‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 4)Chapitre 134 sur 282 · Î7^ * SER · texte numérisé non relu

Î7^ * SER

De tous les Animaux qui composent Ja classe des Reptiles , les Serpens sont presque les seuls , à proprement parler, qui méritent ce nom , puisque, si l’on omet quelques-uns des genres qui les avoisinent, ils sont les seuls qui rampent véritablement ; c'est-à-dire les seuls chez lesquels la progression s’opère par des mouvemens ondulatoires exécutés par la colonne vertébrale. INous ne décrirons pas ici le mécanisme de ces mouveinens dont chacun se fait une idée exacte ; mais nous devons ajouter que quelques genres , tels que les Hydres, ont la partie postérieure du corps et la queue comprimées et très-élevées dans le sens vertical ; ce qui leur rend la natation très-facile , et ce qui les change en espèces aquatiques Hydres). Au surplus, on conçoit que les mouveinens de reptation fies Serpens terrestres sont , malgré la différence du milieu dans lequel ils s’exercent, assez, analogues aux mouvemens à l’aide desquels les Hydres parviennent à nager; aussi la plupart des premières nagent-elles avec la plus grande facilité, comme le fait notre Couleuvre à collier qui pour cette raison même a reçu le nom de Coluber nalrix.

Comme tous les Reptiles , c’est par la génération ovipare que se repioduisent les Serpens ; cependant il est quelques espèces qui mettent au monde des petits vivans , parce que l’œuf, formé et composé comme celui des autres Reptiles , est retenu pendant quelque temps dans Eoigane sexuel de la mère , et y éclot : c’est ce qui a lieu par exemple chez la "Vipère dont le nom a son origine dans cette anomalie physiologique fort anciennement connue. Au reste, la Vipère et les autres Reptiles ne sont pas les seuls Animaux qui soient ovovivipares; tels sont aussi plusieurs Poissons de la famille des Sélaciens.

Nous devons ajouter que le nombre des petits que produisent les Serpens, est assez considérable ; suivant Lacépède, il est, parmi les espèces ovovivipares , des Serpens qui donnent le

jour à plus de trente petits. Les espèces ovipares font aussi un grand nombre d’œufs qu’elles pondent successivement et à de petits intervalles, et qu’elles abandonnent aussitôt.

INous ne réfuterons pas les fables que l’on s’est plu à faire sur des soins que la Vipère prodigue à ses petits nouveau- nés ; il est faux , nous avons à peine besoin de le dire, que les jeunes Vipéreaux , dans un moment de danger, se réfugient dans la gueule de leur mère , et rampent jusque dans son ventre, d’ou ils ressortent ensuite sains et saufs. Ce qui a pu donner lieu à ces contes, c’est qu’il arrive quelquefois aux Vipères de dévorer leurs propres petits ; il est donc très-possible qu’on ait vu de jeunes Vipéreaux entrer dans la gueule de leur mère; mais ce qu’il y a de certain, c’est qu’on ne les en a pas vus ressortir.

On a fait également d’autres contes que nous ne répéterons' pas ici , sur la manière dont les jeunes Vipéreaux sortent du ventre de leur mère, et surtout sur la manière dont s’opère l’accouplement. Ces contes prouvent seulement que de tout temps l’on s’est beaucoup occupé des Serpens ; et il est facile de concevoir que , si l’on a beaucoup imaginé sur eux , c’est parce qu’on les a beaucoup redoutés.

Chez tous les Ophidiens, comme chez les Sauriens, l'accouplement se fait ventre à ventre , et il y a introduc- | tion d’un pénis dont le sommet est bifurqué. Le mâle et U femelle s’enroulent l’un autour de l’autre, et restent long-temps unis.

C’est dans les pays chauds , principalement dans les lieux humides , que les Serpens sont le plus abondamment répandus ; c'est aussi dans les pays chauds que l’on trouve les espèces les plus grandes, et même, pour la plupart , les espèces les plus redoutables par l’a li odité de leur venin. Les Serpens qui vivent dans nos j

climats sont peu nombreux et de petite taille, et la plupart d’entre eux ne sont aucunement nuisibles. A l en- t trée de l’hiver, ils se retirent dans des i

trous et s'y engourdissent. Il n’est pas rare d’en trouver alors plusieurs réunis ensemble et s’entourant mutuellement des replis de leur corps. C’est au printemps , quand une température plus douce vient les 1 éveiller de leur sommeil hibernal et les rendre à l’activité, qu’ils changent de peau, ou plutôt , pour employer une expression plus exacte, qu’ils changent d’épiderme. L’épiderme est en effet la seule partie qui se renouvelle ; il se détache quelquefois par lambeaux, mais souvent aussi d’une seule pièce et sous l’apparence d’un fourreau qui représente exactement la forme de l’Auiinal. La mue présente dans

s des phél’on a fait connaître ailleurs; c’est ce qui a lieu surtout chez les Crotales. [F . ce mot.)

