, pourra peut-être

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s’élever au rang d’espèce. Elle est d’une couleur brunâtre fort pâle qui devient quelquefois celle du nankin ; aux taches rouges de son corps se mêlent quelques autres taches noirâtres , particulièrement derrière les yeux ; la ligne dorsale , au lieu d’être jaune , est d’un brun plus foncé que le reste.

Le Rayon vert , Bufo variabilis, Ginel., Syst. Nat. , p. io5i ; Encycl.

Rept., p. 12, pl. 6, f. a (mauvaise, et d’après Pallas); Daud., pl. 28, f. 2 ; Bufo Schreberianus , Laur. , Amph ., n. 7. Cette espèce, plus svelte que la précédente, et dont la forme approche un peu de celle de la Grenouille, se trouve surtout en Allemagne où on la mange. Elle se tient dans les lieux sombres , et la propriété qu’elle a de changer de couleur la rend fort remarquable ; selon qu’elle dort ou qu’elle veille, et qu’elle se tient au soleil ou dans l’obscurité , elle est blanchâtre ou brune , et tachetée de jaune ou de vert. Ces teintes s’altèrent dans l’esprit de vin où l’Animal devient grisâtre.

L’Accoucheur, Bufo obtetricans , Laurent., Amph. , n. 12; Daudin , pl. 32, fig. 1 ; Rana Bufo ,3, Ginel., Syst. Nat. xm, 1 , p. io^. Cette petite espèce n’est pas rare dans les environs de Paris où ses mœurs sin^ gulières n’ont été cependant observées que fort tard , et c’est au savant Brongniartque l’on en doitla connaissance. Sa couleur est grisâtre; il est ponctué de noir sur le dos et de blanc sur les côtes ; l’iris de l’œil est doré ; les parotides sont peu saillantes.

L’Accoucheur vit à terre et loin des eaux que la femelle 'ne fréquente pas même au temps de la ponte. A cette époque, le mâle débarrasse sa compagne de ses œufs qui sont assez gros et au nombre de soixante environ. Après cette opération , il se les attache sur le dos au moyen de filets de matière glutineusc dont ils sont accompagnés , et chargé de ce précieux fardeau il le porte partout avec lui , prenant les plus grandes précautions pour qu’il n’arrive aucun

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accident à une progéniture dont, contre l’ordre habituel de la nature, la mère ne s’occupe plus, laissant au père tous les soins de la famille.

Lorsque les yeux des Têtards que renferment ces œufs commencent à devenir apparens dans leur transparence , ce qui a lieu après quelques jours , et qui indique que les petits ne tarderont pas à éclore , le Crapaud Accoucheur recherche une eau stagnante pour les y abandonner ; ici finit son ministère ; les Têtards ne tardent pas à éclore et nagent aussitôt , destinés par le mécanisme de leur organisation à reproduire la merveille de leur accouchement sans en avoir reçu de leçons que par le développement d’un instinct irrésistible.

L’Épineux , Bufo spinosus. Bosc a le premier mentionné cette espèce qui n’a pas encore été figurée. Elle se trouve assez communément dans la France tempérée où elle acquiert la plus grande taille parmi les Crapauds.

Son diamètre n’a pas moins que tiois à cinq pouces; sa couleur est brune, et les tubercules de sa peau rugueuse sont terminés sur les flancs par des ointes hérissées. L’Epineux habite ans la terre , et fuit soigneusement la lumière du jour. Les laboureurs le trouvent assez fréquemment dans le sol d’où la charrue le déloge , et prétendent qu’il n’en sortirait jamais s’il n'y était ainsi forcé. On ne le voit nulle part dans le voisinage des eaux, Ce qui fait supposer qu’il dépose ses œuls dans les sources souterraines ou du moins dans les infiltrations qui pénètrent le sol. Ces œufs n’ont jamais été observés, non plus que les Têtards qui en résultent.

Les Bufo Surinamensis, Daud., pl.

55, f. 2; — Benga/ensis, Daud-, pl.

s5 , f. 1 ; — horridus , Daud., pl. 56; — gutturosus , Uaud. , pl. âo , f. 2 ; — lœvis , Daud. , pl. 5o , fig- 1 ; — Bu/b jiustulosus , Laurent. , Amph. , n. 4 ; Encycl. Rept. , p. i5 , pl. 7 > É ï; Jlana vcntricosa , k, Gmcl. , Syst.

