‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 4)Chapitre 36 sur 282 · tome xv · texte numérisé non relu

tome xv

la môme ligue, comme verticillées et un peu saillantes; souvent celte ouverture paraît située à côté des tubes.

Les rameaux sont placés sur la partie plane de la tige ; leurs divisions , toujours alternes , offrent clans leur longueur une ou deux articulations ; les ovaires presque sessiles , souvent axillaires, quelquefois épars, ressemblent à un vase antique. La substance du Polypier est cornée; sa couleur, fauve terne.

Nous avons rapporté textuellement sur ce genre les considérations exposées par Lamouroux dans son Histoire des Polypiers coralligènes flexibles.

Nous ferons rerharquer cependant qu’après avoir étudié, pour la rédaction de cet article, le genre Salaria. , dans sa belle et riche collection que possède la ville de Caen , nous n’avons pu y apercevoir les cellules accolées quatre à quatre , et comme verticillées , que Lamouroux indique, et que le dessin qu’il en a donné exprime. Il nous a semblé voir des cellules allongées , à ouvertur es un peu saillantes, situées les unes audessus des autres sur les deux côtés des rameaux , opposées et séparées par un axe continu, creux, à peu près de même grosseur qu’elles. Il nous semble que ce genre, très-distinct par la description , ne l’est pas autant dans la nature , et que l’espèce que Lamouroux y rapporte pourrait bien être une Sertulaire à cellules très-allongées et opposées , ou mieux encore, d’après la distinction qu’il a établie entre les vrais Set tulaires ou à cellules alternes, et les Sertulaires à cellules opposées ou Dynamènes, une espèce de ce dernier genre, (e. d..l.)

* SALADANG. mam. Ce nom est donné par les naturels de Liinun , dans l’île de Bornéo , au Tapirus Malayanus de sir Radies. Ce rare et précieux Animal est appelé Gindol à Manna , Babi-ALu à Bencoolen, dans l’île de Sumatra, et Tennu à Malacca.

B'. Tapir. (less.)

SALADE, bot. PHAN. Ce nom, qui est plus du domaine du jardinage et

de la cuisine que de celui de la botanique , a été étendu , comme spécifiquement vulgaire, à divers Végétaux; ainsi l’on a appelé :

Salade de Crapaud, 1 e Monda fontana.

Salade de Moine ou de Chanoine , la Yalérianelle ou Mâche potagère.

Salade de Chouette , le F'eronica Beccabunga, L.

Salade de Grenouille , diverses Renoncules aquatiques.

Salade de Matelot, le Spilanthe.

Salade de Porc , Y Hy ose ris radical a.

Salade de Taupe , le Pissenlit, etc. (b.)

SALADELLE. bot. phan. L’un des noms vulgaires du Sla/ice Limoniurn dans certains cantons de la Provence. (b.)

SALAGRAMAN. moll. foss. Syu.

indou de Corne d’Ammon. V . Ammonite. (b.)

SALAMANDRE. Salamandra.

REPT. bat. Genre de la famille des ürodèles, caractérisé par un corps arrondi que termine une queue cylindracée dépourvue de crêtes membraneuses; ayant quatre pales latérales de même grandeur, non palmées, avec quatre doigts dépourvus d’ongles ; les mâchoires armées de dents nombreuses et petites, ainsi que le palais qui en supporte doux rangées longitudinales; des pustules parotides, comme chez les Crapauds; les œufs y éclosent dans l’oviducte.

Ce sont des Animaux disgracieux , Desans, inoffensifs, lucifuges , qui habitent les lieux frais et humides , et qui ne se tiennent dans l’eau que pour y déposer leurs Têtards qui sont munis de branchies.