Tous les Serpens se nourrissent essentiellement de matières animales. Les plus petites espèces ne vivent guère que d’insectes , de Mollusques, de Lézards , de batraciens , de Grenouilles ; mais il eu est aussi qui ne craignent pas d’attaquer des Quadrupèdes de très-grande taille, s’élançant sur eux à l’improviste, s’enroulant autour d’eux , et les écrasant ji entre les replis de leur corps, pourvus de muscles multipliés et tout-puis- ' sans qui rendent leur colonne verttébrale aussi forte et robuste que : flexible; tel est le terrible Boa co/isylrictor qui dévore des Cerfs et des ! Chiens , et même, si l’on en croit les 'voyageurs , des Quadrupèdes d’une i taille ou d’une force encore supérieure , tels que les Couguars et les î iBoeufs. On a expliqué ailleurs {B.

MCCorLEUVfiB, etc.) par quel mécarnisme les vrais Serpens peuvent en- "• -gloutir des proies très- voluinineu-

Îjes , et dont le diamètre surpasse de beaucoup celui de leur propre corps ; 21 l’on a vu que l’extrême d il a ta bi— l> ilé de la gueule et l'absence du stert i aura rend très-bien compte de faits 1 ique l’on croirait, au premier abord , i ie pas mériter même un examen , et ^ ljue 1 on serait tenté de rejeter comme abuleux.

quelques genres de Serpen nomènes particuliers que

Les Boas, doués pour la plupart d’une force prodigieuse , sont en même temps doués d’une extrême agilité, et montent très-facilement aux arbres. Les Couleuvres, dont quelques-unes sont également de trèsgrande taille, peuvent de même grimper sur les arbres, et sont très-agiles; mais il n’en est pas de même des espèces venimeuses qui , en général , sont lentes et se tiennent presque toujours à terre. En revanche , elles jouissent au plus haut degré de la faculté d’exercer sur les Animaux dont elles veulent faire leur proie , une influence que des voyageurs, amis du merveilleux , ont expliquée par une force magique , mais qui n’est que l’effet naturel de la terreur dont un Animal, faible et sans défense, se trouve frappé à l’aspect imprévu d’un aussi redoutable ennemi.

Lorsqu’un Crotale ou Serpent à sonnettes fixe un Ecureuil ou un Oiseau perchés sur un arbre , et se trouvant ainsi à l’abri des attaques de l’horrible Reptile , ceux-ci donnent aussitôt des marques d’une vive frayeur, et bientôt on les voit , disent plusieurs voyageurs, s’élancer vers leur ennemi , au lieu de le fuir , et se précipiter eux-mêmes dans sa gueule.

Quelques faits que l’on ne peut révoquer en doute, ont donné lieu à ces récits , auxquels on s’est borné à ajouter quelques ornemens ; mais que penser de certains voyageurs qui ailirment que l’IIomme lui-même ne peut résister à la force magique qu’exercent sur lui les yeux étincelans du Serpent à sonnettes, et que, plein de trouble , il s’offre lui-même à la dent envenimée du Reptile , au lieu de l’éviter par une prompte fuite? Au surplus, on se tromperait beaucoup, si l’on croyait qu’il n’est aucun Animal qui puisse résister à ses charmes. Les Cochons , bien loin de fuir les Serpens à sonnettes , les recherchent pour s’eu nounir; et il n’est pas jusqu’à de faibles Oiseaux , qui n osent quelquefois lui livrer bataille. Ou peut voir, dans le magnifique ouvrage que publie Audubon

sur les Oiseaux de l’Amérique du nord , une planche représentant un Crotale aux prises avec une petite troupe de Moqueurs , et nous tenons •lu savant auteur de cet ouvrage, qu’il a été plusieurs fois témoin de semblables scènes.

Il ne faut donc pas adopter avec une entière confiance tout ce qu’on rapporte au sujet de la fascination qu’exercent, sur les autres Animaux, les Serpens venimeux et surtout les Crotales. Les effets délétères de leur morsure ne sont au contraire que trop bien prouvés, et l’atrocité du venin de quelques espèces ne peut être révoquée en doute. Les récits d’un grand nombre de voyageurs et les accidens funestes , mais heureusement assez rares, causés dans nos climats mêmes par la morsure de la Vipère, et par celle de quelques Serpens exotiques introduits en France pour satisfaire une dangereuse curiosité, fournissent des preuves multipliées des ravages qu’exerce sur l’économie animale , l’absorption d’une quantité , même fort petite, du liquide vénéneux. Les effets les plus ordinaires de la morsure de la Vipère sont une faiblesse générale , des nausées, des vertiges, des syncopes, de la dyspnée, des mouvemens convulsifs et des vomissemens de matières bilieuses : symptômes très-variés qui prouvent que l’action du liquide délétère , bien loin de se concentrer sur un seul appareil , agit sur l’organisation tout entière.