Nat., nu, 1, p. 1049; — Bujo Agua, Daud . ; Bufo Brasiliensis , La u r . ,

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Amph., n. 5 , espèce presque gigantesque de sept à huit pouces de long ; — Bufo viridis , Laur. , Amph. , n. 8 ; le Yert. , Lac. , Quadr. Ov., p. 587 ; Rana Sitibunda , Pall. , Gmel. , Syst. Nat., xm , 1, p. io5o; — Bufo gibbosus , Laurent., Ajnpli. ,n.

6, Lac., Quadr. Ov., pl. xi, reproduite dans l’Encycl. , pl. 6, f. 7 ; Gmel., Syst. Nat. , xiii , 1, p. io47; — Bufoventricosus, Laurent. , Ampli., n. 5; — les Rana fuse a , 00 a lis et lineata ; enfin le Coureur, Bufo cuisor de Lépéchin , sont, avec quelques autres espèces plus ou moins connues, celles qui complètent cette première division.

ff Les doigts des pieds postérieurs

fialmes ; ceux des mains toujours ibres.

Le Crapaud commun , Bufo vulga/z's,Encycl.Rept.,p. 16, pl. 6,fig. 1 ( mauvaise , ne représentant que trois doigts non palmés aux pieds de derrière); Daud., 24; Rana Bufo, L.,GmeL, Syst. Nat. , xm, 1, p. 1047; Bufo te n'est ris , dorso tuberculisexasperato , oculis rubris , Roësel , Ban. nost. , pl. 20. CeCrapaud , le type du genre, le plus abject de tous , celui qui se présente le plus souvent sous les pas de l’Homme, n’a pas besoin d’ètre décrit. On sait que sa taille s’étend de deux à cinq pouces. La manière dont il se gonfle quand on le tourmente vient de ce que sa peau n’est point attachée à son corps ; elle n’y est fixée que par le bord des mâchoires , les articulations et la ligne dorsale; l’Animal y est comme dans un sac , et lorsqu’il se sent surpris, loin de chercher son salut dans une fuite que sa lourdeur rendrait inutile , il ne semble 1 attendre que du mépris qu’il inspire; il s’arrête aussitôt, se boursoufle , et se forme de l’air dont il sait s environner , comme d'un matelas sur lequel les coups qu’on lui porte viennent s amortir. Fort commun dans lesjardins des environs de Paris, il y fait la chasse aux Cloportes, aux jeunes Limaces, aux Cousins et aux “louches. Il fait souvent entendre lm bruit qui ressemble à la voix de

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l’Homme irrité ou à l’aboiement du Chien. La durée de sa vie est ordinairement de quinze ans ; il ne produit qu’à quatre. L’époque de ses amours si élégamment décrits par le poète Delille a lieu vers le mois d’avril. L’accouplement se fait ordinairement dans l’eau ; il a cependant quelquefois lieu sur terre ; dans ce cas, la femelle, après l’acte , se rend dans quelque marais en y portant le mâle sur son dos. Là , celui-ci retire avec ses pieds de derrière des œufs qu’il féconde encore à mesure qu’ils sortent en longs cordons glaireux où nous les voyons disposés alternativement par paires. Ces cordons ont quelquefois jusqu’à quarante pieds d’étendue. Pendant qu’ils sont émis , on voit plusieurs mâles jaloux s’approcher du couple uni , chercher à renverser le mâle qu’a choisi la femelle , et à s’emparer de sa place.

S’ils ne peuvent réussir , ils prennent le parti de se grouper autour de l’issue par où sortent les œufs , afin d’y épancher leur liqueur spermatique, et comme la plupart des Crapauds ont les mêmes habitudes et viennent se grouper de la même manière près de toute femelle de Batracien en ponte , de-là peutêtre la variété considérable qu’on observe dans un genre où les métis doivent être fort communs. De ces œufs sortent de très-petits Têtards tout noirs qui d’abord se fixent par leur bouche contre les Plantes aquatiques, et qui bientôt, munis de branchies externes/ comme des Poissons, se mettent à nager dans les eaux.