Les jeunes Salamandres ne vivent que très-peu de temps dans cette ichthyomorphie.Le genredonfil est question n’est plus qu’un démembrement de celui qu’avait indiqué Linné sous le même nom , comme une coupe de sou vaste genre Lacerta. On en a séparé les Tritons. V. ce mot.

il transsude de toute la surlace pustuleuse des Salamandres une humeur blanchâtre , gluante , d’une odeur forte, et d’une saveur tiès-âcre, diton, qui leur sert de défense contre plusieurs Animaux qui seraient tentés de les dévorer : ce c iraclère d’abjection est leur sauvegarde. C’est surtout lorsqu’ou les tourmente et qu’on les expose sur des charbons ardens qu’elles cherchent à écarter d’elles par toutes sortes de contorsions, qu’on les voit s’envelopper de celte humeur muqueuse qui les garantit durant quelques in^tans de la brûlure. De-là cette opinion reçue de toute antiquité , que ces Animaux vivaient non - seulement daus l’eau et dans la terre, mais encore dans le feu. Ils peuplaient, disait-on, les fleuves enflammés des enfers. Ce préjugé date du temps d’Aristote, et rien n’est moins raisonnable, Aline, renchérissant sur les absurdités dont l'antiquité surcharge 1 histoire des Salamandres , les dévoue à ranathcme , parce qu’en infectant de leur venin tous les Végétaux d’une vaste contrée, elles peuvent, à ce qu’il prétend, causer la mort de nations entières. Les Salamandres sont des Animaux faibles, craintifs , stupides, et qui n’ont jamais causé la mort de qui que ce soit, si ce n’est des Insectes, des Lombrics et des petits Mollusques terrestres dont ils se nourrissent. Ou dit qu elles mangent aussi l’humus, ou terre végétale. Elles paraissent être sourdes et conséquemment muettes; leur allure est stupide, marchant toujours droit devant elles, quel que soit le danger qui les menace ; elles s’arrêtent, et redressent leur queue pour peu qu’elles se sentent attaquées; de là le préjugé qui , dans certains cantons de la France méridionale , a fait croire que cette queue était venimeuse , et qui valut aux Salamandres si improprement le nom vulgaire de Scorpion. Peu d’ Animaux ont la vie aussi dure ; on peut les frapper et les mutiler sans qu’elles paraissent en trop souftrir ; mais les plonget-on dans le vinaigre ou dans l’alco-

hol, ou les saupoudre t-on de sel ou de tabac, elles meurent presque sur-lechamp. L’anatomie des Salamandres a été faite avec soin, particulièrement par le docteur Funk qui a publié sur cclie de l’espèce vulgaire un excellent travail enrichi de bonnes planches.

On y voit que la composition osseuse de la tête ressemble à celle des Grenouilles, à quelques variations près dans le ciâne, qui n’offre point d’os en ceinture à sa partie antérieure. On.

compte quatorze vertèbres de la tête au sacrum , et de trente à quarante à la queue. L'attache du bassin se trouve indifféremment, selon les individus , à la quinzième ou à la seizième vertèbre ; les côtes sont si courtes , qu’elles semblent plutôt n'être que de sirnplesapophyses transverses; leur nombre est de douze. Le sternum n’existe que rudimenlairement dans une sorte d’ébauche cartilagineuse. L’épaule est remarquable par la soudure de ses trois os en un seul, etc. Le cerveau est très-petit et n’égale pas même en volume le diamètre de la moelle épinière qui est composée de deux cordons nerveux, enveloppés d’une même membrane trèsiniuce d’où sortent les nerfs spinaux.

Il paraît que les olfactifs sont trèsdéveloppés , ce qui indiquerait chez les Salamandres un odorat très-fin en compensation de l’oblusité de leurs autres sens. La langue y jouit de peu de mobilité ; le cœur est renfermé dans un péricarde plus ou moins globuleux ; on 11 ’y reconnaît qu’une seule oreillette et un ventricule. Les globules du sang y sont ovoïdes et comparativement beaucoup plus gros que ceux de l’Homme et de la plupart des Mammifères. Il en est de même des Zoospermes observés dans les mâles, et qui sont, comme on peut s’en convaincre dans les planches de ce Dictionnaire où nous les avons fait représenter, d’une taille très-considérable.