En outre, la partie qui a été mordue devient très -promptement le siège d’un gonflement inflammatoire avec tendance à la gangrène, et elle laisse échapper un sang , d’abord noirâtre, puis sanieux et fétide. On a vu dans quelques cas la mort survenir au bout d’un , deux ou trois jours, chez des enfans et même chez des adultes , après une seule morsure ; mais le plus souvent, le malade ne tarde pas à se rétablir, s’il n’a été mordu qu’une seule fois. Fontana, qui a fait sur les effets du venin de la Vipère environ six mille expériences , a calculé que trois grains environ sc-

raient nécessaires pour causer la mort d’un homme ; or il n’existe ordinairement que deux grains de liquide vénéneux dans les vésicules a une Vipère. Au reste , outre que la quan-, tité de venin introduite dans une plaie par une seule morsure peut varier,!

suivant que l’Animal est plus oui moins irrité , suivant l’époque de!

l’année , et surtout suivant le temps!

qui s’était écoulé sans qu’il eût fait aucune morsure, on doit remarquer; que la même quantité de venin peut, produire des effets plus ou moins prononcés , suivant le tempérament; de la personne blessée , ou bien encore , chez la même personne , suivant la région où elle a été atteinte, suivant le degré de frayeur dont elle se sent frappée, etc.

Les effets de la morsure des Cro-] taies ou Serpens à sonnettes sont, du moins dans le plus grand nombre des) cas , plus terribles encore que ceux; de la Vipère; presque toujours une!, légère morsure suffit pour amener la mort , si l’on n’a recours aux moyens!

les plus prompts et les plus violens.

Quelquefois même les accidens sont:

si graves que la mort arrive presque instantanément : une profonde cautérisation ou même l’ablation du membre , exécutées au moment même oib la morsure vient d’être faite , pour4 raient seules peut-être , dans ces cas heureusement assez rares, sauver tai vie du blessé. Dans les autres cas , la ligature du membre, l’application dej ventouses , la succion de la plaie , (succion qui paraît, malgré les assertions de Fontana , pouvoir être faite sans danger), surtout une prompte cautérisation , amènent ordinairement de bons effets , que seconde l’usage intérieur de divers médica-* meus. La ligature du membre a pour but d’arrêter le cours du venin , et d’en empêcher l’absorption ; l’appli-J cation des ventouses' et la succion, l’appellent au dehors; la cautérisation exerce sur lui une action chi— i mique, et le détruit. Quant aux nié—' dicamens internes, ce sont pour la plupart les racines elles feuilles de di-?

verses Plantes parmi lesquelles nous citerons le Guaco [V- ce mol), Plante de la famille des Synanthérées à laquelle on attribue l’étonnante propriété d’empêcher les Serpens de mordre, et celle plus étonnante encore de guérir les morsures, et de prévenir tous les accidens qui en sont la suite ordinaire. C’est à de semblables propriétés , autrefois attribuées à leurs racines, que deux espèces d’ Aristoloches , Aristolochia serpentaria et A. anguicida , doivent les noms qu’elles portent encore aujourd’hui.

La nature chimique du venin des Serpens a été l’objet d’un assez grand nombre de travaux : cependant elle n’est point encore bien connue. Celui de laVipère commune [Coluber Berus, L.) , qui a été le plus souvent examiné, est. un liquide assez analogue au mucus, et il n’est ni acide, ni alcalin ; son odeur est peu différente de celle de la graisse du même Animal ; elle est cependant un peu moins nauséabonde. Celui des Crotales ou Ser pens à sonnettes paraît présenter une composition assez semblable ; cependant, comme le docteur Rousseau vient encore de s’en assurer par de nouvelles expériences , il jouit de propriétés acides, et rougit le papier bleui par la teinture de Tournesol. Il im-

Forte de savoir qu’après la mort de Animal et même après son immersion dans l’alcohol , le liquide vénéneux conserve, au moins en partie, ses propriétés délétères, comme l’a constaté Fontana. Les personnes qui, se livrant à l’élude de l’erpétologie , voudraient examiner les crochets venimeux d’un Serpent, doivent donc procéder à leur examen avec soin, et employer toutes les précautions que prescrit la prudence. Le fait suivant que l’on donne pour bien constaté , montre combien ces précautions sont nécessaires. Un homme fut mordu par ua Serpent à sonnettes à travers l’une de ses boites , et ne tarda pas à. périr ; après sa mort , le crochet venimeux étant resté implanté dans le cuir , deux personnes qui vinrent à porter

les mêmes bottes , éprouvèrent les mêmes accidens , et périrent également.