Leur ventre est souvent doré. On en trouve d’innombrables quantités dans les mares, et même dans les ornières des landes où, jusqu’aux Hirondelles , des milliers d'ennemis les viennent attaquer. L’évaporation en fait périr un fort giand nombre. Nous en avons compté une fois dix-neuf cents dans un trou de quelques pouces de diamètre et qui fut bientôt desséché parles ar deurs du soleil de mai. Un Canard se délecta du résidu de leurs cadavres. Daudin a donc été induit en cr-

reur quand il a soutenu , contre l’opinion reçue , que le Cra/aud commun déposait ses œufs dans les sources souterraines. S’il eût traversé, vers la fin d avril , l’espace désert qui sé- Pai^e Bordeaux de Bayonne , il eût vu les Têtards de cette espèce remplir indifféremment toutes les eaux, et jusqu à celles qui , exposées au plus grand éclat du jour, séjournent dans les traces des roues de charrettes sur les routes détestables des Landes aquitaniques.

Le Cendré , Bufo cinereus , Daud., pl. a5 , i. Ce Crapaud est encore européen. On le confond généralement avec le précédent; maissesyeux d’un jaune doré sont plus petits; sa tête arrondie est moins large; sa teinte cendrée uniforme , et sa taille de deux pouces tout au plus. Il vit par troupes dans les parties sèches et sablonneuses des pays de montagne. Ses verrues présentent quelquefois des teintes cuivreuses ; il pénètre jusque dans les maisons.

Le Brun, Bufo fuse us , Laurenti , Amph. n° 10; Encycl. Rept. , p. 1 5 , pl. 6, f. 3; Daud., pl. 26, f. 1-2-3; Bana Bombina , y, Gmel. ( Syst. Nat.

SRir, 1 , p. io4S); Bu/o aquaticus al/iuni redolens , maculis fuscis, Roësel , Rari.

nostr., pl. 69, pl. 17-19. Cette espèce, plus leste cjue les autres Crapauds , et qui saute à peu près comme les Grenouilles, habite aussi le voisinage des eaux dans lesquelles on le trouve assez souvent; il est varié de brun et de blanchâtre ; on dirait de l’écaille; ses yeux brillans présentent celte particularité que la pupille y est verticale au lieu d’être horizontale comme dans les autres fespèces ; les doigts de derrière sont longs et entièrement palmés , ce qui facilite beaucoup la natation. Quand on tourmente cet Animal, il répand une forte odeur d’ail. Ses œufs sortent en un 9cul cordon moins long , mais plus épais que dans le Crapaud commun , et disposés presque confusément sur plusieurs rangs.

Le Têtard qui en naît n’a qu’une ouverture branchiale du côté gauche ; il est le plus gros de ceux d’Europe ,

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et devient souvent si considérable à l’instant ou les pâtes lui poussent que dans certains cantons on le confond avec les Goujons dans les fritures. Ce Têtard donne dans nos climats une idée assez juste de celui du Ra/ia paradoxa; et lorsqu’il devient lotalementCrapaud,on dirait qu’il diminue d’abord. Nous l’avons souvent observé confondu avec les petits Têtards noirs du Crapaud commun , et les figures deRoësel en donnent l’idée la plus exacte. Ce Crapaud coaSse à peu près comme la Grenouille.

Le Sonnant ou Pduyiad , Bufo Bombinus , Daud., pl. 26, f. x- 5 ; Crapaud à ventre jaune , Cuv. , R- A.

T. 11, p. 96; Bufo igneus , Laurenti, Ajnph. 1 n° 1 3 ; Crapaud couleur de feu, Encycl. Rept., pag. i3, pl. 6 , f. 5 - 6 ; Bufo vulgà igneus dictus , Roës., Ran. nostr., p. 97, pl. 22-25; vulgairement Crapaud d’eau. Cette petite espèce, qui n’a guère plus de deux pouces de long, n’a presque rien de la laideur des autres Crapauds; et si ce n’était les pustules verruqueuses de son dos et la teinte noire et terreuse de ses parties supérieures, on dirait, à la longueur de ses pales postérieures, une Grenouille dont la tête plus arrondie aurait seulement son museau plus obtus; du reste ses yeux, quoique petits, sontardens; et , contre la règle commune qui veut que les parties des Plantes et des Animaux le moins exposés à la lumière soient le moins richement colorées , c’est le dessous du corps qui , dans l’Animal qui nous occupe , lui mérita le nom de couleur de feu. En effet , la partie inférieure de la tête , le ventre et le dessous des cuisses et des bras, avec la paume de la main et la plante des pieds , sont d'une teinte jaune brillant avec des reflets d un roux vif, marbrés de taches d’un bleu souvent assez agréable à 1 œil. Ce Crapaud se tient presque toujours dans l’eau, où il nage et saute entre les Potnmots , les Nénufars et les Cou ferves. 11 11e fuit pas la lumière comme les autres espèces, et semble au contraire se complaire à la clarté du