Les testicules sont placés le long de la colonne vertébrale, cl se trouvent cachés par les poumons , la rate , le foie, le canal intestinal et l’estomac; le plus souvent ils sont au nombre

de six, et quelquefois seulement de quatre; ils sont unis entre eux par le canal vasculaire. Le pénis, quoiqu’on ait cru le reconnaître, pourrait bien n’y pas exister; il est bien certain du moins qu’il n’y a pas d’accouplement réel entre les deux sexes , mais la liqueur fécondante ayant pénétré dans les organes génitaux des femelles, qui sont ovovivipares , les œufs éclosent intérieurement, de sorte que les petits , ayant commencé leur existence de Têtards dans le sein de la mère, n’ont plus que des pales à acquérir lorsqu’ils naissent.

Nous avons observé par nousmêmeau moins quatre espèces trèsdistinctes de Salamandres en Europe, bien que certains zoologistes, qui paraissent n’avoir eu occasion de voir, dans le peu de cantons de la France où ils se promenèrent, que la Salamandre commune , veuillent que toutes les autres n’en soient que des variétés. Ces espèces sont : x° la grande Salamandre terrestre ou commune , Salamandra maculosa de La urenti, Encycl. m.éth., pl. ji , fig. 3; Lacerta Salamandra , L., si souvent décrite et figurée; la plus grande , la plus répandue, qui est toute noire dans ses parties supérieures, avec de grandes taches jaunes sur deux rangées, et d’un bleuâtre livide en dessous. On la trouve dans les bois obscurs, dans les recoins des caves humides, sous les grosses pierres et les racines, au bord des fontaines et des fossés. 2°. La Salamandre noire , Salamandra atra de Laurenli, de moitié plus petite que la précédente , noirâtre et sans tache en dessus, jaunâtre en dessous. Celle-ci, plus rare en France, est assez commune dans les lieux montueux de l’Allemagne méridionale. 3°. La Salamandre funèbre, Salamandra funebris , N., un peu plus courte que la première espèce , qui atteint jusqu’à huit pouces au moins , et proportionnellement plus épaisse , avec sa queue pins grêle quoique terminée de la même manière; elle est d’un brun foncé , uniforme sur le dos. Celte

couleur s 'affaiblit sur les côtés pour devenir d’un gris sale sous le ventre , avec quelques points noirâtres ou blanchâtres épars sur les flancs. Nous avons rencontré cette espèce dans les parties découvertes et les plus chaudes de l’Andalousie, au voisinage de mares dans lesquelles nous n’en voyions point, mais dont les bords leur offraient sans doute quelque asile durant le jour. Sortant la nuit de leurs retraites , ces bêtes venaient se faire écraser stuprdement par douzaines en s’approchant du leu de nos bivouacs qui les attiraient, et dans lesquels on ies eût vues probablement entrer d’elles-mêmes si nos gens ne s’étaient divertis à les y pous ser ; elles y résistaient quelques instans, ce qui ne manqua point d’accréditer parmi quelques cavaliers espagnols qui faisaient partie de la colonne sous nos ordres , la réputation d’incombustibilité do ce qu’ils appelaient Sala/no nquesas , et qu’ils finissaient pourtant par voir rôtir. 4°. La Salamandre variée, Salamandra variegala , N. Celle-ci , assez commune aux environs de Bordeaux , est plus petite que la première et plus grande que la seconde , moins lourde surtout que la troisième; sa queue conserve tant soit peu de compression ; une ligne d’un rouge orangé plus ou moins vif règne sur la carène de cette queue et le long du dos; il y en a quelquefois de semblables sur les côtés. Le ventre est rougeâtre, poli ; les flancs sont d'un noir livide, le dessus de la tête et du dos d’un vert plus ou moins terne et tout pustuleux. On la trouve sous les pierres le long des fossés , ou dans les haies sombres.

Parmi les Salamandres exotiques, plusieurs habitent l’Amérique septentrionale où Palisot de Beauvois et Bosc en ont chacun décrit une espèce nouvelle. Thunbcrg en a trouvé une espèce au Japon , où les habitans lui supposent des propriétés médicinales, ce qui fait qu’on en trouve communément des individus desséchés et préparés pour le commerce, chez les apothicaires du pays. (b.)

S AL

Page 1