INous venons de faire connaître l’action qu’exercent les Serpens sur l’Homme et les Animaux ; nous devons maintenant dire quelques mots de celle que l’Homme à son tour a su quelquefois exercer sur ces redoutables Reptiles. Pline (livre vil, chap. 2) rapporte , d’après d’anciens auteurs , qu’il existait dans l’Hellesponl, près de Parium , une espèce d’Hommes qui par leurs attouchemeus guérissaient les morsures des Serpens , et qu’il en était à peu près de même des Psylles , nation africaine. Elien et quelques autres auteurs nous ont également transmis quelques détails, principalement sur les Psylles. Sans aucun doute ce sont là des fables ; mais très-probablement aussi, ce sont des fables fondées sur quelque chose de réel/ Il serait absurde de croire que des hommes aient pu être mordus sans danger ; mais peut-être les Ophiogènes et les Psylles savaient-ils manier les Serpens sans s’exposer à être blessés par eux; peut-être pouvaient-ils s’en faire en quelque sorte obéir au moyen de quelques pratiques que leur avaient transmises leurs ancêtres , et qui étaient le fruit d’une observation attentive et long-temps prolongée. C’est du moins ce que peuvent faire présumer les faits suivons. Le Serpent à lunettes, Coluber Naia , L. ,est l’une des espèces les plus redoutables qui vivent dans l’Inde; cependant il est des hommes connus sous le nom de Snakemans , qui prétendent avoir le pouvoir de le charmer, et qui savent si bien l’apprivoiser qu’ils lui font exécuter, au son de la flûte , une sorte de danse. Les bateleurs du Caire se servent également, dans leurs exercices , de plusieurs Serpens qu’ils savent très-bien apprivoiser, tels que les Scythales (P. ce mot), et surtout une espèce plus redoutable encore , le fameux Aspic des anciens , aujourd hui connu sous le nom d ’TIajé : c’cst ce que montre-

ront les details suivans que nous empruntons à notre Histoire naturelle des Reptiles d’Egypte, qui fait partie du grand ouvrage sur l'Egypte. « L’IIajé est celui de tous les Reptiles dont les bateleurs 5u Caire savent tirer le plus de parti; après lui avoir arraché les crochets venimeux (précaution que les Snakemans de l’Inde prennent aussi à l’égard du Serpent à lunettes), ils l’apprivoisent et le dressent à un grand nombre de tours plus ou moins singuliers. Successeurs et peut-être descendans des Psylles antiques, ils savent produire des effets qui étonnent vivement le peuple ignorant de l’Egypte , et qui sans doute étonneraient plus vivement encore les savans de notre Europe. Ils peuvent , comme ils le disent , changer ï Hajé en bâton et l’obliger à contrefaire le mort. Lorsqu’ils veulent produire cet effet , ils lui crachent dans la gueule, le contraignent à la fermer , le couchent par terre ; puis, comme pour lui donner un dernier ordre, lui appuient la main sur la tête , et aussitôt le Serpent devient roide et immobile , et tombe dans une sorte de catalepsie; ils le réveillent ensuite quand il leur plaît en saisissant sa queue , et la roulant fortement entre leurs mains.

Mon père , ayant été souvent en Egypte témoin de ces effets remarquables , crut s’apercevoir que de toutes les actions qui composent la pratique des Psylles modernes, une seule était efficace pour la production du sommeil (si l’on peut employer celle expression); et voulant vérifier ce soupçon , il engagea un bateleur à se borner à toucher le dessus de la tête. Mais celui-ci reçut cette proposition comme celle d’un horrible sacrilège, et se refusa, malgé toutes les offres qu’on put lui faire, à contenter le désir qu’on lui avait témoigné. La conjecture de mon père était cependant bien fondée ; car ayant appuyé un peu fortement le doigt sur la tête de l’Hajé , il vit aussitôt se manifester tous les phénomènes , suite ordinaire de la pra-

tique mystérieuse du bateleur. Celuici, à la vue d’un tel effet , crut avoir été témoin d’un prodige eu même temps que d’une «affreuse profanation , et s’enfuit conYme frappé de terreur. Les Psylles se vantent en effet de tenir de leurs ancêtres et de posséder seuls le secret de commander aux Animaux : ils engagent les gens du peuple à les imiter et à faire des tentatives qu’ils savent bien devoir être inutiles, et qui le sont en effet constamment ; car ceux-ci , se bornant à faire ce qui les frappe le plus dans la pratique des bateleurs, se contentent de cracher dan s la gueule du Serpent, et ne réussissent jamais à l’endormir. » (xs. g. st.-h.)

SERPENTAIRE, ois. Syn. de Secrétaire. Tr. ce mot. (dr..z.)

SERPENTAIRE, bot. phan. Nom vulgaire de Y Arum Dracunculus , L.

Page 1