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soleil le plus ardent. C’est quand il est c'chaulFé par les rayons viviûans de cet astre , qu’il répand , si l’on vient à le tourmenter, une odeur d’ail très-sensible. Son cri est sourd , triste , et ressemble un peu à celui de quelques Oiseaux de nuit ; il se compose d’un seul son qu’on a compare assez mal à propos à celui d’une cloche ; dans le midi de la France et pendant les nuits d’été , il se mêle souvent à celui des Gi'enouilles dont il fait une sorte de basse. Le Crapaud sonnant pond des œufs un peu plus gros que ceux de ses congénères , disposés par paquets et non en cordons , et forme conséquemment le passage des Crapauds aux Grenouilles. Les Têtards qui en proviennent sont fauves , et de bonne heure présentent de petites taches bleues sous le ventre; leur queue est fort large dans le sens vertical, et d’abord munie de crêtes ou de quelques dentelures en forme de frange , indiquant encore un passage aux Tri tons avec qui le Crapaud dont il est question offre beaucoup de ressemblance à l’instant oiiles pâtes commencent à lui pousser. Nous avons fait sur ces Têtards, fort communs dans nos landes , une expérience qui aurait besoin d’être recommencée, à laquelle malheureusement notre départ pour l’armée ne nous permit pas de donner toute la suite nécessaire; cette expérience nous offrit des résultats fort singuliers. Nous n’avons pas ouï dire que les membres coupés des Anoures se puissent reproduire , tandis qu’on sait que les Ùrodèles ont la propriété, comme les Crustacés, de reproduire leurs pâtes coupées. Ayant retranché la queue des Têtards du Crapaud qui nous occupe, ils mouraient promptement., ainsi qu’il arriva à des Triions privés de cette partie; mais quand nous coupâmes leurs pâtes naissantes , elles commençaient à se reproduire à l’instant ou nous fûmes forcés d’abandonner nos sujets mutilés. Ayant depuis coupé les pales à 1 Animal adulte , ceux - ci sont restés estropiés comme l’auraient été pour

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toujours d’autres Crapauds. Notre Têtard aurait donc une faculté reproductive commune avec celle des Tritons , et qu’il perdrait en devenant définitivement Crapaud. Nous recommandons aux naturalistes de suivre de tels essais demeurés sans résultat définitif.— Le Crapaud sonnant, lorsqu’on le surprend hors de l’eau, essaye d’abord de fuir en sautant; s’il sent l’inutilité de ses efforts, il s’arrête et se recourbe le plus qu’il peut, en rapprochant sa tête de sa partie postérieure , et en creusant son dos pour renfler l’abdomen. Roësel a fort bien figuré celte posture , qui rappelle celle que prennent sur la voie publique les petits bateleurs dans ceux de leurs tours de force oh ils marchent sur le ventre.

Les Bufo Chloragaster , Daud.,pl.

20, f. 2, de Java; — de Schranck, qui habite les eaux salées des réservoirs du pays de Saltzbourg et d’Autriche , espèce très - réelle encore qu’on l’ait regardée comme une variété du Sonnant ; — Ridibunda de Pallas , -qu’il ne faut pas confondre avec le Bombinus ; — Hespertina,ŸaW . , qui, de même que le précédent , se trouve en Sibérie et dans le bassin de la Caspienne ; — Margaritifer, Daud., pl. 33, f. 1 ; — Rana Typlionia, Ginel . , Syst. Nat., xm, i,p. io52, qui n’est pas une Grenouille ; — Bufo nasulus de Schneider, qu’on appelle ylquaqua au Brésil; — Musicus , Daud., pl. 55, f. 5 ; vulgairement le Criard à la Nouvelle-Angleterre; — Rana musica, L., qui se trouve aussià Surinam; — Huma ra/is , Daud.; Rana marina, L. , vulgairement l Epaule armée à Cayenne , ou sa taille n’est pas moindre de huit à neuf pouces; — serni- Lunatus, Schncid. , de Surinam; — Cyanup/dyeds , Daud. , des Indes- Orientales; — et cornutus , Daud., pl. 58 , le Cornu , Encvcl. lîept. , p. 7, f. 5 , sont à peu près les principales espèces qui complètent celte division. La dernière surtout est d’une figure monstrueuse ; sa taille est assez grande; sa tête preequ’aussi grosse que son corps ; sur les yeux s’élèvcul coin-

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me deux cornes. On trouve ce Crapaud à Surinam et dans la Caroline.

-f~j-f Tous les doigts palmés ou semi-palmés , même ceux des mains.

Les Bufo Paname/isis de ftaudin , yfrunco de Molina , qui se trouve au Chili, et Spi/ùpes de Schneider, rapporté delà Nouvelle-Hollande , forment cette section , à laquelle on rapporte un Crapaud de Roësel , Bufo Roeselii , Daud. , qui nous paraît être un double emploi du Crapaud commun. Ën effet, il n’y a pas de Bufo vulgaris dans Rocseî , quoiqu’on indique ce nom comme synonyme de l’espèce douteuse. Aucune figure de Roësel ne représente de Crapaud qui ait les pieds antérieurs palmés ou semi-palmés. Toutes ont les doigts de devant parfaitement libres. On dit que ce Bufo Roeselii e si fort commun dans les mares d’Auteuil près de Paris , qu’on en fait en ce lieu une pêche fort abondante et lucrative durant la nuit ; qu’après l’avoir pris on le coupe par la moitié , et qu’on transporte dans les marchés de Paris ses cuisses qui s'y vendent avec celles des Grenouilles pour l’usage de la table. Nous n’avons pas vu pêcher de tels Crapauds; mais nous avons fréquemment vu en plusieurs endroits , non-seulement le Bufo vulgaris et le Bufo fuscus, mais d’autres Batraciens fort ressemblans , qui nous paraissent être des métis de cedernierCrapaudetdes Grenouilles, pris, tués et préparés pour être transportés à Paris, ou l’on vend indifféremment les cuisses de toutes sortes de Batraciens ; les marchandes qui font cette sorte de trafic ont, à la vérité, des Grenouilles vivantes dans des paniers ou dans des baquets , et les tuent sous les yeux des acheteurs quand ceux-ci l’exigent ; mais pour peu qu’on achète des cuisses tout écorchées , exposées sur leur établi, il est probable qu’on achète des cuisses de Crapauds. Comme il n’en résulte aucun inconvénient, et que jamais personne n’en a éprouvé le moindre mal, il est bien clair que les Crapauds ne sont pas vénéneux ,

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et que les odeurs désagréables qu répandent plusieurs d’entre eux, pr viennent uniquement d’iiumeuri suintant des pustules de leur peauj et que lorsqu’on ôte cette peau qu«

illS avons dit ne nnint o\vt* artfiid

nous avons dit ne point être adhéf rente, la chair demeure sans odeui ni mauvais goût. Adanson rapport^ que les nègres du Sénégal ont si pei d’horreur des Crapauds, que ce Animaux étant toujours froids , i cause de l’évaporation continuelle qui a lieu à leur surface , ils se Ici appliquent sur le front , pour se rafraîchir , quand ils en rencontrai dans leurs voyages. (b.)

CRAPAUD. Bufo. moll. Mont fort ( Concli. Syst. T. n, p. 574 avait séparé sous ce nom génériqui une coupe naturelle dont les élément se trouvaient répandus dans le genn Murex de Linné. Lamarck l’adopt en lui donnant et un autre noir et des caractères bien mieux circons crits. Le nom de Ranelle de Lamarcl a prévalu. F', ce mol. (D..U.)

CRAPAUD AILÉ. moll. Non* marchand du Slrombus lalissimus, L V. Strombe. (b.)

CRAPAUD DE MER. pois. Syn. di J Scorpena horrida , L. ; et de Lophiu . il Histrio , L. (b.) H

* CRAPAUD ÉPINEUX, rept. saur, , Syn. deTapaye, espèce du genre Aga jj me. V. ce mot. (b.)

CRAPAUD -VOLANT, ois. Syn |i vulgaire d’Engoulevent. V. ce mot.

(DR.. Z.) i

CRAPAUDINE. pois. Nom donm t ’ à l’Anarrbique Loup , dans l’idée oi 'À l’on était que les pétrifications appe-:| lées Bufoniles étaient les dents los- | siles de ce Poisson. (b.) !

CRAPAUDINE bot. pii an. Non » I vulgaire du genre Sidéritis. V. c .!

mot. (b.) I

CRAPAUDINE. min. Nom donn ; par Galitzin au Minéral décrit par 1 j I docteur Withering dans les Transac 1 t lions philosophiques de Londres, elj qui se compose de Silice , 65 ; Alu il mine, i4 ; Chaux, 7; Fer oxidé, 16 1

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Ce Minéral paraît être la base de la Variolite. V. ce mot. (a.. R.)

CRAPAUDINES. pois. i oss. V. Bu-

EONÏTES.

CRAPE.crust. Pour Crabe. V. ce mot. (b.)

CRAPECIIEROT. ois. PourCraupecherot. V. ce mot. (b.)

CRAQUELINS ou CRAQUELOT.

crust. Nom vulgaire quedonnent les j pêcheurs aux Cruslacésqui, venantde changer de peau, sont encore mous ,

: et sont employés comme appal. (B.)

CRASPEDARTUM. moll. Nom donné par Hill à la Verticelle cari ée.

: V. Verticelle. (d..h.)

CftASPÈDE.Cras;>e(/i//7z. bot. pii an.

Loureiro (Fi. Cochinch. 2 , p. 44 x) avait institué ce genre pour une Plante quePoirct (Encycl. méth. Suppl 2 , p. io4) a réunie au genre Elœocarpus , et que DeCandolle( F/vdrom. Syst. Veg. 1 , p. 520 ) rapporte à la famille des Elæocarpées et au genre Dicera de Forster, exprimant toutefois I ses doutes sur la justesse de celte réunion. Le Craspedumtectorium , Lour., I habile les forêts de la Gochinchine.

‘ Ses feuilles sont oblongues, crénées j et acuminécs; ses fleurs monogynes , réunies en masse et formant une sorte d’épi terminal ; sa baie est uniloculaireet polysperme. V. au surplus les 1 mots Digère et Elæocarpe. (g..n.)

CRASPÉDIE. Craspedia. rot. tiian.

iJans le Prodrome de la Flore des îles australes de Forster, les caractères d’un genre de la famille des Synanlhérées et de la Syngc'nésie ségrégée , se trouvent exposés sous le nom de Craspedia , mais sans description des espèces. Willdenow et Persoon n’ont apporte aucune critique, en exposant les caractères de ce genre, et l’ont admis tel que Forster l’a donné. Ce genre a donc été assez mal décrit dans son origine , pour être méconnu , et c’est ce qui nous explique pourquoi Labillardière (Voyage à la recherche de Lapevrouse , T. 1, n.

186) a décrit la même Plante sous le nouveau nom de Richea , que R.

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Brown a transporté à un genre de la famille des Epacridées. Le Richea glauca de Labillardière est bien certainement la même Plante que le Craspedia uhiflora de Forster; mais comme ce dernier nom est plus ancien, il a été conservé de préférence au Richea ainsi qu’au Cartodium , sous lequel Solander avait encore désigné le genre en question dans les dessins d’objets d’histoire naturelle rapportés du second voyage de Cook et conservés dans la bililiothcque de sir Joseph Banks. Voici les caractères génériques tracés par Labillardière, et dont R.

Brown ( Observations on the Composites , p. 106) a vérifié l’exactitude, en ajoutantquelques remarques quenous exposerons plus bas : involucre général composé de folioles nombreuses , égales et disposées sur un seul rang ; capitules ou calicules nombreux, contenant cinq à six fleurs à corolles in~ fundibuliformes , hermaphrodites ; réceptacle paléacé ; akènes obovés ,un peu velus et couronnés par une aigrette plumeuse. R. Brown observe que l’involucre général est formé de bractées qui soustendent les capitules partiels et sont en même nombre qu’eux , et que les paillettes du réceptacle sont analogues à ces bractées. Il est essentiel, ajoute le botaniste anglais , de faire attention à cette structure qui devient surtout importante , si on veut établir une comparaison entre le Craspedia et deux autres genres voisins nommés par l’auteur Calocephalus et Leucophyta. Indépendamment du Craspedia Uniflora de Forster, R. Brown dit en avoir encore observé une autre espèce dont il ne donne aucune description.

CRASPÉDOSOME. Craspedosorna.

ins. Genre de l’ordre des Myriapodes établi par Leach ( Trans. of the Linn. Societ. T. xi) et rangé par Latreille dans la famille des Chilognathes , à côté des Jules et dans le genre Polydème. Us ressemblent à ces derniers par la forme linéaire de leur corps, par l’habitude de se rouler en spirale et par les segmens comprimés

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sur les côtes inférieurs, avec une saillie en forme de rebôrd ou d’arête en dessus. Ils en diffèrent par leurs yeux distincts. V. Polydéme. (aud.)

*CRASSANGIS. bot.piian. A. Du Petit-Thouars , dans son Histoire des Orchidées des îles australes d’Afrique, a aipsi nommé une Plante de la section des Epidendres et du genre Angrœcum , auquel il substitue le nouveau nom a Angorchis ; le mot de Crassangis est lui-même formé de la réunion des deux noms générique et spécifique , Angrœcum crassum , de la nomenclature généralement adoptée.

Celte Plante , figurée ( loc . cil. , t. 70 et 71 ), croît dans l’île de Madagascar où elle fleurit au mois dequillet. Ses feuilles sont rubanées , terminées par deux lobes ; ses fleurs grandes et blanchâ très, ayant un labelle concave, à bords entiers', capuchonné et terminé par un éperon allongé , sont disposées le long d’un axe qui part latéralement de l’aisselle des feuilles.

La Plante a une hauteur de trois à quatre décimètres. (g. .N.)

CRASSATELLE. Ciassatella.MOhh.

Ce genre , que Lamarck avait d’abord fait connaître sous le nom de Paphie , Paphia, dans la première édition des Animaux sans vertèbres , reçut de lui le nom de Crassatelle, d’abord dans les Annales du Muséum , et ensuite dans la seconde édition des Animaux sans vertèbres; c’est cette seconde dénomination qui a été adoptée par les conchyliologues. Autant ce genre est peu nombreux en espèces vivan tes ,a u tan l il se trou ve aboudainmentfossile; mais comme le remarque Défiance (Dict. des Sc. Nat.), il ne se rencontre jamais dans la Craie ou dans les terrains quisontau-dessous d’elle; on ne le voit que dans les terrains tertiaires et surtout dans ceux des environs de Paris , quoiqu’il y en ait aussi quelques espèces eu Angleterre dans l’Argile de Londres , qui remplace , par sa position géologique et la nature des Fossiles qu’elle renferme, nos terrains parisiens.

Quelques espèces de ce genre avaient

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été connues de Chemnitz,de Gmelin, de Bruguière ; mais les deux premiers les avaient confondues avec les Vénus, et le dernier avec les Macires , avec lesquelles elles ont effectivement bien des rapports ; mais on n’avait aucune idée de ces belles Crassatelles si rares et si précieuses qui furent rapportées dans ces derniers temps de la Nouvelle-Hollande , et qui se voient dans la magnifique collection du Muséum, espèces d’autant plus intéressantes que l’une d’elles nous offre l’analogue d’une de nos plus communes Coquilles fossiles des environs de Paris. Ce fait ainsi que celui relatif au Cérithe Géant, et quelques autres semblables , font penser que ce pourrait bien 'être dans ces mers éloignées que l’on devra chercher, non pas tous les analogues de nos espèces fossiles en général , mais peut-être une quantité suffisante pour en tirer des conclusions satisfaisantes qui tendraient à prouver un changement notable de température, quelle qu’en soit la cause première. Quoi qu’il en soit de ces considérations générales , qui , si elles étaient appuyées d’un grand nombre de faits , pourraient bien servir de véritable base à l’histoire de la terre , voici les caractères qui distinguent les Crassatelles des genres voisins : coquille inéquilatérale , suborbiculaix'e ou transverse ; valves non bâillantes ; deux dents cardinales subdivergentes, et une fossette à côté : ligament intérieur inséré dans la fossette de chaque valve; dents latérales nulles.

Si nous considérons quelle place doivent occuper les Crassatelles dans la série des genres, nous verrons, d’après les caractères énoncés , qu'elles doivent se rapprocher beaucoup des Mactres dont elles ont le ligament intérieur, et des Erycines dont quelques espèces se rapprochent assez pour avoir été confondues dans ce dernier genre par quelques conchyliologues. Cuvier ( Règn. Auim. T.

11, p. 474) place les Crassatelles a côté dcsCardites et des Véuéficardes, quoique dans ces derniers genres la

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Sosition du ligament et la disposition e la charnière soient bien différentes.

Il dit : « Je ne doute guère que ce ne soit encore la place des Crassatelles que l’on a Rapprochées tantôt des Mactres, tantôt des Vénus;» et plus bas :

« Leurs valves deviennent très-épaisses avec l’âge, etrempreinte des bords du manteau donne à croire que , connue les précédentes ( les Cardites et les Vénéricardes ) , elles n’ont pas de tubes extensibles. » Cette manière dénoncer avec doute et avec une grande réserve les caractères qui pourraient le mieux servir à placer convenablement ce genre , fait penser que Cuvier avait lui-même peu de données , et que ce n’est que par une analogie éloignée qu’il l’a provisoirement placé comme cinquième genre des Mytilacés. Férussac ( Tableaux syst. des Anim. moll. p. 4a) établit une famille pour les Crassatelles, en y joignant le genre Crassine. Ces deux genres , s’ils ont entre eux certains rapports , manquent de ceux relatifs à la charnière et à la position du ligament. V. Crassatelles.

Le nombre des espèces vivantes connues n’est pas encore considérable. Celui des espèces fossiles le surpasse de beaucoup. Nous nous contenterons de citer les espèces suivantes qui nous ont paru les plus dignes de fixer l’attention :

Crassatelle de K ing, Crassatella Kingicola , Lamk. , Ann. du Mus., vol. 6 , p. 4o8 , et Anim. sans Vert.

T. v , p. 48i , u° î . Cette Crassatelle rare et précieuse est revêtue d’un épiderme brun qui disparaît vers les crochets; elle est ovale , orbiculaire, épaisse, enflée, d’un blanc jaunâtre , obscurément rayonnée et ornée à sa surface de stries très- fines et très-serrées, quelquefois irrégulières, présentant plutôt des traces d’accroissement • les crochets sont plissés , peu proénnncns. Cette Coquille, large >ie deux pouces neuf lignes , se trouve dans les mers de la Nouvelle-Hollande , à 1 île de King.

Crassatelle sillonnée, Crassatclla àulcala , Lamk., Ann. du Mus.

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p. 4o8 et 4og , n° 2; pour la fossile, Anim. sans vert. , loc. ci/. n° 3. Celleci est une des espèces les plus intéressantes, puisqu’elle nous offre l’analogue d’une de nos espèces fossiles que l’on trouve abondamment aux environs de Beauvais , à Bracheux et à Abbecourt. C’est une Coquille ovale , trigone , très-inéquilatérale , un peu enflée , élégamment sillonnée transversalement ; le côté antérieur est anguleux, proéminent; les sillons diminuent de grosseur vers les crochets, deviennent des stries trèsfines qui finissent par disparaître au . sommet; la lunule et le corselet sont bien marqués et enfoncés. Cette espèce , qui vient des mers de la Nouvelle-Hollande, à la baie des Chiens- Marins , présente plusieurs variétés ; la première ne diffère que par le volume; c’est le Fossile de Bracheux.

La seconde est moins arrondie , bien plus transverse, mais plus épaisse et plus globuleuse, presque bossue, également fossile de Bracheux et d’Abbecourt ; la troisième enfin est plus déprimée et présente des sillons ou des plis plus réguliers , ce qui rend la Coquille plus élégante.

Outre les espèces fossiles figurées par Sowerby dans le Minerai Conchology et celles décrites par Lamarck dans les Annales du Muséum, nous avons eu occasion de recueillir aux environs de Paris plusieurs espèces inconnues dont nous citerons s e u 1 e m e n 1 1 a p 1 u s r e m a r q ua hl e .

Crassatelle scutellaire , Crassalellascu/ellaria, N. Cette grande Coquille ovale , trigone , aplatie , dont le lest est très- épais , a le bord antérieur anguleux, subrostré. De la lunule et du bord postérieur partent des sillons qui s’aplatissent sur la surface de la Coquille, et qui y disparaissent vers le milieu; la lunule est très - enfoncée ; le corselet l’est aussi , et il est circonscrit par une côte saillante; les crochets sont peu proéininens; la lame cardinale est large; 1 impression du ligament est grande , irrégulièrement triangulaire ; le bord inférieur des valves est crénelé ; elle est longue de

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